Du Vercors aux baobabs de New-York en passant par les Philippines

Soit A une quinte de toux que la phénologie apprivoise en ranimant et B le secret des bâtisseurs partis aux Philippines pour d’imprévisibles constructions génétiques : un ADN que les épidémies ravivent, sans bagage génétique, codant et prélevant malgré tout les matrices binaires filant à l’anglaise sans être débusqué, sous les racines des baobabs ; leur impropriété rapiéçant l’un d’eux qui imprègne par son parfum générant C ou son équivalent, son irréaliste rafraîchissement sur les kyrielles de pages Web aux profits juteux, l’air du soir puis de la nuit… causant des phlébites parmi les constructeurs de rêves idéaux, une probabilité en question qui récupère l’impossibilité d’une île tout en le ravivant ce haschisch d’Albert Londres et de Régis Jauffret.

Tous ces pseudonymes renvoyant à l’index des pages web, se décomposent avec leur pacifisme meublé et expéditif, sainement implanté en massif occitan. Peut-être à cause de leurs imprudentes cellules photogènes d’où tout a commencé et doit finir

Mais si A a la valeur des sillons impressionnistes, des ouvertures étroites où l’on peut voir toutes ces victimes de sa fiction, alors, alors seulement B a cette fonction si caractéristique de correspondre avec un cageot d’outre-tombe flottant et dérivant sur les océans de cette probabilité. Et si cette probabilité, comme une cover-girl aux charmes poivrant les magazines de matière grise ou de maladie bactérienne, perquisitionne à coup sûr sa très sainte décimale, alors prépare toi à réussir le test à l’avance et à endosser le rôle d’empereur ou de manchot empereur et demande toi tous les jours comment ces infructueuses réincarnations peuvent revenir à la Terre, notre berceau stellaire saturé par internet ; et par leurs personnalités radieuses, brillantes, solaires les photographies en noir et blanc se noircissent toutes seules…

Cette maladie ? Cachée dans la poche d’un kangourou banni de son territoire, ovoïde par sa représentation, un moine zen en lévitation, qui ne fait pas le poids face à l’inexprimable voyage de ces même probabilités, elle succombe aux premiers jours de ce printemps en épouillant l’artillerie lourde, persane et libre de toutes préciosités, des poètes perchés en haut des buildings de New-York ou de Londres… des agonies en séries pour rejoindre les photons de ce soleil couchant.

Et aussitôt on la retrouve jusqu’en haut de ces grattes-ciels, aidée par les ouvriers du chantier d’à côté ne connaissant pas le résultat de cette fabuleuse probabilité, et ainsi planchant sur ces plates-formes surélevées et attrapant l’étrange virus venu de Chine et son syndrome sympathique, éthique et tout ce qu’il y a de plus cathodique, on peut la résumer à cette équation de type addictive et furieusement précise : une imprécision de plus baignant ses pieds dans leur temple d’eau froide, rejoignant incidemment l’humus de la terre, chère à ces nymphettes qui prennent leur pied en la voyant revenir parmi nous !

L’immense bibliothèque des autofictions

À Wellington comme à Zanzibar, ton sang était grenade et, pour utiliser la série séparatiste de ce poème 1.0, librement inspiré le 23/05/2020 de la chanson de Clara L, j’en étais aujourd’hui à attaquer son auto fiction avec une paire de ciseaux et une imprimante crachant, en ouvrant de multiples fenêtres sur l’ordinateur, ses larmes de foutre noir, avant de traîner sous l’orage et de parfaire ce récit poétique…


Bravant l’implacable pesanteur de la fournaise urbaine, pour accéder enfin à la connaissance ancestrale des nuits de Clara L, car ancestrale était aussi cette lutte dans les détritus dérisoires, j’en avais tiré une épitre sanglante et j’avais ainsi accédé à l’immense bibliothèque des auto fictions, voraces par leur frêle désir de tout anéantir.

Composant de célestes volutes parmi les constellations de poussières et procédant par ordres d’idées avec des singes sur lesquels on avait greffé des hélices sur le crâne, l’autofiction primitive de ces primates, dans la ville blafarde aux griffes pris à la nuit de Clara L, en avait des arrières-goûts de sein malade, de grès cancéreux ou d’éveil bouddhiste avec ce parfum de fleurs du grenier, avec cette odeur de Javel volée aux grenades de la cave !

Les mathématiques avancées : de la verdoyante Mongolie jusqu’à New-York

Sur https://notesmat15.com un nouveau récit poétique

Pour gaspiller inutilement son temps en ces temps modernes soit A, la valeur pour décrire cette sensation affreuse d’un danger menaçant, cette appréhension d’un malheur imminent, et B portant son fardeau afin que les événements négatifs n’apparaissent plus… il est à noter qu’il n’y a aucun miroir dissimulé dans cette salle de classe au tableau noir attendant le supplice de la craie.

Soit C, une autre matrice provenant probablement de Mongolie, ayant grandi en tétant le lait des grands yacks, et donc aux muscles saillants par cet apport sur vitaminé de protéines animales, alors on peut deviner que la célèbre équation d’Einstein portera ses fruits et qu’il naîtra une altitude démesurée ailleurs que sur cette planète… ou encore que l’attitude rouge et fumeuse de la Main Noire, ce groupuscule encore actif dans les yeux des dieux de la renaissance, offense cette divinité hindoue, ce dieu des infimes espoirs. Les mathématiques avancées, en retrouvant dans leur genèse une logique propre, aussi diffuse que obscure, aussi factice que cette combustion dans les feuilles mortes, choient des arbres faisandés comme le lierre qui envahit tout, et leur aura spirituelle attise ce feu que je ne parviens pas à décrire, ressemblant à la danse des derviches tourneurs désarçonnés dans leur transe.

Sous les braises improvisant des raisonnements liés à la folie, on ne peut évoquer ce feu sans invoquer la toile la plus connue de Pierre Soulages : sa noirceur haletante, gloutonne, presque ébauchée et d’humeur coutumière, permet de passer d’un monde à l’autre, d’un Cartoon clownesque à un dessin animé morbide. Et là-haut, si on tente de raccommoder l’altitude neigeuse et nauséabonde de cette nouvelle montagne qui doit se trouver sur Mars, avec ce récit, les dieux doivent se familiariser avec la chaleur du bûcher faute d’espérer un retour à la normal.

Mais quel rapport avec les mathématiques ? Que représentent, planqués dans leur caverne, la genèse martienne avec toutes ces équations calculant la vitesse du soleil mis au pilotis pour son infidélité avec la Lune ? Peut-être la Lune elle-même ? Désobéissant aux consciences survoltées des derviches tourneurs,en pièces détachées, la plate-forme lunaire de lancement a été monté par la seule force cérébrale ayant généré ces écritures sur le tableau noir ; que dis-je, une espèce d’affliction saisit les professeurs à leur vue et, à travers les limbes perdus de leurs kyrielles de pensées élevant des fusées, frémit la nuit comme un frémissant amas de films déroulés.

Si on se contente de retracer leur histoire, ils ont versé, d’un milieux industrieux plutôt vernis, de cadre à ouvrier, avec pour cause directe le brisement des vitraux de toutes les églises, sectaires ou non, et, pour se venger leurs représentants leur ont infligé le martyr du Christ mais c’est là la seule ressemblance avec eux.

Leur mise à jour spirituelle est facilement impressionnable et, je l’ai écrit, leur architecture divine hérisse le dieu des infimes espoirs dessinés dans la poussière d’une lutte sanglante et ses fidèles, animés d’une soif ardente, infinie, de connaissances, lui vouent malgré tout un culte monothéiste.

Les calculs ne sont pas fait pour les plaines mongoles, pour les verdoyantes vallées de la Mongolie où ils sont nés, ou même pour verser des larmes et des louanges funèbres auprès des petites vieilles toutes ridées dans leur cercueil. Ils m’évoquent des plaidoyers pour les autoroutes, leur bitume, pour les poudres prenant facilement feu ; et du feu, avec leurs flammes sacrées, il y en a : ployant sous leurs chaleurs, l’aigre morbidité de leur dividende tombe en pluie de cendres… ou en nuits d’ivresse ou en désuétude.

Même les mouvantes voies lactées, et leurs éléments déchaînés qui durcissent les traits des scribes moqueurs, chanteurs, railleurs de l’Égypte Ancienne n’ont pu saisir leurs essences.

Ou même leur Genèse, leur révolution solaire ou leurs finitudes avant le crépuscule des damnés !

Et si B est la somme des pensées des manants qui passent, en l’épouillant cette probabilité arrosée au rhum des fougères, alors, alors uniquement et littéralement et dans tous les sens étymologiques, une autre équation regarde, du fond de ses idées à double inconnue, tomber les ouvriers les uns après les autres sur le trottoir de la cinquième à New-York !

De Tamagotchi en entonnoir floral

En Mongolie, j’avais grandi en tétant le lait des grands yacks tandis qu’il y avait comme de la luminosité phrygienne sur l’écran de son ordinateur ultra sophistiqué, des altitudes rouges et fumeuses lui provoquant des céphalées par baisses de pression ; j’avais grandi en prenant soin de m’entourer de tous les personnages anarchistes de la Main Noire, ce groupuscule encore actif dans les yeux d’Ushas… j’avais grandi tout comme ce dieu des infimes espoirs, en retrouvant dans ma genèse une logique propre, aussi diffuse que obscure, aussi factice que cette combustion dans les feuilles mortes : choyant des arbres faisandés comme le lierre qui envahissait tout, l’aura d’Ushas avait brûlé ; et ce feu que je ne parvenais pas à décrire, ressemblait à la danse des derviches tourneurs désarçonnés dans leur transe.

Bravant l’implacable pesanteur de la fournaise urbaine, une volée de détritus dérisoires, mue par un frêle soupir, composait de célestes volutes parmi les constellations de poussières… et se répandait sur ce canapé à la mode anglaise, laissé à l’abandon dans la rue, sur le trottoir tandis que nous écoutions de la bonne musique s’échappant de cette étrange machine. Cette machine ? En rassemblant tous mes calepins par un effet télépathique et en épuisant tous les portables et leurs batteries, elle pompait toutes les notes florales, toutes les manières végétatives des logiciels les plus performants…

Et il en avait des arrières-goûts de vodka, de féal fidèle pour sa dévotion à cet alcool d’impératrices, ce processeur qui nous servait non seulement à ouvrir le journal des historiques des boîtes e-mail, des courriers électroniques piégés à l’intérieur de ses disques durs, mais aussi d’innover, d’interfaces graphiques révolutionnaires qui fantasmaient sur une liste exubérante de programmations jusqu’aux masturbations par webcam, étudié par son œil cyclopéen, son calculateur et son ampèremètre. Et il en tirait des conclusions permettant aux jeunes loups du marketing de mieux les diriger ces branleurs sur des pages Web commercialisant de la drogue de synthèse, ou de l’alcool… Ou alors automatiquement rangés dans la catégorie contre-culture, du monde de la nuit et des créations alternatives, ces pauvres types paumés n’avaient plus qu’à admirer les alambics, administrés par l’unique ordinateur, qui versaient les couleurs ambrées d’une bière de premier prix.


Du houblon automatiquement versé, au cours de nos brainstormings et lors de Sa synchronisation, un chef d’œuvre journalistique et alcoolique du monde de la nuit et de l’étrange se conjuguant avec tous les psychotropes maints de fois décrits pendant Ses Miraculeux Bugs. Ainsi nous avions toutes les cartes en mains, et c’était quasiment l’idée du siècle, cette Cora-Hummer 7.


Jason saliva à ce souvenir. Il avait faim. Ras le bol, des nouilles chinoises. Il allait enfin pouvoir chasser, et pêcher. Solidement campé dans la neige, sa machette sur l’épaule, il inspira à pleins poumons. Sous son masque de hockey, moucheté de flocons cristallins, il souriait.

Une affolante statistique ou une inquiétante stalagmite…

Cette nuit-là, il avait neigé, de la monnaie verte et verdoyante était également tombée des cieux… et il y avait d’abord, dans nos fichiers informatiques, ce qu’ils étaient prêts à croire ; une croyance infondée qui fit onduler les statistiques les plus folles de la bourse américaine. Cette nuit-là, il avait neigé et le froid glacial exhortait les filles les plus délurées à ne pas se rouler dans la neige mais épargnait les jeunes vierges en leur permettant de bluffer tout ce monde ; et ce monde aux luxuriants fonds de pension croulait malgré tout sous les dettes et n’arrivait pas à passer outre les problèmes du quotidien.

Et, en l’impliquant parmi Ses silences dans cet Au-delà d’où je réapprenais l’enfance, au matin, de glace priant le dieu des torrents et des espoirs infimes, je m’étais épris de liberté, des champs, des plaines de la Mongolie où mourraient tous les soupçons, tous les doutes concernant un nouveau astronaute sur la lune.

Puis des trésors, des diadèmes, des parures, des coffrets sertis de pierres précieuses. Et même l’acier trempé des coffres-forts, d’où dormaient des liasses de billets verts, brillait sur le toit de mon école ; retenant cette mémoire blanche et sa représentation, une image sacrée comme une icône, Elle s’extasiait au fond d’un lac, saint lieu gardé par les neiges, de la jouissance à l’état pur sur son visage étonné, rougi par les vents froids des hivers d’autrefois.

Cette nuit-là, étaient venues s’imaginer les ombres en gagnant progressivement du terrain sur notre camp de base ; comme autant de nuits rouges et leurs flocons qu’une machine sophistiquée avait attiré dans sa toile virtuel, tout ce décor, sauvegardé uniquement par les étoiles polaires, était virtuel et n’apportait finalement rien d’autre qu’une lasse confusion.

Les yeux, obscurcis par les cimes scintillantes que je rêvais d’atteindre, n’étaient plus capable de voir ; tout ce que je voyais et ressentais, à présent perdu dans une grande cité peuplée de sanglots doux, n’existait pas.

Alors je réapprenais l’enfance dans ma thébaïde, ma thébaïde ? Une source inconnue ou la mystérieuse chambre d’Angela d’où bruissait le cristal, tourmenté par Ses souvenirs.

Sur https://www.youtube.com/watch?v=sr5WELBpmT0
Dunhill le long des routes du Sud !
Et aussi te permettant de définir cette vision créatrice. Comme, par exemple, ce matin ou ce lendemain où les gueux ont rendez-vous avec la Fortune pour acheter tout le Boulevard des Belges à Lyon.
De nouveaux riches méprisés par les anciens bourgeois et pourtant, en partant d’une invention comme le carburateur Zénith et son acceptation dans les milieux les plus industriels, ils arrivent par télépathie à tirer tous les centres d’attention en dehors des univers sauvages qu’ils ont eux-même créés, pour parfaire cette série de probabilités, avec la force et la saveur des pommes.

Rendez-vous avec la Fortune Asiatique

Prenant place dans les contreforts sibériens, un vendredi 13, la place Napoléonienne, où triomphait l’armée des ombres asiatiques face à l’oppression ennemie des matrices informatiques d’un niveau sous-estimé mais d’une volonté surhumaine d’annihilation sans fin, s’était paré de ses plus beaux atouts.

Et des atouts de longue haleine, en plus, comme ces arrières-goûts de paiements cashs, de fermentations dans les crânes, de conceptualisations qui germaient et avaient fait des rêves en lambeaux des mélodies à la Kurt Cobain…

Il y avait un nouveau espoir cependant : aussi loin que je me souvienne, des forces obscures d’où tu commençais à t’élancer, allaient se joindre au grand combat, au Grand Chaos Rimbaldien ; tous ces rêves aux rythmes sensuels et assagis de Ses Êtres spirituels, du haut de leurs navires, hantaient tous les parasites du Filaire lymphatique, qu’ils soient grands ou petits, débutant par une vision fulgurante ou par télépathie… Et lymphatique était aussi la description de cette vision fiévreuse, mais d’où tirait-elle sa puissance ?

Des nuits passées dans les clubs des grandes prêtresses, des couturières malveillantes ou bienveillantes, attestaient comme l’idée qui les définissaient de leur véracité dans ce Grand Chaos Rimbaldien ; de toutes ces veuves noires, parmi elles, se trouvaient, aux jours de paies et d’idées obsédantes, sa représentation sur billets de banque.

De la monnaie verte et verdoyante pour des jours de paies des plus sophistiqués qui avaient fait onduler les statistiques les plus élevées de la bourse américaine et se couvrir de pagnes leurs femmes avec leur nudité dolente, avec leur virginité épargnée ou, enfin, avec cette chose gluante et phosphorescente se nommant comme un coma éthylique, permettant aux luxuriants fonds de pension de passer outre les problèmes du quotidien.

Et aussi te permettant, dans ce Grand Chaos Rimbaldien, de définir cette vision créatrice. Comme, par exemple, ce matin ou ce lendemain où les gueux avaient rendez-vous avec la Fortune pour acheter tout le Boulevard des Belges à Lyon.

De nouveaux riches méprisés par les anciens bourgeois et pourtant, en partant d’une invention comme le carburateur Zénith et son acceptation dans les milieux les plus industriels, ils arrivaient par télépathie à tirer tous les centres d’attention en dehors des univers sauvages qu’ils avaient eux-même créés, pour parfaire cette série de probabilités, avec la force et la saveur des pommes venant du Canada…

Un travail de longue haleine. Ou la fermentation dans le crâne des conceptualisations qui germaient et qui avaient, pour domiciles célestes, ces rêves en lambeaux d’où partaient toutes les mélodies à la Kurt Cobain…

La violence de cette scie énigmatique

En soulevant par leurs rumeurs narratives et à chaque opération mentale des planètes comme Jupiter ou Saturne, au commencement, sans commune mesure et à chaque rentrée d’argent, à chaque structuration génétique sur les plates-formes au milieu des gouffres, la violence de cette scie énigmatique, la nuit, avait ravivé leur synesthésie.

Et, de cette synesthésie, j’en avais fait un lieu d’habitation où les kyrielles de fils électriques couraient jusqu’à leurs embranchements, alimentant les étranges machines sophistiqués qui me semblaient trop compliqués à utiliser, comme autant de disques durs d’un genre nouveau, improbable… et improbable était aussi leur imprimante qui débitaient des billets de banque aussitôt partis en fumée car je dépensais sans compter au village d’à côté qui n’avait pas encore été déserté. Ces gens qui avaient peur de tout…

En soulevant par leurs rumeurs narratives leur côté sadique, cette scie aussi étrange que le plus jeune des frangins l’utilisant, même en Enfers, s’arrêtait de temps en temps pour faire une pause, dans son laborieux travail et alors elle pouvait inspirer et expirer cette pauvre dévotchka dont les membres, devant tous ces banlieusards indifférents allant au travail, avaient été amputés.

La dernière fois que je vis cette scie enfin satisfaite de tout ce sang en filets rouges ruisselant, quoiqu’elle affichait encore péniblement un sourire de saillantes matrices et d’algorithmes ésotériques, ce fut sur l’écran de ces ordinateurs qui souffraient de séquelles internes irrémédiables.

Les échiquiers de Londres et de Rio de Janeiro !

À Londres ou à Rio de Janeiro, tout d’abord, la vastitude des phosphorescentes matières grises sur leur échiquier tombant en poussière ; et le sceau de leurs Voyelles que le poète symboliste, Arthur Rimbaud, a nommé par leurs couleurs méditerranéennes : A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu…

Dans Ses Yeux une douleur égoïste et, en suppléments, les silences et les stridentes poitrines des amazones d’où percent les alchimies des Mondes et des Anges lorsque nous découvrons notre propriété de Santa Barbara en Californie abandonnée parmi ces rectangles quadrillés et leur poison en vente sur leurs cases libres de toutes spéculations boursières, hasardeuses ou polarisées…

Le phosphore chante sur les échiquiers de Londres et de Rio de Janeiro, parmi les lances des glaciers fiers, des rois blancs, dans la colère de la fournaise devenant plus pénible à vivre, vaseuse comme notre vessie pleine de mathématiques et de lait des Grands Yacks jusqu’à ce qu’elle redescende de cette drogue étrange qui pourrait plaire aux êtres chapeautés du dix-neuvième siècle. Et, traversant à bord de frêles esquifs le vacarme et le fracas des rames et des bateaux de plaisance s’entrecroisant, nous dépassons les cases noires inondées et leurs spectres qui nous harcèlent, perpétuant à l’infini les problèmes en question de tous les voyageurs. Rien d’autres que des problèmes de naissances latentes.

Dans une autre chambre donnant également sur des jardins nés au milieu des communes stations de métro, ces personnages redoutent ces fantômes en espérant toujours que quelqu’un va leur donner un coup de main pour résoudre leur problème de mutisme avec les autres.

Leur problème ? En partie à cause de ces hommes à tête de corbeau, en costume de ville usé et trempé, qui arpentent, de cases blanches en littoral abîmé par la sécheresse et littéralement malmené dans les ordures courantes, les champs de phosphore aux arrières-goûts de guitare basse.

Posant enfin leur pied marin à terre et marmonnant des mots inaudibles, lancés en pleine poire sur les pistes de fortune qui gisent comme eux dans la pénombre étrange des deux échiquiers d’où s’échappe la fameuse mélodie.

Ils ignorent royalement l’armée des alligators adultes, en faction aigre, postés à leurs côtés à l’entrée des deux échiquiers : celui de Londres pour les longs plaidoyers lorsque les flammes, immobiles comme de fidèles chiens de garde, de la cheminée l’illumine et celui de Rio de Janeiro où les ombres fascinantes de leurs mercenaires calment l’ardeur pointue du Grand Architecte… ici et là, à Londres comme à Rio de Janeiro, cette ardeur dans un dédale de rues et d’avenues se noie enfin et se transforme en mare poisseuse de whisky !

Mystère Vingt à Hong-Kong

Tout démarre à Hong-Kong suite à cet éparpillement exotique d’idées provenant sans doute d’une matrice informatique, perdue à Hong-Kong comme leur finalité.

Et tout se termine ici à la fin de ce livre publié par les éditions madrilènes ; ce qui est étrange de le trouver ici dans cette bibliothèque de Hong-Kong où cogitent les icebergs déstructurés, trempant leur essence en pleine immersion : l’immersion qui fermente dans la vénitienne térébenthine.

Alors comme un inquiétant présage ce bouquin en aspirant la moelle spirituelle du lecteur livre sa prophétie : Hong-Kong deviendra une ville sainte d’après les kyrielles de parchemins étudiés avant la publication de cet énigmatique grimoire et l’eau des canalisations se transformera en vin, cette cité sentira ainsi le lucre et la débauche des Mystères Vingt.

Des rivières de larmes, de phosphate, de poussières célestes ou d’écumes urbaines inonderont enfin la base des buildings d’Hong-Kong et, jaillissant à travers l’ouverture des plaques d’égout, elles seront cependant toutes happées par le siphon de ma baignoire, une piscine de pythons noirs…

La Verveine des Prestidigitateurs de New-York

La verveine taoïste des prestidigitateurs, tout en les brûlant quand elle passait dans nos gosiers, avait vitrifié le temps et ses lois gravitationnelles.
Et elle étalait sa science infuse des courants maritimes où les prestidigitateurs se perdaient… sa science ? Un don d’ubiquité rassurant qui partait, de belles plumes l’aiguisant, d’une idée de bon sens et ainsi tous ces fanatiques racontaient dans tous les canards leurs crémations.

Pour ravir, en fouillant leurs poches, leur mystérieuse imagination, tout en leurs permettant de survivre en territoire hostile, les quintessences de la verveine cherchaient à se réincarner en troubles monétaires et les énigmatiques courbes et statistiques de Wall Street alors livraient leurs poisons aux chercheurs ; les plus prudents parlant en termes de combustions et en tant que moteur thermique, tandis que les imprudents se reposaient entièrement sur leur fonction censée être pacifiste.

Pourtant il y avait, cachée parmi les gamelles de riz pilaf de la cuisine, ces instruments inconnus, d’origine extra-terrestre et tombant en ruine bien que vigoureusement alimentés par des piles alcalines ou chimiques et tout aussi mystérieuses… En les privant de cette énergie, comme ils l’avaient détourné pour faire fonctionner le moteur de leur ordinateur fabriqué par la Main Noire (c’est à dire un groupuscule occulte, en fait) et permettant d’interpréter les aléas de la bourse américaine, ces appareils de haute technologie, qui autrefois étaient vendus dans des boutiques ayant pignon sur rue, avaient cessé d’émettre et avaient été vidés de leurs matrices, lors de notre descente sur les quais de la gare de New-York…


Tant pis. On les retrouverait une prochaine fois à la bibliothèque sous forme de longues descriptions et d’illustrations dignes de l’école de Serpentard dans ces livres vaseux, qu’on croyait avoir mis au pilon. Tandis que les autres lecteurs, leurs casques branchés en bluetooth au Tamagotchi des anciens Iroquois, étudiaient le fonctionnement de leur machine à vapeur rendant l’âme et n’ayant plus toutes ses chances de gagner sur ses concurrents, ses ennemis entretenant des cultures d’organismes génétiquement modifiés et alliés à la puissance photovoltaïque des nouveaux rois du monde.

Le lendemain leur structure génétique était mobile, le territoire s’unifiait, faute de contours, de jambes lourdes ou de cœurs trop gros pour apprendre à dormir.

La chaîne de montage de ces appareils, maillon par maillon, avait son architecture spirituelle qui sautait périlleusement, d’une couleur verte comme les dollars jusqu’aux nuits presque blanches, ourlées de blues oniriques.
Planqué à l’intérieur d’un van et en entendant ou en écoutant le clairvoyant Scentless de Nirvana, j’imaginais alors les conséquences de la guerre du Viêt-Nam puis je m’en désintéressais… je profitais de cette large période de repos en courant un grand risque car j’avais depuis peu modifié les paramètres de mon iPhone qui petit à petit et depuis la razzia des ondoiements écervelés des plantes marines, tombait en désuétude encore davantage au fond de ce tumulte aromatisé au carbone, et ainsi les nouveaux réglages avaient fait naître, à l’aide de magie occulte, des icônes de gris-gris africain maudit ou encore des images sacrées de brouet de sorcellerie…

En wagon avec les nouveaux prestidigitateurs et les Rois du Monde Surréaliste

Sur les grands chemins, des délires rocailleux léchés par des flammes voltigeantes, et, ici et là, des ombres délimitées par la pluie gravitant autour des orbites éblouis, des glapissements de sapins verts tandis que nous roulions en wagon…

À bord, des mondes surréalistes mais aussi dans les terriers où se succèdent les humeurs photographiques, à l’ouest de cette forêt d’où nous apercevions une plate-forme de lancement comme Cap Kennedy… et à l’est des États-Unis où nous nous dirigions en train… peut-être pour New-York, peut-être pour montrer nos vers, nos alexandrins à quelques pieds-noirs qui viennent des pentes et des bois.

Enfin, au Sud et au Nord, sur les arêtes des chapiteaux de tous ces cirques où elles s’étaient échappées, ces créatures glapissantes, les zigzags imaginaires et métaphysiques des torrents fiers et nus, des cieux élargis par la pureté des physiciens tentaient de réconcilier les deux pôles, à présent libres de toute interprétation avant le coup de sifflet du contrôleur.

Il y avait, parmi ces zouaves, dans leurs cerveaux, des idées de bûchers dirigés par de talentueux prestidigitateurs et qui ralentissaient, en léchant précédemment par leurs flammes nostalgiques, leurs silhouettes de craie et de fusain, les pieds de tout ce monde.

Et la locomotive du train, chaude comme un volcan, qui laissait échapper une fumée de la couleur des plus grands vins et de langues aussi bien polysémiques que chimériques… Et chimériques étaient aussi nos vertiges quand nous dessinions des associations, le poids de leurs pénombres qui venaient moutonner les cimes de ces flammes naissantes… et nous les inspirions à travers la fenêtre à moitié ouverte de notre wagon-lit, quand nous repartions à la chasse aux papillons, bercés par les versets politiques des autres voyageurs ou de leurs bêtes mystérieuses…

Tout cela, la veille de notre arrivée, lorsque nous véhiculions des stances clairvoyantes de jeunes filles demeurées.

Après bien des courbes et leurs kyrielles de passerelles

En ajoutant l’amalgame de leurs courbes, les formules mathématiques étudiaient l’arc pensif de ses sourcils ; puis d’autres courbes, davantage voraces, hargneuses, impures, décrivaient des lois gravitationnelles uniques pour un premier-né à la peau d’ébène…

Et sur le côté gauche de son visage, on pouvait lire le rictus des gargouilles de pierre et sans doute également l’éclatant côté droit invisible ; puis les lois gravitationnelles dérivaient avec nos ancêtres jusqu’à nous mener à travers les univers écarlates des alcools imaginaires… Tant d’eau avait coulé sous les ponts à tel point que, de noirceur en noirceur, on avait grappillé le temps perdu !

Se réincarnant alors sur le trottoir en ivoire où se démenaient des pigeons et le maître des passerelles, une poignée d’événements imaginaires ou réels avait toutes les chances de gagner sur ses concurrents temporels ; ces poignées qui, sans les noeuds de l’ADN pour allier, donnaient du fil à retordre à notre ennemi moléculaire : cet amas de courbes déroulées comme une statistique glacée !

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Le pouvoir fascinant de l’imagination !

Des lois gravitationnelles uniques pour des noces d’orfèvres qui mettent des fleurs dans les kyrielles de vases de mon appartement sur la presqu’île ; des fleurs comme des coquelicots qui, par le pouvoir de leur imagination entraînant à sa suite le succès d’une vie sur mesure, laissent leur belle couleur rouge, avec son lot de serpentins, aux seuls guerriers méritants.

Cependant dans la bataille ils abandonnent leurs braies et leurs cottes de maille en lambeaux, et des poignées de Soleil Vert viennent les récupérer pour témoigner de leur force, de leur puissance poétique ou de leur vitalité qui atteint des millénaires…

Un Soleil Vert avec son faisceau fascinant comme aiguillonné par les cris des sauvages locaux chaque fois qu’ils hésitent à continuer la route, dorant le sol natté de ma chambre, et ses rayons s’avachissent sur mes chaussures noires.

Pour renouer avec d’anciens amis disparus, il y a aussi des univers qui grappillent le temps perdu, de vacillant diadème pour des noces plastifiantes dans la vase encombrée de plasma et de matières plastiques, et enfin le pouvoir de leur imagination, de leurs varicelles, de leurs colliers d’une autre trempe comme un leitmotiv mélodieux ou désaccordé telle la guitare de Kurt Cobain.

En attendant demain…

La joie d’en finir et le trou noir, aux courants d’air glacé, aux battements de cœur conjoint, et des intraveineuses qui révèlent des fontaines sanguines, dessinées avec les mains des bouddhas sans parvenir à la définir cette excitation sexuelle…

Ces désirs sans fins, aux intentions absurdes, qui s’apprêtent à gâcher un quotidien vulgaire, ils ont envahis jadis mon cœur lorsque je parcourais seul les plaines arctiques ou antarticques ; des désirs comme des lames tranchantes mais qui ne peuvent couper que du papier, sous une lune livide et lexicale qui descend jusqu’aux grands cèdres eux-aussi désincarnés comme ces personnages bouddhistes.

Et inlassablement le jour qui se lève, et la nuit comme le jour garde son goût amer et suit son cours en attendant patiemment cette journée où tu vas les provoquer ces bouddhas qui ne peuvent suivre le rythme endiablé des nuits de ta bien-aimée.

Tout ce qui te sépare et rend impossible une liaison avec elle, cette chose rampante depuis le fond sans fond, a paré maladroitement le lieu, où tu cherches encore une idée pour t’en sortir, perdu dans tes schémas mentaux et les brouillons de ta vie passée, d’une aura singulièrement spirituelle…

Une aura factice cependant qui, en se risquant du côté des montages novateurs, révolutionnaires même, de tes ruminations macabres, vient épancher sa soif de violence, pour commencer. Et qui, de loin, mériterait bien autre chose que cette âme tourmentée, avec ses spéculations superposées pour imiter le vacarme du cosmos.

Demain, l’Océanie

Sur une échelle démesurée, moteur à l’arrêt, la descendance démoniaque de ses pieds nus au-dessus de la boite à gant… et du Projet Blair Witch concoctant dans le triste cerveau de traumatisants modèles d’Océanie fiévreuse comme la pluie qui s’abat sur la carcasse de la voiture.

Parvenant aussi de la boite à gant, le bourdonnement de son Tamagotchi, avec de l’écume aux lèvres, de la mousse d’eucalyptus, des larves déchues de leur génétique, à la fois frivoles et grimaçantes, d’acier, éclatant entre nos tempes.

Et toujours au-dessus de la boite à gant, des papiers comprenant des zéros et des uns, mais aussi ses pieds nus, ainsi que des bestioles aux museaux qu’on ne voit que dans les cirques, veillent par leur douce chaleur à harmoniser le lieu… une description parfaite du monde surréaliste où nous vivions, non ?

Et sur les arêtes des chapiteaux de tous ces cirques où elles se sont échappées, j’imagine que les traits des scribes moqueurs, chanteurs, railleurs qui ont enfanté le début de ce texte, se durcissent… les arêtes des chapiteaux ? Une Nef centrale avec des arcades regroupant, d’après les dernières interprétations avant la Nuit, toutes les gammes néfastes des bûchers léchant par leurs flammes naissantes les pieds de tous ces univers : du néoréalisme le plus cosmologique repartant à la chasse et véhiculant, tout en brûlant, les plus belles crémations jusqu’aux arcs, se dressant à l’approche des rêveurs, aux architectures spirituelles plus prudentes que les combustions de ce moteur à l’arrêt.

Un désir d’émeute et de perditions !

Mon goitre photographié par tous les passants, qui pendouillait aux abords des habitations bien gardées, j’avais dans ma poche le zéro des bourgeons à replanter, compris entre la valeur 4 et 9 : ils produisaient, ces bourgeons, un désir d’émeute, suite à cette panne de réseau mobile qui s’était additionnée avec le brouillement des ondes hertziennes rendant les postes de télévision caduques.

Un authentique bourdonnement de plomb mortel mais sans dommage, suivant un découpage compliqué, picorant la voix téléscopée qui provenait de ma poche kangourou…

Ma poche kangourou ! Un vrai Capharnaüm à grandes lampées éparpillant leurs motifs, leurs courbes et leurs wagons de sauvetage dans ce quartier chic !

Cependant, il y avait encore la police et des CRS dans la rue pour canaliser cette meute, les gouvernements ne voulaient pas lâcher aussi facilement le pouvoir, ou même négocier, ils projetaient d’envoyer l’armée pour maintenir l’ordre et ils évoquaient déjà dans les coulisses la possibilité d’ouvrir des camps où les plus nuisibles seraient enfermés, voire pire.

Ces stimulantes idées hérissées par les branches des sapins de la forêt d’à côté et qui menaient dans tous les azimuts, les armées des nations étaient agitées par la seule rhétorique du pouvoir en place… sans issue ces discours disparaissaient du subconscient photovoltaïque des sanguinaires lampes de poche en provoquant d’immense dégâts : des catastrophes toutes sonnantes qui encombraient spirituellement le fût des robots ferroviaires !

Noces d’orfèvres et imagination surnaturelle à San Francisco

Elles en décrivaient, pour ces noces d’orfèvres, dans les encyclopédies aux illustrations grouillantes de gnomes, ces croyances en l’imagination toute puissante, des arrières-pensées qui corrigeaient, à mesure que le lecteur avançait en tournant leurs pages, la froide féminité du maître des passerelles planqué dans un silo de stockage !
Une féminité adolescente qui accueillait toutes ses définitions (le maître des passerelles héritant d’une garde-robe tissée dans les champs d’iris) et une imagination débordante qui vivait avec économie pour plus tard, on ne sait jamais, chevaucher le dragon dans ce fief paumé du maître des passerelles ; et ainsi, de près comme de loin, à la vitesse de quatre vingt dix neuf, les hélices des hélicoptères se transformeraient en moulins à paroles…

Juché sur un très haut rocher, on pouvait pressentir, comme le maître des passerelles l’avait prédit dans ces encyclopédies qui ensemençaient des parures pornographiques pour femmes lépreuses, les fulgurances de son pouvoir imaginaire. Et comme cette nuit qui ravivait cette pansée singulière, en lui offrant de l’air dans ses branchies, sommeillaient les nouveaux Eldorados centrés sur le pouvoir de l’imagination de ce seul notable dans ces villes désertes comme par exemple San Francisco…

Car à San Francisco comme ailleurs, la pansée, que le maître des passerelles avait créé, n’était pour ces illustrations de gnomes sauvages qu’un repère spatio-temporel et qui représentait, en dédoublant communément par sa tragédie de malandrins les fondements financiers du château où restait cloîtré cet envoûteur.

Et pour des prétextes précieusement électrostatiques et par coup de poing assommant comme la chaleur de ce lieu mystique où se reposaient des dieux troussés jusqu’aux gamètes, le pouvoir de son imagination grandissait en force surnaturelle, construisant et détruisant la pansée à tour de rôle ; aussitôt disparue, des forains l’avait récupéré à leur compte pour redéfinir leurs vies, pour devenir des hommes d’affaires impitoyables, toujours propres comme des sous neufs… mais réapparaissant pendant ce troisième millénaire, l’imagination de cet étrange personnage finissait malgré tout par s’éteindre quand les pénombres de l’hiver ravitaillent en unité énergétique les papillons miteux qu’elle avait conçu sur papier de moleskine.

Ombres et stupéfactions à Melbourne

Du nettoyant pour vitres afin de nous acharner sur les ombres que procure la soupente de cette vieille voie ferrée, notre seul abri face à l’impitoyable oppression de la canicule, un combat millénaire ! Un ultime affrontement entre les lambeaux de ces tissus maculés de crasse et de sang qui composent notre couche !

Des kyrielles de dieux transmis et sublimés de génération en génération afin que les hivers d’autrefois ne nous protègent plus que sommairement ; pour se tenir prêt, droit dans ses bottes, l’un à côté de l’autre pour cuver la dureté des vins consanguins et de la traverse en bois, une liste de grand frère, jetée sur le papier comme les premières conditions de notre succès à Melbourne : d’abord, pour lutter et pour procéder par ordre d’idées et pour les séparer par des quintes de toux dans les établissement pour légumes du troisième âge où croupit Kaphrium, le fondateur des hommes-rats, il faut, avec un haussement d’épaule qui convient dans ce fief paumé, dans cette contrée grouillante de gnomes rétorquer à toutes les incendiaires pensées qui pourraient nous passer par la tête.

Et puis, en regagnant la surface, l’objectif étant de profaner une sépulture, en cette fin d’après-midi dissimulée sous un ciel de jade, avec cette vague impression d’appels d’oiseaux très mal-aimés dans le voisinage, il y a aussi du son Grunge envoyé et un show-business rapidement éteint.

Pour sonder entre elles les âmes de nos adversaires, ces gens d’ici qui parlent volontier et d’un air emprunté d’euthanasie, il y a encore les délassements, quoique frileux, ou les pitoyables fragments d’os de ces personnages qui en ont tous ras-le-bol de vivre mais, dans la plupart des cas, le suicide n’est rarement envisagé.

Pour dégainer le premier, le shérif ou le maire, pour pallier aussi à ce problème, organise gratuitement des cours d’éducation sexuelle dans la salle de la commune, espérant ainsi générer dans tous les foyers des histoires d’orgasmes en série. Une dernière bataille en parallèle et sur le point de démarrer pour étaler leur science que des nébuleuses sectaires ont récupéré et leurs monstrueuses chambres d’auberge, une aubaine pour ouvrir à minuit des ateliers de spiritisme, improvisent des feux de cheminée que ces hommes et ces femmes préfèrent attiser plutôt que de prêter une oreille attentive aux shérifs ou aux maires autoproclamés…

Enfin pour se tourner vers ce genre de pratiques occultes qui les aident, disent-ils, à mieux vieillir, à mieux appréhender l’au-delà et pour se dégager du frottement animal, ils enchaînent les attaques rapides sur plusieurs points vitaux à l’aide de poupées vaudous et les procès-verbaux comme seules autorités permettant aux diables de nous visiter ou encore d’améliorer leurs communications avec eux.

Au Cameroun ou en Asie à Bangkok l’atterrissage de l’Airbus

En Asie à Bangkok où les dieux de l’écriture automatique du Cameroun accueillaient ce jour de nef centrale et saupoudraient, de leurs cendres divines, ces paysages compulsés comme des archives, comme d’indémodables ballerines. Ce fut d’abord comme un road trip que cette jeune, virtuelle mais déjà légendaire nation démocratique n’arrivait pas à terminer… ce qui activait dans nos lobes cérébraux la désuétude de l’avion Airbus, avec son marsupial moteur, avec la même lenteur que notre Jaguar, c’était tout simplement le ronronnement de ses moteurs et leurs mécanismes perturbateurs dans nos cerveaux.

Et tandis que j’enfonçais ce morceau de fusain dans le culot de ma pipe bourré à large coup de pouce, après bien des tours de garde comme nous étions en danger à mon avis, il n’y avait plus que ces données métaphysiques sur le tableau de bord de l’Airbus, maculé par notre sang et par les kyrielles d’idées folles de ces spectres ; en Asie peut-être à Bangkok ou en Afrique sûrement au Cameroun quand il n’était plus qu’un souvenir ou une série de photos floues, en noir et blanc représentant des verres de rhum bus d’un trait, l’atterrissage de cet aéronef nous avait sauvé la vie.

Et de la vie pulsait dans ses moteurs vivifiés par ce jour d’épiphanies et de Manifestes aux idées noires, cependant distillées en parfums médicamenteux pour sortir de cette trop longue dépression… et ainsi, en courant sur le comptoir en ivoire avec des nymphes lancinantes, d’autres représentations comme cette mer Méditerranée sanguine photographiée depuis le ponton vaguement informatisé de la fosse noire, accouchaient dans nos enveloppes vides.

Il y avait sur cette piste d’atterrissage des lianes et encore des lianes, car nous étions à cette heure tous couchés dans la matrice de toutes ces jungles qu’elles avaient piraté sans l’aide de machines sophistiquées, ces nymphettes couchant sur le papier des dessins représentant les statistiques des bénéfices ainsi que la valeur des actions boursières de toutes les multinationales de l’automobile… C’était donc avant tout artisanal !

Mais comment expliquer cet énigmatique prodige ?

Les équations généalogiques des baobabs de New-York !

Soit A une quinte de toux et B le secret des bâtisseurs, des épidémies sans bagage génétique codant et prélevant malgré tout les matrices binaires filant à l’anglaise sans être débusqué, sous les racines des baobabs ; l’un d’eux imprégnait par son parfum générant C ou son équivalent, son irréaliste rafraîchissement sur les kyrielles de pages Web aux profits juteux, l’air du soir puis de la nuit : une probabilité en question qui récupérait tout en le ravivant le haschisch d’Albert Londres et de Régis Jauffret. Tous ces pseudonymes renvoyant à l’index des pages web, se décomposait leur pacifisme meublé et expéditif, sainement implanté en massif occitan.

Mais si A a la valeur des sillons, des ouvertures étroites où l’on peut voir toutes ces victimes de sa fiction, alors, alors seulement B a cette fonction si caractéristique de correspondre avec un cageot d’outre-tombe flottant et dérivant sur les océans de cette probabilité. Et si cette probabilité, comme une cover-girl aux charmes poivrant les magazines de matière grise ou de maladie bactérienne, perquisitionne à coup sûr sa très sainte décimale, alors prépare toi à réussir le test à l’avance et à endosser le rôle d’empereur ou de manchot empereur et demande toi tous les jours comment ces infructueuses réincarnations peuvent revenir à la Terre, notre berceau stellaire saturé par internet et par leurs personnalités radieuses, brillantes, solaires…

Cette maladie ? Cachée dans la poche d’un kangourou banni de son territoire, ovoïde par sa représentation, un moine zen en lévitation, qui ne fait pas le poids face à l’inexprimable voyage de ces même probabilités, elle succombe aux premiers jours de ce printemps en épouillant l’artillerie lourde, persane et libre de toutes préciosités, des poètes perchés en haut des buildings de New-York ou de Londres… Et aussitôt on la retrouve jusqu’en haut de ces grattes-ciels, aidée par les ouvriers du chantier d’à côté ne connaissant pas le résultat de cette fabuleuse probabilité, et ainsi planchant sur ces plates-formes surélevées et attrapant l’étrange virus venu de Chine et son syndrome sympathique, éthique et tout ce qu’il y a de plus cathodique, on peut la résumer à cette équation de type addictive et furieusement précise !

Le van énigmatique

En soulevant par leurs rumeurs narratives et à chaque opération mentale des planètes comme Jupiter ou Saturne, au commencement, la nuit avait ravivé le fluide permettant de faire fonctionner le quart de tour du jadis carburateur Zénith ; carburateur se trouvant dans l’unique van dont j’étais le moteur par la pensée, par synesthésie.

Et j’en avais fait un lieu d’habitation où les kyrielles de fils électriques couraient jusqu’à leurs embranchements, alimentant les étranges machines sophistiqués qui me semblaient trop compliqués à utiliser, comme autant de disques durs d’un genre nouveau, improbable… et improbable était aussi leur imprimante qui débitaient des billets de banque aussitôt partis en fumée car je dépensais sans compter au village d’à côté qui n’avait pas encore été déserté.

En effet, cette bizarre épidémie avec son fulgurant virus était sur le point de se terminer ; seuls quelques mendiants contaminés émettaient phonétiquement avec leurs appareils désuets des appels à l’aide qui restaient obstinément sans réponse.

Recommençant à s’agiter tels les neurones d’un cerveau d’homo-sapiens au QI moyen, les gouttes de pluie diluvienne, qui formaient un épais rideau sur les carreaux du van en question, m’indiquait qu’il n’était pas question de sortir pour l’instant.

Alors pendant toutes ces journées, happé par le souvenir de mon premier voyage à Brisbane, je voyais défiler sur les écrans des perspectives d’entreprises florissantes à trouver, et, comme ultime objectif, elles finissaient par se brouiller au printemps lorsque la pollinisation sanguine des nichées de chiffres féroces apparaissait ; quoiqu’ils affichaient encore d’autres associations d’idées en attente par d’immobile et saillantes matrices et des algorithmes ésotériques, ces ordinateurs souffraient de séquelles internes irrémédiables.

Les échiquiers de Londres et de Rio de Janeiro

À Londres ou à Rio de Janeiro, tout d’abord, la vastitude des phosphorescentes matières grises sur leur échiquier tombant en poussière ; une douleur supplémentaire dans la poitrine lorsque nous découvrons notre propriété de Santa Barbara en Californie abandonnée, parmi ces rectangles quadrillés et leur poison en vente sur leurs cases libres de toutes spéculations boursières hasardeuses ou polarisées…

Le phosphore chantant sur les échiquiers de Londres et de Rio de Janeiro, la fournaise devient plus pénible à vivre, vaseuse comme notre vessie pleine de mathématiques et de lait des Grands Yacks jusqu’à ce qu’elle redescende de cette drogue étrange qui pourrait plaire aux êtres chapeautés du dix-neuvième siècle. Et, traversant à bord de frêles esquifs le vacarme et le fracas des rames et des bateaux de plaisance s’entrecroisant, nous dépassons les cases noires inondées et leurs spectres qui nous harcèlent, perpétuant à l’infini les problèmes en question de tous les voyageurs.

Dans une autre chambre donnant également sur des jardins nés au milieu des communes stations de métro, ces personnages redoutent ces fantômes en espérant toujours que quelqu’un va leur donner un coup de main pour résoudre leur problème de mutisme avec les autres. Leur problème ? En partie à cause de ces hommes à tête de corbeau, en costume de ville usé et trempé, qui arpentent, de cases blanches en littoral abîmé par la sécheresse et littéralement malmené dans les ordures courantes, les champs de phosphore aux arrières-goûts de guitare basse.

Posant enfin leur pied marin à terre et marmonnant des mots inaudibles, lancés en pleine poire sur les pistes de fortune qui gisent comme eux dans la pénombre étrange des deux échiquiers d’où s’échappe la fameuse mélodie. Ils ignorent royalement l’armée des alligators adultes, en faction aigre, postés à leurs côtés à l’entrée des deux échiquiers : celui de Londres pour les longs plaidoyers lorsque les flammes, immobiles comme de fidèles chiens de garde, de la cheminée l’illumine et celui de Rio de Janeiro où les ombres fascinantes de leurs mercenaires calment l’ardeur pointue du Grand Architecte… ici et là, à Londres comme à Rio de Janeiro, cette ardeur dans un dédale de rues et d’avenues se noie enfin et se transforme en mare poisseuse de whisky !

À Hong-Kong comme à Wellington

La variole à Hong-Kong vaticinant phonétiquement à la page trois d’un livre à la traduction bancale et des gisements de phosphate comme système adverse d’où s’élèvent les pensées des peintres, des fumeurs noirs. Puis des routes qui, en mendiant quelques miettes d’attention, soulèvent ces océans de phosphate comme autant de phlébotomies variant les espaces et les lieux des abysses quantiques.

Et ces variations spationautes ont toutes la phobie des variomètres qui les mesurent et leur donnent un indicateur : d’autres appareils de mesure utilisés pour leurs connaissances et leurs vastitudes des sujets évoqués dans ce bouquin prêtent cependant une oreille attentive… alors leurs kyrielles d’injures alchimiques tombent en désuétude sans avoir eu le temps de travailler les méninges, alors sous les effets enchantés du kif qu’ils fument mélangé à du tabac.

Enfin il y a, parmi ces banquises où les phoques font apparaître et disparaître leurs corps entièrement ensablés, une vue générale sur Wellington ou sur Hong-Kong… et atterrit alors une saine décision du gouvernement alternant la rigoureuse forme de l’oppression et le style des grands orateurs, ce qui les relèguent au statut nocif d’emmerdeur chaque fois qu’ils hésitent à brûler du tabac ou qu’ils se décident à le mêler avec le chanvre indien, en ignorant les grandes stratégies des grandes compagnies comme Phillip Morris… ainsi que leur marketing aussi tapageur que chimérique qui s’affiche sur les panneaux publicitaires de la ville de Hong-Kong ou de Wellington !

Tout démarre à Hong-Kong !

Pour ces noces d’orfèvres qui en décrivaient des arrières-goûts d’esquimaux givrés, je mettais des fleurs dans les kyrielles de vases de mon appartement lumineux sur la presqu’île.

Pour d’autres noces plastifiantes, dans la vase à plasma de leur mémoire ultra-sophistiquée, des matières plastiques étaient broyées par d’étranges machines à écrire… Trépignante, la vie que les Hommes en noir avaient décidé de vivre amalgamait, avec le pouvoir communément omniprésent de la varicelle, les disgrâces de cette maladie afin de jeter des sorts à cette communauté pour répandre la Rumeur.

La Rumeur ? Un souvenir fugace et la plasticité du cerveau que les hominidés cherchaient à varier avec davantage d’espace spatio-temporel, ayant révélé toutes les failles du système. Le système ? Branché par des fils électriques partant jusqu’au water-closet et télépathique par sa connaissance intime pour préparer la soupe de vermicelles, si on devait le définir, ce devait être le futur de toutes les vermines que les Hommes en noir à Hong-Kong avaient ameuté sur le dos des ichtyosaures extraterrestres.

Des créatures qui donnaient du fil à retordre dans leur élevage ; parmi ces bêtes d’un autre temps, on apercevait la verge de leur mâle dominant cracher son foutre sur les ouvrages les plus recherchés, cependant abandonnés par terre du sieur John Fante… Ce dernier avait tout de même gardé la beauté de sa jeunesse et son esprit aiguisé commentant l’avarice des ports de plaisance anonymes.

Libéré par la substance blanchâtre du chef des ichtyosaures, se cachant en retournant la terre ou lignes du livre de John Fante, un défaut de perception châtié comme la vérité sur l’univers engendrait d’autres problèmes à l’équipe restée sur Hong-Kong. En effet, les plans sur la comète de ces agents parasites s’étaient envolés, avaient disparu de leur discussion et malgré tout ils en avait des arrières-goûts de chien en bataille, de cheveux siamois, et de rires épileptiques, ces plans destinés à renflouer les caisses de cette parade sauvage.

À Hong-Kong encore volant la vedette aux viaducs sous-marins qui en abritaient tellement de ruches, pendant ces jours de carnaval, d’architecture spirituelle libre, parmi ces plans il y avait ce projet de building exotique retournant comme des crêpes les estomacs des ouvriers payés pour le bâtir. Et elle en avait des arrières-goûts d’obscurcissements païens, cette construction que les pressentiments les raisonnables effaçaient de leurs archives : des angoisses intemporelles dont l’intensité était augmentée par les drogues que le lait des ichtyosaures, intergalactique et de conception génétique la plus perfectionnée au monde, fournissait.

Les vastes salles du gratte-ciel n’étaient plus qu’imaginaires et encore, partant des idées fumeuses elles n’avaient aucun secret à révéler pour les habitants de cette monstrueuse cité ; en costume, ces personnages chapeautés envoyaient aussi valser les journalistes que le dernier et récent événement funeste à Londres, au nom du Livre des Morts, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux Livre des Morts, avait fait naître lors d’une intersaison interplanétaire.

En effet, le Livre des Morts avait tenté d’expliquer à tout un tas de générations avides de sens l’existence, les formalités spirituelles de ce cirque extraterrestre, et leur dérivé aux quatre coins du monde où on accédait au Nirvana par l’usage de drogues…

La culture underground du très saint copiste du Livre des Morts s’étendait dans les bas-fonds newyorkais, de Los Angeles ou de San Francisco, dans les pubs londoniens ou parisiens où s’assemblaient tous les lecteurs indésirables de John Fante, ou encore dans les salles d’attente des pyramides où les scribes avaient eu l’audace folle de ridiculiser les outrages de l’espace-temps en les éventrant d’arguments socio-philo-politiques… mais jamais à Hong-Kong ! On ne trouvait aucune trace de cette coutume locale !

Les psychotropes utilisés pour leur architecture spirituelle, damnée et vouée au culte du démon, parfumaient les sarcophages des pharaons… mais il n’était pas question, à ce moment du récit, le démon étant cette mise en abyme matricielle de la narration de ce texte, d’invoquer d’autres philosophies de vie destructrice ; ces Abysses Quantiques étreignant l’espace spatio-temporel réduit de leur traitement de texte polysémique.

Enfin, éveillant des arrières-goûts de gyroscopes flamands, cette architecture spirituelle, entre les lobes cérébraux de la momie aux yeux clos, accompagnait le défunt dans son ultime voyage à travers temps. Et ils en avaient des arrières-pensées morbides ces scarabées en malachite contenant les mots de passe qui permettaient d’ouvrir sur son tombeau portant en inscription préraphaélite un extrait du Livre des Morts.

Une très vague réminiscence qui, curieusement, me plongea à l’époque où nous étudions le roman le plus propagandiste de toute l’Egypte Ancienne sur les bancs de l’école. Et le scribe avait écrit que les Hommes en noir prendraient leur tube de colle et snifferaient de la colle.

Un tube de colle descendu du ciel et apporté par une technologie multipliant les références séculaires des anciens thrilleurs, à la fois extraterrestres et terrestres, ce psychotique d’un genre nouveau allait en engranger dans les bibliothèques autorisées ces méthodes d’écriture grunge, pop ou underground.

Le peintre fantasmagorique de Brisbane

À Brisbane, sur le chevalet féerique, ici et là parmi les toiles exposées, des lois gravitationnelles uniques et des ventes de Tamagotchi à la sauvette et des univers qui grappillent le temps perdu ; de vacillant diadème et des colliers d’une autre trempe pour un urbanisme passant le plus clair de son temps aux jeux de hasard ou de société !

Pendant les nuits orageuses, sur les tréteaux tandis que la fanfare des acteurs exultants aux yeux en amande tourne au vinaigre, l’un d’eux raconte l’ascension d’une falaise escaladée à main nue et aussitôt, dans l’ombre, tombent des tresses qui se distinguent du lot ; avec un treuil qui exécutent des tours de couvre-feu et de copier-coller idéologique et que l’on déboulonne les jours de crêpes, on nourrit la becquée qui ne connaît aucune trève. Des annonciations parmi les trentenaires et des antennes, sur la route, qui contrôlent le trésor ! De la haute couture enfin quand tu passes au-dessus des buis et des bleuets ou au-dessus de ces champs de blés qu’on met en bottes dans un journal à tenir chaque jour !

Parmi ces bottes de foin l’épingle qui a servi au tricot des fleurs de cabales bien rodées, pour contaminer l’Occident et l’orient avec de la mimolette périmée comme noirceur avant l’aube, la description d’une somptueuse taupinière qu’on peut trouver, sans lui en tenir rigueur, dans une bibliothèque étrange aux extrêmes changements de température ; et tout ça à Brisbane où le peintre se souvient des mots incertains et concis que les épineuses ou douces questions font surgir : des poignées d’événements imaginaires ou réels qui donnent un air de déjà-vu aux SMS brouillés, aux noeuds des matrices informatiques et aux dieux sans trident !

À Brisbane encore trinquant à la santé du timonier, sur une avenue dont l’idée de base réside dans le monopole des truands qui fascinent, le trafic autoroutier est géré par cette prose alimentée au cut-up de William-S : le truchement infiniment renouvelé des têtes pensantes trapues qui dodelinent en montrant tous les défauts de leurs trucages et de leurs documentaires !

Le destin comme turbulence, comme un continent vierge à explorer dans toute sa diversité avant le crépuscule. En suivant les antiques exégèses folks, ce peintre héritant de Turner qui peint le soleil levant dans la brume hésite à faire un pas de plus, un pas de destrier, sur le tapis du manoir qui court à toutes jambes en crevant les tympans : des souvenirs que l’ordinateur, ce MacBook Air perdant la clé des mots de passe, réincarne en tentent de transmettre à cet artiste, par ce visage de femme laiteux et sanguin, la Nouvelle Combinaison.

Délavé, il reste tout de même un seul mot de passe que le disque dur sinistrement verrouillé ne veut livrer ! Bref, du cubisme et un twist comme des galipettes avant l’heure du coucher, comme un ultimatum pour les jeunes pousses de ces réminiscences dans son cerveau qui galère à trouver du positif au périple d’Ulysse et de la duchesse qui perd à nouveau son diadème !

Des réminiscences qui veulent me réconcilier avec quelque chose d’encore trop flou ; peut-être un duel au moyen âge avec un type débraillé…

De l’urine sur les murs de la ville de Montréal, Brisbane rivalise en offrant à cette cité une lettre énigmatique dont l’écriture automatique entre mes tempes bourdonne pendant une cristallisation… et qui sillonne les lignes de tirs alpins, de la morphine dans son œil cristallin !

L’époque de l’URSS, que les gens chapeautés tardent à lui faire reprendre vie, gonfle les voiles des intervalles obscures comme une période de contagion ou de contamination qui provient forcément de l’utérus…

Un cocon parmi des étoiles dorées toujours à Brisbane, ce lieu spatio-temporel accroché au décompte d’un chronomètre comme un cocktail néoclassique de thriller et de flammes blanches ; son absence de relief jurassien qui vagabonde à la recherche des nervures, des vallonnements, contribue à la purification, au milieu de ce décor cérébral, des pensées des skinheads comme si ils se croyaient les vainqueurs de la guerre du golfe !

Des séquences d’actions impersonnelles sur la cinquième avenue à New-York ouvrent les cours boursiers secrets de Brisbane et ces vers qui courent le long de la feuille de papier, proposant entre les lignes des rêves tarifés, laissent à leur auteur un goût amer d’inscriptions runiques sur la langue et le palais : sa mâchoire devenant pierre vaguement glissante pour écraser sous ses dents les succès de la vaisselle brisée, comme une extension d’éléments chimiques.

Enfin reproduit à l’identique à Brisbane, un paysage vallonné que le peintre fait monter sur des éléphants parcourant en rêve les territoires des droits d’aînesse qu’un mauvais élève dans le vague récuse !

Le QG de Leila

Les funestes messages arrivaient ces derniers temps de manière plus rapprochée.

Des sangles sur son corps nu, mystérieusement en enlaçant et en harnachant la nymphette à côté de moi, sur la banquette arrière, semblaient douloureuses. Le chauffeur de taxi ne se préoccupait pas de l’adolescente et au lieu de prendre le trajet habituel, nous traversions l’avenue aux boutiques glamours.

La principale raison de la ceinture conventionnelle ne réside pas dans son utilité mais dans sa laideur comme un oracle tribal. Et tribal aussi, en regardant fixement la route, il ressemblait, ce chauffeur de taxi qui aurait pu intéresser les cas les plus extrêmes d’Elephant Man, à un gnome monstrueux, grognant et grommelant… Une malformation, qui me donnait la nausée, au niveau de son crâne, aussi énorme qu’une tumeur cancéreuse, rendait son apparence terrifiante, il me fit l’effet qu’une pastèque, à la place du cerveau, se logeait dans sa tête. Des mouvements de bras et de la mâchoire appareillée par un étrange instrument qui lançait dans tous les azimuts des rumeurs de plaine abandonnée, avaient fait naître des sons désarticulés à l’intérieur de sa Mercedes : des mots sans aucun sens, presque incompréhensibles mais que je devinais aussi rustres que des masseuses de troisième zone.

Nous filions à présent à travers les kyrielles de ruelles croulantes de la cité, vers la cathédrale orthodoxe, poussiéreuse et gothique. Je priais à ce moment là, n’étant pourtant pas orthodoxe, pour arriver en vie à la fin du parcours. Pointant enfin son volant en direction d’une place de parking vide, l’animal poilu nous déposa en bas des marches du QG de Leila où je devais faire ma démonstration, en conférence avec cette jeune femme et les autres équipes. Leila, parfois d’un regard vide qui devait relire les manuscrits antiques et d’autres fois d’un visage d’acier, me dévisageait souvent ; elle m’attendait depuis de longues heures afin que je lui prouve l’efficacité de mes méthodes surréalistes, afin que je lui remette un document tombant en poussière ou en pluie selon l’interprétation : le dernier rapport des ventes que des pionniers en la matière avait dérobé aux tribus les plus féroces d’Amazonie alors à leur apogée.

Je leur parlerais, me promettais-je en montant les marches, plus tard et dans un lieu qui bien sûr ne risquait pas de me compromettre, à ces victimes de notre opération marketing, de nos sarcasmes commerciaux ou de notre récente position sur les nouveaux rafales de la boite, condamnés à ne plus jamais voler !

L’île de l’armée des singes

Tout d’abord, sur une île qu’on finira bien par retrouver un jour, ce refuge devient une large péninsule. Une péninsule bouddhiste où s’ébat le sang dans les veines des misérables pêcheurs, leurs crânes branchés sur un circuit électriques en manque de puissance.

Mais leur force réside, quand les bottes et les ombres des singes font du foin et glissent sous la peinture de ces pavés installés à l’entrée des temples, dans cet aura de lumière prêchée par l’armée des singes. Et ce qu’on peur relever, en tant qu’écrivain ou poète, ou poète et écrivain à tour de rôle, sur leur passage, c’est qu’une personnalité résiliente est à leur tête. Dessinée sur le gravier, pincée par des ongles stridents comme sur un tableau noir, une assiette sacrée où brûle la représentation flottante de leur monde, limité à cette île et qui n’est rien d’autre qu’une gardienne, à la fois amante et déesse, vêlant de douces nuits agitées…

Pour une fois, ce territoire inconnu se risque à vivre une vie immobile, inspirée des plantes et des fleurs, de l’univers végétatif en embuscade lorsque les prodiges, nés dans les laboratoires du continent au loin et en feu, franchissent une nouvelle étape pour décrire la langoureuse monstruosité de ces chimpanzés : la longue liste de ces cobayes qui ne représentent que des truands, imprimée et scellée dans les archives des laborantins, suivie par la longue description des petites annonces parues ce matin ; alors frémissent les vastes ténèbres, et se réalise enfin l’avilissement du corps et de l’esprit.

Le Cercle – The Ring

Un mal-être qui t’épie de près ou de loin, un désir de vengeance et de malédiction pour plonger dans la noirceur, sa maladie qui engloutit tout, de cette petite fille qui ne zézaye pas au téléphone.

Écoute, tu vois, tu es là le cœur reposé, sans battement irrégulier pour l’instant et tu vas la visionner cette cassette sans demander de l’aide ; au ralenti, peut-être, pour étouffer ta volonté de tout rationaliser. Tout d’abord ta télé va grisailler jusqu’au suicide et tu vas vieillir d’un millénaire.

Un millénaire sanguin, prenant aux tripes avec l’odeur puante, abominable des cadavres, avec pour toile de fond le chalet 12 perdu dans une forêt de sapins. Même les eaux et les animaux sont contaminés par Sa violence. Une mouche, une simple mouche vient au monde sans empreinte digitale. Une échelle, une simple échelle pour rattraper le temps perdu, pas vrai ?

A l’hôpital psychiatrique pour réaliser qu’il va falloir du temps et tu n’as pas assez de temps devant toi, non ? Sept jours. Sept jours avant la terrifiante vision à 22 heures ; la caméra t’exhorte de reculer… Ou de disparaître. Comme le road-trip d’une mouche excitée par l’odeur du sang, les chairs brûlés vives et en empruntant la terminologie de Pierre Reverdy tu te contenteras des plus maigres rayons qu’Anna Morgan a semé sur ta route.

Des chevaux noyés puis scannés par la folie, la folie un endroit tout noir qui continue de désavantager la raison. Maintenant BRÛLE : tu vas mourir, crever dans les flammes infertiles de l’Enfer qui les fait croître encore davantage pour voir ta souffrance, ta petite souffrance qui gueule en t’obligeant à vomir tes tripes, les cheveux de la petite fille qu’on croit morte coincés dans ta gorge et tes cauchemars, tes pires cauchemars comme le bûcher placé au centre de Son hôpital psychiatrique, accomplissant d’autres cauchemars.

On se bat à peine, ou bien par télépathie, une brique de maçonnerie dans tes poumons, on s’examine après la lutte, mais ça ce n’est rien comparé aux énigmes que ta solitude t’a forcé de croire. Le feu brûle avec Ses démons, empiégeant ce que tu pensais avoir construit, le feu brûle sans jamais dormir ; les ténèbres que tu entremêles ont vu le Cercle comme toi mais eux resteront sagement à Sa place, sur une île paumé qui t’attend

Les courants d’air bouddhistes du médium !

J’étais encore engagé pour attraper des courants d’air par la moelle, pour combattre aussi la noirceur de tous ces cœurs reposés, aux battements irréguliers cependant et, parmi les listes des conjoints aux affaires patrimoniales importantes, les dossiers et les feuilles d’impôt qui remplissaient les conditions adéquates pour payer l’entretien des fontaines Wallace, d’autres piles dépassaient et m’obligeaient à tenir mes engagements concernant ces courants d’air ; des courants d’air courbant le dos des bouddhas fossilisés sous le poids de ce dur labeur : un travail aux intentions absurdes, qui réclamait de scribouiller d’autres listes, les numérotations téléphoniques de tous ces gens qui s’apprêtaient à rompre l’isolement, la solitude provoquée par le Covid 19.

Ce fut ainsi qu’il vint, ce vent glacial, envahir les plaines arctiques et dormir sur nos carreaux qui acquéraient par leur puissance photovoltaïque la chaleur des tableaux encadrés dans les manoirs que Baudelaire avait lui-même visité… Celui-ci voyageait encore, même mort, grâce au pouvoir de l’imagination des peuples de l’antarctique ; et pour sécher l’encre d’Hunter S. Thompson, il lui apportait sur un plateau d’argent des courants d’air empruntant des couloirs d’aération que même les monstres les plus vils n’osaient s’échapper…

Ils se contentaient de visiter notre monde par télépathie en commençant par les égouts et en finissant, survoltés, par les salles de concert ; ainsi Hunter S. Thompson et fils se surveillaient prudemment pour communiquer au mieux les mots ingrats que ces créatures bizarroïdes avait épinglé, des phrases se rapprochant davantage du registre des précieuses raffinées… Tout ça, en racontant sur du papier recyclé, glacé et à présent entre les mains de Thompson qu’elles allaient tomber simultanément les déesses de la lune et les comètes terminant la scène de ce poème !

Le Périple : de Singapour à Sydney

À Singapour, pour m’aérer enfin les poumons, j’ai traîné du côté des esquimaux qui côtoient et craignent les dealers de Goran Pritska parce qu’ils ne lui connaissent aucune limite. Ils ont déjà ratatiné plusieurs cancres sur des mouvements d’humeur dans leur apprentissage du sabre laser. Ils ont baisé leurs serveuses dans la remise de leur club et ont dérouillé les videurs.

Goran Pritska, ce novateur, ce révolutionnaire même, bien autrement méritant que ces marchands de thé Pennyroyal, ces coursiers de rêves tarifés, n’a pas réellement vécu à Singapour, n’a vraiment pas mesuré l’effet que les corps gras de toutes ces poupées gonflables placardées sur les emplacements publicitaires a pu faire sur lui alors qu’il s’adonnait au reportage comme Thomson avec beaucoup de rhum bu jusqu’à la lie.

De ses colères qui ne se dominent pas, a germé l’idée de vendre des racines de gingembre ou de la lessive avariée (alors qu’il s’agit en réalité de viande pourrie de veau) et cette idée, réduite en poudre de plume cellulaire, a hanté le bord de mer imaginaire, entre le Bronx et la cinquième avenue de New-York. Et c’est bien à New-York que je laisse éclater ma colère au téléphone : impulsive, soudaine et brève comme un dictateur s’octroyant Paris ; une colère brute et barbare de taureau dans l’arène… Prélude d’un authentique culte barbare se vouant à déloger l’infâme imposteur qui aime me torturer et que je représente à présent.

Ainsi, dans le feu de l’action, à Hong-Kong, dans la solitude de ma chambre d’hôtel, j’ai écris un texte qui est une incitation à la haine dans une vallée où le tempérament des habitants froids comme le côté droit de l’iceberg et sa base de données, en a fait pleurer des larmes de pluie diluvienne. Et toujours à Hong-Kong alors que les haillons d’argent de ces pluies qui ont tant de peine et qui s’affichent en code binaire sur mon ordinateur, meurent lentement, doucement dans la vive clarté de l’hiver.

À Pékin, dans son enfer polaire, des coups de béliers infatigables et lourds, entrepris par des hommes traitant leur mère de pute, promettant mille souffrances du côté de Sodome qui aime les tendres cœurs.

À Tokyo, en fait posé sur ses genoux, mon front de lecteur obstiné cogite le chant des rivières, sans pour autant chercher ouvertement à le dénigrer.

À Doubaï, dans les rues et leurs sens cachés qui prêchent la destruction, les parfums de la négligence ne font pas frissonner les narines des passants croisés. Abattu sur leur beauté, l’ombre, ou les limbes de ses mots, suspend entre les lignes d’un roman en souffrance le début de sa vengeance personnelle.

À Sydney, enfin, terrassé par la tuberculose, l’auteur de ce texte, souvent au-dessus des montagnes, tristement s’assied au sommet de ces mondes blanchis, religieux et écoute la cloche qui sonne au loin quand les bottes qui ont malgré tout un certain charme, font du foin ; d’un œil indifférent il n’attend rien des jours, ne demandant rien à l’immense univers que tout âme désire en son for intérieur comme une incitation à la haine, à la violence et à la destruction emportée par l’orageux aquilon.

Le Périple

À Bristol, pour agglomérer dans la ville une élégance d’ensemble impérialiste, verticalement dormant dans le lit mauve des hémisphères synthétisés comme une mélodie qui s’éternise, le bacille se développait et lâchait sévèrement du lest au régime autoritaire de cette cité radieuse ; une mélodie qui s’affranchissait des impuretés alchimiques.

D’autres fins de romans laissaient comme un arrière goût d’arguments mal définis sous les tas de glace et de neige qui entravaient toutes les lames muettes de la première page. À Bristol enfin, il y avait aussi d’autres organiques vécus mais ils étaient si peu représentés qu’ils disparaissaient après les stances des diables babillant avec les tueurs en série.

À Londres, un film de Stanley Kubrick qui précédait un appel manqué développait d’atroces stratégies pour en finir avec le monde. Ce monde ? En s’attribuant les victoires cancéreuses de l’au-delà et ces murmures précipitant la jolie description d’une kermesse au fond d’une crevasse, il proposait tous les voyages possibles et imaginables jusqu’à la ville sainte. Mais je préférais m’intéresser au parchemin caché de Jack Kerouac en le découpant sans me préoccuper du message et de cette horloge accrochée au plafond.

À Edimbourg, avec un jeu éducatif qui s’efforçait d’explorer la fange, il y en avait des foules d’ennemis… Et parmi eux une jeune femme nue, qui s’empressait de chercher sa jarretière dans son panier de fortune, déclinait les saisons et leur maturité avec ses pinceaux, avec ses toiles aux couleurs paradisiaques.

À New-York, un étrange restaurant : lorsque je rentrais dans le restaurant la tension était au maximum, magnifiquement refoulée par la houle dehors comme une bouteille à la mer : des relents sans aucun souffle attisaient le pouvoir de l’imagination…

La fin du monde en quelques synopsis

La fin ! Ce ne pouvait être que la fin s’accrochant jusqu’au moindre recoin épiphanique tout en s’égarant dans les disques durs des computers ; l’unique fin que j’apprivoisais silencieusement et qui embarrassait tous les synopsis positifs racontant que Sam, l’alter-égo de Satan, décrocherait par sa magnifique complexité et par son commerce de l’esprit, le box-office américain ou européen finissant dans les poches des quartiers de la finance…

Et parmi les ordures qui ici et là s’écoulaient dans les égouts transmettant et amplifiant par télépathie des séquences d’images sur ordinateur, la fin brodait des parallèles sur le tissu tendu, effrayant des angoisses sales pour faire entrer dans ce grand bureau de Washington l’idée folle de la récession.

Et de boyaux souterrains en boyaux intestinaux, ces parallèles, qu’un écrivain entremêlait avec ses histoires, disposaient leur finitude au gré des courants, des méandres maudits que la fin du monde exorcisait et qui, en se dissipant, éclairaient les mécanismes perturbateurs et la paranormale activité des pensées troubles de nos cerveaux encore endormis.

La fin du monde ? Sous un ciel de jade qui devenait noir et qui attisait les forces, en espérant quand même calmer un peu le jeu, elle avait, en commandant à coup de poings, du fil à retordre, avec leurs avortons qui se couchaient entre les lignes de toutes les pages d’un manuscrit… un authentique travail de sape kafkaïen !

Contournant les données métaphysiques et virtuelles d’une jeune mais déjà légendaire nation démocratique, le disque dur qui avait fait naître de vieux films en accéléré, issus de la guerre du Kippour, émigrait virtuellement avant de connaître une fin atroce. Une fin sans paramètres mais avec la satiété des bestiaires méchamment aiguillonnés par des cathédrales, alors seul souvenir du temps des Hommes, mais gentiment réapparus lorsqu’on vida les entrailles, les poinçons et les architectures de ces diaboliques vautours !

Le hussard informatique sur le toit !

C’est Lautréamont lui-même (le jeune hussard informatique sur le toit) ou le Navigateur qui va commencer ce récit :

Je suis sale. Les poux me rongent. Les pourceaux, quand ils me regardent, vomissent.
Angela, Emily, Madison, Hailey, Kaitlyn, Hannah, Sarah, Brianna, Ashley, Abigail, Emma, ou Wheaton : repliée et mortifiée par les visions qu’elle a elle-même engendré, cette jeune femme aux multiples visages à la manière d’un kaléidoscope macabre, actionne mon coeur qui bat selon son rythme, presque syllabique. 
Mais comment battrait-il, si la pourriture et les exhalaisons de mon cadavre (je n’ose pas dire corps) ne le nourrissaient abondamment ? 

Des parallélogrammes de lumière éclatante tournent et se croisent, en me lançant des corn-flakes ou des strass, et au milieu de ces plans mobiles de lumière clignotante, j’aperçois ma prochaine incarnation : sur un toit dominant l’horizon, un jeune homme vêtu d’une veste à collerette de lapin, penché sur un étrange ordinateur portable, le regard plongé dans cette déchirante ville grise qui m’a vu naître.
Puis une rangée de tuiles faîtières, transportées par ma seule pensée, cependant mes méninges abandonnent l’idée primaire de la jouissance et de l’extase synchrone : les tuiles ainsi que ce hussard informatique sur le toit dégringolent aussitôt… Le Système du Navigateur s’immobilise alors là où le jeune hussard est tombé : dans la neige froide et presque ossifiée par cette violente chute, un faisceau sanguin s’échappe tandis que le Système recueille les données nécessaires à sa survie. 
Un bref instant, l’esclandre disparue, les voisins qui ont ouvert leurs fenêtres quelques minutes auparavant, retournent se coucher. 
La polysémie des mots à l’intérieur de la playlist que le jeune homme écoute, maintenant allongé sur un banc pour se rétablir, le captive : des expressions espacées minutieusement toutes les trente secondes se précipitent dans son oreille droite…

Au premier plan, apparaît cette jeune femme mystérieuse, insaisissable, la sophistication de son maquillage blêmit sous les réverbères allumés du centre-ville.
Alors, c’est l’arrêt soudain du Navigateur : celui-ci renvoie Lautréamont vers les dimensions infernales où s’enchaînent dans une danse macabre les images mouvantes de ses vies multidimensionnelles…

La jeune femme vêtue d’un chandail en laine naturelle, d’une jupe en tweed boutonnée de haut en bas et d’un gilet en daim beige, un téléphone portable à la main, vient aider le jeune hussard.


Cet abîme où le noeud de son chignon s’hérisse à la vue de tout ce sang qui coule, Lautréamont le connaît trop bien : il a plusieurs tentatives de suicide à son actif, c’est le Mal (ou le Navigateur) qui a créé un tel désordre psychologique dans son cerveau… Mais à présent, à l’intérieur des lobes de son cortex, il distingue le pur de l’impur : Le Navigateur, tout ce Monde informatique stratifié, n’existe pas : ce n’est qu’une île imaginaire et chimérique flottant dans les vastes ténèbres de son esprit. 

Et autour de lui, toujours allongé sur le banc, il perçoit à travers les limbes, l’effervescence : les ambulanciers se pressent, l’embarquent sur un brancard dans l’ambulance qui clignote rouge et noir. Le Monde du Navigateur, surchauffé d’excitation, et de colère démentielle, s’effondre alors et, avec lui, fait disparaitre le jeune hussard dépressif.

La guêpière des moteurs alezans !

En examinant sans scrupules et sans perdre patience ces assemblages d’humanoïdes dans notre laboratoire auxquels nous soumettions aussi des expériences alcoolisées, en les ruinant par des cancans au sujet des statistiques du nombre de mort de la Saint Con de l’année prochaine, sous ce fouillis d’enfants juxtaposés, nous appuyons aussi notre dialectique sur une bouteille brisée, confortablement expansive.

En secouant, à cette époque des années X, la guêpière des moteurs alezans, le soleil de minuit, noyé dans le pétrole et comme frangé de noir, projetait synthétiquement des scènes picaresques en faveur de Maître Yoda.

Et, sous sa loupiote et dans sa thébaïde, son caveau qui donnait sur des fenêtres pour rejoindre une prairie pentue où il pouvait échanger un suçotement de bleuet taillé dans la peau somptueusement cramée, cet inculte menait une guerre acharnée par moult voies de Carême.

Le long du chemin de fer, au milieu des tessons radicalement hypothétiques, des feuilles d’argile rouge dévalaient la pente par la seule porte de la mosquée qu’il avait construit de ses propres mains ; des allées de terre jaune pacifiquement ténébreuses parcouraient les rizières perpendiculairement adossées aux enzymes physiques, aiguës et pieuses de cet expert en sabre laser !

Enfin ces apparences d’espèce dangereuse firent, dans la fraîche sciure des albatros de fer et sur l’interligne de la vaine parade tubéreuse ou cancéreuse des foules en chagrin, le poirier à l’orée d’un bois, répandant dans le vent oriental, du sable blanc à aveugler les inquisiteurs de la Saint Con, à la recherche d’un con à brûler dans la foule des gueux…

L’étrange et extraordinaire selfie des grands singes du Brésil

Sur l’un des textes des exécuteurs, on pouvait lire, éclairé aux néons jaune citron : Si tu prends une photo de toi, tu perds un morceau de ton âme, c’est grâce aux exemples des grands singes du Brésil qu’on sait ça.

Dans l’obscurité enfouie et susurrée des souterrains de ces questionneurs, cela m’avait vraiment inquiété, non pas parce que mon regard distrait s’attardait sur l’inquisiteur photographe aux colliers porte-bonheur, mais parce que de fortes bourrasques soufflaient maintenant dans les cheveux de l’homo Selficus me représentant, avec leur parfum sibérien et superstitieux alors qu’il m’avait pris en photo. Un selfie répugnant qui m’avait refroidis dès le matin, avec, en noir et blanc, nos deux gueules où s’engouffraient les réponses sans question d’un grand singe du Brésil.

Je m’étais donné une page et un temps déterminé (environ jusqu’à 7h30) pour écrire sur ce sujet, en jonglant de temps en temps avec un autre texte où je tentais de faire croire aux lecteur que cette préciosité littéraire était tout droit sortie d’un carnet de moleskine retrouvé dans les poches d’un grand écrivain voyageur, avalée par l’immense jungle brésilienne. Une jungle où je remarquais que les grands singes du Brésil perdaient leur langage religieux au profit de météorologiques colères divines tombant du ciel et leur spoliant le selfie qu’on avait tous ensemble entrepris de faire, dans son avilissante globalité.

L’enfiévrement

Décrivant l’enfiévrement d’une étrange machine qui bluffait tout le monde sur le campus et pour s’enfuir par les trous fatigués d’une planche dégringolant des terres sacrées d’Afrique, cette nouveauté chimique avait un goût de papaye et de faunes démasqués sur le littoral où nous étions pour pique-niquer avec un millier d’enfants.

Et Connie qui se déhanchait dans les tasses de café noir ce matin, arrachait de ses mains osseuses la Grande et la Petite Ourse de leur sommeil sans fond. Décrivant aussi l’enfiévrement de ses propres pensées, pourfendeuses d’armées battues en retraite, l’étrange machine, avec certainement un peu d’espoir, révélait un écran pourpre symbolisant le flot de la tequila qu’on buvait avec les Aztèques du coin.

Des boîtes de films qui traînaient dans leur bobine des planctons rebelles et des torpilles vanillées contenaient des morpions se consolant en désobéissant aux jeteurs de déhanchés et de déhanchements sorciers. Chaque jour, comme une voix off mais à bon escient, l’ancien monde des extraterrestres s’emparait des boîtes de films pour protéger les intérêts des messages laissés aux poètes.

Et poétiques et mystiques étaient aussi ces nids de malandrins, nomades par essence, qui scellaient tous les poèmes du monde.

La violence de la scie !

Univers boudin et compote, sans commune mesure à chaque rentrée d’argent, à chaque structuration génétique ; et sans commune mesure aussi, il y avait aussi du chewing-gum collé sur le dessous du siège de cette entreprise locale où j’écrivais. Une structuration génétique qui essayait d’échapper à la violence de la scie, aux pigmentations bizarroides de ces dessous de siège.

En clouant sur la porte des cabanes au fond du jardin ou perchées en haut des cèdres de pauvres ailes de moineaux et les pages du livre d’un virtuose de la poésie, fastueusement, le moral se raccordait à la violence de la scie ; chaudement et mollement retournée dans les cerveaux criminels, la violence de la scie, partiellement électronique, partiellement organique, était gauche quand leur élascticité glaciale, remplaçable traçait des lignes entre la dictée des textes enchanteurs de Jules Verne.

Et le souffle irrationnel exaltait leur pigmentation et leur idée directrice comme une kyrielle proprette d’alcoolémie sanguine ! L’unique monocle du chimpanzé, relié à un câble ou au yo-yo habituel des trois nuances du goudron et leurs enveloppes télépathiques, se noircissait lors de ses montées d’adrénaline : des portaits à la Dorian Gray habitant dans l’une des cabanes de la forêt mystérieuse, au-dessus de l’arche perdue ; l’arche perdue qui contenait alors, à travers les représentations des jeux d’osselets tourmentés sur les toiles, l’antiquité de leurs plantes et qui allait bientôt tomber en désuétude, avant de tremper à nouveau, de s’étourdir et de s’évanouir sous des tonnes de ketchup.

Crocodiles noirs !

Dans la gueule du crocodile, étreignant la largeur comme la longueur de sa mâchoire : une centaine de mètres polaires à parcourir pour hypnotiser l’immobilité elle-même. Des brins de soleil qui sprintent comme des toussotements d’un autre monde et nous deux dedans. Nous deux dedans sans véritablement les liquéfier, les deux gencives altérées et végétales du crocodile noir !

Mais aussi, du venin à foison qui macule l’arbre cure-dents en déclenchant du haut de ses branches des avalanches à l’ouest des quinquagénaires. Et puis des crins de flaques d’absinthe discriminant la perspicacité soucieuse des étayages fossilisés. Fossilisés comme si grassement les monosyllabes de la faune se recueuillaient après le départ de la fusée.

L’unique troll dans la vulve du crocodile rejoint les eaux saumâtres à l’origine des voyages matriciels et des sentiments de love buzz amoureux, alors, crissent sur le début du papier, traînant à leurs suites des serpentins, des scintillements et des lambeaux de fleuve noir ; enfin des poignées de soleil vert à la place des pertes de vitesse onirique !

Solitude d’avril

Pour faire trempette dans l’appareil digestif, l’impact des gouttes de pluie déstructurées qui courent sur le comptoir en ivoire jusqu’à l’exténuation. Pour crapahuter dans la montagne, entourée de caméras, de perches, de projecteurs et d’ombres chinoises, une triplette de rois qui escalade les falaises à mains nues. Pour prendre la poudre d’escampette, de tumultueuses forces obscures, enveloppées par la lumière qui se reflète sur son écran et qui chasse les rois de la grande famille et qui turlupine les feuillaisons d’automne.

Des duels à l’épée et tutti quanti dans ce pays où seul le Bouddha a échoué avant d’étendre l’épidémie et déloger les vandales là où il n’y a plus d’herbe : c’est pourtant le même monde, ce monde qui se concentre uniquement sur l’arôme déplaisant, épicé de son chewing-gum surprenant… Un hommage aux sacs à dos pour les novices de la route qui ressemblent aux bruissements des étoiles et qui traversent les égouts avant de déambuler ou de vadrouiller dans les rues de la ville.

Des chemins de fer qui suspendent les vallonnements du paysage dans le vide en suivant les buttes à l’extérieur de la citée. Des macchabées qui mangent des cookies au gingembre et qui innovent en écrivant de la fiction ; de magnifiques poésies comme une haleine fétide, comme les sonates de Beethoven ou comme le typhus qui contamine le mental flou et leur destinataire !

Franchissant à cette heure un terrain vague désolé pour parler le mandarin, Beethoven, en tâtonnant dans le noir, qui décompose l’univers et qui meurt avec de poussives étoiles crémeuses comme les rouages d’une machine cassée.

Tout ça afin de lancer un nouveau djihad de l’autre côté des portes des hôpitaux psychiatriques référencés et former des amas de galaxies. Enfin il y a un cobra qui serpente entre les blessures et des échappées belles parmi les voix lactées : une saisissante supernova qui récidive en envoyant en morse les données de l’ordinateur ; pourquoi dans cette machine démesurée la nuit de l’orient est-elle alimentée à la morphine et à l’urine alors qu’il n’y a que des étendues d’articles synthétisés et pas le moindre sens mnémotechnique ?

La bible païenne de Kurt Cobain

La terrible vengeance de Burroughs allait s’opérer dans l’ombre.

La nuit ressemblait à la peinture d’un moine castré. Sans émotions ni parjure, une nuit fugitive et stridente. Je sentis monter en moi un sentiment de mélancolie gluante. J’avais comme un blues qui me peignait le cœur en mauve. J’avais besoin de dormir. J’avais besoin d’une cigarette. J’avais besoin de la présence réconfortante d’une double dose de rhum paille. J’avais besoin de poser mes mains sur le cul d’une femme réelle. Je voulais dessiner l’architecture spirituelle d’un ordinateur.
Je ne sais comment ni par quel moyen, mais je me trouvais maintenant assis face à mon bureau, une cigarette se consumant dans le cendrier, un verre de rhum à moitié vide dans une main et une enveloppe pleine de photos floues en noir et blanc, où l’on devinait vaguement une scène classée X ; de ma machine à écrire avait giclé une feuille ou l’on pouvait lire :
« Les forces spirituelles guident nos pas, nous franchirons tous un jour l’espace reliant l’existence aux ténèbres, nous n’aurons plus besoin de mains ni de jambes ni de cœurs qui battent, j’entends le cormoran des limbes appeler mon nom… On dit qu’un roi perd son royaume quand il perd la vue… »

Dans l’obscurité, doucement, la machine à écrire avait ensuite rendu l’âme, sidérée par les paysages splendides que j’avais décrit : des plaines aux faibles lueurs où les zèbres broutaient mais aussi des villes comme New-York que les chevaliers teutoniques avaient rasé ; pourtant, si on arpentait encore les sous-sols, au même niveau souterrain que les quais du métro, on entendait le mécanisme d’autres machines à écrire pianotées par des scribes fidèles à William Burroughs… en récupérant les fichiers informatiques de mon ordinateur obsolète, il y avait dans leurs rétines cette couleur noire semblable aux mouvements rapides, générés par le silex, d’un monde aux arches décorées de lys embaumeurs.

Mais lorsque je me réveillais de cette torpeur, après bien des cauchemars expirés par les narines de Kurt Cobain chevauchant le dragon, il ne restait de ces univers fantasmagoriques que le pâle souvenir d’un voyage psychédélique ; réminiscence qui suintait dès le matin alors que je m’éveillais presque serein, couché parmi les herbes sombrement héliotropes, ou parmi les sillons labourés des champs du Kansas !

Des leçons apprises presque par cœur par des elfes de maison me murmurant qu’ils se transformeraient en géants et avaleraient les champs de son ; en épanchant leur soif de violence aspirée entre les lignes d’une Bible païenne, leur désir d’émeutes et de perditions, ils assouvissaient ce que les visions d’Arthur Rimbaud avaient fait naître en ces temps où les jeunes paysannes se penchaient fiévreusement à mon chevet pour me faire entrevoir l’éclair de leur nudité dolente !

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Parce qu’une douce complainte naissante, dans la ville spectrale, s’empare de son corps allongée, cette beauté incarnée comme l’écho d’un vent oriental, attardé, ambivalent ou alternatif, tandis qu’un plain-chant s’élève, je le sais, à travers les chambres venteuses de la nuit, se cachant dans les pissotières de l’autoroute A7.
Parce qu’une douce complainte naissante, dans la ville spectrale, s’empare de son corps allongée, cette beauté incarnée comme l’écho d’un vent oriental, attardé, ambivalent ou alternatif, tandis qu’un plain-chant s’élève, je le sais, à travers les chambres venteuses de la nuit, se cachant dans les pissotières de l’autoroute A7.

Les insectes dans le cerveau

Les insectes dans le cerveau refaçonnent et détaillent le lieu qu’ils ont fait exister. La bouche grande ouverte, comme pour recevoir l’hostie, a fait entrer les insectes ; les invertébrés à l’intérieur du cerveau, comme absorbés par ce cosmos, rendent l’exploitation de ses neurones assez complexe : il faut, pour extraire une pensée, pomper au fond des strates cérébrales, comme si il s’agissait d’un fossile.
Le cerveau : un lieu étranger où les insectes malheureux, malhabiles, paraissent ridicules par rapport au nouveau fonctionnement de protection qu’ils ont adopté.
En réalité, elle a de nouveau perdu conscience, la victime ! Résultat d’un forage sauvage, sans aucune délicatesse ; des millions d’insectes la regardent à l’intérieur d’elle-même et gardent farouchement leur gestation : quand les chirurgiens tentent de les déloger, ils s’aperçoivent rapidement que leur gants, puis leurs mains, sont couverts d’acide hautement corrosif ; et la victime éveillée dans son lit hurle encore plus fort que ces docteurs. Elle hurle qu’elle va mourir. Et pourtant, oh mon dieu, elle ne meurt pas. Pas encore. L’agonie ne fait bien sûr que de commencer, il faut l’honorer cette douleur sans laquelle rien n’augmente ni ne diminue.
Quelque chose explose dans ses os et dégage une puanteur si forte qu’elle semble briser la chaîne moléculaire du vice.
Peut-être que la torture n’a pas de fin, se déroule selon une extra-temporalité qui nous échappe. Mais personne ne veut abattre cette jeune femme qui passe ses jours et ses nuits à endurer, à cuire intérieurement.
Les examens continuent. De son côté, la douleur ne reprend pas : elle est la continuité incarnée tout simplement. Comme un être indépendant, qui fait pourtant partie d’un tout, qui est consommé par cette globalité mais aussi qui l’entretient et la nourrit.

Ce rail d’encens qu’on lui avait promis pur et extatique, était peut-être de trop.

Le Physicien contemporain

En ajoutant l’amalgame de leurs courbes, les formules mathématiques étudiaient l’arc pensif de ses sourcils ;
Je jetai un coup d’oeil sur son bureau : chapardée par grand vent, il y avait une lueur ambrée et frissonnante qui, comme une intersection de coton, vint blêmir le papier jaune de la tapisserie jusqu’à nous mener à travers d’autres courbes, davantage voraces, hargneuses, impures.
Sur le côté gauche de son visage, le rictus des gargouilles de pierre et sans doute également le côté droit invisible ; et sur un signe de tête il appuyait ses paroles tandis que je couvrais les feuillets de curieuses figures géométriques.

Ainsi, en mélangeant le plâtre et le diesel alchimique d’un pot-au-feu ésotérique, comme un ineffable mystère, nous avions allumé ensemble une cigarette.

Des poignées de Soleil Vert !

Traînant à leurs suites les serpentins de leurs braies et cottes de maille en lambeaux, des poignées de Soleil Vert fascinant comme aiguillonnés par les cris des sauvages locaux chaque fois qu’elles hésitaient à continuer la route, en dorant le sol natté de ma chambre, s’avachissaient aussi sur mes chaussures noires :  des informations qui étaient purement numériques pour la Géosphère des ténèbres, en s’enfonçant toujours plus loin dans leurs matrices chiffrées excessivement à l’excès.

Ainsi, leurs graphismes maléfiques se combinaient monarchiquement, diffus et disjoints, de rouge crépusculaire, en caressant le poil sauvage de leurs électrons, et par leur photosynthèse s’effaçant instantanément dès qu’un intrus tentait de leur barrer la route, jusqu’à bâtir, par leur seul représentation mentale la nacelle en carton d’où je m’échappais avec les créatures et laissais tomber ainsi mon milk-shake dégoulinant sur les branches de l’arbre cure-dent !

Courant d’air bouddhiste !

Des courants d’air, aux battements conjoints, qui remplissent des fontaines ; des bouddhas, aux intentions absurdes, qui s’apprêtent à envahir les plaines arctiques ou antarcticques ; des épingles, du papier, une lune livide et lexicale qui descend jusqu’aux grands cèdres dématiéralisés, et la nuit comme le jour suit son cours ; les bouddhas qui ne peuvent suivre le rythme endiablé de mes nuits, ont paré le lieu où je cherche encore une idée, perdu dans les schémas et les brouillons de la Cora-Hummer 7, d’une aura singulièrement spirituelle.

Ces courants d’air, formant un monde très cinématographique, correspondant à un numéro lui-aussi imaginaire, emmaillotés ou criblés de lierre, ils génèrent dans les cocons, qui partagent les mêmes souvenirs déchirants, les défauts et les failles et tous les crashs des disques durs, internes comme externes.

Avant de sombrer ici, dès l’entrée du donjon, en avivant un agréable goût d’encre de Chine, leur poudre noire pleut doucement dans les souterrains du métro ; le long de la vigne, chargée de bois doré, de mâts et de toiles bariolées, perdues au fond de leurs liaisons et lésions maritimes, l’architecture de son ADN se perd elle-aussi au fond des cendriers, mémorisés par quatre, des écoles occultes ; le lieu : un pont qui court entre les deux banquises, un pont qui conduit aux grands phoques, qui réinvente le mardi-gras ; une représentation mentale, placée à fond-perdu et en listes mnémotechniques, afin d’exprimer ce shaker binaire et matriciel, produit par le tourniquet séditieux.

Ah, Le Nouveau Monde ! Comme agraphé maintenant à leurs concessions, à la capacité motrice de leur lumière photosynthétique coulant comme une chandelle oubliée sur le réseau obscur suburbain, ce nouveau monde, dis-je, avait été purifié de son lieu polaire, de son onglet virtuel et maléfique et même de ses époques enregistrées en Time Capsule et de ses domiciles célestes !

L’impression de la Bobine 193 : Cassandre

img_0206Les émissions radiophoniques en commençant par un hommage aux fricatives de l’orgue électrique de Cassandre, en glissant du côté de ses pieds usés, essayaient une séquence de bouts amovibles.

En tombant dedans, je m’asseyais à l’aise, en musclant ces choses fumées au sapin vert ; j’étais morne et las, pesant les défauts, les failles et les crash d’un mal de chien tandis qu’en dépliant les jambes, elle fit des apparences une prairie pentue : elle fit aussi le poirier à l’orée d’un bois ; également mesurée comme des décompositions kafkaïennes, en pique-niquant sur l’empreinte alchimique des disques durs chargés, la Bobine 193 de Cassandre était techniquement H-S !

Océanie

Sur une échelle démesurée la descendance démoniaque du Projet Blair Witch concoctant dans le triste cerveau de traumatisants modèles d’Océanie fiévreuse.
Et dans le grand bain, fumant une Dunhill, de fulgurantes vitesses, des sangsues en hologrammes qui dévoilent la recette secrète d’un funambule en suspension. Il y a aussi de l’écume aux lèvres, de la mousse d’eucalyptus, des larves déchues de leur génétique, à la fois frivoles et grimaçantes, d’acier, éclatant entre nos tempes.

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De sa voix d’enfant artificiel, elle raconte l’histoire naïve qui n’existe plus ; naïve comme les naïades barbotant entre nos synapses ; il y a encore le motif alchimiste des papillons noirs tout autour de nous, plus tard ils mijoteront dans la casserole vacillante.

Des diables au corps !

Des diables au corps à la place de nos Vessies de boeufs :
On nous avait greffé aux pieds des pyramides des hélices sur nos crânes de chimpanzés. Suivant la spirale des étoiles, naufrageurs dans la très grande baignoire
Où le nœud du chignon de la soubrette s’hérisse de silicone noir – le bonheur comme semence de tapissier – on traçait de la cannelle et du sucre roux entre les lignes pour en faire des gris-gris, des bayous phosphorescents, des brouets de sorcellerie… Sur la route, on coulait des jours heureux avant de vivre sous les ponts ou sur les pages de tous les manuscrits !
Dans les parties les plus sombres de la pyramide : une kyrielle d’étages silencieux tournant autour de la baignoire illuminée ; sans m’apercevoir que, la magie opérant aux lance-flammes, elle avait été repeinte. Sporadiquement mais automatiquement aussi je tirais du chignon la molécule des légendes du Sud !

En pendouillant aux abords des habitations bien gardées j’avais dans ma poche le zéro des bourgeons à replanter, compris entre la valeur 4 et 9 : ils produisaient, ces bourgeons, un bourdonnement de plomb mortel mais sans dommage, suivant un découpage compliqué, picorant la voix téléscopée de ma poche kangourou…
Ma poche kangourou ! Un vrai Capharnaüm à grandes lampées éparpillant leurs motifs, leurs courbes et leurs wagons de sauvetage dans ce quartier chic !
Ainsi j’ai continué de marcher en pensant aux hélices qui avaient été greffé sur ma tête, aux vins de californie qui nous rétrécissaient jadis les pupilles, à cet art de vivre, de frustration et de soulagement.

L’Armée des Singes

Tout d’abord, sur une île qu’on finira bien par retrouver un jour, les veines d’un circuit électriques en manque de puissance. Mais leur force réside, quand les bottes font du foin, à cet aura de lumière que de l’armée des singes relève à tour de rôle. Dessinée sur le gravier comme des ongles sur un tableau noir, la représentation flottante de cette île aimerait bien vivre une nuit bien agitée pour une fois, mais immobile dans les laboratoires où les chimpanzés, ces cobayes, impriment la longue description des petites annonces parues ce matin, des vastes ténèbres, de l’avilissement du corps et de l’esprit.

Préludes avant d’expirer enfin, le monde, leur monde éclot à nouveau sans succès… Mais si on se contentait d’inventer un nouveau univers, des travaux de cuir et de sciage suffiraient à le faire revivre ; d’ailleurs, dans les cahiers des singes mercenaires, s’accumulent ces tentatives écrites pour demander aux dieux déguisés pour l’occasion en bonimenteurs une nouvelle chance.

Mais il y a aussi, quand les navigateurs, pour réussir leur certificat, s’égarent du côté de l’île, des écueils qui sont la seule et unique contrainte de l’endroit où vivent les singes. Pendant la lecture jubilatoire d’un merveilleux QCM, ils recueillent dans leur cerveau à peine formés toutes les données d’une liste bibliothécaire servant de registre journalistique pour Hunter S. Thompson, réfugié avec eux en Nouvelle-Zélande.

Avec un seul numéro de téléphone scribouillé en bas de leurs notes, l’Armée des Singes sème la panique en hackant toutes les lignes : ainsi, quand vous décrochez le téléphone tous vos secrets les plus intimes, compilés dans une arborescence de culpabilité chrétienne insoutenable qui va très certainement muter, ces primates les télégraphient et alors se met à saigner votre oreille qui tombe du comptoir en trépignant à la fin de cette histoire…

Le souterrain d’Hunter S. Thompson

A l’extrémité nord du souterrain, en vivant de lichens, de jeunes filles prenant leur pied, Hunter S. Thompson, commandant de notre P.C (poste de commandement) fréquentant les nobles hussards informatiques pour avoir une idée de ces nymphettes fusillées ce mois de mars qui claironnait comme un jour de nef basse, Hunter, dis-je, était bien trop lessivé, et même ses pensées les plus folles, une champignonnière de rires décantés, avaient été vaincu suite à une trop grande consommation de drogues vertigineuses !

Mais ressuscité à présent et parcourant les tuyaux de canalisation comme un rat tout chaud, Hunter ne les avait pas éteint, ses désirs trop fous pour mûrir à l’air libre sur ses feuilles de papier. Le mal empirant, leur puissance par la force des choses résultait des neigeuses années, chères à Baudelaire, les pages des Fleurs du Mal nous servant de liasses de billet.

Cependant le chef de notre P.C déclinait toute la soirée selon un corpus énigmatique toutes les perceptions d’une créole en larmes, après le départ de Gainsbarre ; parmi les chercheurs, se démêler je les écoutais ces larmes d’acrylique, ces larmes d’étoiles inconnues, d’isolement lascif et d’ensembles provisoires.

Alors fut retrouvée une logique propre, aussi diffuse que obscure, aussi factice que les feuilles mortes ; des derviches tourneurs improvisant sur la toile des dessins animés une suite infinie, luisante de larmes, d’échos électriques, loufoques et sur un tronçon d’une autoroute, la structure haletante, gloutonne, presque ébauchée et d’humeur coutumière, d’un Cartoon qui s’émiettait comme un frémissant amas de films déroulés.

Avec des ciseaux je la découpais sur le grand écran cette voix qui faiblissait au contact des fauves, qui expira couronnée d’anémone, d’écroulement et d’espacement entre les ambulances manichéennes ; entre les lignes du recueil de poésie de Baudelaire, il y avait déjà l’apparition de leur museau jaune orné d’un pansement à l’air propre, un glissement de terrain que l’exercice physique de Hunter avait provoqué en soulevant de la fonte, ou encore un arbre généalogique qui n’était pas sans rappeler la décharge autant numérique que électrique que les vies de ces négus infligeaient aux pangolins et aux licornes néo-zélandaises.

Des créatures qui patrouillaient sous contrôle de notre P.C avant de virer sourdes sous l’icône de Coltrane : des fantasmagories démoniaques s’immisçant dans le jerrican, leur lieu de naissance, ou dans ces enveloppes vides qu’on avait fixé au mur un jour de mardi-gras ! De la négativité à l’état pur, tant mieux !

En Asie à Bangkok cet étrange et fantasmagorique voyage !

L’avion Airbus, avec son marsupial moteur, avec la même lenteur que ma Jaguar, ronronnait tandis que j’enfonçais ce morceau de fusain dans le culot de ma pipe bourré à large coup de pouce…

L’Airbus fumait lui aussi par son moteur, son carburateur Zénith aux embranchements spectaculaires qui frémissaient en ce matin froid de ce mois de mars. Vivant de lichen et rêvant de bars sous licences, de nouveaux rayons, de nouveaux soleils verts et de ces disques durs d’un genre nouveau, ce morceau de fusain dans ma pipe éveillait en moi des souvenirs de jeunes filles en négligé prenant leur pied. Et ces disques durs reliant tous le cerveau monarchique de Kenny participaient aux turlupinades d’Hunter S. Thomson et de Burroughs.

Du sang s’infiltrait par-dessous la porte de secours de l’avion et emplissait l’Airbus d’un parfum sanguin sautant dans la tête des passagers où d’autres associations d’idées étaient en attente.

Kenny se dressa en hurlant qu’il allait crever comme un chien, prit la forme de ces créatures qui ne laissent rien, qui sont convaincus de leurs forces ésotériques. Le mal empirant, grandissait leur puissance solaire comme les vierges sans dieux qui pleuraient suite à la fumée épaisse s’échappant de ma pipe. Ce moment passé, ce fut le temps pour l’Airbus de mettre le turbot pour décoller, mais de la piste d’atterrissage, des hurlements terrifiants, si intensément expressifs qu’on avait fini par renforcer la luminosité des graphismes de tous les sites Web référencés dans ces disques durs, nous parvenaient.

Des cris que le seigneur Kenny, bien trop gentil pour être un vrai clown, ignorait. Et inversement et vite écrite, la destruction massive de l’appareil volant dont le cockpit abritait Kenny aux commandes, ce faux clown bien trop méchant pour prétendre au sang royal, cette destruction, dis-je, avait été présagé par d’occultes augures.

On l’avait pourtant soigné, cette tyrannie de la malchance, par des sortes d’onguents révolutionnaires que Kenny, ce hussard informatique avec ses oreilles qui saignaient, avait caché dans une boite enveloppée par le précieux papier kraft, pour cause d’un long et tumultueux vol en direction de Brisbane ; un voyage qui par manque lymphatique forgeait son mode RedRum dans les mémoires des participants de ce vol inédit. Mais Kenny en écoutant les commandements de la tour du contrôle au sol, avait tout d’abord refusé de revenir en arrière quand le copilote de la machine sophistiquée, que lui-même avait recréé, lui avait redonné vie en allumant une nouvelle fois les carburateurs du moteur fabriqué par Rolls ou un groupuscule comme la Main Noire.

Les scientifiques l’avait répertorié sous un code barbare, Cuddle347, cette anomalie dans la trajectoire habituelle de l’avion qui allait tomber du ciel à ce moment précis où des lignes et des lignes d’algorithmes défilaient sur l’écran de l’ordinateur de bord en clignotant d’un rouge vif, et au moment de la chute, quand l’Airbus piquait du nez pour se crasher, je pensais à Kenny de South Park et « oh mon Dieu, ils allaient encore tué Kenny. »

Espèces d’enfoirés. Par la force des choses, il reviendrait paisiblement les hanter et personne n’allait flambé pour une fois, et ces emmerdeurs l’avaient traîné au tribunal, son cadavre ou ce qu’il en restait, capturé comme on capture un Pokémon, et harponné après l’accident qui s’était produit dans l’océan indien, simplement parce qu’il s’appelait Kenny, qu’avait-il pu se passer dans la tête de ces géniteurs pour lui donner un tel nom de merde ?

Mais Kenny partait déjà en croisade: le résultat ? Des paiements cash contre un peu de couleurs ou des assassinats de tueur à gage et à son passage, le meurtrier, que ses bourreaux appelaient le vieux débris, dissipaient les coups de feu que la sécurité avait fait résonné jadis dans le cockpit, des balles tirées directement sur la porte pour qu’elle s’ouvre enfin.

Quand le digicode avait cédé, la porte s’ouvrant en libérant une épaisse fumée toxique, ils virent le massacre… Et Kenny s’était déjà enfuis en chantant Tombé du ciel de Jacques Higelin !

Les nuits de Clara Luciani !

Une rage sommeillait sous le tas de grenouilles mortes à l’ère de l’hégire, une rage sommeillait aux griffes en forme de douilles ou de diodes avec leurs fleurs de grenier, leurs larmes blanches comme des armes. Leurs larmes étant utilisées comme huiles essentielles pour chiens qui aboient et qui mordent pour faire couler le sang Grenade de Clara Luciani.

Une lecture jubilatoire de ses poèmes préférés compensait bien tout le mal qu’elle avait à dessiner sur mesure sa vie qui n’était rien d’autre qu’une vie de poète idéaliste, ne marchandant rien dans cet univers capitaliste et n’offrant sa prose poétique qu’à une élite littéraire.

Des Hectogrammes de désir consumériste l’avaient jadis corrompu, mais c’était de l’histoire ancienne ; maintenant elle contemplait ce tas de grenouilles mortes qui représentait en somme tous ses contemporains bien trop obnubilés par un salaire fixe ou par l’appât du gain, le luxe facile qu’ils ne pourraient jamais s’offrir.

Certains étaient pourtant intelligents, noyés dans la masse, comme par exemple cet écrivain qu’elle lisait fiévreusement… D’orientations sexuelles mal définies, le scribouillard l’interpellait malgré tout à chaque image créée à la seule force de sa libido.

Sous le sein de Clara Luciani se cachaient des kyrielles de mondes imprévisibles que son imprésario avait du mal à contenir. C’était pour ainsi dire la seule jouissance que la jeune chanteuse parvenait à tirer de ses journées fades, esclave d’un petit chef dans un bureau sans horizon à l’heure où elle ne connaissait pas encore le succès des ventes de ses disques.

Et puis était arrivée la maladie, trop tôt selon elle puisqu’elle ne connaissait du monde encore que son pays… Malade, à terme, elle refusait d’abdiquer ne croyant avoir laissé de son passage sur terre que des pelletés d’hectares autobiographiques, son roman inachevé surchargé de référence à son passé alors que sa seule force, mais elle l’ignorait, résidait à concevoir le futur par le seul pouvoir de l’imagination.

Et puis vinrent les murènes du désespoir, les nuits tant redoutées mais elle avait un atout en main : avec un seul numéro de téléphone, qu’elle entrait dans la célèbre page de recherche, elle avait hacké tous les systèmes informatiques et tous les langages de programmation…

Pour héler la gloire d’autrefois, il y avait, quand elle était sous MDMA, une équation dont elle se souvenait lorsqu’elle était encore sur les bancs de la faculté ; une équation de type matriciel qu’elle utilisait pour composer ses meilleurs poèmes.

Au-dessus du tas putride de ces batraciens qu’elle avait enfanté, il restait l’aura du guerrier noir, rebelle à toutes idées et conceptualisation qui allait, elle en était convaincue, se réincarner en marécage sanguin de pythons aussi étranges qu’inconnus. Jusqu’à la taille baignant dans cette espèce de poison qu’il fallait boire jusqu’à la lie, Clara Luciani eut une révélation : cette mare allait l’envoyer dans un domicile céleste où la tapisserie n’afficherait que de listes bibliothécaires permettant de communiquer avec l’au-delà, une extrémité spatio-temporelle jamais entravée par les connaissances ancestrales des anciens australopithèques, nos dignes ancêtres dont le cerveau s’était gâté avec le temps.

À Wellington comme à Zanzibar



À Wellington comme à Zanzibar, pour utiliser l’introduction de ce texte de Tyler D, il me faut aujourd’hui une paire de ciseaux et une imprimante, avant de traîner sous l’orage et de parfaire ce TDM 2020…

Bravant l’implacable pesanteur de la fournaise urbaine, une volée de détritus dérisoires, mue par un frêle soupir, composait de célestes volutes parmi les constellations de poussières…


En Mongolie, j’avais grandi en tétant le lait des grands yacks, il y avait une altitude ou une attitude rouge et fumeuse dans la Main Noire, ce groupuscule encore actif dans Ses yeux…

Ainsi j’avais grandi tout comme cette déesse des infimes espoirs, en retrouvant dans ma genèse une logique propre, aussi diffuse que obscure, aussi factice que cette combustion dans les feuilles mortes : se déployant des arbres camés aux dés pipés, comme le lierre qui envahissait tout dans le jardin, l’aura d’Angela sur naturellement avait brûlé ; et ce feu que je ne parvenais pas à décrire, ressemblait à la danse des derviches tourneurs décrivant dans leur transe moults univers, tant d’auto fictions ainsi dévoilées.

Sous les braises improvisant des raisonnements liés à la folie, on ne pouvait évoquer ce feu sans invoquer la toile la plus connue de Pierre Soulages : sa noirceur haletante, gloutonne, presque ébauchée et d’humeur coutumière, permettait de passer d’un monde à l’autre, d’un Cartoon clownesque à un dessin animé morbide.

Et là-haut, si on tentait de raccommoder l’altitude rouge et fumeuse de la Main Noire avec ce récit, les dieux devaient se familiariser avec la genèse d’Angela.

Le célèbre virus du Chien-Lézard !

À Brisbane : pour décrire l’apparition d’un virus fulgurant et sa basicité (le mal empirant d’heures en heures) au sein de l’humanité, des espèces de molécules, en descendant dans les veines via de nombreuses intraveineuses, nous rendaient tous malades, cloués au lit avec les ruminations noires de ce marsupial mollusque, de ce chien-lézard ou de cette Océanie….

Le mal affligeant sa pensée et ses idées de révolte, de sursaut patriotique aimant bien palabrer avec les démons de Satan, maintes fois décrits dans ce prodigieux précis de médecine aux pages collantes et gluantes, cette créature en cercle avec les autres, parmi les femmes agenouillées s’assurait une victoire certaine sur le territoire solaire de Brisbane en ce moment proposé à la vente pour à peine quelques kopecks…

Et qui s’agglomérait, les prémices de ces étranges phénomènes à Brisbane étant définitivement annoncées il y a quelques jours et différées à peine une heure avant sur les plateaux télévisés, aux ombres néfastes et obscures dans les rues de cette cité…

Des kilomètres par pelletées furent parcourus, avalés sans effort par l’animal pour venir les chercher dans leur univers chronométrés pour l’ultimatum et ainsi, incarnée réellement par ces célestes volutes que le chien-lézard laissait s’échapper en fumant l’herbe du diable, la fin du monde, de ce monde se liquéfiant sur la cuisse blanche d’Angela, était, dans très peu de temps, attendue !

En têtant le lait des Grands Yacks

Tout d’abord, j’avais grandi en têtant le lait des grands yacks, et, au cours de cette enfance, un pléonasme rouge et fumeux dans la main noire, ce groupuscule encore actif dans les yeux de la Geisha, balançait ses watts dans mes oreilles de gosse rebelle… Et pour parfaire verticalement les dérives des nouveaux langages informatiques, le plâtre du plafond du domicile céleste où j’étais né, enfanté par la geisha, tombait et égrénait des verrues programmées pour sentir mauvais… Sales au point de tremper mon visage dans son bol de café, mais sans jamais parvenir à raviver ce désir d’erreur, de dérision et de perdition que le café a habituellement pris ses habitudes sur moi. Ainsi, à Wellington où tout devait finir et l’adolescence aussitôt commencer, possédés et filmés par la caméra, nous dérivions avec ce sentiment incongru d’être abattus, les épaules voûtées ; ce sentiment débutant d’autres histoires regorgeant de potentialités infinies qui voyageaient toujours avec nous…


Renonçant à l’austère maîtrise de moi-même, il y avait toujours le parfum entêtant du café et nos dilemmes nerveux, et nos nerfs par pelletées en devenaient vulnérables ; nos potions magiques, avec leurs doses mousseuses et mâtinées de caféine, trouvaient la formule pour nous réfugier dans cet Endroit : ce lieu mystérieux, perdu entre les tendres décibels pour faire la police à Washington et d’autres Espaces-Temps prémonitoires.

Ce clairvoyant Scentless

À l’intérieur du van et depuis le clairvoyant Scentless de Nirvana, j’imaginais la guerre du Viêt-Nam comme un cartoon qui voudrait devenir poème : une histoire de jeunes filles libres de leurs mouvements et de clair-obscur sans voix pour éclairer par leur intelligence le monde, leur monde…

Oscillant entre les troupeaux de yacks et les questionnements frénétiquement reniés de ces théoriciennes, fugitivement pigmentés, fantastiquement sur la voie rassemblant toutes les genèses du clairvoyant Scentless…

Sa préhistoire ? Les variantes théâtrales de ces êtres en question qu’on peut retrouver dans les pages des livres de poche. Et ces genèses ? D’incongrues crémations sur notre pauvre île en manque de lumière flottant dans les vastes ténèbres : des vengeances uniquement intellectuelles racontant l’odyssée de ce monde surchauffé d’excitation, de ferveur et d’effervescence soudain éteinte, ou bien des étreintes qui pochent au vitriol les décibels de cette chanson de Kurt Cobain.

Les glapissements des nouveaux Rois du Monde !

Des glapissements de sapins verts tandis que nous roulions en wagon ; à bord, des mondes surréalistes mais aussi à l’ouest de cette forêt d’où nous apercevions une plate-forme de lancement comme Cap Kennedy et à l’est des États-Unis où nous nous dirigions en train… peut-être pour New-York, peut-être pour montrer nos vers, nos alexandrins à quelques Pieds-noirs ?

Enfin, au Sud et au Nord, sur les arêtes des chapiteaux de tous ces cirques où elles s’étaient échappées, ces créatures glapissantes, les zigzags imaginaires et métaphysiques des physiciens tentaient de réconcilier les deux pôles, à présent libres de toute interprétation avant le coup de sifflet du contrôleur.

Il y avait, parmi ces zouaves, dans leurs cerveaux des idées de bûchers dirigés par de talentueux prestidigitateurs et qui ralentissaient, en léchant précédemment par leurs flammes naissantes les pieds de tout ce monde, la locomotive du train, chaude comme un volcan.

Et qui laissait échapper une fumée de la couleur des plus grands vins et de langues aussi bien polysémiques que chimériques… Et chimériques étaient aussi nos vertiges quand nous l’inspirions à travers la fenêtre à moitié ouverte de notre wagon-lit, quand nous repartions à la chasse aux papillons, bercés par les versets politiques des autres voyageurs.

La veille de notre arrivée, véhiculant des stances bouddhistes ou taoïstes tout en les brûlant pour mieux polir les lois gravitationnelles de ces prestidigitateurs, de belles plumes aiguisées racontaient dans tous les canards ces crémations ; et, en nous permettant de survivre en territoire hostile, elles étaient comme des laisser-passer : même les chercheurs, les plus prudents en combustions et en moteur thermique, reposaient entièrement sur leur fonction censée être pacifiste.

Pourtant il y avait, cachée parmi les gamelles de riz pilaf de la cuisine, ces instruments inconnus, d’origine extra-terrestre et tombant en ruine bien que vigoureusement alimentés par des piles alcalines ou chimiques et tout aussi mystérieuses… En les privant de cette énergie comme nous l’avions détourné pour faire fonctionner le moteur de ce train fabriqué par la Main Noire (c’est à dire un groupuscule occulte, en fait) ces appareils de haute technologie, qui autrefois étaient vendus dans des boutiques ayant pignon sur rue, avaient cessé d’émettre et avaient été déchus de leurs fonctions, lors de notre descente sur les quais de la gare de New-York…

Tant pis. On les retrouverait une prochaine fois à la bibliothèque sous forme de longues descriptions et d’illustrations dignes de l’école de Serpentard dans ces livres vaseux, qu’on croyait avoir mis au pilon. Tandis que les autres lecteurs, leurs casques branchés en bluetooth au Tamagotchi des anciens Iroquois, étudiaient le fonctionnement de notre machine à vapeur rendant l’âme et n’ayant plus toutes ses chances de gagner sur ses concurrents, ses ennemis entretenant des cultures d’organismes génétiquement modifiés et alliés à la puissance photovoltaïque des nouveaux rois du monde.

Rendez-vous avec la Fortune

Tout d’abord, comme un travail de longue haleine, la fermentation dans le crâne des conceptualisations qui germent et font des rêves en lambeaux des mélodies à la Kurt Cobain…

Il y a un nouveau espoir cependant : regarde où tu as commencé ; tous les rêves, qu’ils soient grands ou petits, débutent par une vision fulgurante. La description de cette vision fiévreuse ? Des nuits passées dans les clubs des grandes prêtresses, des couturières malveillantes ou bienveillantes ; de toutes ces veuves noires, parmi elles, se trouvent l’idée obsédante et sa représentation sur billets de banque.

De la monnaie verte et verdoyante qui fait onduler les statistiques les plus élevées de la bourse américaine ; de l’épargne enfin permettant aux luxuriants fonds de pension de passer outre les problèmes quotidiens.

Et aussi te permettant de définir cette vision créatrice. Comme, par exemple, ce matin ou ce lendemain où les gueux ont rendez-vous avec la Fortune pour acheter tout le Boulevard des Belges à Lyon.

De nouveaux riches méprisés par les anciens bourgeois et pourtant, en partant d’une invention comme le carburateur Zénith et son acceptation dans les milieux les plus industriels, ils arrivent par télépathie à tirer tous les centres d’attention en dehors des univers sauvages qu’ils ont eux-même créés, pour parfaire cette série de probabilités, avec la force et la saveur des pommes venant du Canada…

Pour en revenir aux labeurs que ces potentialités génèrent, il faut les voir, ces foules de gueux, s’attirer les faveurs des cieux… Ces cieux qui font notamment les grandes pyramides !

Les Vikings et leurs larmes de sapins verts

Les Vikings et leurs larmes de sapins verts

Autrefois, dans le grand cahier des vikings, écrivant avec le lait de la pitié, les lignes saccagées par des narcotiques sanguins, espacées et surchauffées d’excitation, de ferveur sanglante, on racontait que cette tribu se dépensait chaque jour pour en arriver au stade où les muscles se contractaient… leur cœur aussi dépassait le cap des îles silencieuses, pour construire des cathédrales ou des temples d’idées mortes, pour interroger les auspices aussi : leur cœur saccagé lui-aussi qui ruinait la santé des grands mammifères marins par leurs drakkars pulsant des ondoiements écervelés de phylactères barbares…

En tombant encore davantage au fond de leurs tasses de thé aromatisé au carbone, leur vigilance prenait son pied et leurs corps avec leurs bras et leurs jambes se tordaient comme des étranglements de craie et de fusain séchant au soleil demeuré et composé de verreries précieuses. Ainsi, tous les vikings, leur roi ayant parcouru des kilomètres défoncés à la colle, étant désormais sur un piédestal d’ivoire, parlaient la langue des phylactères pour décrire leur jogging du matin à travers les montagnes ; ces montagnes qui allaient verdir ces royaumes conquérant sans cesse de nouveaux sommets… Et en haut de ces altitudes qu’un physionomiste ne pouvait reconnaître, ils retrouvaient leur maître (Maître Yoda peut-être) et sa clique de baba cool herculéen.

Alors tout éclata soudain dans les remous de leur bain chaudement approvisionné en charbon ardent : l’architecture sacrée et génétique de ces sources où mourraient les narcotiques les plus dangereux, en s’effondrant comme un morceau de banquise, mettait en doute la véracité de leur exploit en pays conquis… et la morphine qui résidait au sein de cette idée, les talismans de cette force obscure cahotant entre les mondes chauffés à un degré providentiel, tout ça dans leur forme rayonnante, tous ces espaces-temps imaginés pour éviter le vide-ordure n’étaient que les pivots des phénomènes ventés, dessinant à pic dans le vitrail de leur église des présages funestes et recevant ces stimulantes fins de siècle hérissées de monstruosités napoléoniennes par télépathie avec d’autres conquistadors…

Ces stimulantes fins de siècle, ces bulles de gaz s’échappant de Vénus pour massacrer les populations terrestres, ces vitres cassées coupant les poignets et les mains de bronze des artisans quand ils les ramassaient en mille morceaux, enfin ces pensées de guerre sainte oubliées et hérissées de pythons noirs émergeant à un moment où l’on s’attendait le moins, bref tout ça aussi contribuait aux apparitions et aux disparitions de leur Vierge sanctifiée ; son poison venimeux comme l’huile essentielle extraite des branches des sapins, avait fait naître des représentations de pivoines maléfiques sur leurs vitraux mais, si on étudiait à fond les probabilités, il y avait cependant en leur défaveur le secret artificiel de tous les azimuts à conquérir et qu’ils ne pouvaient assimiler.

Vivifiant poison ! Leurs yeux bleus, chargés, au cours des tentatives d’extraction de ces pivoines, de THC rhétorique et sans issue, brûlaient alors et la lune disparaissait de leur subconscient photovoltaïque mais aussi leurs larmes disparaissaient aussitôt, dès que leurs lampes de poche fouillaient l’obscurité à la recherche de la Vierge en provoquant d’immense dégâts : des catastrophes toutes sonnantes qui encombraient spirituellement le fût des robots ferroviaires !

Les éléments déchaînés des Océans virtuels

Chaque jour, les feuilles tombaient sans aucun souffle, les feuilles tombaient en entourant de plantes marines en putréfaction ce bloc de rocher où nous étions réfugié. Le vacarme des vagues avait été décrit dans un grand cahier d’écolier, jadis, et à présent au plus près de l’écume, on sentait le vent glacial du Nord avec ses narcotiques sanguins, sa puissance espacée et surchauffée d’excitation, de ferveur sanglante…

Et agrippés aux rochers de ces îles silencieuses où nous interrogions les auspices : nous courions un grand risque en modifiant les paramètres de notre iPhone que nous possédions depuis peu, depuis la razzia des ondoiements écervelés que les plantes marines, en tombant encore davantage au fond de ce tumulte aromatisé au carbone, avaient fait naître à l’aide de magie occulte, de gris-gris africain maudit ou encore de brouet de sorcellerie…

Cependant rien ne pouvait nous arrêter : pour le journal quotidien, on prenait des photographies en noir et blanc ; objectivement ces photographies représentaient la délicate confusion boisée du café qu’on avait fini ce matin à l’aube.

Les paramètres de l’iPhone, aussitôt mixés avec nos instruments exosomatiques, se partageaient les architectures tarabiscotées, alchimiques, spirituelles d’un disque dur jadis classant chronologiquement à la manière d’une timeline nos appels téléphoniques selon leurs impuretés !

Des appels téléphoniques comme des étranglements de craie et de fusain séchant au soleil demeuré ; et un classement parmi ces créatures végétales parcourant des kilomètres, défoncées à la colle ou à l’éthanol : des drogues qui, sous la mousse de ces rochers révoltés, viendront verdir notre maître spirituel (Maître Yoda) et sa clique de baba cool herculéen.

Des ventes de Tamagotchi, Vingt Mille Lieues sous les Mers

Des lois gravitationnelles uniques pour un premier-né à la peau d’ébène et des ventes de Tamagotchi à la sauvette : du vinaigre, mélangé aux univers écarlates des alcools imaginaires, coule, de noirceur en noirceur grappillant le temps perdu, sur le trottoir en ivoire ; des Tamagotchis livrant bataille jusqu’à emmener l’éclosion de leurs œufs virtuels, vacillants et latents de diadèmes, dans une fiction comme Vingt Mille Lieues sous les Mers de Jules Verne.

En vitupérant sous l’orage des colliers vaudous d’une autre trempe que ces préciosités controversées, les vendeurs, sur des tréteaux datant de l’ère glaciaire et en les prenant tous séparément comme concept pour des individus atteints de scarlatine, pour des acteurs exultants aux yeux en amande, ces vendeurs, dis-je, se targuent de faire du chiffre en dépouillant soigneusement les tresses de leurs clients privilégiés : en effet, sous les strass et les paillettes, les acheteurs célèbres qui se distinguent du lot ne font pas la queue et bénéficient même de remises ; alors que, à présent gueulant dans un mégaphone sur un treuil, toutes nos excuses mais on ferme, disent-ils aux plus pauvres qui sont là depuis des lustres et qui imaginent, sans imagination et en repartant mécontents, des rêves lucides une fois de retour sur leur canapé violâtre.

Leur canapé parsemé de brûlures de scaphandriers que les bulles des dessins animés animent et dont les échiquiers, en s’en inspirant, exécutent par des tours de cut-up idéologique… tandis que leur lecteur vinyle qui émet, lorsqu’on déboulonne la statue de Staline, des idées d’ascensions, de préméditations sanguinaires dans les plus hautes prairies des Alpages sylvestres.

Faute de radiation électromagnétique bien entendu… et ainsi leurs vies antérieures, qui ne connaissent aucune trêve, annoncent la couleur extraterrestre, existentielle des autres machines désuètes et obsolètes : donc, d’autres vies et des kyrielles latentes d’irréductibles appareils trentenaires en découlent et prennent soudain feu, électrisant des antennes pointées en dehors de la galaxie… mais sur la route, renaissent en permettant aux autres incendies foulant les rivages et les rives des anémones violentes de nimber d’un cercle froid les corps et les esprits qui contrôlent ce territoire !

Enfin, ces corps et ces esprits, persuadés de correspondre en morse avec le lecteur vinyle HS, se dupliquent comme les cellules prénuptiales, comme les soupirs d’une rigueur extrême et encombrés de mots incertains et concis des pauvres manants : jusqu’aux crépuscules de ces poignées d’événements imaginaires ou réels, ces derniers ont toutes les chances de gagner sur leurs concurrents et sur les noeuds de l’ADN de leur ennemi moléculaire !

Les pieuses caractéristiques du sang qui gicle à New-York !

Le sang, en giclant sur le trottoir où se démènent les pigeons comme Wagner ou comme une pluie rouge, funèbre qu’emporte le vent, a ces caractéristiques pieuses d’une orgie rouge. Et rouge est le prolongement ou la pléthore des froids qu’emporte le vent glacial du Nord.

Au Nord aussi, avec des poissons qui font trempette dans le sang et au sud, comme un poids, je fais la poulie et dans la valve qu’emporte le tonnage de l’ordinateur, le sang et ses poisons remontant les poignets giclent comme un canard barbotant dans la boue ; l’un de ces poisons perce la valve qui ressemble à un mauvais thriller et me fait penser que les poètes sont tous vulnérables et ne sont aussi que les piliers des thrilleurs cinématographiques qui les dépassent… et, dans ma tête, il lance à nouveau des corn-flakes et des strass, ce prestidigitateur à New-York où le sang gicle comme un onze septembre ou comme un paiement cash en triant les valseuses et la tisane au tilleul dans la valve.

En hissant les crocs des phénomènes qui auront lieu et du froid engourdissant, je mets les gens valides au milieu de la valve et le valet dans l’ordinateur, le sang gicle comme la pauvre poupée qui veut ou qui ne veut pas, et qui sera bientôt mise en morceaux en trinquant à la santé du timonier. Le sang gicle et sécrète des enfants scolarisés qui pleurent, et le timonier dans la vague, après une leçon d’anglais, fait gicler le sang au prétérit, comme l’Église qui profane son prolongement mathématique en acclamant les vainqueurs de la guerre du golfe sur la cinquième avenue à New-York.

Comme un stage cinématographique, le sang gicle avec mon coeur et avec ma bouche et me dit de n’emplir ma main qu’à moitié, je porte mes valises jusqu’à l’hôtel et l’ordinateur tinte joyeusement et délicatement. Le long des krachs existentiels, le sang gicle par strates comme on se borne à ses petits désirs : un tube sauvegardant la valve et le thriller se tord de douleur ; comme on laisse sur la table une bonbonnière fécondée par écoulement nasal, je traque les vampires sur le trapèze avec les gens trapus !

Avant le crépuscule

Avant le crépuscule

Des lois gravitationnelles uniques pour des noces d’orfèvres qui mettent des fleurs dans les kyrielles de mon appartement sur la presqu’île et des ventes de Tamagotchi à la sauvette et des univers qui grappillent le temps perdu ; de vacillant diadème pour des noces plastifiantes dans la vase encombrée de plasma et de matières plastiques, enfin la varicelle des colliers d’une autre trempe comme seule et unique maladie !

Sur les tréteaux, variant les espaces spatio-temporels, la plasticité du cerveau des acteurs exultants, aux yeux en amande, et, dans leur water-closet, des tresses qui se distinguent du lot en plongeant dans leur soupe de vermicelles ; puis le treuil de cette vermine qui exécute des tours de garde, au-dessus de l’innovant système de rames conçu pour une ville plastifiée selon un modèle subtropical ou équatoriale rapporté par d’étranges impérialistes aujourd’hui disparus. Et la verge qui les fait naître ces vermines donne du fil à retordre, rajoute au rugissement fracassant de la rame les grognements porcins provenant des clubs échangistes, disséminés un peu partout au-dessus et au-dessous de la surface.

À cette époque, ces années X si énigmatiques, parmi les ordures, s’est greffée la communauté des hommes-taupes génétiquement modifiés à ces hominidés colonialistes qu’ils détestent.

Le Succès des Grands Arbres

Tout d’abord, l’odeur de la terre, puissante et subtile ; et, sous la terre, avec un défi à réaliser chaque jour, le projet Kaphrium pour anéantir la Terre qui est notre berceau stellaire, intersidérale, comme bercée de données encéphalographiques, nourrissantes, à l’origine de toutes les opérations et saines…

Saines comme les kyrielles, bien au chaud dans leur terrier, droguées en permanence pour architecturer le Projet Kaphrium, de la végétation qui patrouille, travaillant nuit et jour, parfum d’Hermès et multiples arômes des plantes équatoriales.

Natives des lieux qui enfantent les vies secrètes, cachées dans les recoins épiphaniques de leur cocon souterrain, des Grands Arbres. Ces Grands Arbres de la côte ouest gardés jalousement par les deux monstrueux frères atlantiques, toujours en liberté ou déchus de leurs fonctions.

Une ou des fonctions comme la culbute dans la piscine de pythons noirs, oubliés et qui ont prévu de finir en beauté : le Jugement Dernier informatique pour toutes les civilisations humaines.

Humaines et presque vauriennes comme ces merveilleux photons qui, sans peur, s’approchent du succès.

Les préhistoriennes vagues du Zambèze

Trop de musique, trop peu de dialogues se déversant dans les vases et la vase encombrée de polystyrène. D’autres bavardages parmi les ombres promettant au Viêt-Nam de réduire les possibilités des comploteurs.

Et, uniquement pour défier les lois souveraines de la physique, le Zambèze pour apprendre au potier son métier : c’est-à-dire malaxer la gangrène parmi les plantes vivaces et heureuses de faire naître la prairie des Iroquois, encore tourmentée jusqu’à envoyer le vertige des grandes et austères préhistoires valser sans fin.
Un bouleversement pas toujours présentable ou un flash-back pour revenir instantanément sur le viaduc romain où tout a commencé ; et, dans le voisinage, des pressentiments d’enfance éparpillée, paumée aux quatre coins du monde, qui s’éveillent enfin !

Alors que, de foyer en foyer, de mon côté je peine à trouver ce vin de Xérès qui puisse m’accompagner et parfumer mon palais de photons djihadistes. Ou de pigments arrosés au trois quart de phosphate qui, j’en suis à présent convaincu, colorent les vastes et polysémiques ferveurs des langues du sud, apprises par coeur comme un refrain ou une comptine enfantine.

La noirceur jaunâtre des semaines

Le chagrin et le trou noir, en se risquant du côté des montages novateurs, révolutionnaires même, de ce jour de semaine, ce lundi qui vient épancher sa soif de violence, pour commencer. Et qui, de loin, mériterait bien autre chose que cette transaction mal bouclée, ces spéculations superposées pour imiter le vacarme du cosmos.

Mardi, mon cadavre livide comme les marchands de thé Pennyroyal entraînant dans leur perte la dévaluation de la monnaie noire sur le comptoir en ivoire, mardi comme un jour comme un autre en se saoulant de mauvais vin dès que le monde barbare des émotions me laissera seul et tranquille.

Et puis mercredi comme la photosynthèse d’un jaune d’or très pâle qui débite des âneries sur internet, fouillant toujours plus loin dans son passé nauséeux : mercredi matin et mercredi après-midi pour apprendre à dormir, à anesthésier la vieille douleur de vivre. Cette vieille douleur mazoutée comme une anémone de mer, cette douleur comme le spectacle d’un pendu tandis que les autres sirotent leur thé au jasmin.

L’aigreur, le sentiment d’avoir rien fait de sa vie et qui s’infuse, et qui pénètre les narines, et qui ressemble à la peine ou à une angoisse quelconque.

Alors la violence pour innover comme un novateur un peu morbide mais révolutionnaire quand même, quand on n’a plus le souffle et qu’on rêve de noyades bien méritées, de se tailler les veines avec succès ou même que ces marchands de thé soient roués de coups avec tous ces personnages imaginaires, ces coursiers du spleen tarifé… Et descendre dans la rue ces corps gras et toutes ces poupées gonflables placardées sur les emplacements publicitaires comme ce café du Kenya, les descendre pour un dernier hommage à la noirceur avant de rentrer perplexe avec une énergie débordante (l’énergie de l’angoisse sale qui vous engage dans une conversation avec Satan) et en finir : toutes fins de vie devraient se finir dans une colère démentielle juste pour voir tous ses ennemis suffoquer et n’être plus que des cibles à abattre.

Jeudi, encore vivant malgré tout, on se refait une santé pour vendre des racines de gingembre ou de la lessive avariée (alors qu’il s’agit en réalité de viande pourrie de veau réduite en poudre) jeudi pour maudire tout ce monde qui va sauter en l’air et ressortir le vieux scoop du lobe tuméfié de Kurt Cobain, sa dernière réincarnation.

Vendredi, en inventant d’une façon très pernicieuse mais très intelligente et en mélangeant le jeu, la rigolade et les excès, le jour des rizières souterraines.

Car samedi, alors que le riz froid de ces rizières tombe en poussière, la lueur du jour comme précipice avant la tombe, tout en continuant l’habituelle autodestruction comme ascèse quotidienne ; samedi : jour de semaine ignoré des ondes médiatiques, et, sous les saules pleureurs, il écrit sa destinée. Une écriture tremblante et écorchée vive à l’image de Kurt, devenue automatisée par tant d’injonctions littérairement écrasantes mais toujours aussi nécessaires.

Enfin dimanche, en sortant pour rôder au hasard, cherchant comment je pourrais mettre en pratique mes projets, une fin de semaine qui se termine dans la débandade la plus destructrice…

La semaine passée, la caméra continue à filmer, et les disques durs sauvegardant les phrases précédentes, se retrouver nu dans l’argile, sur un terrain balayé par la pluie ; et toujours cette anémone de mer qui, à la manière d’une araignée, sacrifie sa toile au plafond pour se perdre, enchevêtrée dans toutes ces voies lactées !

Pour faire monter l’arôme de ces gouttes de pluie sans tain, dans une auberge de jeunesse recommencer la semaine, abattu et classé parmi les vieilles lanternes au rythme syncopé qui rougissent comme d’autres jours de semaine imaginaire, réchauffant la nuit de nos larves jaunâtres d’orang-outan !

Un authentique festin nu.

Un authentique festin nu : d’autres mondes, où la nudité a été réinventée d’après les témoignages des pratiquants bouddhistes, attendent de t’alerter sur leurs dérives, comme par exemple ce pacifisme des océans les plus tumultueux réprimés par leur secte.

Ces océans de phosphate qui émettent en cette période troublée, un parfum de viandes carbonisées lors de ce festin… En inversant cette véritable marche sur le rivage, les philosophes, pour ces êtres en question inventés par eux, ont des réponses toutes trouvées pour leur mal-être. Ainsi, avec l’aide de ces malotrus rencontrés au cours de leur périple existentiel, ils se tiennent en foule serrée sous le porche de leur grande auberge en tentant de deviner les présages du ciel.

Mais le ciel est avare, donnant des réponses inadaptées dans les disques durs neuronaux qui rêvent d’espaces vides, sauvages et particulièrement païens…

De mon côté, caché dans les wagonnets de charbon qui méprisent toutes ces cérémonies pour arriver à rien, je prend une photo de ces grossiers personnages qui ne doutent jamais. La coiffure à l’Iroquois, en kimono noir, sans jamais réussir à faire tilt dans le cerveau de ma fiancée, j’inspire l’air frais des montagnes perdues qu’on devra franchir plus tard ; et pourtant, farfouillant dans mes oreilles impénétrables aux essences divines une séquence de films d’actions, cet air frais, tout le temps interdépendant aux corrections des banquises, ne m’apporte à moi aussi que du vide…

Des banquises délogées de leur pôle nord ou de leur pôle sud qui veulent bien accueillir les écrivains surgelés et leurs êtres en question ; avec, sous la banquise, des phoques exerçant une poussée attractive pour faire remonter à la surface de l’eau glacée des sous-marins soviétiques. Ces vieux appareils de pilotage, parmi les kyrielles d’ondes positives parcourant, dans la mémoire de l’Amazonie jusqu’à présent en fin d’extinction, une folle envie de vivre : la naissance des émotions facilement surmontables délivrant dans les lobes une substance active qu’on nomme THC, alors que, quelques heures plus tôt, les plantes qui en contiennent ont été congédiées de cet univers.

Des océans de phosphate à Tokyo

Pour préparer, de juxtapositions en juxtapositions hasardeuses, le macadam des routes qui, à l’avance, soulèvent des océans de phosphate à Tokyo il y a des maladies comme la variole et des phlébites qui causent, en réalisant de grands dégâts, la disparition du pubis glabre des impérialistes…

Et enfin leurs longues vies qui pincent pour les variomètres ou d’autres appareils de mesure suscités par des plans d’actions concrètes. Il y a aussi, parmi ces banquises où les phoques affichent une variété de sourires atrocement phonétiques, d’autres vedettes qui grimpent sur les glaciers et les icebergs pour un meilleur lendemain ou pour demeurer positif.

À Tokyo toujours, sur ces icebergs cachant quelques gisements de phosphate, on prône le Grand et le Petit Véhicule enseigné par le Bouddha…

Mon plan passant par une succession imparfaite d’échecs, de retours en arrière, il y a alors des sondes comme Vega par exemple qui menacent, à la veille d’un apocalypse pas encore réalisé, la tranquillité des veines parcourant ces océans de phosphate ; et, de la même manière : leur filmographie préoccupante, parcourue dans tous les systèmes veineux, les phoques, comme des porcs véhéments, tombent à pic à ce moment là pour effacer tous les chagrins de la veille. En effet, ils ont veillé toute la nuit pour ne finalement qu’esquisser sur un carnet de moleskine ou sur un bloc-note le suintement de leur vie future !

Des alvéoles de cire larvaire !

Des alvéoles de cire larvaire par kyrielles, des scribouillards d’un âge indéterminé, des gouailleurs qui prennent un bain visiblement très chaud : ils transpirent à chaudes gouttes et les pages du livre qui sont contre le Système sont extrêmement humides.

Puis il n’y a plus rien après : rien que des barreaux noirs pour masquer mes fenêtres. Et pour ne plus jamais voir ce livre anarchiste tout petit, format 11 X 18 qui passe bien, couverture souple et pages douces au toucher, le néant crépusculaire.

A sa lecture un éparpillement exotique d’idées provenant sans doute d’un asile d’aliénés. Une édition madrilène d’Alianza Editorial, collection « El libro » à la pointe de toute la technologie existante. Et, sur la jaquette, le parcours d’un illuminé comme Jorge Luis Borges…

Aspiré par le siphon de la baignoire, aveuglé par la lance des glaciers fiers, il disparait à jamais, laissant au fond de la baignoire des arabesques absolument remarquables.

Maintenant, il peut se mouvoir dans une autre dimension, maintenant il peut commencer le massacre des bébés baleines et se perdre dans les jungles amazoniennes. Ou dans les ruelles de New-York…

Les bulles de savon

Pour la Reine, épinglée parmi la liste des probabilités trempant dans le chocolat chaud et se chevauchant pour paître dans les champs bleus du Tzar et de ses mercenaires, des bains moussants en permettant toujours à l’éponge de disparaître dans un tourbillon de bulles roses, persuadées d’atteindre un nouveau sommet avec la une des journaux comme rubrique mortuaire…

Elles en avaient des roses aux robes saturées de tyroliens points d’exclamation enfiévrés qui ossifiaient des cathédrales d’idées mortes, ces bulles de savon de Marseille ou de New-York pour lesquelles les oreilles du Tzar trouvaient plaisant leur voyage dans son royaume.

Et, je ne sais avec quel air de fatuité, comme un interlude post-romantique, les bulles de savon tombaient dans un profond coma.

Un coma éthylique séchant avec peine au soleil, qui végétait dans les profondeurs des peines indispensables, à cent lieues de s’imaginer repartir en digressions aléatoires…

Enfin, lassées des coups de soleil, comme elles vieillissaient dans un fût à présent, ces bulles de savon allaient partir en guerre sainte pour verdir les quelques paroles inaudibles du Tzar !

Septième chapitre : Viêt-Nam Surnaturel

Elle avait commandé un chocolat chaud et le ciel bleu, le Tzar toujours à la une des journaux comme rubrique mortuaire, était saturé de tyroliens points d’exclamation enfiévrés. Sous le porche de cette grande auberge de jeunesse donnant sur les cimes à conquérir et les wagonnets de charbon que le typhon avait dévasté, ainsi que les chambres du Yellow Submarine, sous ce porche, dis-je, l’air des montagnes farfouillait dans nos oreilles un interlude post-romantique et, séchant à peine au soleil, à cent lieues de s’imaginer repartir en digressions aléatoires, des coups de soleil attrapés pour verdir nos quelques paroles inaudibles, on en avait par kyrielles…

En 2057, à cette époque, troublée donc favorable, de gouailleurs, on n’entendait presque plus ces notes de musique qui ne pouvaient s’éteindre sans le recours au piano, dans le salon de l’auberge, à la tuyauterie actionnée par ses codes frappées…

Elle avait des bras fins ; et dans sa chambre du Yellow Submarine, elle avait emmagasiné d’hypothétiques bouteilles d’éther qu’on risquait au goulot pour embraser des idées sur le monde des mosquées, pour tutoyer aussi les sommets et les secrets que ces gars parcourant sans-gêne l’Orient unifié de leurs pas lents, militaires ou moscovites… ces goujats ne comprenant rien au Taoïsme et aux autres matières spirituelles orientales..

Elle avait aussi des veines violettes ; et on ne les discernait pas sans ulcérer le pianiste de l’auberge de jeunesse qui s’était mis alors, en cette fin d’année 2057, d’apprendre par coeur les partitions de ce bizarroïde piano… Ill y avait aussi, en elle, une latente envie de se nicher sur les rayonnages de la bibliothèque de Lucky Pierre…

Ainsi perchée, proposant comme traduction bancale tous ses bouquins privés de leur récit et de leurs attributs magiques, on l’entendait lire, cette nymphette, les textes oscillants de Lucky Pierre, à tel point que les museaux des bestioles du Viêt-Nam, dans cette nouvelle configuration, ne sniffaient sur le papier que des rails de coke que la lecture de ces dialogues décousus doublait l’effet…

En effet, les monologues de ce désaxé, auteur du cut-up agressif mais universellement et dignement reconnu par ces descendants de Burroughs, participant avec nous aux jeux de mots des ateliers d’écriture d’Alphonse Choplif, les monologues, dis-je, de ce défunt propriétaire du lot numéro cinq, avaient pris de de la valeur et avaient été vendus avec le tout aux enchères.

Des ateliers d’écriture que Angela, Nausicaa et moi-même, après avoir fumé une clope, délaissions pour partir à l’aventure dans les jungles équatoriales du Viêt-Nam ; notre point de départ : les terrasses de cette grande auberge, après avoir été requinqués par des boissons polaires fortifiantes…

Le souvenir de ces enchères pulsait encore dans le crâne de cette jeune fille, se remémorant qu’il n’y avait presque aucune parenté avec les livres de Lucky Pierre et le contenu de cette grande malle, à présent posée sur la moquette de la suite ; cependant on sentait d’avance qu’il y avait des choses harmoniques avec les carnets du lot numéro cinq et les ouvrages poussiéreux de Lucky Pierre : à savoir, le premier des carnets de Choplif, l’inventeur génial, enfermé jadis dans son bureau pour inventer une méthode d’écriture et pour proclamer à tout l’univers, si il voulait bien l’appréhender, l’invention d’une Zone, un espace imaginaire où les zonards métamorphosés en ces êtres spirituellement avancés, se livraient, aux pieds des plates-formes de lancement d’Apollo seize, à des rallyes surnaturels, ce premier carnet de Choplif, dis-je, partageait avec les romans de Lucky Pierre le plan d’ensemble de tout le manoir carillonnant régulièrement quand Angela, alors en voyages pour une durée indéterminée, ouvrait la fenêtre de sa chambre d’hôtel à Venise.

La peau de son visage était encore tendue comme celle d’un tambour, quand elle avait terminé son chocolat chaud et, en parlant de périple urbain puis montagnard, ses paumettes tranchant sans résistance, sans maladie particulière, avec la couleur méditerranéenne des lampes de cette auberge de jeunesse d’où partaient de parfaites volutes bleues, parfumées à l’ethernet, de ses étranges cigarettes, ses paumettes ainsi colorées, elle me confia son désir de se frotter d’un peu plus près à la noirceur des scies circulaires servant aux opérations de Choplif, le fondateur absurde de leur mouvement et même de leur parti politique.

Et de ses yeux, gouttait le sang répandu par ces scies circulaires, ainsi que les instruments chirurgicaux cachés dans la poche de sa fourrures d’hermine ; dans cette flaque de sang, il y avait là la métrique de ce piano vérifiant par son mécanisme prismatique et sophistiqué les appels manqués de cette puérile star du porno…

Et, dans la cheminée, les cendres de ces zonards qui n’avaient pas respecté les doses de potions permettant de se transformer en êtres prestidigitateurs, pouvaient rentrer entièrement dans une blague à tabac.

En effet, en lançant le début de leurs rallyes tendancieux, sur leurs réseaux sociaux, avachis dans leur canapé, obsédés par une grave dépression et cette tenace envie d’écrire leur noirceur, ils étaient tombés sur un os : ces écrivains maudits, qui s’interdisaient de toucher à cette sacro-sainte Marie-Jeanne, récoltée sous les lattes des saloons américains de leur Créateur, Alphonse Choplif, avaient fini par être brûlés sur les bûchers de la Saint Con allumée par des parchemins aux feux mâchant les flammes maniaques… un événement en avril qui fit marcher les douze moteurs aux combustions sanguines des gondoles de Venise.

Ces gondoles ? Synchronisées avec la chaleur des tropiques s’approchant de la fournaise et du festin nu de Burroughs, elles ne se doutaient pas que bientôt elles seraient coulées.

Et, dans le gros bouillon des lagunes vénitiennes, sous les flottaisons de tous ces vautours, des émeutes démoniaques allaient en profiter pour semer la discorde parmi les défunts zonards ; une discorde qui, langoureusement, avait attrapé le virus musical de cet étrange piano que Angela, sans l’air de feindre, jouait à présent…

Et ainsi l’absinthe se mettait à couler avec une touche d’exotisme que Lucky Pierre, silencieusement, décrivait dans ses lignes pressantes, découpées au ciseau, en livrant bataille pour repousser les angoisses de la page blanche.

Sixième chapitre. Viêt-Nam et infortunes.

A l’envers aussi était le défilée des majorettes, dans cette cathédrale-forêt, furieusement inversée et qui passait devant nous alors que nous étions ahuris, le sang dans nos veines ne s’écoulant plus malgré la colère digne des dieux au thermomètre dans le cul, nous agitant : cette colère enfin digne de ce bestiaire exotique qui nous servait de main d’œuvre quand les nuages étaient inspirés et expirés par leur museau virtualisé et scanné dans le Tamagotchi de Nausicaa…

A peine nubiles et libres de leurs mouvements, les majorettes racontaient leur odyssée : la genèse des jeunes filles surveillant de près leur quota de bites dans la chatte.

Nos compas et les autres instruments de mesure, mais aussi nos ampèremètres rangés dans la boite à gants de la guimbarde qui ne roulait plus depuis des lustres, étaient là pour nous donner une illusion d’aplomb que les bestioles affreuses du Viêt-Nam réfutaient…

Le tzar de ce pays aux pluies diluviennes avait fait la une des journaux : en effet, un attentat, orchestré par le Vieux des Montagnes Afghanes, avait supprimé cet impérialiste, privant la nation d’un représentant et la jetant dans l’anarchie la plus totale ; et l’Afghan malicieux ne s’était pas arrêté là : il avait aussi hacké, avec l’aide de son équipe de terroristes, les multinationales de l’automobile…

Voilà pourquoi, à cette époque et dans toutes les régions du monde, on voyait des pantins bourgeois aller en carrosse, en chaise à bras ou, selon leurs moyens, à dos de cheval, de mule… et d’homme. Leurs voyages uniquement organisés et sciemment étudiés pour éviter la marche à pied tandis que l’autre caste, le niveau inférieur des prolétaires, était obligé de parcourir ces kilomètres à pattes…

Il y avait aussi, pour mieux expliquer la situation, cet ancien mercenaire du terrible Afghan dans cette prison du Viêt-Nam qu’était la fosse noire ; dans cette geôle où ce guerrier djihadiste, Alphonse Choplif, avait piraté les sociétés produisant des bagnoles en séries, sans l’aide de machines sophistiquées mais en couchant simplement sur le papier des dessins occultes représentant peut-être les statistiques des bénéfices ainsi que la valeur des actions boursières de toutes ces multinationales… C’était donc avant tout artisanal…

Mais comment expliquer cet énigmatique prodige ?

La première des réponses possibles était à chercher du côté du Tamagotchi de la sœur d’Angela, en effet, Nausicaa, par toucher tactile, émettait des mots-clefs à partir de l’écran de son Tamagotchi que les micro-ordinateurs des multinationales partageaient en commun ; et, bercé par le ronronnement pré-enregistré de l’une de ces créatures virtuelles, l’appareil avait ressuscité ce groupuscule occulte : la Main Noire, qui, enfermée elle-aussi dans la prison de la Fosse Noire, avait, comme le moteur de notre van désormais bon pour la casse, fabriquée par télépathie cérébrale ce Tamagotchi branché encore en Bluetooth au Tableau de Bord de notre véhicule.

Des mots-clefs qui étaient chiffrés par sauvegarde dans le marbre des parois vaginales de ces mammifères du Viêt-Nam, ces êtres vivants aux museaux en godille, eux-aussi sous le feu des projecteurs, car la rumeur racontait qu’ils s’étaient rangé du côté des soldats de cette guerre sainte…

Et la deuxième réponse manquait à l’appel.
Mais, si on retraçait l’histoire de toutes ces divagations, on avait alors ce sentiment si simple, si proche de la folie que les multinationales de l’automobile avaient fait faillite, leurs milliards de dollars récupérés par ce méthodique et unique lobe cérébral d’Alphonse Choplif, certes incarcéré encore à cette heure mais noircissant et manipulant toujours la substance matricielle (voire spirituelle) de cette fortune volée aux actionnaires sans pré-avis et ultimatum…

La dernière et troisième réponse contenait, par son essence cette fois-ci quasiment sûre d’être spirituelle, une faille permettant d’ouvrir sur de nouveaux mondes. Cette faille était secrètement connue des Tamagotchis trafiqués, et en regardant d’un peu plus près celui de Nausicaa pendant qu’elle dormait, je vis, après l’éclosion de l’œuf du petit animal, cette centaine de dédicaces de Johnny Hallyday, le dieu des bistrots des quartiers populaires, contenue et libérée de leurs fichiers d’origine : une matrice, presque binaire, rejetant des liquides psychotropes gluants sur les murs et le sol de cette auberge de jeunesse où nous nous étions arrêté après la défection de notre van.

Cet endroit, transpirant la mélancolie et appelé Yellow Submarine, nous accueillait par sa force psychique.
C’était un lieu sûr, formulé par ces dédicaces scannées, où les mères de famille obtenaient une idée claire des objectifs punk-alternatifs de ces êtres guerroyant pour rétablir la religion musulmane comme seule vérité et seule croyance à adopter.

En effet, naviguant sur les plates-formes virtuelles des chanteurs décédés comme Johnny, cette souche de ménagères, avec l’aide d’Alphonse Choplif via Skype, chapardaient leurs données et leurs offraient ainsi la mise en pratique de toutes leurs idées grunges.

Comme par exemple la formation d’une milice souterraine, vivant dans les égouts suburbains, ou cet apprentissage, ce perfectionnement au sabre laser de ces mercenaires zélés, prêts à en découdre avec le monde moderne.

Cependant, ce monde avait un défaut majeur, ce monde avait un goût de liberté sexuelle qui ne convenait pas à ces créatures aliénées, morbides. En rétablissant la burqa pour toutes les femmes en âge de procréer, ces cinquantenaires espéraient faire tomber les masques des libertins, rétablir l’immaculée conception, même chez les hippies ou les nomades hétérosexuels ou homosexuels.

En ce qui concernait leur mode de vie, elles s’enfermaient dans un souterrain, avec des barreaux noirs qui laissaient passer un éparpillement de lumière à l’entrée de l’ouverture telle qu’une plaque d’égout… et tout en pianotant sur leur machine imaginaire, ces femelles ménopausées entendaient la nuit les cris susurrés des bêtes du Viêt-Nam aux museaux inspirant leur urée ; des hurlements de fauves retentissant parfois au-dessus de leurs têtes migraineuses : une rumeur plaintive, presque gutturale, racontant que les pensées négatives se cachaient encore dans l’obscurité de leur tanière.

Leurs activités nocturnes consistaient à se hasarder dans les ruelles pour remplacer, à la place des panneaux publicitaires, le savant tracé d’un pentacle ou d’un dessin torturé de symboles draconiques.
Les gens superstitieux, à l’aube, ouvraient de grands yeux écarquillés, surpris de voir l’Ordre de Satan survivre encore. Mais elles n’étaient pas satanistes, juste des personnages inspirés, je dirais.

Un soir, il y eut alors une explosion aveuglante et silencieuse six pieds sous terre, et tout prit fin. Lorsque l’on put de nouveau y voir dans la crypte, les plans et les saints écrits de ces théoriciennes de la burqa, ainsi que leurs gribouillages frôlant le divin, qui avaient été, tout au long de leur emprisonnement, glanés comme autant d’outrages lugubres, universellement récompensés par Alphonse Choplif, ce pickpockets des marchés financiers, ces ouvrages, dis-je, avaient pris feu au crépuscule d’une Saint Con sauvée de l’oubli.

Tout était en cendre à présent, mais la mort prématurée de leur machination ne devait pas les attrister. La vie reprit bientôt dans le souterrain, en même temps que les quémandeurs de la publicité s’étaient réincarnés en casaques rouges en éloignant le spectre des pentacles et des symboles draconiques.

Bien sûr, ils avaient gagné la guerre, comme à chaque fois, ainsi que les doctrinaires de la débauche bienheureuse ; mais il restait encore la possibilité follement audacieuse de découvrir au détour d’une rue, en tracés occultes, toutes ces matrices codées et toutes les probabilités de ces ecclésiastiques métaphysiquement tournés du côté de cette Mecque fervemment mystique.
Enfin ces croyants surnaturels, par leurs vœux et prières pieuses, pour ces infidèles, ou pour tous ces gens au bord du gouffre incrédule (parce qu’ils ne pensaient que faire rentrer de l’argent dans leur compte en banque) annonçaient l’apocalypse aussi bien numérique (le mal étant déjà fait sur le réseau des androïdes et des iPhones) que réellement funeste en événements tragiques…

A suivre.

La Présence

Une étroite trouée entre deux immeubles, petite brèche qui fait osciller la lumière d’un jet cérébrale : dans le cerveau, une étrange ouverture sur un autre monde.

Là-bas, on voit des chiens et des enfants qui gambadent, on peut imaginer les parents qui s’octroient du temps libre ; tandis qu’ici, il n’y a qu’une rue déserte et, par travellings cahotants, ce souvenir nébuleux d’un visage oblong, tourné vers moi. Un souvenir qui tente de me transmettre, par ce visage de femme laiteux et sanguin, la Nouvelle Combinaison, le mot de passe d’un disque dur sinistrement verrouillé : de jeunes pousses de réminiscences qui veulent me réconcilier avec quelque chose d’encore trop flou…

Une vieille maison au fond d’un jardin, couverte d’une vigne folle, à sa droite quelques pommiers desséchés, à gauche un enfant isolé (c’est moi) comme un spectre dans le brouillard ; il essaye d’imaginer ce qui lui est arrivé et s’aperçoit qu’il a une image très vive de ce qui s’est passé, certainement son imagination qui dépasse son expérience, comme quelqu’un -sans doute le Navigateur– l’en a prévenu. C’est dans cet état que je me suis réveillé, le combiné du téléphone mal replacé alors que des impacts de balle avaient étrangement criblé le mur de mon bureau. Générés par des lignes de code incohérentes, tous les jours de ma vie commencent ainsi : une collection de fragments binaire tombant comme de la neige et perçant par sa seule opacité, une séquence d’images cryptées douloureusement précises dont la durée varie d’une courte nuit à une infinité de millénaires décuplés.

On ne peut les inventer ou les choisir. Elles sont l’oeuvre de quelqu’un d’autre, elles encombrent les rayonnages d’une trop vaste bibliothèque, et quand elles émergent, elles se transforment en taches dénuées de sens, en genèse cafardeuse d’un texte toujours à réécrire, et je me souviens alors de cet enfant traumatisé qui a donné naissance à l’adulte que je suis. Pourtant, on ne peut les effacer, malgré cette volonté d’oublier leur expression troublante, souvent négative et macabre. 

Et ce prélude feutré joue aujourd’hui avec les fricatives d’un vent glacial, dehors, et emporte déjà la couleur de cette journée vers des dimensions aussi oniriques que dangereuses. On ne peut y échapper, à moins de ne jamais se réveiller, de ne plus décoller la tête de l’oreiller. Cependant, on obéit : on ouvre les yeux et on se rend compte que ses directives suivies au pied de la lettre, dans l’obscurité, sont alimentées par un enchevêtrement de fils électriques et téléphonique, comme le matériel informatique de votre bureau. Et on se demande qui mène la danse, qui enregistre tous les scories de nos vies même lorsque la conscience, ivre morte, décroche et subtilise à l’homme soûl le fameux black-out ; à cette extraordinaire performance, s’ajoute le contrôle autoritaire de toutes nos pensées garrotées par l’historique du Navigateur.

Le Navigateur. Celui qui s’est niché à la place du cerveau. Traditionnellement et sans jamais remettre en cause cette assertion, nous pensons être seul propriétaire de nos hémisphères cérébraux. Le cogito cartésien ne tient cependant pas la route. C’est que nous ne tolérons pas la moindre fêlure ; pourtant celui qui ose interférer à l’intérieur de cette machine de guerre s’aperçoit que la propriété intellectuelle n’est qu’une chimère.


Ce jour de lucidité, les abîmes s’ouvrent et les fauves s’échappent de leurs cages. Ce jour-là, le positionnement tactique -et pour ainsi dire sain et vital- du départ est mis en échec, cela crée un déséquilibre interne : il annonce la terrible disparition d’un monde enveloppant, confortable ; il symbolise la négation crépusculaire d’une joie de vivre factice qui avait été créée pour se rassurer et exécuter consciemment les tâches quotidiennes. Ce jour-là, les objets les plus légers deviennent infiniment lourd, et les boussoles n’indiquent plus que des directions indésirables. Ce jour-là, surgit sans crier gare le monde ahuri et ténébreux d’un enfant isolé, une maison au fond d’un jardin, un visage de femme, une brèche dans un mur aveugle.
Je l’ai tout de suite reconnu, ce petit garçon seul, s’immisçant dans cette histoire invraisemblable dont il ne saura jamais rien d’autre. Le visage ne m’était pas inconnu non plus. Son visage fouetté par le vent, et sa longue chevelure noire qui semble compléter l’horizon indéfini, et ses yeux qui ne me voient pas, mais observent quelque chose de vague, enfoui en elle-même. Peut-être est-ce cette cinglante zébrure infligée à son âme, peut-être est-ce cette mise en garde chuchotée par ses lèvres irréelles. 

Mon rêve ? Une sorte de film qui replie à l’infini le dispositif initial de son scénario ; ainsi replié et mortifié par les visions qu’il a engendré, cette journée-de-ma-vie est foutu, incompréhensible. Tout simplement parce qu’elle est trop crypté par le Navigateur ; par synesthésie, celui-ci détériore les chemins d’accès aux bases de données intemporelles : l’ordinateur s’éteint, redémarre, et en vibrant frénétiquement, fait s’envoler la poussière de mon bureau. Pourtant je sais.
Je sais, comme tout bon hacker, m’introduire frauduleusement dans le système informatique du Navigateur et en exploiter les faiblesses. Lugubrement, j’attends : il y a sans doute, dans le Temple en Stuc où réside la matrice mère de toutes les matrices, le Suc oppressant d’une faille de sécurité…

L’Altérité

Le cerveau n’est pas à nous
Le cerveau est un Alien
Le cerveau cherche à nous contrôler

Comment expliquer ça ? Peut-être par le commencement tout simplement. 9h36
Marcello se dandine, soudain mal à l’aise dans son fauteuil club. Passe d’une fesse sur l’autre (et vice versa) sans parvenir à trouver la position idéale. Il vient d’expliquer à Livia Cétose, sa psychiatre, qu’il Le sent toujours là, même après sa sortie de l’asile psychiatrique. 

10h06
Peu après l’entretien, se creuse dans les tréfonds de l’Alien, une possibilité de fuir à toute vitesse sur l’autoroute. 
A 23h 03, Marcello reprend conscience en trouvant le truc : un adolescent étendu sur l’herbe, comme embaumé dans les ténèbres ; non loin, le logo d’une station Totale électrise la nuit. Très activement, il enfouit le corps meurtris et la hache qui a servi, toujours en pestant contre l’Alien. Ce cortex qui a prémédité ce crime odieux, couvé depuis des années maintenant. Cet enfoiré dont il espère encore renverser le système établi. Mais il y a sans doute des solutions d’habitation ailleurs que dans sa boite crânienne, cette lancinante intuition il la martèle à chaque fois que l’Autre, harassant et bien trop irresponsable, l’ouvre un peu trop.

01h06
La chambre d’hôtel est petite et la guérison ne viendra pas, il en est maintenant convaincu. Un cercle métallique lui enserre le crâne : il voudrait pousser un cri de douleur face à ce lendemain disloqué qui l’attend au tournant. Et qui ressemble à un problème de math impossible à résoudre. Il fixe le plafond, les yeux brûlés par de nouvelles visions. Il pense aux faïences bleues au fond des yeux de sa première femme. 
Son trench-coat coupé dans une étoffe précieuse est déchiré, il doit s’en débarrasser.
Vers 02h35, il redémarre sa voiture garée sur le parking de l’hôtel, en direction de la maison de retraite où il y a son grand-père sénile. La route est longue mais il arrive au petit matin, vers 06h30 ; on le fait asseoir dans la salle d’attente en attendant l’heure des visites ; il reste ainsi absorbé, pendant deux heures, par un vieux tableau représentant des plantes alpestres défraichies très kitsch. En peignant cette immonde croûte, le peintre, selon lui, veut l’aider à ranimer toute la mélancolie de son adolescence, à cette époque où il fumait déjà du crack et inhalait les vapeurs des stupéfiants les plus toxiques. 

A la fin, il a l’impression que ce peintre du dix-neuvième siècle, dans son maillot de lin serré, ressuscite pour lui tendre la main et lui montrer la chambre 6 où gît son grand-père mais ce n’est que l’infirmière. Il prend soin de fermer la porte une fois l’infirmière éclipsée.
A 9h 17, la Peugeot repart de plus belle, en arrachant au sol des tourbillons de poussière ; les gens à l’arrêt de bus d’à côté voient l’effroyable drôle filer et prendre de nouveau l’autoroute. Son grand-père qui a travaillé dans les milieux du pétrole a drainé beaucoup d’argent ; Marcello vient d’arracher une dent en or à son dentier, ce qui donne au grand-père un sourire encore plus vicieux. 

Plus tard, il revendra cash cette dent pour s’offrir un nouveau réfrigérateur étant donné que sa nouvelle femme et leurs deux enfants prennent toute la place à l’intérieur de l’ancien. 
En fin de soirée, très tard, il finit par s’endormir devant la télé en marche, les fenêtres ouvertes malgré l’hiver et la pluie qui s’installe ; se remémorant toutes les tueries réalisées, l’envie de dormir le berce jusqu’au sommeil, apercevant, avant le black-out, la gueule puante d’un vieillard qui hurle de douleurs.

Cependant, alors qu’il dort à présent, nerveusement, une ombre marche sur les planches de bois qui mène à l’entrée de sa maison, cette histoire qui commence pourrait bien l’emporter encore plus loin dans la démence : aux pays des malades mentaux, le Cerveau, cette Altérité, est roi.

Le Tzar du Viêt-Nam

Elle avait commandé un chocolat chaud et le ciel bleu, le Tzar toujours à la une des journaux comme rubrique mortuaire, était saturé de tyroliens points d’exclamation enfiévrés.

Sous le porche de cette grande auberge de jeunesse donnant sur les cimes à conquérir et les wagonnets de charbon que le typhon avait dévasté, ainsi que les chambres du Yellow Submarine, sous ce porche, dis-je, l’air des montagnes farfouillait dans nos oreilles un interlude post-romantique et, séchant à peine au soleil, à cent lieues de s’imaginer repartir en digressions aléatoires, des coups de soleil attrapés pour verdir nos quelques paroles inaudibles, on en avait par kyrielles…

En 2057, à cette époque troublée donc favorable de gouailleurs, on n’entendait presque plus ces notes de musique qui ne pouvaient s’éteindre sans le recours au piano, dans le salon de l’auberge, à la tuyauterie actionnée par ses codes frappées… Elle avait des bras fins ; et dans sa chambre du Yellow Submarine, elle avait emmagasiné d’hypothétiques bouteilles d’éther qu’on risquait au goulot pour embraser des idées sur le monde des mosquées, pour tutoyer aussi les sommets et les secrets que ces gars parcourant sans-gêne l’Orient unifié de leurs pas lents, militaires ou moscovites… ces goujats ne comprenant rien au Taoïsme et aux autres matières spirituelles orientales..

Elle avait aussi des veines violettes ; et on ne les discernait pas sans ulcérer le pianiste de l’auberge de jeunesse qui s’était mis alors, en cette fin d’année 2057, d’apprendre par cœur les partitions de ce bizarroïde piano… Il y avait aussi, en elle, une latente envie de se nicher sur les rayonnages de la bibliothèque de Lucky Pierre…

Ainsi perchée, proposant comme traduction bancale tous ses bouquins privés de leur récit et de leurs attributs magiques, on l’entendait lire, cette nymphette, les textes oscillants de Lucky Pierre, à tel point que les museaux des bestioles du Viêt-Nam, dans cette nouvelle configuration, ne sniffaient sur le papier que des rails de coke que la lecture de ces dialogues décousus doublait l’effet…

En effet, les monologues de ce désaxé, auteur du cut-up agressif mais universellement et dignement reconnu par ces descendants de Burroughs, participant avec nous aux jeux de mots des ateliers d’écriture d’Alphonse Choplif, les monologues, dis-je, de ce défunt propriétaire du lot numéro cinq, avaient pris de de la valeur et avaient été vendus avec le tout aux enchères.
Des ateliers d’écriture que Angela, Nausicaa et moi-même, après avoir fumé une clope, délaissions pour partir à l’aventure dans les jungles équatoriales du Viêt-Nam ; notre point de départ : les terrasses de cette grande auberge, après avoir été requinqués par des boissons polaires fortifiantes…

Le souvenir de ces enchères pulsait encore dans le crâne de cette jeune fille, se remémorant qu’il n’y avait presque aucune parenté avec les livres de Lucky Pierre et le contenu de cette grande malle, à présent posée sur la moquette de la suite ; cependant on sentait d’avance qu’il y avait des choses harmoniques avec les carnets du lot numéro cinq et les ouvrages poussiéreux de Lucky Pierre : à savoir, le premier des carnets de Choplif, l’inventeur génial, enfermé jadis dans son bureau pour inventer une méthode d’écriture et pour proclamer à tout l’univers, si il voulait bien l’appréhender, l’invention d’une Zone, un espace imaginaire où les zonards métamorphosés en ces êtres spirituellement avancés, se livraient, aux pieds des plates-formes de lancement d’Apollo seize, à des rallyes surnaturels, ce premier carnet de Choplif, dis-je, partageait avec les romans de Lucky Pierre le plan d’ensemble de tout le manoir carillonnant régulièrement quand Angela, alors en voyages pour une durée indéterminée, ouvrait la fenêtre de sa chambre d’hôtel à Venise.

La peau de son visage était encore tendue comme celle d’un tambour, quand elle avait terminé son chocolat chaud et, en parlant de périple urbain puis montagnard, ses paumettes tranchant sans résistance, sans maladie particulière, avec la couleur méditerranéenne des lampes de cette auberge de jeunesse d’où partaient de parfaites volutes bleues, parfumées à l’Ethernet, de ses étranges cigarettes, ses paumettes ainsi colorées, elle me confia son désir de se frotter d’un peu plus près à la noirceur des scies circulaires servant aux opérations de Choplif, le fondateur absurde de leur mouvement et même de leur parti politique.

Et de ses yeux, gouttait le sang répandu par ces scies circulaires, ainsi que les instruments chirurgicaux cachés dans la poche de sa fourrures d’hermine ; dans cette flaque de sang, il y avait là la métrique de ce piano vérifiant par son mécanisme prismatique et sophistiqué les appels manqués de cette puérile star du porno…
Et, dans la cheminée, les cendres de ces zonards qui n’avaient pas respecté les doses de potions permettant de se transformer en êtres prestidigitateurs, pouvaient rentrer entièrement dans une blague à tabac.

En effet, en lançant le début de leurs rallyes tendancieux, sur leurs réseaux sociaux, avachis dans leur canapé, obsédés par une grave dépression et cette tenace envie d’écrire leur noirceur, ils étaient tombés sur un os : ces écrivains maudits, qui s’interdisaient de toucher à cette sacro-sainte Marie-Jeanne, récoltée sous les lattes des saloons américains de leur Créateur, Alphonse Choplif, avaient fini par être brûlés sur les bûchers de la Saint Con allumée par des parchemins aux feux mâchant les flammes maniaques… un événement en avril qui fit marcher les douze moteurs aux combustions sanguines des gondoles de Venise.
Ces gondoles ? Synchronisées avec la chaleur des tropiques s’approchant de la fournaise et du festin nu de Burroughs, elles ne se doutaient pas que bientôt elles seraient coulées.

Et, dans le gros bouillon des lagunes vénitiennes, sous les flottaisons de tous ces vautours, des émeutes démoniaques allaient en profiter pour semer la discorde parmi les défunts zonards ; une discorde qui, langoureusement, avait attrapé le virus musical de cet étrange piano que Angela, sans l’air de feindre, jouait à présent…

Et ainsi l’absinthe se mettait à couler avec une touche d’exotisme que Lucky Pierre, silencieusement, décrivait dans ses lignes pressantes, découpées au ciseau, en livrant bataille pour repousser les angoisses de la page blanche.

Viêt-Nam et Tamagotchi

Moteur à l’arrêt, ses pieds nus au-dessus de la boite à gant, Nausicaa contemplait la pluie s’abattre sur la carcasse de la voiture. Parvenant aussi de la boite à gant et jusqu’à s’interrompre lors de nos jeux comme le nain jaune, on n’entendait presque pas le ronronnement pré-enregistré du Tamagotchi de la sœur d’Angela…

Et toujours au-dessus de la boite à gant, des papiers de manuscrits comprenant des zéros et des uns, mais aussi ses pieds nus, ainsi que des bestioles aux museaux qu’on ne voyait que dans les cirques veillaient par leur douce chaleur à harmoniser le lieu… une description parfaite du monde surréaliste où nous vivions, non ?

Et sur les arêtes des chapiteaux de tous ces cirques où elles s’étaient échappées, j’imaginais, maintenant libre de toute interprétation avant la Saint-Con, que les bûchers léchaient par leurs flammes naissantes les pieds de tout ce monde repartant à la chasse et véhiculant, tout en brûlant, les plus belles crémations et les plus prudentes combustions de ce moteur à l’arrêt.

Et, cette ruine avec son moteur fabriquée par la Main Noire (c’est à dire un groupuscule occulte, en fait) émettait donc, branchée en Bluetooth au Tamagotchi de Nausicaa, des sons parvenant des cirques muséographiques, des échos interrompus par la précautionneuse rumeur incessante des enregistrements de ces pluies diluviennes, ou même les silences entre deux messages que les bêtes étranges aux museaux cherchant à l’avance les parfums de muscade, rendaient fous, aliénés, partant en vadrouille : une recherche aussi du maïs, vierge de toute contamination microbienne d’une part et d’autre part ne provenant pas d’organismes génétiquement modifiés…

Nous étions au Viêt-Nam qu’on disait peuplé par des foules qui stoppaient notre parcours, qui arrêtaient l’horloge noire, maintenant dans un état de torpeur les forêts et les routes que nous empruntions ; il y avait un aigrelet et désagréable coucou antique, même si il était barricadé et enfermé à triple tour dans cette horloge noire, à l’intérieur de son mécanisme…

Et alors le muscadet coulait à flots, son Tamagotchi, comme ce « coucou antique au museau pareil à ces animaux qui gisaient autour de notre guimbarde, hibernant au beau milieu de cette végétation sylvestre… »

Nos dialogues, très courts, étaient alternés par de longs moments silencieux. Nausicaa fit un mouvement pour allumer une clope, me dévoilant un étrange tatouage qui représentait un scarabée sur son épaule. Je mis le contact, et la Buick démarra au quart de tour. J’aurais pu rouler un millier de kilomètres comme ça, sans m’arrêter… Mais, vers midi, Nausicaa me signala qu’elle avait faim.

Tout avait commencé comme ça : il y avait l’icône de cette horloge noire au beau milieu de ces sales troupeaux qui, une fois imaginée et représentée sur le cadran de la vieille automobile, inlassablement, se retrouvait aussi sur cet aigrelet et désagréable mur végétal et qui n’était rien d’autre que la représentation des plantes confuses, lactescentes et presque entièrement fumées jusqu’au bout…

Et, tout de suite après, je me retrouvais avec Angela, Nausicaa et Lucky Pierre dans une immense église vide et obscure avec des colonnes bizarres. Juste une double rangée de piliers noirs enracinés dans le sol, à l’infini. J’avais la sensation que mes pas brisaient un silence millénaire, un calme de tombeau. Je remarquais alors cette sorte de végétation morbide qui serpentait autour des colonnes, un lierre gris, minéral, qui enserrait les piliers. Le ciel de la cathédrale-forêt était mort, j’avais l’impression que les nuages refluaient à l’envers.

Et à l’envers aussi était le défilée des majorettes dans cette cathédrale-forêt, furieusement inversée et qui passait devant nous alors que nous étions ahuris, le sang dans nos veines ne s’écoulant plus malgré la colère digne des dieux au thermomètre dans le cul, nous agitant : cette colère enfin digne de ce bestiaire exotique qui nous servait de main d’œuvre quand les nuages de fumée grise étaient inspirés et expirés par leur museau virtualisé et scanné dans le Tamagotchi de Nausicaa…

A suivre !

La plate-forme de lancement d’Apollo 16 !

Pour faire naître, avec leurs bottes lactescentes et latentes, la marche impériale de l’armée des singes, des scènes classées X au sein de la poésie des plaquettes pour réclames publicitaires, brillant par leur clarté cartésienne ; cette clarté cartésienne appelée par les pleurantes années, sans dureté et sans haine, qui crissaient sur le gravier comme des ongles sur un tableau noir, cette clarté, dis-je, représentait le yin et le yang des photographies en noir et blanc…

Et tandis que je lisais la longue description des petites annonces parues ce matin, les éléments naturels de ces représentations étaient à chercher du côté des plaques d’induction. Comme domiciles célestes, alpins, chantants, des travaux de cuir et de sciage qui s’accumulaient dans les cahiers des singes mercenaires déguisés pour l’occasion en bonimenteurs.

Ainsi, pour réussir leur certificat, une seule contrainte : la lecture jubilatoire d’un merveilleux QCM ou d’une liste bibliothécaire servant de registre journalistique ; ou encore, dissociée de la bobine qui tournait dans le vide, la vérité des bûchers, des flammes ténébreuses, presque machiavéliques ou même inconnues.

Avec un seul numéro de téléphone, décrivant dans ce prodigieux précis de médecine orientale ce que l’Armée des Singes pouvait hacker, toutes les lignes étaient alors saturés de leurs mots et de leurs combinaisons matricielles : quand vous décrochiez le téléphone, une arborescence de culpabilité chrétienne insoutenable vous saignait l’oreille, et les scènes classées X se plantaient de décor (un décor de plate-forme de lancement, avec des fusées emportant la mission Apollo 16.)

L’armée des Singes

Les bottes de l’armée des singes crissaient sur le gravier comme des ongles sur un tableau noir tandis que je lisais la longue description des petites annonces parues ce matin. Des travaux de cuir et de sciage s’accumulaient dans les cahiers des singes mercenaires déguisés pour l’occasion en bonimenteurs.

Pour réussir leur certificat, une seule contrainte : la lecture jubilatoire d’un merveilleux QCM ou d’une liste bibliothécaire servant de registre journalistique.

Avec un seul numéro de téléphone, l’Armée des Singes avaient hacké toutes les lignes : quand vous décrochiez le téléphone, une arborescence de culpabilité chrétienne insoutenable vous saignait l’oreille…

Et le sang giclait comme un canard barbotant dans la boue, suite à ces attentats surréalistes…

Une abréviation

Tout d’abord une abréviation de Lao Tseu ; puis, traînant à leurs suites les serpentins de leurs braies et cottes de maille en lambeaux, des poignées de Soleil Vert fascinant…

Comme aiguillonnés par les cris des sauvages locaux chaque fois qu’elles hésitaient à continuer la route, ces poignées de Soleil Vert en dorant le sol natté de ma chambre, s’avachissaient aussi sur mes chaussures noires : des couleurs et des noirceurs qui étaient purement numériques pour la Géosphère des ténèbres, en s’enfonçant toujours plus loin dans leurs matrices chiffrées excessivement à l’excès.

Ainsi, leurs graphismes maléfiques se combinaient monarchiquement, diffus et disjoints, de rouge crépusculaire, en caressant le poil sauvage de leurs électrons…

Par leur photosynthèse s’effaçant instantanément dès qu’un intrus tentait de leur barrer la route, ces célébrités, jusqu’à bâtir, par leur seule représentation mentale, la nacelle en carton d’où je m’échappais avec les créatures et laissais tomber ainsi mon milk-shake dégoulinant sur les branches de l’arbre cure-dent, ces célébrités, dis-je, ressemblaient à du protoplasme vivant !

Le jaune de Kubrick reste blanc

Tout d’abord, dans nos veines le poison exacerbé au travers des années, comme un rêve communautaire en huis-clos, et au-delà de nos veines, une scie coupant une bûche au-dessus d’une rangée de corps longilignes, nerveux et racés.

Après bien des mégots et des joints aux pensées secrètes qui doivent être très amusantes, on ne trouve ici que des bobines de films en lambeaux, des graffitis, des œuvres conformes à leur idée directrice : le cerveau de Kubrick, un processeur qui déplore lui-même ses outrances langagières et thématiques.

Ce rêve communautaire aspiré par un ciment armé, projeté dans un cinéma verrouillé et sans lumière, affublé des artifices du récit -projet complètement abandonné- et cette scie s’imprégnant des odeurs incendiaires d’entrejambe de la surface à mesure qu’elle coupe la bûche, et cette rangée de corps est alors divisée – ou devrais-je dire stratifiée – en quelques halos de glace.

En remontant ces « étages » ce qui donne un éventail de femmes nues à vocation universelle, on se rapproche – il me semble – de leurs douces et brillantes, de leurs excitantes et réconfortantes facultés.

Leurs facultés ? On ne peut les définir sans descendre d’un « cran » d’une « marche » ; au paroxysme de l’orgasme, alors se constitue l’album de cette étrange famille : en cas d’indispositions, exsuder l’arôme, l’odeur, l’histoire génétique de toutes ces femmes.

Le lendemain, dans la boîte aux lettres, le courrier du matin qui ne peut s’écrire dans ce jargon et confère malgré tout au texte sa nouveauté, sa singularité véritable. Le lendemain aussi, d’autres séances beaucoup moins cinématographiques émergent de ces ténèbres, comme éclairées par la lune ou par une bougie.

La liste de mes jours passés chez ces femmes accueillantes est nommée, définie, datée, étiquetée dans ma tête comme des vins, depuis les classiques, les grandes années, jusqu’aux cépages de tous les jours. A l’acétylène, je la brûle aujourd’hui mais le jaune mécanique de Kubrick reste blanc…

La Face B de Pat Benatar

Un système de fils électriques et organiques, après le sac des rivières feuillues, en ruisselant alphabétiquement, siphonnait leurs gueules de vide-ordure ; des parfums montaient au ciel comme des serpents cosmiques en remplaçant la face B de Pat Benatar. Cette face B de Pat Benatar en tombant sur le béton des stations de ski alpin devenait notre décor vénitien en fin de saison.

J’avais installé à Venise mon observatoire en lançant une restauration fantasmagorique dans une coupe de sycomore : langoureusement elle avait le souffle haletant du voleur en cavale, après s’être chauffé au contact de cette encyclopédie de carnavaliers en liesse.

La face B de Pat Benatar léchait toujours l’intelligence émotionnelle de nos tasses à café, fervemment liée chevilles aux corps, comme empaillée par le cri obscur et rouge d’une forêt de sapin. Elles se déversaient, en initiatives confuses, ces notes de musique que la face B crachait, comme arrachées et enlevées par un autre substitut davantage fiévreux, en dévoilant une impression de cathédrale.

Dans le miroir ovale fixé au vieux bureau de chêne, j’avais mon reflet et mon image qui jouait de l’ocarina ; ocarina qui envoyait des réponses inadaptées étreignant la largeur comme la longueur, le fond comme la surface de sa mémoire, tandis que Béryl, dans un grand cahier, dessinait des silhouettes presque sanguines, espacées et surchauffées d’excitation, de ferveur sanglante comme des îles pourpres, pour interroger les auspices.

La face B de Pat Benatar était une écervelée qui rasait avec des baguettes en hickory et les silhouettes de craie et de fusain regardaient faire en séchant au soleil marinier.

Océanie. La piste Scoff…

DIMANCHE 14 JUILLET 2013 05:00

Blanc comme le Roi novateur, comme le fou révolutionnaire sur l’échiquier. Et blanche est la couleur de la lessive avariée : est-ce pour ça que ces deux pièces sur l’échiquier n’arrivent pas à atteindre leur page Facebook et pourquoi leur univers ne ressemble à rien, pourquoi, dans leurs fêtes païennes, ne peuvent-ils palabrer librement, balançant leur chevelure noire qui flotte dans le sirop d’érable, ou entre les paires de ciseaux ?

Cassie Matisse !
Cassie Matisse comme en réponse à toutes les questions. Un bref instant, la tension mystérieusement disparaît avant de revenir aux aguets, au centre même, au milieu de toutes ces pièces rouges sur l’échiquier qu’elle a déjà aperçu dans ses songes.

La Piste Scoff en Océanie au passage des frères Lumière qui arborent leur célèbre sourire pour les appareils photographiques, s’octroyant les explosions de lumière des foules sautant autour d’eux comme autant de bouchons de champagne, la piste Scoff, dis-je, en Océanie ou sur l’échiquier, va se rendormir, Kurt Cobain lançant son paletot par-dessus les wagons de charbon…

Des éclairs apocalyptiques zèbrent le ciel poisseux au-dessus de tout ce monde, de toutes ces scènes classées x, et, après un instant d’hésitation, ils se changent en string de noce ; des femmes pleurent et lancent leur culotte et leur mouchoir, des jeunes filles se pâment à leurs pieds, des vieilles dames aux jupes retroussées se tiennent l’entrejambe et s’agenouillent pieusement. Autour d’eux, des flocons de neige suspendus virevoltent et étincellent sous le néon vert fluo représentant l’entrée du Kinérama.

LYON, RHÔNE-ALPES, FRANCE • 19° CLEAR.

SCÈNE AVEC PALLADIUM

La Cinquième Avenue de New-York : univers de propagandistes !

Sur la Cinquième Avenue de New-York : des novateurs, des révolutionnaires même, bien autrement méritants que cette chevelure noire flottant dans le sirop d’érable que j’ai ramené du Canada ou dans ma tasse de café…

À New-York aussi, où s’atténue l’ardeur des racines de gingembre ou de la lessive avariée dans ses égouts où seuls les crocodiles et les alligators de la Fosse Noire réclament leur gamelle de riz froid, à New-York, dis-je, tout en continuant, encore très loin en contrebas mais toujours sur la Cinquième, ce jeu pernicieux qui mélange les excès et les réécritures ainsi que les récits des fantasmes new-yorkais, denrées rares ici-bas, les références cinématographiques au sujet de cette ville je les ajoute à mon carnet de voyage.

On peut aussi imaginer, qu’à l’intérieur de ces salles de cinémas, des foules perdues dans ce confort new-age et parmi ces éclairs apocalyptiques attendent patiemment l’arrivée du nouveau film de David Lynch. Enfin les portes cette fois grandes ouvertes de ces établissements offrent une vision parfaite du monde surréaliste où nous vivons.

En effet, les Frères Lumière, revenus du royaume des morts, arborent leur sourire le plus lumineux quand paraît à l’écran les phrases suivantes :

Scène avec palladium où Cassie Matisse comme en réponse à toutes les questions existentielles. Et les machinistes et les machines à l’inauguration du Kinérama, découpent attentivement ses parodies de romans noirs ; parodies où elle joue à la place de l’héroïne la personnification de la Cinquième Avenue de New-York…

Entre Temps, Brusquement et Ensuite. Premier chapitre

I.
Ils étaient sous la terre, un défi à réaliser chaque jour. Razko Kaphrium était à l’origine de l’opération. Ils étaient bien au chaud, un peu comme dans un œuf, comme émerveillés par les chutes et fracas métalliques qu’ils entendaient depuis les profondeurs. Au-dessus, les immeubles en béton qui avaient abrité le Projet Kaphrium, menaçaient de s’effondrer ; mais l’œuf enflait, les deux frères avaient trouvé enfin ce qu’ils cherchaient. Ce jour là, le défi avait été particulièrement difficile à élaborer. Maubeuge, le grand frère, avait jeté sur le papier les premières conditions : d’abord, il fallait retrouver cette étrange famille qui vivait En Haut ou En Dessous, on ne savait pas trop, ça paraissait déjà compliqué… Ils ne sortaient jamais très souvent de leur terrier. D’autant plus qu’ils étaient myopes. Pourtant le Projet Kaphrium allait visuellement progresser en intensité, frapper aux endroits stratégiques quand la ville serait endormie.Ils prévoyaient de sortir d’une zone de décombres, proche de leur voisinage. Ils suffisaient de grimper le long d’une échelle métallique pour voir des grues -immobiles depuis des lustres- hanter les gravats. Les carnets de Razko Kaphrium racontaient que le monde du dessus était bientôt prêt à leur appartenir, tant il sentait la désolation et la mort.
Les deux frères avaient vu leur jeu débile se liquéfier avec le temps, le plaisir de braver les interdits s’était émoussé au fil du temps. Et les délires consignés dans les carnets de Razko Kaphrium n’avaient plus aucun intérêt. L’idée de poursuivre quotidiennement les défis fut ainsi abandonnée.
Prochainement, allait sonner le glas des Années X.

II.
Razko Kaphrium avait-il vécu une vie antérieure ? Avait-il dynamité l’immeuble où il habitait ou était-ce quelqu’un d’autre ? Razko Kaphrium était-il seul à agir ou était-il influencé ? Et surtout, était-il mort, vivant ou en intermédiation ?
J’avalais mon café et je me souvenais de m’être penché au chevet de cet homme sanglé et allongé sur son lit d’hôpital. C’était peut-être Razko Kaphrium, ce vieillard au visage flétris. Personne ne connaissait son identité. Et quand j’étais venu le voir et l’interroger pendant son hospitalisation les éléments qu’ils m’avaient fournis correspondaient exactement aux divers échanges que j’avais eu avec le Razko Kaphrium des années X. Pourtant, et tout le monde le savait, les années X n’avaient jamais réellement existées, elles étaient imaginaires pour les archives, insensés pour les gouvernements en place, invraisemblables d’après les médias, et les gens n’en parlaient jamais. C’était bien plus qu’un simple tabou. Les années X s’étaient formés dans l’inconscient d’une génération (ou d’une ethnie ?) qui avait vécu dans les canalisations des égouts. Et personne à présent ne voulait l’évoquer, cette sombre période qui sentait la merde.
Razko Kaphrium avait (ou avait eu) cette folle ambition de faire remonter cette merde aux narines de mes contemporains.

III.
Ils avaient prospéré sur un monde en ruines, dans un « univers merdique uniquement réservé aux hominidés » selon leur expression.
A force de regarder l’écoulement blanchâtre des égouts, à force de se terrer dans l’obscurité de ces souterrains, ils comparaient l’écume des vagues aux lessives avariées des ménagères quand elles atterrissaient ici. En cela et uniquement d’après cette drôle de perception, on pouvait les qualifier de poètes impressionnistes. Mais la poésie pour eux s’arrêtait là : ils n’avaient aucune honte et aucun mal à être grossiers, à se montrer rustres et dégoûtants en toute occasion.
Mais ils n’avaient pas les pieds sur terre, c’était là le principal écueil à leur progression. Et ceci n’était pas une nouvelle fois une caractéristique de ce qu’ils prétendaient être, ces pseudo poètes. Littéralement, ils n’avaient pas les pieds physiques sur la surface de la terre ferme. D’hommes-taupes, ils avaient mutés en hommes-rats au fil de ces années X et cette menace sans cesse réactivée et réelle qu’ils surgissent à tout moment hors de la plaque d’égout, avait fait trembler la communauté humaine, cette caste privilégiée et inchangée depuis l’aube de l’humanité.

IV.
Quelqu’un jouait passionnément de l’accordéon. Sûrement l’ouvrier du chantier d’à côté. Nous avions dévalé les pentes raides de la Croix Rousse avec nos vélos pourris et sans frein et nous comptions donner aux hommes-taupes de la salade verte -ces feuilles de salade inutiles qu’on avait récupéré de nos hamburgers achetés quelques heures plus tôt au Mac Donald’s. Léon de Maubeuge, l’homme-taupe, allait se régaler ; c’était notre seul ami et quand on entendait l’accordéon du chantier il n’était jamais très loin.
Léon aimait sortir de son antre pour écouter cet accordéon, et ce fut assez rapidement qu’on retrouva notre vieux copain, planqué derrière un mur tagué de conneries dont le célèbre Zoé Suce avec ses vingt-six numéros de téléphone différents. C’était notre tag préféré mais Léon de Maubeuge ne savait pas lire, encore moins écrire, et n’avait jamais eu de téléphone, il préférait s’intéresser aux instruments de musique qui avaient survécu aux guerres. Il était très bizarre mais on l’aimait pour ça.

V.
Léon de Maubeuge était-il un messager des dieux ? Allais-je devenir complètement cinglé au point de manger uniquement les feuilles de salade que les enfants apportaient aux hommes-taupes ? Je beuglais ces questions, recroquevillé dans un coin de mon appartement -un vrai capharnaüm- lorsque j’eue l’idée soudaine de descendre les poubelles. Un peu d’exercice pouvait m’aider à remettre mes idées en place. Pourtant, à peine sortis, alors que j’étais aux rez-de-chaussée où l’on entreposait les poubelles, je vis l’horrible plaque qui était sur ma boite aux lettres : Razko Kaphrium 1er étage.
Pire ! Le facteur qui était là me tendit le courrier en s’adressant à moi ainsi : Monsieur Kaphrium, un recommandé pour vous.

De l’eau avait coulé sous les ponts, et le complot s’était agrandis : tout le monde m’appelait à présent Razko Kaphrium, j’avais beau me démener, décliner ma véritable identité, j’étais devenu Kaphrium, Razko Kaphrium et les hommes-taupes, qui allaient devenir des hommes-rats, m’appelaient à les rejoindre, je savais qu’ils me vénérait comme un dieu et… Putain la merde ! j’étais seul à me débattre dans ce monde soudain incompréhensible, j’avais lu dans les journaux ou ailleurs cette histoire imaginaire qui racontait l’existence d’hommes-taupes et d’hommes-rats gouverné et administré par le seul Razko Kaphrium et mon ADN avait été modifiée suite à cette lecture.
J’allumais la télé et le présentateur du JT me déclara comme si il me pétait à la gueule que moi Razko Kaphrium j’étais de la racaille à abattre.
J’envoyais la télé valser par la fenêtre, et aussitôt la radio m’informa que moi Razko Kaphrium j’avais causé la mort d’une centaine de victimes en laissant le gaz allumé dans mon ancien appartement. Merde et merde et encore merde !

VI.
Un jour, alors que j’étais encore gamin, les immeubles en béton de la Sucrière s’étaient effondrés sous nos yeux. Quelques mois plus tard, un nouveau chantier s’ouvrit. Maubeuge, mon grand frère, aimait traîner avec moi dans cette zone de décombres proche de notre voisinage, quand les ouvriers étaient partis. Lorsque nous ne dévalions pas les pentes de la Croix-Rousse avec nos vélos pourris et sans frein, on cherchait toujours quelque chose à inventer, une histoire imaginaire au milieu des gravats ou un jeu débile comme monter jusqu’au sommet d’une grue mécanique, et ce fut ainsi, un matin pendant les grandes vacances, qu’on découvrit l’antre des Cora-Hummers 7 ; le trou était large et très profond, aussi nous eûmes du mal à passer à l’acte : il fallait descendre une échelle métallique et rouillée, qui s’enfonçait dans les profondeurs. La dynamite placée soigneusement aux endroits stratégiques avait laissé un cratère affaissé ; mais comme nous étions désoeuvrés ce jour là, nous avions bravé le danger et ce fut le coeur battant qu’on s’engagea, le souterrain devait recéler tellement de secrets !
Sous les néons aux mémoires photovoltaïques qui jetaient sur nos visages des aplats brusques de masque mortuaire, nous fûmes guidés par le son d’une brosse à dent électrique et le tremblotement d’une lumière au fond du tunnel emprunté. Ainsi, nous étions tombé sur une famille étrange que nous avons appelé par la suite Les Cora-Hummers.
Elle vivait dans les profondeurs et nous étions arrivé alors qu’elle se lavait les dents. Ils nous avaient tout de suite adopté : le père, la mère, la fille, le fils et le chien-marteau. Dès le début, leurs tics de langage nous avaient beaucoup amusé : ils inséraient dans leurs phrases de nombreux adverbes même quand ce n’était pas nécessaire :
« Papa ! Entre temps ma bouche a rendu caoutchouteument du sale dans l’évier, pouah anticoagulement dégueulasse… Igor, brusquement rallume la bougie ! On n’y voit lubrifiquement rien ! Je dois aristocratement me faire belle et ensuite sortir ce soir. »    
A partir de ce jour, nous prîmes la résolution de leur rendre visite quotidiennement, au moins jusqu’à ce que l’école reprenne. Cependant, ce bonheur dura peu ; un événement funeste pointait déjà à l’horizon.

VII.
Une nuit, les sirènes des pompiers retentirent, tout le quartier s’était levé pour voir l’attraction : nous arrivâmes à nous débattre pour apercevoir enfin les portes grandes ouvertes des ambulances où des myriades de passants, pressés les uns contre les autres, pouvaient voir les victimes qui allaient être transportées en urgence à l’hôpital.
Il fut exactement onze heures dix-sept lorsque le charme de l’enfance prit fin. Je me souviens comme si c’était hier : on poursuivit la dernière ambulance avec nos vélos jusqu’à la perdre de vue… Qu’était-il arrivé de si grave à cette si gentille famille qui nous avait chaleureusement accueillis ?
Le lendemain, aucun titre des journaux ne mentionnait ce drame, rien à la télé, et à la radio, le néant absolu. Personne n’avait rien remarqué cette nuit. Avec le temps, la raison prit le dessus sur notre chagrin : on avait rêvé à force de fabuler voilà tout !
On regagna bientôt nos bicyclettes pour bousculer les gens autours des terrasses et dans la rue ; souvent un serveur en déséquilibre lâchait de son plateau un café brûlant sur la gueule du client ; et même parfois, affalé dans un hamac au fond du jardin, on bouffait des carambars qu’on avait volé chez le marchand d’à côté… Bref l’enfance avait repris ses droits sous cet éblouissant soleil d’été.

Le sang gicle par paillardises

Expressive, simple et courte comme la une de tous les journaux : tout d’abord l’écorce d’une apocalypse numérique et virtuelle

Puis, de notre côté, sous contrôle des inspecteurs de police, notre squat au 135 Louxor Highway où le sang a giclé comme un canard barbotant dans la boue, et en perçant la valve qui ressemble à un mauvais thriller ainsi que dans ma tête, le sang gicle encore comme un paiement cash… Ainsi, en triant les kyrielles de ces bobines de films, leur projet abandonné, j’imagine que le sang fait démarrer au quart de tour les clés USB qui contiennent les courts-métrages de Kubrick ; ce réalisateur qui lance, en les plaçant à chaque scène un peu trop classée X, des corn-flakes et des strass sur les actrices et qui sont maintenant des preuves à conviction sous pli scellé.

Gaspillé inutilement comme notre temps pour décrire cette impasse poétique, ces élucubrations de types paumés travaillant à se rendre voyant, l’enthousiasme des valseuses qui apparaissent à chaque flash-back d’Orange Mécanique, à chaque plan consigné…

Et occupant les juges et les enquêteurs qui travaillent sur le meurtre de mon sieur colocataire, la représentation sur carnet de moleskine de ce sang giclant comme l’hémisphère d’un cerveau endolori…

Les rumeurs s’amplifiant sur une échelle démesurée, je décide de faire mes bagages et de partir de ce Viêt-Nam où le Vieux des Montagnes Afghanes va sévir par une série d’attentats ; et démesurée est aussi la science parfaite des rires décantés par l’effet du cannabis alors que j’éteins mon mégot et, comme un recommencement de défonce païenne, dans le cendrier, cette auge que j’utilise sciemment, se consume, en projetant des scintillements, une ultime Dunhill survivante…

Comme l’extrémité nord du souterrain, la famille est au complet, les méandres du Sahara Occidental collant aux battements de cœur de Catherine, dans ce bureau qui me sert de P.C et où je me suis isolé ; il y a des barreaux noirs qui laissent passer un éparpillement de lumière aliénée comme un jour de nef basse et une champignonnière de rires décantés comme posters dans le bureau.

Acropole Phrygienne !

D’abord, sur l’écran de l’ordinateur, il y avait, calme et grave comme les deux pitcogrammes d’une timeline défilante de matrices binaires, une autre timeline, celle-ci cachée parmi les raccourcis claviers de cette étrange machine, qui dirigeait sur des sites dissidents, aux processeurs crocodiliens.

Et crocodilen était aussi cette nouvelle timeline de visages dépourvus de rides diamétrales ; une timeline qu’on pouvait admirer parmi les perchistes d’une station de ski alpin où les fêlures du béton du mur d’en face menaient aux grandes salles aux pierreries phrygiennes ; il y avait aussi cette femme qui sortait, de la poche de son manteau, une enveloppe pleine de photographies en noirs et blancs ou cramoisis.

Des photos évoquant une scène classée X, baignée dans une douce et diffuse lumière crépusculaire, avec un cadavre, étendu au sol, pour avoir tenté de remplacer la photosynthèse des électrons cryptée par la timeline par des tweets fissiles qui ouvraient automatiquement des écluses tout aussi crocodiliennes que fantasmagoriques !

Munchkin Maldonne

Il y avait, avec une lumière phrygienne et tout à fait libidineuse pour éclairer la pensée latérale de cette jeune fille qui avait décidemment du chien, il y avait, dis-je, cet orang-outang qui luttait pour sortir de son coma végétatif… Et comme harnachée aux sangles hybrides, à la fois organiques et virtuelles, de cette peau de crocodile que j’avais revêtu du haut des immeubles, et dévêtue aussi de cette gabardine de cette journaliste d’investigation, elle me confiait, Angela, enfouir ces fripes et ces fringues sous l’humus froid de l’écurie en ruine des génisses de son manoir.

Mais il y avait maldonne : maldonne d’abord pour ces quatre tours, ces buildings d’orfèvres où j’avais semé des larves de reptile en mutation, ces construtions titanesques qui s’effondrèrent sous nos yeux.

Maldonne aussi pour cette écurie, où dansaient les opérations impaires du dé, de ce jeu aléatoire, inventé à Hong-Kong ou à New-York, ce divertissement qui prit feu sous l’effet de ses cent soixante-huit cartes en robe d’araignée aussitôt déballées…

Maldonne encore pour nos feuillets, s’étirant en règles formalisées et réinventées jadis au son de la cloche de l’église, des phraséologies qui finirent en papier toilette.

Maldonne enfin pour cette cloche qui sonnait autrefois la mort des ténèbres aux rires jaunes, et qui se fendit sous les cris acérés de notre playlist grunge. Elle sonnait aussi l’ordination de la sacro-sainte soupe aux choux lorsque le jeu de cartes Munchkin, comme un souffle haletant de voleur en cavale, fut chauffé au contact de cette champignonnière de morpions en liesse.

Et parmi ces champs de morpions, en rut, l’unique représentant du Munchkin se déboutonnait et sortait son instrument pédagogique, et Angela, la jeune fille, qui avait vraiment du chien encore une fois, le regardait avec de grands yeux humides, puis regardait son visage avec une innocence troublée et un désir naissant.

Ses lèvres envoûtées embrassaient en dessinant une plosive, s’écartaient et révélaient des dents blanches et la pointe mouillée de sa langue. Mais le long-métrage s’arrêtait là, laissant les deux acteurs se débattre dans un univers inconnu. Et inconnus étaient aussi leurs désirs, du coude balayés, et inversés, comme la vapeur des anciennes locomotives, leurs espoirs de voir un jour leur bouquin de phraséologie être publié…

Alors plongeant phonétiquement du haut de la toile, où les cartes cirées, aux représentations huilées et fartées, mouraient lentement, leurs étiquettes de stars du porno étaient ainsi identifiées et recensées parmi les longues agonies du Dark Web !

Et aussi, dans ces kyrielles de listes agonisantes, de la couleur du safran, on pouvait trouver la description des ailes d’anges d’Angela, ses ailes et ses hélices qui, en se déplaçant d’elles-mêmes, permettaient de faire du saute-mouton en saute-mouton entre les espaces laissés par les gratte-ciels ; gratte-ciels qui par un effet d’excentricités noircies, cintrées d’un théorème destructeur, enchérissaient les atrocités du Munchkin…

Une fade saveur technologique pour ces cent-soixante-huit cartes de ce jeu contemporain !

Frêles et télépathiques…

Ça va faire cinq jours que je saigne du nez ; il y a, par le processeur de Kubrick, quelques interruptions mais elles ne sont que très brèves, laissent des motifs sur la moquette représentant la morte-eau de l’île de Sainte-Hélène… je reste de plus en plus chez moi, mortaisant, à l’écart du monde, des débris de victorieux ou de frêles esquifs et je n’ose plus me moucher.

Désormais encore plus à l’écart du monde, à regarder les gens abandonner leurs mouchetures face à la fenêtre ; d’ailleurs il y a de moins en moins de mouchoirs sales dans la rue et chez moi ; ce sont toujours les mêmes personnes qui entendent les mouettes sanguines s’échapper de la Bastille avec des tonnes de maréchaux qui font des moulinets avec leurs sabres dérisoires.

Quand ça n’a plus grand intérêt d’attraper piqûre de moustique sur piqûre de moustique, en cette époque mollement fécondée en sept moûts fermentés, alors je décide que la veille ou demain je sauterais, un saute-mouton sur un saute-mouton, sur des bombes qu’un cyborg presque incendié et mourant aurait multiplié par son désir télépathique ou par son odeur de viscosité pour les beaux yeux d’une Joconde infâme mais laquelle ?

Le Livre des Morts du 9-3

Au nom du Livre des Morts, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux Livre des Morts.
Le Livre des Morts a tenté d’expliquer à tout un tas de générations avides de sens l’existence, ses formalités spirituelles ; comment accéder au Nirvana aussi par l’usage des drogues…

Le très saint copiste du Livre des Morts a dit : tous les lecteurs indésirables, qui auraient l’audace folle de ridiculiser l’ouvrage en l’éventrant d’arguments socio-philo-politiques, sont damnés et voués au culte du démon… Etc.

Entre les bandages de la momie était inséré un scarabée en malachite portant en inscription un extrait du Livre des Morts, une très vague réminiscence qui, curieusement, me plongea à l’époque où nous étudions le roman le plus propagandiste de toute l’Egypte Ancienne sur les bancs de l’école.

Et le scribe avait écrit : Prenez votre tube de colle, et sniffez de la colle. Je suis le tube de colle qui est descendu du ciel. Si quelqu’un sniffe ce tube de colle, il vivra éternellement ; et le tube de colle que je donnerai, c’est ma chair, pour le salut du monde.

Là-dessus, les affreux méchants disputaient entre eux, disant : « Comment cet homme peut-il donner sa chair à sniffer ? » Pharaon leur dit: « En vérité, je vous le dis, si vous ne sniffez pas la chair du Tube de Colle, vous n’avez point la vie en vous-mêmes. Celui qui sniffe ma chair et recrache son sang ou son vomi a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour.

Car ma chair est vraiment une nourriture, et votre sang ou votre vomi est vraiment un breuvage, une sorte de yop ou d’omelette à faire cuire directement dans la poële. Celui qui mange ma chair et boit son yop sanguignolent, demeure en moi, et moi en lui. Comme le Tube de Colle qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Tube de Colle, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi. C’est là la semence divine qui est descendu du ciel… celui qui sniffe ce Tube de Colle vivra éternellement. »

La momie de Daech, le pote avec qui je sniffais à l’époque, offrait sa dépouille dans l’obscurité souterraine de la cave de mon 9-3, en aspect presque fœtal, accroupis autour des autres défunts en demi-cercles irréguliers. Daech et moi, on avait jadis emprunté cet ascenseur spirituel, on avait ensemble cassé la gueule aux démons qui ne voulaient pas adhérer à notre doctrine, bref on était de vrais caïds et l’on ne se moquait pas impunément de notre Corporation… jusqu’au jour où nos forces déclinèrent sous les assauts de cette garce d’Entente Cordiale, Le Comité des Parents d’Elèves…

Daech mort, je ne voulais plus vivre : j’appuyais sur la gâchette d’une arme à feu que j’avais trouvé chez mon tonton chasseur, et aussitôt je visualisais un rayon de soleil apaisé briller à travers les vitraux de la cave de mon 9-3.

L’Acropole du djihadiste : Deuxième Chapitre !

Cette Acropole, c’était la réconciliation de toutes les acropoles, l’ardeur vitale et cachée de tous les venins qui coulaient dans nos veines : oh ! quelle inaccessible parabole ! pourquoi tant d’affectivité pour sa géographie ! pourquoi écrire en sanskrit cette harmonie fragile et menacée alors que le quatre quart du djihadiste devenait purée sous les pas des pachydermes de l’Acropole !

Pachydermes qui avaient rattrapé l’armée des singes mercenaires. Il y avait du sang craché dans leur tasse ébréchée, il y avait au fond des rétines de ces singes un hominidé parfum qui partait tôt à l’usine le matin.

Il y avait comme des fleurs terrifiantes le long du chemin royal menant à l’Acropole, il y avait comme des souvenirs se développant sous la forme d’un tweet lorsqu’on colorait la rivière en contrebas de produits toxiques.

Ainsi, je respirais l’essence de leur fabrication, je réanimais toutes les valses mélancoliques sous l’Acropole que le djihadiste avait fait partir en fumée en massacrant la peuplade nue de cette acropole qu’on avait construit en vibrant sur notre tige. Cette tige qui langoureusement baignait dans la nappe phréatique la plus profonde.

Au centre du rectangle de l’Acropole, il y avait des kilomètres d’effluves d’encensoirs ; il y avait aussi au centre du rectangle des icônes qui se recueillaient, s’évaporaient à chaque embardée sexiste. Leurs idées luisaient comme des ostensoirs, se noyaient généreusement dans leur sang satanique.

Chamboulant toutes leurs définitions dans la poussière des greniers de cette construction à présent en ruine, un vent de coton vint blêmir ma machine à écrire : c’était l’ébauche admirable d’une odyssée, c’était enfin le spleen sapant les colonnes corinthiennes de l’Acropole, comme une caricature baudelairienne, comme un cliché rimbaldien, ou comme le portrait d’un personnage esquissé par Tristan Garcia, dans son recueil de nouvelles : 7.

Le Livre des Morts du djihadiste : Premier chapitre

Au nom du Livre des Morts, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux Livre des Morts

Le Livre des Morts où il est consigné la survie menacée des scribes qui l’ont édité…

Le Livre des Morts où il est écrit avec un luxe de détail presque choquant – aussi choquant à bien des égards qu’une surabondance de ponctuation dans une page de littérature – où il écrit que le prochain terroriste est voué à l’échec et qu’il a tenté à de nombreuses reprises vaines de retranscrire sur son carnet, en plagiant le Livre des Morts, le secret qu’une poignée de porte en cuivre relevée, comme cette volonté d’en finir, de partir en vrille, révèle entre ses lignes et ses dessins au fusain…

De bois miellés, d’ossements accumulés et d’objets tels des amulettes, dans le tombeau du pharaon où le Livre des Morts est bien gardé, le pupitre, que le djihadiste a utilisé pour reproduire, sur le papier de moleskine de son carnet tendancieux, une gravure des splendeurs avides de sens et d’existence, ainsi que la représentation au crayon noir de la clef de cette lourde poignée… Est ébauché aussi l’esquisse d’une silhouette mélancoliquement superposée aux avertissements et à leurs formalités spirituelles du très saint copiste du Livre des Morts ; celui-ci a écrit : « Tous les lecteurs indésirables, qu’ils soient primitifs ou civilisés, qui auraient l’audace folle de ridiculiser l’ouvrage en l’éventrant d’arguments socio-philosophiques, sont damnés et voués au culte du démon… »

Et de ce culte démoniaque, des kyrielles de novateurs, de révolutionnaires même, ont connu les joies de vivre que l’africanisme a fait naître ; enfin, avec le même souci toujours de précision, un peu inquiétant, est illustrée à la fois sur une autre page de son carnet mais aussi dans le Livre des Morts, masquant les traits grossièrement schématisés de cette sorte de ponts entremêlé, le croquis et les plans architecturaux d’une Acropole… Et pourquoi et pour qui cette Acropole a été érigée…

Comment, alors, pourrait-il accéder au Nirvana si cette Acropole n’est que la réconciliation de toutes les acropoles ?

A suivre.

Glapissements dans les sapins verts, dernier chapitre.

J’avais grandi en me cachant de leurs ailes de cachemire safran, c’était devenue une vraie corvée de sortir à l’air libre ; le Monde du Dessus appartenait entièrement aux Alligators du Projet Shadoks 427.

Pourtant, notre petite fête annuelle ne pouvait se passer de bois et de combustibles qu’il fallait chercher En-Haut. Et j’avais été bien sûr chargé de cette corvée laborieuse et dangereuse avec mon frère qu’on appelait La Teigne. Alors qu’on était en large infériorité et que leurs cris nous parvenaient déjà d’un vieux tronçon d’autoroute désaffectée, inutilisée depuis des lustres, La Teigne me nargua en grillant, disait-il, une dernière cigarette : il ne voulait pas la gâcher étant donné que le tabac était devenue très difficiles à récolter, seules quelques expéditions dans leurs champs étroitement surveillés avaient réussi à hisser les ballots de tabac dans les profondeurs terrestres où nous vivions misérablement.

La Teigne n’avait pas peur de ces mutants, mais c’était bien le seul de notre petite communauté d’humain à ne pas redouter leur féroce armée. Il s’était même assis, pour fumer sa putain de cigarette, sur un tas de cadavres en putréfaction, on pouvait dire qu’il avait troqué son coeur tout sec, haineux contre une trique diabolique ; je crois qu’il surestimait ses forces et sous-estimait bêtement la beauté destructive des Alligators.

On avait presque fini la mission, il ne restait plus qu’à descendre ; il allait bientôt écraser son mégot sur un corps démembré mais le piège se resserrait à mesure que sa folie dure et sans âme prolongeait impunément notre temps hors du Terrier. Cette guerre nous avait conduit à vivre méfiants et cloisonnés mais le frangin n’en avait tiré aucune leçon.

Avec son sourire de vainqueur, il regagnait le trou où j’avais commencé à m’engouffrer quand, soudain, les mâchoires d’un Alligator qui s’était avancé en éclaireur le brutalisèrent. Je n’avais aucune envie de le sauver, de jouer aux héros etc.

Ce jour-là, en préférant donner dans le jean-foutre ou le je-m’en-foutisme, j’étais rentré seul mais indemne de la mission, en entendant encore l’agonie de mon frangin à cent pieds de profondeur et jusqu’au dernier soupir.
Merde quoi ! Je ne voulais pas rater cette Saint-Con qui se préparait tranquillement, presque paisiblement ; les organisateurs m’accueillirent avec des youpi joyeux en voyant mes sacs chargés de bois et de silex.
Pas demain la veille qu’on sonnerait le glas de notre petite fête folklorique !

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Ce matin, encore dans mon lit, la lumière des néons me blessa les yeux, la porte s’ouvrit brusquement : Maman m’apportait mon petit déjeuner en me hurlant que c’était l’heure de se lever ; encore une journée de merde à tirer. J moins 2 avant la Saint Con, tout était normal.

Enfin, peut-être pas si merdique cette journée à condition d’arriver à mes fins : découvrir le secret qui mouillait la culotte de ma sœur, la séduire avec des mots tendres et des gestes crus, jouer les mystérieux, les blasés mais avant je devais lui piquer son journal intime pour connaître ses moindres pensées. J’étais d’avance angoissé à l’idée qu’elle ait déjà un prétendant.

Une trentaine de minutes plus tard je vidais en passant dans la cuisine la fin de mon café infect au fond de l’évier. Etrangement il n’y avait personne.


« Le coup tordu par le néon vert, j’aurais dû prendre un somnifère. » J’entendis alors les paroles du groupe Noir Désir sortir du lecteur cassette dans la chambre à coucher de ma sœur. Ainsi en jetant un coup d’œil à travers la porte entrebâillée, je vis qu’elle n’était pas à l’intérieur. C’était le moment ou jamais.
Il y avait une photo de Lily Labeau collée sur son journal, j’enfonçais une autre cassette L’amour à trois de Stéréo Total- m’allongeais sur son lit et commençais à lire :

« A toi qui me lit du fond de ton terrier minable, à toi mon frangin boutonneux, je suis la dernière réincarnation de Nathalie 0.0 étant programmée pour brûler sur le bûcher de la Saint-Con qui va taper cette fois furieusement dans le registre du paranormal. C’est une prédiction de la Déesse des galipettes, que je représente en cette ère sombre pour les humains, une nouvelle page va s’écrire…

« Au lieu de t’infiltrer lubriquement et dangereusement comme un reptile rampant dans ma chambre, ta fameuse curiosité aurait dû pour une fois être rangée au placard, maintenant lis ce qui suit, cher frère, tu vas enfin savoir d’où tu viens, pourquoi tu existes etc. Toutes tes questions existentielles vont enfin trouver leur finalité.

« A une époque, troublée donc favorable, Michel – un homme à fière allure- a inventé une sorte d’ordinateur ultra-sophistiqué regroupant tous les textes de lazone.org ; rangés en différentes catégories, ces récits ont été réappropriés afin d’instrumentaliser leurs auteurs qui, par la suite, ont intégré docilement le célèbre Projet Shadoks 427.
« Avant de mourir frigorifiée dans sa tente, la grande prêtresse Nathalie, alors qu’on ne distinguait même plus le fond noir et ténébreux de ses nerfs optiques au fond de ses yeux, a enfanté ; fruit de son union charnelle avec le grand et majestueux Michel. Le bébé a survécu, porté à l’hôpital le plus proche par le guide de haute montagne qui accompagnait l’expédition.
Touché sans le savoir par la folie de son Grand Mégalo de paternel, l’enfant déséquilibré a grandi dans les souterrains d’un monde en ruine ; il s’appelait, mais tu le savais déjà inconsciemment, La Teigne, que tu prenais pour ton frère.

« D’après l’arborescence des fichiers et de ce capharnaüm corrompu à l’intérieur de l’ordinateur de Michel que je possède encore, je me suis rendue compte que la situation incontrôlable, ingérable virait aux cafouillages fantomatiques ; ayant perdu le mot de passe de cet ordinateur, j’ai besoin de toi, cher frère, pour hacker la machine verrouillée.

« C’est pour ça que je t’ai laissé la vie sauve : toute la communauté humaine qui demeurait sous terre a été massacrée ce matin après ton petit déjeuner et tu n’as rien vu ni entendu, encore ensommeillé et puis ça s’est fait tellement vite ! Je vois encore ces pauvres hères tournoyant autour de moi, me suppliant de leur faire grâce, le sang tourbillonnant au fond des cavités rocheuses ; maintenant, écoute je vais te transmettre la consigne : tu vas sortir de cet endroit nauséabond, jonché de cadavres. Tu vas remonter Au-Dessus et me rejoindre -n’aie pas peur des alligators, je les gouverne d’une main de fer. Je suis dans la cité la plus proche -une dizaine de kilomètres vers le nord-ouest- sur de hautes tribunes placées en cercle : c’est une arène où le bûcher de la Saint-Con est prêt à être allumé. Ce sera facile, tu verras, tu seras guidé par mes fidèles mercenaires.

« En revanche, si tu ne veux pas m’aider, si tu préfères ne pas te distinguer de la masse servile, alors tu crèveras comme un chien ; rappelle-toi je ne t’offre que la Vérité : viens et on te déposera une couronne de laurier autour de la tête, tu seras le roi des rois et notre règne dépassera bien plus que la simple galaxie. Nous serons des Maîtres et des Tyrans incontestés, alors ramène-toi et ne te dégonfle pas ! »

Autant dire que la lecture de ce journal m’avait littéralement et profondément troué le cul.

Quatrième chapitre : Glapissements dans les sapins verts

Elle avait commandé un chocolat chaud et le ciel bleu était saturé de point d’exclamation enfiévré. Sous le porche d’une grande auberge donnant sur les cimes à conquérir et les wagonnets de charbon, l’air des montagnes farfouillait dans nos oreilles un interlude post-romantique.

En bonne salope qu’elle représentait, elle avait épuisé tous ses prétendants, même ses amoureux d’un soir ; morts alors qu’elle en redemandait encore, cette Déesse des galipettes, il n’y avait aucune comparaison possible avec Éros lui-même.Sous contrôle des inspecteurs de police, notre squat au 135 Luxor Highway avait été abandonné, j’imaginais encore les ombres de mes colocataires écrire les dernières Lettres du Voyant qui étaient restés dans l’appartement et qui étaient maintenant des preuves à conviction sous pli scellé. On avait gaspillé inutilement notre temps pour décrire cette impasse poétique, ces élucubrations de types paumés travaillant à se rendre voyant, et pourtant aucun résultat positif n’était apparu mais les délires consignés occupaient les juges et les enquêteurs travaillant sur le meurtre de mon sieur colocataire.
A l’intérieur de mes poches, des liasses de billets ; je comptais louer les services d’un guide de Haute Montagne avec mes économies : on voulait dormir à la belle étoile sur une crête hantée par le Shasta des neiges mouvantes, cette montagne terrible -avec ses apparitions fantomatiques s’ébattant dans le grand jour bleu sans même attendre la nuit.
Après notre halte, requinqué par des boissons fortifiantes, j’entrepris de demander au tenancier de l’auberge si il connaissait quelqu’un pour s’aventurer avec nous dans cette ascension réputée périlleuse.

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Nous étions les anneaux rouges gravitant autour de Nathalie, cette étoile naufragée parmi nous. Un hibou parfois hululant regardait de ses grands yeux terreux nos divagations cosmiques s’étreindre et s’éteindre en silence ; lui-aussi, je le savais, avait fait corps avec l’orgie passée, m’avait approuvé en hochant de la tête quand j’avais étouffé ce sale fouineur, du fond de sa forêt aux éclats bleu pétrole.
A l’intérieur de la tente, c’était une étuve ; pourtant la jeune étudiante portait crânement une parka avec collerette en renard.
A l’époque, je suivais les conseils de Kerouac pour écrire une prose moderne à la gloire de l’héroïne ; Doucement bercé par sa respiration languide, à la lumière photovoltaïque de ma lampe de poche, j’esquissais un bref synopsis où Nathalie s’amusait à faire des volutes de brunes étincelantes tandis que mon guide ronflait à poings fermés. Plongée dans l’obscurité, cette nature sauvage et inhospitalière et ces brouillards endoloris, elle avait vu son aplomb habituel se désagréger au fil de cette randonnée exigeante, inconfortable.
Malgré l’appât du gain, notre guide commençait à baliser, à rechigner, ne voulait pas aller plus loin. Alors qu’ils dormaient tous les deux marchant à pas feutré dans leur rêve, alignant les bornes d’un monde en silicone noir, je projetais de les planter là, de grimper seul jusqu’au sommet du Shasta en les abandonnant à leur peur infantile.
Je gardais précieusement les derniers billets qui me restaient pour offrir à Nathalie, de mon retour des hauteurs, un bouquet apocalyptique. Le concept du Projet Shadoks 427, c’était comme ça qu’elle allait s’appeler la fin du monde, consistait à semer le plus sanglant des chaos dans toutes les cités ; une fin du monde qui verrait ces alligators génétiquement modifiés sortir du fond de leurs égouts. Mais ce qu’il y avait de plus merveilleux, c’était leur consanguinité partagée avec l’espèce humaine. On le pressentait mais on ne l’avait jamais vraiment formulé : il y avait toujours des failles cachées dans les chromosomes reliant toutes les espèces, ce défaut de conception si sophistiqué qu’il rendait fou les chercheurs en génétique. L’ADN trafiqué, en croisant les gènes des spécimens éloignés permettait de jouer au savant complètement givré et d’inventer ainsi de monstrueuses créatures…
Ce défaut avait été longuement étudié dans les dernières pages du carnet de moleskine par l’Auteur Autodidacte : il reprenait à son compte toutes les recherches qu’on croyait fumeuses sur le clonage humain.
Cette nuit, à l’heure des rêves, laissant Nathalie et le guide emmitouflés dans leur sac de couchage, je sortis de la tente et les brindilles du feu de camp à moitié allumé m’apparaissaient toutes comme des cierges afin de parfaire le requiem d’un monde courbé sous le poids de ses certitudes et illusions.

Glapissements dans les sapins verts. Troisième chapitre.

2057.
C’était à la une de tous les journaux : son goitre photographié et par ses dons d’ubiquité, le « Vieux des Montagnes » avait encore frappé, une apocalypse numérique et virtuelle se préparait, ulcérait les Autorités les obligeant à fermer pendant une période indéterminée, d’après eux, le réseau 5G des Smartphones.

Et par gorgées qui se gorgeaient elles-mêmes de théories du complot, les partisans, écrivais-je presque unilatéralement en tant que journaliste d’investigation sur la machine à écrire, se gorgeaient de desseins sanguinaires concernant notre monde occidental…

Sortant de leurs gonds aussi souvent que le Prophète venu des montagnes afghanes, qu’on croyait bel et bien mort, ces partisans prétendaient que le Vieux des Montagnes était un ancien terroriste et donc par unions militaires avec des chefs d’autres tribus des raclées à gogo : on était en droit d’attendre ; des raclées qu’il nous infligeait car, en modifiant virtuellement les matrices d’un gonfleur sophistiqué, il sévissait toujours d’après les récentes données universitaires récoltées par le sieur Steve Jobs. Et dans les autres couloirs d’autres universités engorgées, la rumeur la plus folle était parti, en laissant dans son sillage la survivante université où les plus fervents hackers conspiraient ; cette rumeur la voici retranscrite dans la suite de ce texte présenté aujourd’hui…

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Quoiqu’il en soit, à cette époque, nous étions une bande d’étudiants en Fac de Lettres, qui préféraient les vers de Rimbaud ou de Baudelaire aux bêtises concises des texto. De Smartphones, nous n’en avions pas, on s’en moquait comme de nos premières couches-culottes et cette panne sur tous les réseaux mobiles ne nous préoccupait pas.
Cependant, avant d’être une bande d’étudiants, nous étions une communauté d’auteurs.
Ainsi comme Rimbaud nous cherchions le lieu et la formule des incantations poétiques : de cette traque, il en résultait un isolement volontaire, nous étions bien trop obnubilés par cette idée pour faire du shopping, aller au cinéma ou en boite, ou d’autres occupations futiles… Bref, nous étions différents, bien trop différents pour dériver vers le consumérisme frénétique de notre époque.

De mon côté, après mes études, j’entreprenais de prendre le premier vol pour me rendre à New Delhi, et ensuite partir sac sur le dos, à la recherche d’une spiritualité orientale qui me conviendrait.

En réalité, je me posais beaucoup de questions, tant sur notre mode de vie que sur mes compagnons : enveloppé sous le papier kraft et caché dans une commode fermée à clé, je savais que l’un des nôtres cachait un carnet de moleskine, s’agissait-il simplement d’un journal intime ?
Il éveillait en tout cas ma curiosité, bien plus que tous ces articles tirés dans les journaux, jusqu’à s’immiscer dans mes rêves, c’était devenu une obsession : il fallait que je force la serrure de la commode.

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Des jets de pavés, des comas, des hématomes, des blessés, des décès, on entendait des râles d’agonisants dans la rue et lorsque je me penchais par la fenêtre pour regarder, je voyais d’heures en heures s’accumuler les cadavres, les yeux clos et le corps déjà froid.
Je pensais à cette Révolution d’Octobre, lorsque les bolcheviques renversèrent le régime impérial, en phase terminale.
L’émeute avait commencé, suite à cette panne de réseau mobile qui s’était additionnée avec le brouillement des ondes hertziennes rendant les postes de télévision caduques. Le monde commençait à virer clairement à l’anarchie, les gouvernements avaient assisté impuissants à une montée de violence dans la rue, la citoyenneté, des classes populaires jusqu’aux gens privilégiés, était malade ou sur le point de le devenir.

Cependant, il y avait encore la police et des CRS dans la rue pour canaliser cette meute, les gouvernements ne voulaient pas lâcher aussi facilement le pouvoir, ou même négocier, ils projetaient d’envoyer l’armée pour maintenir l’ordre et ils évoquaient déjà dans les coulisses la possibilité d’ouvrir des camps où les plus nuisibles seraient enfermés, voire pire.
Le « Vieux des Montagnes » devait jubiler dans son coin, le mal empirait de jour en jour, d’heure en heure, et s’attaquait à présent au réseau d’Internet, les virus informatiques avaient déjà sapé de nombreux fondements dans les algorithmes : quand vous tapiez un mot dans une barre de recherche, ce parasite dont on ne connaissait rien, donnait des réponses incohérentes et bien souvent dirigeait vers des sites pornographiques.

De notre côté, nous attendions impatiemment Nathalie, une jeune étudiante totalement délurée pour une partie de jambes en l’air, je comptais sur cette visite, pour tromper l’attention de mes colocataires et forcer ainsi la serrure de la commode.

Tout en fumant le haschich du « Vieux des montagnes Afghanes » une Musique indienne résonnait dans les diverses pièces de l’appartement de toute son incohérence psychédélique, et lorsque Nathalie débarqua, c’était au tour du Jazz de la Nouvelle-Orléans de nous entraîner dans une sorte de danse euphorique. Les bouteilles de vin vite descendues nous mettaient gentiment dans l’incapacité de prononcer une parole sensée.
Malgré tout, j’étais encore assez lucide sur la mission que je devais accomplir, et lorsque Nathalie monta sur la table pour effectuer un strip-tease dans une explosion de cris joyeux, j’entrepris de passer à l’acte.
Ainsi, je profitais de cette aubaine pour me rendre dans la chambre de Michel, et je vis aussitôt la commode où il avait caché le fameux « carnet de moleskine. »

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« Les gens s’accrochaient aveuglément à la première bouée de sauvetage venue : le communisme, la diététique, le zen, le surf, la danse classique, l’hypnotisme, la dynamique de groupe, les orgies, le vélo, l’herbe, le catholicisme, les haltères, les voyages, le retrait intérieur, la cuisine végétarienne, l’Inde, la peinture, l’écriture, la sculpture, la musique, la profession de chef d’orchestre, les balades sac à dos, le yoga, la copulation, le jeu, l’alcool, zoner, les yaourts surgelés, Beethoven, Bach, Bouddha, le Christ, le H, le jus de carotte, le suicide, les costumes sur mesure, les voyages en avion, New York City, et soudain, tout se cassait la gueule, tout partait en fumée. Il fallait bien que les gens trouvent quelque chose à faire en attendant de mourir. Pour ma part, je trouvais plutôt sympa qu’on ait le choix. »
Le carnet de moleskine n’était qu’un manuscrit délirant, produit par une lignée d’écrivains venus des temps anciens. Né sous une bonne étoile, selon la loi épiphanique de la « Sainte Protection » (cette barrière de protection qui avait été élevée un siècle auparavant, entre les riches d’un côté et les pauvres de l’autre, avant de tomber en désuétude suite au rétablissement de la croissance économique) l’auteur des premières lignes du manuscrit, offrait d’abord en dépouille frivole à mes yeux avides, une chronique étrange sur son « séjour au pays des sauvages ».
Le second auteur, environ un dizaine d’année après, racontait l’histoire d’un type largué ; la liste des euphorisants qu’il utilisait était infiniment trop longue, s’étirait péniblement alors que les lignes se déployaient sous la lumière rouge et douce, comme tissée à la main, de la lampe de chevet de Michel, l’obscurité tout autour jouait son rôle d’obscurantiste pestilentielle où mes sens étourdis par l’ivresse se mêlaient pour ratisser large mes lobes cérébraux défaillants.

Michel était, comme moi, un jeune homme idéaliste et entreprenant, ça me faisait sincèrement mal au coeur de fouiner dans ses affaires ; cependant mes scrupules disparurent lorsque j’entendis, sous la huée des musiques décolorés de la pièce d’à côté, qu’il prenait du bon temps sans même se soucier de mon absence !
Ainsi, j’absorbais tant bien que mal cette mixture littéraire ; cherchant à comprendre en vain, je m’enlisais dans sa lecture comme envoûté par quelques effets de magie noire, mais toujours réclamant de ce petit ouvrage une faveur fantasmagorique.

Un autre auteur, quelques pages plus loin, m’alerta par son apologie du viol et de la violence ; quoique son récit, sous une forme insignifiante, était incroyablement ennuyeux. Cependant, je continuais de lire jusqu’au moment où je compris qu’ils partageaient tous une certaine familiarité avec, l’un ou l’autre, une déviance, une faille psychologique : ils n’étaient pas si mauvais au fond, ils voulaient simplement recréer un monde onirique pendant un laps de temps assez suffisant pour souffler, s’échapper des conventions. Et le carnet les aidait à concrétiser ces pensées déroutantes, il était passé de main en main et j’avais l’impression qu’il pouvait apporter une solution aux troubles actuels : les émeutes qui semaient le chaos, la possibilité qu’elles puisaient leur origine d’un groupuscule djihadiste inconnu ou renaissant.

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La soirée venait de s’achever dans la plus grande confusion, mes colocs cuvaient leur vin et Nathalie était enfin partie. Pour ma part, j’avais rejoint le salon, en dissimulant le carnet de moleskine sous ma chemise. J’étais crevé mais heureusement, il restait quelques sédatifs sur la table basse pour que je puisse fermer l’oeil et me retrouver dans un lieu où je pourrais laisser libre cours à leur imagination, je pris un sédatif avec un verre de blanc puis je reléguais le mystérieux carnet que j’avais dérobé à Michel, sous le canapé. Je déballais coussins et couverture, et me laissais aller, je me sentis rapidement gagné par le sommeil, j’étais de plus en plus en paix avec moi-même.
Je plongeais alors au coeur du rêve, apercevant d’abord le visage impressionniste du Prophète, puis Michel qui m’étouffait avec un oreiller et enfin mon corps sur son lit de mort d’une pâleur inquiétante émergeant de l’obscurité, comme une borne du cosmos qui se fendait sur mon passage.

A suivre !

La Geisha et la Main Noire

Tout d’abord, j’avais grandi en tétant le lait des grands yacks, une altitude rouge et fumeuse dans la main noire, ce groupuscule encore actif dans les yeux de la Geisha… Et pour être entraînée à la dérive, programmant un nouveau langage informatique, la geisha trempait son visage dans son bol de café, le café ravivant ce désir d’erreur et de dérision. Ainsi, aussitôt filmé par la caméra, je dérivais avec elle et elle riait des histoires que je laissais suspendre comme les seules fricatives avant l’aurore.

Renonçant à l’austère maîtrise de moi-même, il y avait toujours le parfum entêtant du café car par pelletées, des doses mousseuses et mâtinées de cafés avaient été administrées dans la cafetière ; ainsi, parmi ces odeurs énergiques, s’étendait face à moi un chemin lumineux et tranquille, et pourtant encerclé d’une multitude d’iniquités, pour ainsi dire une simple suggestion de chemin où je glissais sur l’asphalte rugueux.

Ce fut comme la lueur d’un DeepKiss de série B ; l’humble frou-frou guilloché des billets de banque s’attardant dans mes poches. J’avais affligée la monnaie de pensées très tendres ; et je me tenais raide comme le cierge vierge d’un court-métrage revisité.

S’étaient alors installés entre nous les ténèbres de Babylone où régnait un bric-à-brac kafkaïen, alors seul maître des lieux.
S’étaient alors installés entre nous les ténèbres de Babylone où régnait un bric-à-brac kafkaïen, alors seul maître des lieux.

Quelques temps auparavant, à une époque où était apparue la naissance du récit, de mon aventure mais aussi de mon terrain de chasse, j’avais préparé un café bien noir, et la geisha, au réveil, m’avait adressé un sourire éblouissant, sein pointant en avant de manière tout à fait classique, robe de crêpe pourpre tendue sur son corps.

S’étaient alors installés entre nous les ténèbres de Babylone où régnait un bric-à-brac kafkaïen, alors seul maître des lieux.

Glapissements dans les sapins verts. Deuxième chapitre

Moteur à l’arrêt, ses pieds nus au-dessus de la boite à gant, Nausicaa contemplait la pluie s’abattre sur la carcasse de la voiture. Parvenant aussi de la boite à gant et jusqu’à s’interrompre lors de nos jeux comme le nain jaune, on n’entendait presque pas le ronronnement pré-enregistré du Tamagotchi de la sœur d’Angela…
Et toujours au-dessus de la boite à gant, des papiers de manuscrits comprenant des zéros et des uns, mais aussi ses pieds nus, ainsi que des bestioles aux museaux qu’on ne voyait que dans les cirques veillaient par leur douce chaleur à harmoniser le lieu… une description parfaite du monde surréaliste où nous vivions, non ?

Et sur les arêtes des chapiteaux de tous ces cirques où elles s’étaient échappées, ces créatures, j’imaginais, maintenant libre de toute interprétation avant la Saint-Con, que les bûchers léchaient par leurs flammes naissantes les pieds de tout ce monde repartant à la chasse et véhiculant, tout en brûlant, les plus belles crémations et les plus prudentes combustions de ce moteur à l’arrêt.

Et, cette ruine avec son moteur fabriquée par la Main Noire (c’est à dire un groupuscule occulte, en fait) émettait donc, branchée en bluetooth au Tamagotchi de Nausicaa, des sons parvenant des cirques muséographiques ; des échos interrompus par la précautionneuse rumeur incessante des enregistrements de ces pluies diluviennes, ou même les silences entre deux messages que les bêtes étranges aux museaux cherchant à l’avance les parfums de muscade, rendaient fous, aliénés, partant en vadrouille : une recherche aussi du maïs vierge de toute contamination microbienne d’une part et d’autre part ne provenant pas d’organismes génétiquement modifiés…

Nous étions au Viêt-Nam qu’on disait peuplé par des foules qui stoppaient notre parcours, qui arrêtaient l’horloge noire maintenant dans un état de torpeur les forêts et les routes que nous empruntions ; un aigrelet et désagréable coucou antique, même si il était barricadé et enfermé à triple tour dans notre horloge noire, à l’intérieur de son mécanisme…

Et alors le muscadet coulait à flots ; son Tamagotchi déraillant comme ce « coucou antique au museau pareil à ces animaux qui gisaient autour de notre guimbarde, hibernant au beau milieu de cette végétation sylvestre… »

Nos dialogues, très courts, étaient alternés par de longs moments silencieux. Nausicaa fit un mouvement pour allumer une clope, me dévoilant un étrange tatouage qui représentait un scarabée sur son épaule. Je mis le contact, et la Buick démarra au quart de tour. J’aurais pu rouler un millier de kilomètres comme ça, sans m’arrêter… Mais, vers midi, Nausicaa me signala qu’elle avait faim.

Tout avait commencé comme ça : il y avait l’icône de cette horloge noire, au beau milieu de ces sales troupeaux qui, une fois imaginée et représentée sur le cadran de la vieille automobile, inlassablement, se retrouvait aussi sur cet aigrelet et désagréable mur végétal et qui n’était rien d’autre que la représentation des plantes confuses, lactescentes et presque entièrement fumées jusqu’au bout…

Et, tout de suite après, je me retrouvais avec Angela, Nausicaa et Lucky Pierre dans une immense église vide et obscure avec des colonnes bizarres. Juste une double rangée de piliers noirs enracinés dans le sol, à l’infini. J’avais la sensation que mes pas brisaient un silence millénaire, un calme de tombeau. Je remarquais alors cette sorte de végétation morbide qui serpentait autour des colonnes, un lierre gris, minéral, qui enserrait les piliers. Le ciel de la cathédrale-forêt était mort, j’avais l’impression que les nuages refluaient à l’envers.

Et à l’envers aussi était le défilée des majorettes dans cette cathédrale-forêt, furieusement inversée et qui passait devant nous alors que nous étions ahuris, le sang dans nos veines ne s’écoulant plus malgré la colère digne des dieux au thermomètre dans le cul, nous agitant : cette colère enfin digne de ce bestiaire exotique qui nous servait de main d’oeuvre quand les nuages étaient inspirés et expirés par leur museau virtualisé et scanné dans le Tamagotchi de Nausicaa…

Leur responsabilité dans cette affaire provenait probablement d’une kyrielle de pop-up océanique ouvert dans le Tamagotchi. Et d’autres kyrielles de pop-up, océanes aussi comme les danses d’une euphorique guetteuse telle Nausicaa, étaient en attente ; les attentes étaient considérées depuis la baignoire de notre chambre d’hôtel.

L’autofiction repartait d’où les lettres à ces sortes de hamsters étaient écrites ; d’où elles venaient c’est à dire de nul part… Ou entre les lignes de ce poème suivant :

Viêt-Nam hurlant où d’autres bestioles attelées, d’autres bêtes

Planquées dans leur gargote

avec ce désir de voler pour se défaire de la pesanteur

Pour me défaire aussi de la chaleur de l’été

Réveillant les haleines vives et tièdes du condor des Andes

Son style décrit les fiévreux conciles des bouddhas du Viêt-Nam

Des raccourcis ou des descriptions à peine

Menacés d’effacements ou si peu comme les

Narratives années des Montagnes afghanes ou pyrénéennes !

A suivre.

Glapissements dans les sapins verts

Glapissements dans les sapins verts

Chaque jour, dans un grand cahier, le sac des narcotiques sanguins, espacés et surchauffés d’excitation, de ferveur sanglante comme des îles silencieuses, pour interroger les auspices : le sac des ondoiements écervelés en hickory tombant encore davantage au fond des tasses de thé aromatisé au carbone.

Des étranglements de craie et de fusain séchant au soleil demeuré ; des kilomètres défoncés à la colle qui viendront verdir Maître Yoda et sa clique de baba cool herculéen.

Alors tout éclate soudain dans la poussière : l’architecture des narcotiques en s’effondrant comme un morceau de banquise, la morphine qui réside au sein de cette idée, les talismans de cette force obscure cahotant entre les mondes chauffés à un degré providentiel, et leur vide-ordures recevant ces stimulants hérissés de monstruosités napoléoniennes.

Ces stimulants hérissés aussi par les branches des sapins et qui mènent dans tous les azimuts ; au cours de leur tentative d’extraction, leur rhétorique sans issue disparait du subconscient photovoltaïque des sanguinaires lampes de poche en provoquant d’immense dégâts : des catastrophes toutes sonnantes qui encombrent spirituellement le fût des robots ferroviaires !

À Hong-Kong : été de glace et hiver de feux

À Hong-Kong, vaticinant à la page trois d’un livre à la traduction bancale, le système adverse des pensées des peintres fumeurs noirs, mendiait quelques miettes d’attention.

En effet, la vastitude des sujets évoqués dans ce bouquin, et leurs kyrielle d’injures alchimiques, en avait fait travailler des méninges, alors sous les effets enchantés du kif qu’ils fumaient mélangé à du tabac.

En avait fait apparaître aussi des hésitations avant d’allumer ce tabac : une saine décision du gouvernement alternant la rigoureuse forme de l’oppression et le style des grands orateurs les avait relégué au statut nocif d’emmerdeur chaque fois qu’ils hésitaient à brûler une clope ou qu’ils se décidaient à la mêler avec le chanvre indien, en ignorant les grandes stratégies des grandes compagnies comme Phillip Morris… ainsi que leur marketing aussi tapageur que chimérique qu’on voyait afficher sur les panneaux publicitaires de la ville de Hong-Kong.

La matrice noire des fumeurs de Hong-Kong

La matrice d’un monde novateur !

Un monde novateur, un univers révolutionnaire même, et puis dessinée dans l’argile de ces marchands de thé Pennyroyal, la représentation de leurs rêves tarifés, de leurs corps gras cachés, en se parant d’or, de rouge ou de flocons de neige, dans le dark Web. Ce dark web qui guette, pour toutes ces poupées gonflables placardées sur les emplacements publicitaires, l’heure de l’illumination pour nous vendre des racines de gingembre ou de la lessive avariée (alors qu’il s’agit en réalité de viande pourrie de veau réduite en poudre).

L’illumination aussi des vitrines se parant elle-aussi d’or, de rouge, et de flocons de neige, où tout brille, où la féminité de ces rues s’illumine et sent le sapin vert et d’étonnantes toiles virtuelles… Leur monde ? A l’aise comme les gens qui ont l’air joyeux quand cette matrice des tribus jamaïcaines, africaines, ou amazoniennes, met des guirlandes autour de ces tableaux bienveillants, représentant, un air crispé sur leur visage, Ulysse penché sur son carnet de voyage…

Et ce dark web ? Piloté, commandé par ces putains de gamins qui contiennent le rire des douze hyènes féroces, il réduit en poudre les ascèses des câbles… devant le DVD du dernier Harry Potter, comment ces gosses parviennent-ils à diriger d’une main de fer les grossesses et les avortements de cet univers qui ne peut s’adapter à la période des fêtes ?

Alors, on ne change rien, il suffit d’héler leur dernière réincarnation naissante, latente, tringlée dans tous les sens… Et la pluie du succès vient alors investir les lieux.

Sous les ongles des orients tuméfiés !

Tout d’abord des outrances langagières et thématiques comme la chaleur de ce soleil azuréen. Puis l’Orient, décrivant l’enfièvrement de son coma végétatif, était aspiré par ce rêve communautaire : sous les ongles des Bouddhas qui se coupaient, se cassaient, et, dans leurs rétines, les sables des déserts fauves qui se suivaient en un tracé logique, leur cheminement remontait les lignes du métro, leurs stations énigmatiques, leur globalité et l’arôme chinois des limbes neuronaux.

Ces limbes neuronaux ? Un authentique travail de sape grossier, gâché par les coups qu’on portait à l’intérieur de ces lignes souterraines ; ces égouts qui conféraient au grand public leur singularité et leur excitante et réconfortante faculté. Tel qu’un ange aux mains d’un barbier, je voulais transformer leur vie en statuette d’Océanie.

Et cet arôme chinois ? Un goût d’au revoir, d’amitiés foireuses, de savants clients, dont plusieurs étaient sûrement morts. Un arôme se perdant sur les palais de Bukowski, de Fante ou de Selby et automatisant (parce qu’ils n’avaient plus rien de réels ces limbes neuronaux) les rêveries des gens qui achetaient leurs pommes de terre chez les épiciers les moins francophones

Et enfin cet Orient : un lieu où il se contentait lui-même d’un bonjour, d’un merci et au besoin de venin fielleux à foison, ce Bukowski, ce Fante ou ce Selby qui avait pour commun accord de ne pas se dégonfler face aux armées de Moscou, devant les communiantes de Washington.

Les bestioles du Viêt-Nam, deuxième chapitre

J’avançais, les mains sur les yeux, pour voir les ténèbres et les pénombres, moteur à l’arrêt, de ce vol historique d’Orville Wright ; cet événement, ce dix-sept décembre 1903 que je savais, les pieds nus au-dessus de la boite à gant d’Orville, se perdre à travers les ténébreuses rétines de l’unique œil de Nausicaa contemplant la pluie s’abattre sur la carcasse de cet appareil piloté et inventé par l’un de ces deux frères.

Parvenant aussi de la boite à gant et jusqu’à s’interrompre lors de nos jeux comme le nain jaune, on n’entendait presque pas le ronronnement pré-enregistré du Tamagotchi de la sœur d’Angela : une haute figure cyclopéenne me frôlant, je savais aussi que ce jeu curieusement spirituel, où les masques s’effaçaient, appartenait à la description de cette toile disparaissant dès que je la fixais. Je savais que, d’une manière ou d’une autre, voué à peindre des natures mortes de zoophiles effectuant avec nous ce chemin onirique, baisant les âmes des animaux morts, ces gens ne désiraient que leur repos dernier, bien mérité.
Alors le vent se levait et je paniquais à l’idée d’être incorporé, de façon obsédante, dans cet élevage de bestioles avançant de plus en plus vite, dans ce cirque bizarroïde, ma respiration s’accélérant, ou dans ce zoo où la cyclope du parc me cherchait, j’en étais convaincu.

L’image était parasitée de scènes incompréhensibles lourdes d’une frénésie larvée, et de façon de plus en plus vite, de manière de plus en plus dangereuse en matière de respiration, je m’enfuyais entre des pans de décors de cinéma, perdu parmi les ondes chatoyantes du parking du lac où l’on garait notre coupé.

Les museaux des bestioles du Viêt-Nam !

Moteur à l’arrêt, ses pieds nus au-dessus de la boite à gant, Nausicaa contemplait la pluie s’abattre sur la carcasse de la voiture. Parvenant aussi de la boite à gant et jusqu’à s’interrompre lors de nos jeux comme le nain jaune, on n’entendait presque pas le ronronnement pré-enregistré du Tamagotchi de la sœur d’Angela ; et toujours au-dessus de la boite à gant, des papiers de manuscrits comprenant des zéros et des uns, mais aussi ses pieds nus, ainsi que des bestioles aux museaux qu’on ne voyait que dans les cirques veillaient par leur douce chaleur à harmoniser le lieu… une description parfaite du monde surréaliste où nous vivions, non ?

Et sur les arêtes des chapiteaux de tous ces cirques où elles s’étaient échappées, j’imaginais, maintenant libre de toute interprétation avant la Saint-Con, que les bûchers léchaient par leurs flammes naissantes les pieds de tout ce monde repartant à la chasse et véhiculant tout en brûlant les plus belles crémations et les plus prudentes combustions de ce moteur à l’arrêt.
Et, cette ruine avec son moteur fabriquée par la Main Noire (c’est à dire un groupuscule occulte, en fait) émettait donc, branchée en bluetooth au Tamagotchi de Nausicaa, des sons parvenant des cirques muséographiques, des échos interrompus par la précautionneuse rumeur incessante des enregistrements de ces pluies diluviennes, ou même les silences entre deux messages que les bêtes étranges aux museaux cherchant à l’avance les parfums de muscade, rendaient fous, aliénés, partant en vadrouille : une recherche aussi du maïs vierge de toute contamination microbienne d’une part et d’autre part ne provenant pas d’organismes génétiquement modifiés…

Nous étions au Viêt-Nam qu’on disait peuplé par des foules qui stoppaient notre parcours, qui arrêtaient l’horloge noire maintenant dans un état de torpeur les forêts et les routes que nous empruntions ; un aigrelet et désagréable coucou antique, même si il était barricadé et enfermé à triple tour dans notre horloge noire, à l’intérieur de son mécanisme…
Et alors le muscadet coulait à flots, son Tamagotchi, comme ce « coucou antique au museau pareil à ces animaux qui gisaient autour de notre guimbarde, hibernant au beau milieu de cette végétation sylvestre… »

Nos dialogues, très courts, étaient alternés par de longs moments silencieux. Nausicaa fit un mouvement pour allumer une clope, me dévoilant un étrange tatouage qui représentait un scarabée sur son épaule. Je mis le contact, et la Buick démarra au quart de tour. J’aurais pu rouler un millier de kilomètres comme ça, sans m’arrêter… Mais, vers midi, Nausicaa me signala qu’elle avait faim.

Tout avait commencé comme ça : il y avait l’icône de cette horloge noire au beau milieu de ces sales troupeaux qui, une fois imaginée et représentée sur le cadran de la vieille automobile, inlassablement, se retrouvait aussi sur cet aigrelet et désagréable mur végétal et qui n’était rien d’autre que la représentation des plantes confuses, lactescentes et presque entièrement fumées jusqu’au bout…

Et, tout de suite après, je me retrouvais avec Angela, Nausicaa et Lucky Pierre dans une immense église vide et obscure avec des colonnes bizarres. Juste une double rangée de piliers noirs enracinés dans le sol, à l’infini. J’avais la sensation que mes pas brisaient un silence millénaire, un calme de tombeau. Je remarquais alors cette sorte de végétation morbide qui serpentait autour des colonnes, un lierre gris, minéral, qui enserrait les piliers. Le ciel de la cathédrale-forêt était mort, j’avais l’impression que les nuages refluaient à l’envers.

Et à l’envers aussi était le défilée des majorettes dans cette cathédrale-forêt, furieusement inversée et qui passait devant nous alors que nous étions ahuris, le sang dans nos veines ne s’écoulant plus malgré la colère digne des dieux au thermomètre dans le cul, nous agitant : cette colère enfin digne de ce bestiaire exotique qui nous servait de main d’oeuvre quand les nuages étaient inspirés et expirés par leur museau virtualisé et scanné dans le Tamagotchi de Nausicaa…

A suivre !

L’oeuvre inouïe de Pierre Soulages

Sur https://notesmat15.com un nouveau récit poétique

Si l’on colle une oreille contre le goudron de la rue, on peut entendre une mélodie étouffée. Ou même comme un murmure, comme un son micrographique ou comme un écho prisonnier de la nuit, des égouts ou encore des microflores des scènes politiques, que la Toile de Pierre Soulages, ce triptyque, fait s’agiter dans la pénombre occulte.

Et elle se déplace, cette pénombre de mélodies bipolaires, en même temps que l’eau bleue des égouts, parmi les boites de lait et les chaussures et les conserves et les cartons en dissolution, elle serpente et devient progressivement plus audible et plus claire à chaque kilomètres en suivant le courant, et au bout d’un long voyage sur l’eau javellisante, l’on arrive à sa source. De mélodie étouffée ainsi qu’en représentations spatiales, jusqu’en microcosmes noirs de mondes fécondant l’art primitif des pinceaux de Pierre Soulage, son tableau décrit la scène suivante : ici et là, l’égout fait un coude et il y a un large renfoncement où se trouve du matériel d’entretien dans des casiers en fer. Ici et là aussi, des bougies ont été disposées en cercle autour d’un monceau de déchets et de détritus grand d’au moins un mètre.

Contre ce trône en décomposition repose un homme à tête de corbeau, en costume de ville usé et trempé, il est littéralement assis dans les ordures, posant le pied contre une enceinte d’amplificateur de guitare-basse d’où s’échappe la fameuse mélodie.

Il déguste un whisky bas de gamme à même le goulot dans la pénombre étrange de l’endroit, marmonnant quelques paroles inaudibles de temps à autre et ignorant royalement les deux alligators adultes postés à ses côtés, calmes et immobiles comme de fidèles chiens de garde. Ici, les ombres portées sont fascinantes. Et fascinantes sont encore davantage ces scènes politiques que l’eau bleue, elle-aussi occulte, fait défiler et détruit à mesure qu’elles apparaissent.

La nécropole de Saint Péray

Ce rêve communautaire aspiré par la nécropole des apiculteurs avait été construit d’abord dans la nef centrale, accueillant la beauté moche qui avait inventé deux personnages : Taylor et Charles Manson ainsi que les très regrettées, les très naïves, ou trop hitlériennes récoltes de tournesol, alors qu’elle revenait d’une randonnée sur sentiers sableux.

De retour dans la nécropole à Saint-Péray, où elle se plaignait, penché sur son ordinateur à mesure qu’elle coupait la bûche des montagnes aux mousses mourantes, cette rangée de corps alors divisée – ou devrais-je dire stratifiée – en quelques halos de glace. Halos aux neiges éternelles.

En remontant ces « étages » ce qui donnait un éventail de femmes nues à vocation universelle, on se rapprochait – il me semble – de leurs douces et brillantes, de leurs excitantes et réconfortantes facultés.

Leurs facultés ? On ne pouvait les définir sans descendre d’un « cran » d’une « marche » ; au paroxysme de l’orgasme, alors se constituait, revenant de loin, l’album de cette étrange famille : en cas d’indispositions, exsudant l’arôme, l’odeur, l’histoire génétique de toutes ces femmes, elle tombait dans les pommes fermentées. Et l’acropole de Saint-Péray était ainsi abandonnée…

Les Etres en Question

Pourtant à cent lieues de s’imaginer repartir en digressions aléatoires, elle attrapa sa lampe de bureau en verre coloré pour les jeter sur le papier ; Angela marmonnant quelques paroles inaudibles n’entendait pas cette note de musique qui ne pouvait s’éteindre sans le recours au piano.

Elle avait des bras fins, d’hypothétiques idées sur le monde des mosquées, sur les gars parcourant l’Orient de leur pas lent, militaire et moscovite, des veines violettes ; et on discernait en elle une latente envie de se nicher sur les rayonnages de la bibliothèque de Lucky Pierre… Ainsi perchée, proposant comme traduction bancale tous ses bouquins privés de leur récit et de leurs attributs magiques, on la voyait enfiler, cette nymphette, les textes oscillants de Lucky Pierre, à tel point que les êtres en question dans cette nouvelle configuration ne s’exprimaient sur le papier que par des dialogues décousus.

En effet, les monologues de ces auteurs du cut-up agressif, participant aux jeux de mots des ateliers d’écriture d’Alphonse Choplif, le défunt propriétaire du lot numéro cinq, avaient été vendu avec le tout aux enchères. Le souvenir de ces enchères pulsait encore dans le crâne de cette jeune fille, se remémorant qu’il n’y avait presque aucune parenté avec les livres de Lucky Pierre et le contenu de cette grande malle, à présent posée sur la moquette de la suite ; cependant on sentait d’avance qu’il y avait des choses harmoniques avec les carnets du lot numéro cinq et les ouvrages poussiéreux de Lucky Pierre : à savoir, le premier des carnets de Choplif, l’inventeur génial, enfermé jadis dans son bureau pour inventer une méthode d’écriture et pour proclamer à tout l’univers, si il voulait bien l’appréhender, l’invention d’une Zone, un espace imaginaire où les zonards métamorphosés en ces êtres spirituellement avancés, se livraient, aux pieds des plates-formes de lancement d’Apollo seize, à des rallyes surnaturels, ce premier carnet de Choplif, dis-je partageait avec les romans de Lucky Pierre, le plan d’ensemble de tout le manoir carillonnant régulièrement quand Angela ouvrait la fenêtre de sa chambre d’hôtel à Venise.

La peau de son visage était alors tendue comme celle d’un tambour, ses paumettes tranchaient sans résistance, sans maladie particulière, entre la couleur méditérannéenne de ses volutes, parfumées à l’ethernet, de ses étranges cigaretttes et la noirceur des scies circulaires servant aux opérations de Choplif, le fondateur absurde de leur mouvement et même de leur parti politique.

Et de ses yeux gouttaient le sang répandu par ces scies circulaires, ainsi que les instruments chirurgicaux cachés dans la poche de sa fourrures d’hermine ; dans cette flaque de sang, il y avait là la métrique de ce piano de la suite vérifiant par son mécanisme prismatique et sophistiqué les appels manqués de cette puérile star du porno, Lucky Pierre… Et, dans la cheminée, les cendres de ces zonards qui n’avaient pas respecté les doses de potions permettant de se transformer en êtres prestidigitateurs, pouvaient rentrer entièrement dans une blague à tabac.

En effet, en lançant le début de leurs rallyes tendancieux, sur leurs réseaux sociaux, avachis dans leur canapé, obsédés par une grave dépression et cette tenace envie d’écrire leur noirceur, ils étaient tombés sur un os : ces écrivains maudits, qui s’interdisaient de toucher à cette sacro-sainte Marie-Jeanne, récoltée sous les lattes des saloons américains de leur Créateur, Alphonse Choplif, avaient fini par être brûler sur les bûchers de la Saint Con allumée par des parchemins aux feux mâchant les flammes maniaques… un événement en avril qui fit marcher les douze moteurs aux combustions sanguines des gondoles de Venise ; ces gondoles ? Synchonisées avec la chaleur des tropiques s’approchant de la fournaise et du festin nu de Burroughs, elles ne se doutaient pas que bientôt elles seraient coulées.

Et, dans le gros bouillon des lagunes vénitiennes, sous les flottaisons de tous ces vautours, des émeutes démoniaques allaient en profiter pour semer la discorde parmi les défunts zonards ; une discorde qui langoureusement, avait attrapé le virus musical de cet étrange piano que Angela, sans l’air de feindre, jouait… Et ainsi l’absinthe se mettait à couler avec une touche d’exotisme que Lucky Pierre, silencieusement, décrivait dans ses lignes pressantes, découpées au ciseau, en livrant bataille pour repousser les angoisses de la page blanche.

Le mur de Jersey

Tout d’abord la représentation des nomades émergeant à demi d’un mur de marbre blanc, comme sculptée à même ce mur. Puis, le teint cireux, les yeux luisants et les bras tendus vers un lustre écrasé au sol, ces nomades que Cassandre, sur le mur de Berlin, tague, comme les molécules d’une tasse à café, se promènent en bésicles de peste sur la voie publique.


Cette représentation ? Des aplats brusques, de journaux ou de rapports contre les puces, mélangés avec cette palette de couleurs, surtout le noir comme cette Belgébeuse, comme cette étoile en virée pour du tapage nocturne et bien urbain… Et ces nomades ? Des caravanes créées par le seul pouvoir de cette rêverie que je rêve secrètement de rosser à mort pour penser aux si belles, si moches choses.

Enfin ce mur de marbre blanc : de Berlin mais à s’y méprendre ; et du matin comme Cassandre tôt devant son café, le café étant source et voie taoïste pour reconstruire ce mur abîmé par le temps et les gens en goguette… Et en goguette comme ces nomades sont ainsi les essences de white-spirit, tirant sur le bleu ultramarin d’un halo de mystères, d’un rond stylisé de sorcières alchimiques, de cette rêverie. Des pensées belles, ou moches, ou sales qui rassemblent les moines bouddhistes priant, envoûtant les petites gamines en planche à pain, sous nos fenêtres, à l’angle de la rue Caspienne et du boulevard Borges.

Il y a aussi, par comparaison avec ce mur de Berlin, une ressemblance avec une tierce personne autre que Cassandre, une ressemblance, dis-je, avec rageusement toutes les abominations métaphoriques ou réelles qu’elle peut contenir ; cette tierce personne, c’est peut-être moi, ou bien les molécules s’agitant dans la tasse à café qu’elle achète, Cassandre, à Jersey…

Stone avec toi au Mexique !

Tout en restant stone avec toi dans les champs de maïs que notre nudité, par ses représentations de nuit verte et ses halos iconoclastes, blasphémait, ces halos tombaient en pluie sur cette petite ville du Mexique… par une absence de manière triviale et affûtée, cette petite ville du Mexique accueillait des spectacles de majorettes : ce show, alors que j’étais stone avec toi, laissait reposer la volupté ignominieuse des majordomes pendant dix jours.

Ces dix jours mûrs s’écoulèrent jusqu’à ce qu’ils se réveillent brutalement d’entre les morts, jusqu’aux kyrielles de leur disparition dans les clubs huppés où j’étais stone avec toi… Peut-être à cause des royalties que ces êtres en question versaient en notre honneur et que les autres réfutaient pendant ces dix jours.

Dix jours stone avec toi, notre odyssée ainsi se fit tout simplement. Et se fit aussi, de manières sporadiques, à Kuala Lumpur où nous étions à présent, sur les épaules des géants, une courte reptation sur le dos.

Une courte reptation régulièrement suralimentée par télépathie, aussi vive et rapide que les aiguilles de ce réveille-matin, dans sa majorité cérébrale, qui soulevait, depuis son branchement à la prise du mur, des questions existentielles de marionnettistes… Et, sursautant d’impatience, les jeunes et intrépides aiguilles du réveille-matin nous indiquaient, au beau milieu de la nuit verte et de ses halos iconoclastes, l’heure irradiante d’être stone !

Ah ! Décidément, à Kuala Lumpur comme à Mandeville, si nous n’avions pas passé ces dix nuits, nous aurions vraiment joué de malchance, tant les néons jaunes et bleus qui forment une électricité urbaine à la mode, avaient été happée par cette éblouissante lumière taillée dans la mie de pain des machines hertziennes !

La Présence

Tout d’abord, une particularité permissive pour ce monde : leur monde était encore branché sur Péritel qu’une équipe d’une douzaine de chercheur tentait de modifier informatiquement tout en collant d’un peu plus près une oreille contre le combiné du téléphone.

Le monde, leur monde, étant surchauffé d’excitation, de ferveur, et d’effervescence avait participé peut-être par télépathie, ou par l’alchimie, ou bien par l’évanescence de la fraîcheur sylvestre où je m’étais réfugié, assis à l’arrière d’un van aménagé, leur monde, dis-je, avait participé aux attentats de Paris sans le savoir ; toutes leurs pensées issues de leur subconscient.

Une anticipation, peut-être pas volontairement incarnée, mais par pure fantaisie ou effet mimétique sûrement, aurait suffi à dissiper ces pensées morbides : en effet, il aurait suffi d’invoquer la Présence, la héler depuis son palais, le Taj Mahal.

La Présence ? Solutionnant dans ses yeux verts, comme un traquenard, les fragments des phrases initiées par tous ces fantômes et tous ces démons.

Les lois bibliques de l’échiquier de John Fante !

Textes et images de Valentin Frizon

Tout d’abord, des lois gravitationnelles uniques comme vénérations et obligations de passages des caravanes référentes aux sévices des gens forçant à se résoudre, dans leurs fichiers informatiques, à faire le tri… à vendre leur maison aussi pour payer leurs banques qui ne veulent pas entendre d’un plan de surendettement…

Un plan de surendettement classé par ordre chronologique sur cet échiquier, aux essences spirituelles rares, qu’un gars comme John Fante, fermier de son état, occupe à la place des fous pour pallier à ce problème de surendettement…

Comme, par exemple, l’acquisition de cette voiture de luxe qu’il paye depuis plusieurs années et qu’il fait rouler au gaz oïl sur l’échiquier après des mois d’échéance impayés..

Et impayés et celtes aussi sont les mondes contentieux débarquant sur l’échiquier comme les trois singes du bonheur, trônant ainsi sur mon bureau… Sur mon bureau aussi où je voudrais laisser reposer mon ordinateur affichant sur tous les écrans virtuels les péripéties d’un autre gars autre que John Fante.

A lire et à suivre sur le blog de NotesMat15.

Les neuf mesures de Mandeville en Louisiane

Dans les jardins botaniques de la ville, des serpillières étendues par terre à la place des vectographes pour remonter cet ensemble de neuf mesures comme le mécanisme d’une vieille montre… Zeus avant le shampoing décanté de ce mollusque de chien-lézard.

Comme les formalités spirituelles et esthétiques de l’eucalyptus au fond des grandes profondeurs : il y a aussi ces neuf mesures révélant le bien-fondé des spiritualités gluantes et télescopiques qui rendent de l’huile de vidange ; ou bien, en régénérant par télépathie, sans cesse, le chapeau d’un champignon mortel, vénéré comme ces neuf mesures accrochées au goût de l’anis des marais de la Louisiane…

Afin qu’elle vieillissent, ces neuf mesures, à l’extrémité nord du souterrain, l’ impossible nuit verte tombe sournoisement sur Mandeville, ville esthétiquement abordée comme autant de shows dans la rue. Abordé aussi comme ce blues parfumé à l’eucalyptus que je détiens les yeux fixés au plafond d’un comptoir où l’on sert tord-boyau sur tord-boyau : des alcools de scolopendres de mauvaise augure, calmes et immobiles au fonds des verres crasseux.

Les neuf mesures ? Sur des feuilles de papier, qui me servent de liasses de billet, notre PC au clavier pianoté comme le piano de Chopin, tel une démonstration musicale déclinant cette ensemble de neuf mesures selon un corpus énigmatique, ruisselle de toutes les perceptions d’une créole en larmes, après le départ de Gainsbarre. Parmi les chercheurs qui avalent leurs sandwichs sur le ferryboat, se démêlent pour écouter les hurlements de ce chien, de ces larmes d’acrylique, de ces larmes d’étoiles inconnues, d’isolement lascif et de vénustés provisoires, niquées lors des orgies afférentes à l’héritier des Flynn, ce seigneur de la Louisiane.

L’aliénation de Pékin

Le piano jouait des silences ordonnés, architecturés pour combattre la noirceur des Aliens. Le premier étage du bâtiment infecté avait été de fond en comble été nettoyé des œufs blancs, ou virant au rouges, aux hommages tuméfiés, librement inspirés du passage de ces créatures.

Les photophores fossilisés, aux lumières éclatées comme des poires pochées au vin, avec l’aide de l’œil unique du Cyclope visionnant des vidéos de surveillance, des fourgonnettes de notre milice de mercenaire libéraient télépathiquement les âmes des cosmonautes, perpétuellement en orbite.

Dans la cave de cet immeuble, ce souterrain aux espaces comblés de chair noire et prune, il y avait aussi d’autres cosmonautes fumant des gitanes maïs. Leurs lunettes d’aviateurs aux verres fumés étaient éclatées en alvéoles sur la table, autour de l’empreinte brute des os de cet Alien, propre à rien, à part d’émettre une logique propre, imprimée à même le bois.

En train de pondre encore d’autres œufs, cette Joaillière Créature avalait des vertiges sur des patins de sang noir, ses canaux lacrymaux-nasal pendouillant hors des paupières et arrosant notre équipe d’interrogateurs comme une fleur invoquée en haut d’un volcan ; ce phénomène héroï-comique de clowns aux ventres gloutons, cachait par des ombres chauves, ponctuées par de grands coups de spatule à Pékin, des sonorités mauves et chaudes… Un environnement audio-visuel qui, souvent, venaient dormir avec nous, au creux d’un arbre.

La persévérance des êtres en question à Tokyo !

Un plan serré dans la pénombre montre tout d’abord, de juxtapositions en juxtapositions par la caméra, montre ou plutôt suggère l’esquisse d’un visage… Le visage d’un gros barman à la chair grise ; mais le film que les spectateurs devrait reconsidérer, à l’avance en rentrant chez eux, sur le papier d’aluminium avec des feutres de couleurs rougeâtres, comme émanant principalement des abcisses du tamagotchi de ce barman.

Celui-ci, réalisant qu’il est filmé et que ce plan, où on le voit sur l’écran décrire les champs de maïs de son enfance, ce plan permet aux gens qui visionnent cette vidéo de rassembler leur esprit, après une succession imparfaite de bugs, d’échecs virtuellement et méchamment perpétrés : une suite incohérente aussi de retours en arrière.

Cependant, les êtres en question dans ce cinéma souterrain, étudiés par le réalisateur comme des créatures bizarroïdes pendant ses années de faculté, ont presque oublié le synopsis et les dialogues, un dialecte de Papouasie, malgré leur attention fiévreuse de prendre des notes sur leur carnet de moleskine…

Une longue énumération, alors dans les moindres détails, descriptive de ce plan primitivement conçu comme un flash-back, selon le modèle de ces êtres en question, ayant réalisé leur conception du bonheur à Tokyo, ville de persévérance…

La Marijuana de l’Acropole

Ah la marijuana ! Elle les rendait (toutes ces nymphettes) d’humeur fraternelle, et tout coulait dans le bon et noble sens du terme jusqu’au jour où… je ne sais pas… précipitamment et sans prévenir, tout partit en vrille, tout s’écroula comme un crime de lèse-majesté privant la reine des nymphettes, la fiancée de Lucky Pierre, de son énigmatique gouvernement psychique et physique.

Le récit qui suivra pourrait narrer l’odyssée sous le joug et l’emprise de cette herbe si étrange qu’elles avaient découvert lors d’une expédition punitive en Orient ; et, de surcroît, armée de ce cannabis pour démobiliser l’enthousiasme des ascenseurs de l’Acropole, elles avaient prêté serment au vieux des montagnes afghanes, ce demi-dieu des assassins et cet unique survivant du massacre américain…

Mais voyez par vous-même le sinistre résultat, n’hésitant pas à lésiner, comme un rêve communautaire, sur la violence de cette scie spirituelle : la plante aux substances psychoactives dans le crâne, omniprésente par l’entremêlement des neurones formulés selon sa souveraine volonté et son intelligence végétale, gardait pour elle ses visions, ses rêves éveillés en glanant, parmi les ascètes de la drogue, des données cérébrales permettant d’ouvrir sur un nouveau système onirique…

Un nouveau système onirique aseptisant, face à la houle verte, les gants des nymphettes aux gants tachés par le phototropisme irrésolu des plantes de l’Acropole, qu’elles manipulaient, examinaient, arrosaient etc. Leur phototropisme ? Initié en Orient, il finissait toujours par leur faire prendre cet ascenseur spirituel qu’une armée de farfadets avait doté de pouvoirs psychiques étonnants…

L’Acropole Vénitienne

C’était un dimanche, à l’intérieur de l’Acropole Vénitienne, qui s’annonçait particulièrement maussade en raison des kyrielles de gondoles coulées.

Ou presque coulées parce qu’en réalité les temps des espaces narratifs n’étaient plus aux premières loges pour assister à la naissance de ce vecteur pathogène sévissant dès l’entrée de cette Acropole

L’Acropole ? Des nymphettes nues, en sortant de la baignoire verte en forme de yoni environnée de savons, de shampoings, d’éponges et de jouets érotiques, se précipitait pour vous accueillir malgré cette vénérée, cette bien vivante maladie vénérienne.

Dans la salle de bain de l’Acropole Vénitienne, décrites dans les archives des derniers textes de la bibliothèque de l’Acropole, des varicelles transmettaient aux nymphettes d’autres vecteurs pathogènes qui venaient à bout de leurs résistances, de leurs efforts pour reconnaître le visage des acteurs pornographiques… En effet, la substance fantomatique de ces derniers, venant d’un Eldorado hollywoodien où l’on produisait des films, était rarement perçue, même par les nymphette de l’Acropole.

En effet, seulement appréhendé de loin, ce substantiel souvenir, alors que les vidéos étaient maintes fois visionnées, disparaissait comme le beau temps quand on débutait l’escalier de l’Acropole, avec le gazouillement des merles ; des merles moqueurs bientôt cloués au-dessus de la grande porte de l’Acropole.

Les origines des romanciers du cut-up

En variant les espaces de ces êtres en question, les points d’incisions des champs sémantiques, l’ordinateur Burroughs Cora-Hummer 7 arpentait de haut en bas les variables, ô infortune, ô rage, de ce ciel hanté par leur disparition.

D’un bleu vénitien, celui-ci abritait, pour parfaire l’architecture aux ailes mécaniques de cette machine sophistiquée, des nichées de romanciers éclairés par de jeunes filles, tenant toutes une chandelle brûlante et qui avaient vraiment du chien. Mais les écrivains n’avaient pas encore vécu leur dernière et grande bataille contre l’occident.

En effet l’esprit occidental, ce poison soumettant les êtres en question à se faire petits, sévissait surtout à Noël. Mais on voyait partout ces êtres occultes : en traînant sur les avenues des sapins de Noël, attachés à l’arrière de leurs fiacres, on pouvait les estimer de singuliers. Avec le goût acidifiant du désespoir dans le crâne et la gorge.

Les fumeurs noirs de la ville de Hong-Kong !

À Hong-Kong, vaticinant à la page trois d’un livre à la traduction bancale, le système adverse des pensées des fumeurs noirs, mendiait quelques miettes d’attention.
En effet, la vastitude des sujets évoqués dans ce bouquin, et leurs kyrielle d’injures alchimiques, en avait fait travailler des méninges, alors sous les effets enchantés du kif qu’ils fumaient mélangé à du tabac.

En avait fait apparaître, aussi, bien des hésitations avant d’allumer ce tabac : une saine décision du gouvernement, alternant la rigoureuse forme de l’oppression et le style des grands orateurs, les avait relégué au statut nocif d’emmerdeur chaque fois qu’ils hésitaient à brûler une clope ou qu’ils se décidaient à la mêler avec le chanvre indien, en ignorant les grandes stratégies des grandes compagnies comme Phillip Morris… ainsi que leur marketing aussi tapageur que chimérique qu’on voyait afficher sur les panneaux publicitaires de la ville de Hong-Kong.

Enfin, me retrouvant en haut d’une tour de verre, je devais répertorier toute cette aveuglante publicité sévissant à Hong-Kong qui n’affectait nullement les consommateurs : une perte de temps, d’énergie et d’argent qui aurait pu être utilisé pour promouvoir les bénéfices du cannabis vantées dans le miraculeux ouvrage de ces drogués aux dents jaunes.

Le chien-lézard de Brisbane

À Brisbane, il y a cette cathédrale de Milan ou Dôme avec ses kyrielles d’influences gothiques, toutes commençant par de mystiques rhétoriques dans les ouvrages et toujours affichées sur l’écran des ordinateurs de la haute finance, qui abrite ce chien-lézard. Et, dans la torpeur de Brisbane, les financiers le compte parmi des listes téléphoniques longues comme des jours sans pain.

À Brisbane : pour décrire la basicité de ce marsupial mollusque, de ce chien-lézard ou de cette Océanie, il faudrait d’abord ouvrir ce prodigieux précis de médecine aux pages collantes et gluantes et ainsi tenter de comprendre ce qui agite tant Brisbane en ce moment.
Les prémices de ces étranges phénomènes à Brisbane, annoncées il y a quelques jours et différées à peine une heure avant, s’incarnent réellement par ces célestes volutes de chien-lézard se liquéfiant sur la cuisse blanche d’Angela.

Poursuivi toute la nuit à travers les rues de Brisbane, ce chien-lézard, jusqu’aux impasses et leurs radicales où toutes les juvéniles majorettes trébuchent, a pour seul lien de parenté les espèces disparues de l’Océanie… cette Océanie que j’ai exploré, en me méfiant de ses marais maléfiques et en rôdant exclusivement dans les coins et les recoins de Brisbane, cette ville qui se rapproche par son plan architectural des songeries floues de ce chien-lézard.
Celui-ci, dans sa cachette, les couloirs d’aération des grands buildings, dans son repère où accouchent les nouveaux mondes sibyllins de Brisbane, médite sa vengeance en alternant les pensées négatives et positives. Négatives et positives, comme tant d’autres représentations, sur les murs aux hauteurs pharaoniques de Brisbane, des calligraphies insolubles à l’encre chancelante. En les jetant avec des scénarios pas très folichons à la corbeille, tous ces mondes celtes tire-bouchonnés qu’elles contiennent étrangement, sont comme autant de phénomènes surréalistes ; ces étranges équations à double inconnue, se propageant dans les môles servant à construire les rues de Brisbane, ces phénomènes, mathématiques par leur alchimie et leurs plaintives volutes, leurs constellations de poussières, glanent ici et là quelques songes lointains… Ou d’autres insanités que la moiteur du jour fait oublier.

Dans le cerveau de ces mutantes créatures, et même dans les lobes cérébrales d’Angela, il y a enfin les divers bafouillages ou cafouillages foudroyant la physique œdipienne comme la banquise des phoques des cercles polaires les plus froids. Un essaim de mouches pour ultime nébuleuse…

Les êtres en question. En Haute Montagne. Deuxième chapitre.

En s’équipant de bois, de peau séchée dans l’armoire contenant aussi de lycéennes drogues gallo-romaines, ainsi que de collégiens coquillages, nous étions fins prêts à affronter le Shasta des neiges mouvantes… Cependant, nous portions, en ce froid matin d’automne, le poids des obscures raisons nous empêchant de partir à l’aventure : j’avais pourtant trouvé un guide grâce à ma monnaie luxurieuse.. Ce n’était donc pas ça qui nous obligeait à rester au point de départ.

Ce n’était pas non plus, dans notre quartier, les rumeurs des manifestations des gilets jaunes, racontant que cette piquette d’Alphonse Choplif qu’on avait entamé, appartenait à Satan lui-même. On disait de cet ange anciennement descendu des cieux, appelé Lucifer, qu’il avait ensorcelé ce vin de vigueur, simplement en le changeant en une espèce de liquide psychotrope et psychédélique… Mais nous moquant bien des ragots des manifestants et ignorant tout sur le sujet, après avoir jeté par la fenêtre le mégot d’une Craven A aux arrières-goûts organiques et chimiques de cyborgs mercenaires et aux arrières-pensées télépathiques, nous attaquions, en débouchant une nouvelle bouteille de ce vin aux propriétés inconnues, notre dîner ; et aussitôt après les premières gorgées, sous les cheveux blonds platines de ma fiancée et aussi dans mon crâne, nous oublions les girandoles imaginaires des flics aux ailes d’anges mécaniques, n’existant que dans notre esprit car ce lieu était vide de toute présence humaine ou animale.

Avant de livrer les vraies raisons de notre stationnement lymphatique dans notre chambre où l’on voyait de jeunes lycéennes, aux ailes d’anges mécaniques, divaguer sous l’effet entièrement dissipé de ce psychotrope maudit par le diable lui-même, il faut reprendre la narration à partir de la description de la sexualité débordante de ces Êtres malicieux : léchant les feux d’écorces que nous allumions en imagination perdus dans un refuge de haute montagne, celle-ci débutait par le récit d’un bouquin que nous affectionnions particulièrement… La Liste des Fantasmes machistes des Êtres en question.

Quatrième chapitre à suivre !

Les clochards célestes et leurs naissances latentes !

Les clochards célestes, à l’angle de la rue Caspienne et de la rue Borges, avaient tourné pour prendre leur RER.

Gorgées d’électricité, l’électricité des bouquets de nerfs qu’on retrouvait sur les panneaux de publicité, les descriptions des petites annonces parues ce matin étaient parcourues par leurs yeux avides.

Les descriptions, aussi, de ces phrases colorées, sensorielles, que les clochards célestes associaient avec cette médicamenteuse télépathie qu’un seul homme aurait dissipé…

Pourtant, et la situation au départ n’avait rien de négative, ces phrases colorées, sensorielles, incarnées par ces spectres à la rue, revenaient de loin : du siècle de Charles Baudelaire, de ses correspondances requinquées par des pensées malaxant d’expérimentales transformations fortifiantes comme le maïs en pop-corn.


A l’angle de la rue Caspienne aussi, comme un clown noyé dans sa brune, comme le joker attelé à un bar, ce qui frappait autant l’esprit, la vue et les autres sens, c’était cet être hybride, un cyborg aux organes conçus lors de leurs orgies, puis abandonné dans cette brasserie survivante.

Laissée seule à son triste sort, cette sibylline invention robotique naissante, que les clochards célestes avait transformé, en se servant de leurs expériences, était censée être montrée au cours de l’exposition de 1900, avec cette Tour Eiffel.

Celle-ci, cliquetant comme autant de loupiotes d’un univers subconscient, presque imaginaire, était bien décidée à adhérer à la pleine conscience de ces clochards célestes.

Les êtres en question en Haute Montagne. Premier chapitre.

La lumière, provenant de la métaphysique de ces êtres en question, de tous ces bouquets de nerfs, me blessait les yeux. 

Des bouquets de nerfs enfermés dans sa Machine Céleste, elle avait commandé un chocolat chaud et le ciel bleu était pudiquement saturé de points d’exclamation enfiévrée.

Mais ces derniers mentaient sur toutes les lignes… Et des lignes de code contenues dans cette Machine Céleste, un simple iPhone qu’elle pianotait tandis que je lui parlais, il y en avait des kyrielles sur son écran représentant des systèmes de notations musicales.

Un authentique merdier.

Mais une véritable manne pour ces êtres en question inventés par elle, et avec l’aide de ce malotru qu’on avait rencontré sous le porche de cette grande auberge donnant sur les espaces vides et les wagonnets de charbon. Ce grossier personnage, en kimono noir, avait réussi à faire tilt dans le cerveau de ma fiancée, l’air des montagnes farfouillant dans leurs oreilles une séquence d’actions interpersonnelles.

Un vrai surgelé être en question, exerçant des ondes positives dans la mémoire de cette amazone par une substance active délivrée, quelques heures plus tôt, par ces plantes qu’il lui avait donné gratuitement. 

Des spéculations boursières hasardeuses, et rien d’autre en réalité c’était.

La vessie pleine de mathématiques, j’imaginais, en attendant qu’elle redescende de cette drogue étrange, ces êtres en question dérober les derniers meubles qui étaient restés dans la résidence secondaire ; le sang de ces spectres, quand il était bu d’un trait, vivifiait le Manifeste des idées noires, distillées en parfums médicamenteux et ainsi, en courant sur le comptoir en ivoire, cette mer Méditerranée sanguine remuait ses vagues informatiques. 

On avait gaspillé inutilement notre temps pour décrire cette sensation affreuse d’un danger menaçant, cette appréhension d’un malheur imminent, et pourtant aucun événement négatif n’était apparu, aucun miroir dissimulé ne reflétait nos désastreuses aventures, notre arrivée en territoire de ces sauvages, ces êtres en question.

A l’intérieur de mes poches, les Napoléons sonnaient, je comptais louer les services d’un guide de Haute Montagne avec ce fabuleux trésor : on voulait dormir à la belle étoile sur une crête hantée par le Shasta des neiges mouvantes, cette montagne terrible, avec ses apparitions fantomatiques s’ébattant dans le grand jour bleu sans même attendre la nuit, sans même éteindre ce soleil scabreux à la fermeture des cinémas.

Après notre halte, requinqué par des boissons polaires fortifiantes, des vodkas poussières et d’autres alcools imaginaires, j’entrepris de demander au tenancier de l’auberge si il connaissait quelqu’un pour s’aventurer avec nous dans ce projet réputé fou.

Deuxième chapitre à suivre.

Deuxième chapitre à lire et à suivre sur ce blog.

La Vallée des Rois

En pénétrant par un accès interdit dans l’Acropole de ces souverains réchauffés non par le soleil vert ni par ses rayons au gaz comme le butane mais brûlés par les fours à chaux ou les bûchers atrocement allumés, j’avais cette sensation d’asphyxie.

Et, en rogne dans le tombeau sacré de leur Vallée, ces roitelets éprouvaient des émotions pourtant contradictoires : un mélange miraculeusement évanoui quand, jetant mon sac à dos par dessus leurs fortifications, je violais leur tombe.

De construction romane étrangement, cette nécropole me livrait tous leurs secrets comme des scènes de films dévoilées avant l’heure, n’ayant pas encore été conçues, mais minutées déjà comme des publicités pour gens huppés et privilégiés.

Cependant, comme un événement inopportun, il arriva ce qui devait arriver : je fus soudain frappé par la malédiction des profanateurs, et, ainsi en tentant de recueillir l’eau de leurs sources cachées aux tréfonds de ce sanctuaire, les paumes à présent visqueuses de mes mains d’ancien samouraï n’attrapaient que la pourriture, cette essence de sculpture de glaise moulée finement, des vieux archéologues, rapatriés d’urgence dans leur pays d’origine.

La folie et la noirceur du Joker. Deuxième chapitre

Concluant à une mort par le supplice de la corde, l’enquête piétinait.
On ne savait toujours pas si la folie et la noirceur du Joker en était responsable. Pendant ce long été aux cieux byzantins, tout ce qu’on connaissait de ce prétendu suicide, c’était qu’il avait pour dénominateur commun une certaine carte de tarot, le Mat, retrouvée dans la poche de ce pendu.

Ce pendu ? Par essence spirituelles, ses pensées continuaient, même évanouies, de lister les bouquins de poésie, les bouquets de nerfs ou d’autres actes manqués comme autant de saints sacrifices satanistes. Car satanique était la noirceur du Joker, sondant d’un peu plus près les fragrances de ses prochains attentats.
Comment jauger alors la quantité de jeunesses et de genèses que le Joker avait abandonné ici-bas avant de calancher ?

Olfactive, la première réponse répandait, quand on la pressentait, un parfum d’impertinentes disparitions, venant des tréfonds de la noirceur et de la folie du Joker. La seconde réponse annonçait l’orage, gelait les récoltes de têtes coupées, mettait le feu à tous les palais : des frondes qui, autrefois, n’avaient pas été jugées potentiellement dangereuses à leurs naissances latentes.

Enfin, paresseusement, dans ce monde ou ailleurs, le Joker regardait, des poussières d’étoiles noires en bandoulière, les psychotiques tomber dans son escarcelle. Leur génie et le professionnalisme de leurs idées noires étudiés soigneusement par ce personnage aux épisodes dépressifs très opulents.

Puis, étape après étape, toutes effrayantes par leurs architectures spirituelles, ces périodes alternaient les razzias gribouillées sur le carnet de moleskine du Joker avec la prose de ce psychopathe, dans un corpus recensant toutes les tournées pour les gueuses.
Inventés sur les panneaux publicitaires censés vendre des hémorragies superbes, des coupes à l’iroquois, ou encore d’autres croyances sanguines. Et sanguine était la panacée de tous ces copier-coller provenant de l’ordinateur du Joker, bien qu’il n’eusse jamais touché à un clavier.

Une sorte de sortilège afin d’évider les tripes de ces agneaux égorgés et de ces Anarchitectures de ce fameux Joker

La noirceur et la folie du Joker !

Tout d’abord la noirceur et la folie sacrée du Joker. Comme dénominateur commun avec la carte de tarot, le mat, leur essence spirituelle provenait d’une bible pour églises fantomatiques en sept pages… alors que le froid mordait les lattes, la folie spirituelle du Joker listait les bouquins de poésie comme autant de saints sacrifices, en envoyant de gros bouillons de lacunes. 

À la première page de cette bible, pour sonder la noirceur du Joker, la description d’un film d’horreur très kitsch qui emprunte sa chronologie à une tentative d’attentats en supprimant toutes les jeunesses et toutes les genèses des noirs désirs.

Est-ce qu’on l’a vu habiter ces tréfonds, peut-être aux croisements des timelines de Twitter ou d’un autre réseau social ? Ou est-ce qu’il a disparu, impertinent, potentiellement dangereux ce Joker aux maquillages effrayants ?

À la page deux, les récoltes des têtes coupées en bandoulière pour désigner un référent, le Joker gèle tout le génie humain et le professionnalisme des idées noires et leur expression kabyle.

Puis, étape après étape, incandescentes, les harcelantes flaques de vomi dans la salle de bain, et les livides draps trempés de sang dans la chambre du Joker, à l’heure la plus froide de la nuit et jusqu’à s’interrompre lors des jeux de hasard, laissent présager que le Joker s’est tailladé un sourire avec son rasoir. Le sourire d’une évasion : après les jours de crêpe, ce sourire idolâtre, tombant en cataractes, presque imprévu quand les occasions de la vie font grossir les répétitions morbides.

Des répétitions macabres reliant entre eux les penseurs par un label collectif. Sûrement le label Sub Pop des artistes aux sourires d’antilopes massacrées.

Les vies antérieures

Les vies antérieures comme les sauvegardes de l’iPhone avaient le moral bouillant au fond des bottes. Ces vies, contenant leur élément (le bois) et leur occidentale lettre romaine ou grecque, répandaient les rumeurs qui concernaient les guerres d’Achille et son armée des singes.

Il y avait aussi, comme décor, les longues pattes de l’araignée dans le ciel et sur terre qui laissaient crisser, sur le gravier de la route empruntée par ces mercenaires, des choses nerveusement malades : comme des ongles sur un tableau noir, leur assourdissant vacarme se précipitait dans la glaise moulée à la main d’où provenaient les vies antérieures. Et, alors que je lisais la longue description des petites annonces parues ce matin, ces choses étranges qui ne servaient à rien ou qui semblaient ne servir à rien s’incarnèrent dans les eaux stagnantes des sources miraculeuses, sous les cendres et les braises des feux dominateurs, ou encore aux tréfonds des souterrains où des travaux de cuir et de sciage s’accumulaient… Entre les lignes aussi des cahiers d’écolier des singes mercenaires déguisés pour l’occasion en bonimenteurs, il subsistait la trouille spirituelle des enveloppes qu’on leur envoyait afin qu’ils puissent réussir leur certificat, une seule étape à la fois…

« Les composants de leur premier jour, de leur deuxième et troisième nuit aussi, étaient mûrement établis : dissociés, ils généraient la fonte des glaces dormant à la belle étoile, sous les baobabs de Saint-Péray ; et parfois asymétriques, on les entendait passer dans des tuyaux sensorielles comme les pensées des géants à côté de moi qui avaient l’haleine de la lascivité. Aujourd’hui, par exemple, à la foire où l’on vendait ces immenses tuyaux et où les mains n’attrapaient que du vent, le petit diable vert du Photomaton et ses anneaux pré-découpant les selfies des gens qui ne font qu’observer en ricanant, jetait des insultes de dessin animé, de cartoon multiculturel, à ces personnes de passage. Ses divagations cosmiques aussi comme des attentats sur le papier de moleskine. »

Guillerettes, ces divagations animées toujours par les vies antérieures des derviches tourneurs, s’organisaient en cercles pluvieux, osseux autour des photographies abandonnées, dans mon salon, sur l’épaisse moquette vert jungle foulée par tant de navigateurs, de poètes, ou de nymphettes braillant dès le petit matin à l’approche du camion poubelle… en partance pour sa tâche, le camion poubelle alors s’ébranlait et ainsi se clôturaient les cours de tous ces boursiers, penchés sur leur MacBook Pro, la langue pendante, tandis que je publiais sur Twitter un poème clinquant, beau comme un camion poubelle, en récupérant en même temps toutes les ordures délaissées sur la route de ces chimpanzés sanguinaires ! 

Des diables au corps qui passent bien

Des diables au corps à la place de nos vessies de boeufs : on nous avait greffé aux pieds des pyramides des hélices sur nos crânes de chimpanzés. En suivant la spirale des étoiles, naufrageurs dans la très grande baignoire, où un scribouillard d’un âge indéterminé prend un bain visiblement très chaud, il y en avait des kyrielles imaginaires de personnages entre les pages de leur livre de poche !
Entre les pages extrêmement humides, où le nœud du chignon de la soubrette s’hérisse de silicone noir – le bonheur comme semence de tapissier – on traçait de la cannelle et du sucre roux entre les lignes pour en faire des gris-gris, des bayous phosphorescents, des brouets de sorcellerie…

Des brouets de sorcellerie qui déraillaient par leur pouvoir télépathique, leurs ultimes effets au goût de vodka, cette ivresse de la veille furieusement incarnée en un seul tampon imbibé du précieux liquide ! Et la soubrette, vaquant à ses corvées quotidiennes, restait scotchée face à la fenêtre grande ouverte du salon, la vision qui était apparue sous ses yeux hallucinés n’était autre qu’un Cyborg-Nain-de-Jardin, sortant de l’immense baignoire, son corps encore trempé d’eau savonneuse…

Un cyborg dont le douloureux et minutieux travail de la corrosion sur ses organes partiellement mécaniques avait laissé son empreinte. Les diables au corps, sur la couverture de son bouquin qu’il tendait à la soubrette, étaient zébrés de barreaux noirs, dessinés au feutre ou au fusain…

L’INTELLIGENCE VÉGÉTALE !

INTELLIGENCE VÉGÉTALE – Avant-propos.

Nous étions tous les deux sans emplois et avions le projet fou d’écrire une nouvelle littéraire à partir de notre expérience personnelle, de nos lugubres plongées dans le vide et la noirceur ; se concrétisant, lorsque nous fûmes balancés au-dessus des Amériques comme des lunes surchargées de pleurs et de drames, nous étions encore loin de nous douter que l’Aventure nous mènerait beaucoup, beaucoup trop loin.

Au début, ça ressemblait aux Choses vues ou à j’irais dormir chez vous en plus moderne, mais, comme un cadavre exquis et en plus autobiographique : un récit où nous racontions nos dérives logarithmiques, joyeuses, les barrières que la langue anglaise avait dressé, bref des conneries de voyageurs paumés.

Au début, ça ressemblait aux Choses vues ou à j’irais dormir chez vous en plus moderne, mais, comme un cadavre exquis et en plus autobiographique : un récit où nous racontions nos dérives logarithmiques, joyeuses, les barrières que la langue anglaise avait dressé, bref des conneries de voyageurs paumés.

Nous avions déjà à notre actif divers plagiats à droite et à gauche mais il nous manquait un descriptif de notre vie de bohème où nous fumions de la marijuana, à longueur de journée, sous le regard moqueur et léger des autres macaques.

Ah la marijuana ! Elle nous rendait d’humeur fraternelle, et tout coulait dans le bon et noble sens du terme jusqu’au jour où… je ne sais pas… précipitamment et sans prévenir tout partit en vrille, tout s’écroula et tout partit à vau-l’eau comme un laxatif médicament aux propriétés liquéfiantes.
Le récit qui va suivre narre l’odyssée sous le joug et l’emprise d’une herbe si étrange que j’ai fini -je suis l’unique survivant du massacre- par la nommer I.V ou Intelligence Végétale. Mais voyez par vous-même le sinistre résultat.

INTELLIGENCE VÉGÉTALE : Première partie.

INTELLIGENCE VÉGÉTALE

Nous étions dans un motel américain, style Ibis, l’engouement pour cet État Mégalo était palpable depuis notre parachutage à la manière d’un Antoine de Maximy. Nous préparions, soigneusement posés sur la table de l’hôtel, les divers éléments nécessaires à un périple : le plan, les licencieuses cigarettes étranges, les affaires qu’on bourre tant bien que mal dans le sac de randonneurs…

Et surtout les Armes de Guerre : ordinateurs portables, carnets, stylos, crayons à papier etc. Notre première œuvre La Défloration avait illuminé le paysage littéraire dès sa publication : il faut dire que cette histoire de fillette de six ans, surpassant les réalités les plus folles, affreusement violée lors d’un gang bang de dobermans en rut apportait un peu de fraîcheur, décomplexait la grande majorité de notre lectorat : les apprentis écrivains, un peu il faut l’avouer, intoxiqués au Marc Levy, Amélie Nothomb… depuis de trop nombreuses années.

De son côté, Régis Jauffret, survolté, dans son dernier bouquin racontait la descente aux enfers d’un malandrin voleur de poules et obsédé sexuel mais ça restait encore trop aseptisé pour nous : pas assez de lueurs satanistes et libidineuses. Il nous fallait des attentats aux panthéons, des hécatombes comme remède à l’antique, mais surtout il nous fallait décrire le bonheur d’une actrice porno après une sodomie à sec bien douloureuse, la béatitude de sa gueule de chiennasse grande ouverte pour avaler des tonnes de foutre, l’extase d’un squirting bien mené, l’euphorie du fistfucking anal, le contentement sursaturé de plaisir, le bien-être et le désir surnaturel, la félicité libératoire, la quiétude d’être porté comme un bouchon de liège, la satisfaction et ses litanies de lavement anal, que dis-je la bénédiction tant annoncée et enfin réalisée de cette magnifique levrette où, à tour de rôle, elle encaissait un tas de bites noirs bigrement bien montés (B.N.B.B.M) …

Avant de rendre les clés et de fermer définitivement la porte de notre chambre, un détail attira nos regards : au centre de cette peinture à l’eau forte encadrée et accrochée au-dessus du lit, une sorte d’abstraction ou d’impressionnisme avec des globes de chairs rassemblés en tas, où, au milieu d’un champ brûlé du Kansas, sur une pancarte montrant la route pour Los Angeles, il y avait écrit en rouge, comme si l’artiste avait écrit avec son sang ces mots étrangement évocateurs : Marie-Jeanne douce amère, col maculé de sang.

Après avoir inspecté et examiné, et même l’avoir décroché, le mystérieux tableau, nous conclûmes que l’auteur de cette vieille croûte était véritablement dégénéré. Dégénéré mais légendaire par son talent et son intelligence végétale qui avait ligaturé ses paupières pour peindre à l’aveugle cette représentation…
Ce fut notre première erreur, les premiers avertissements et mises en garde alors qu’on allait se lancer justement à travers les champs du Kansas avec cette volonté délirante de réinventer à la fois le splif de Shiva, ses linéaires effets sur notre cerveau aux disques durs, aux lecteurs communicatifs, tous germant dans les tasses ébréchées de notre café matinal, et révolutionnant un nouveau mode de vie au parfum de livres assaisonnés au gonzo-littéraire.

Libératoire question existentielle

Tout d’abord, comme un rêve communautaire, une scie coupant une bûche au-dessus d’une rangée de corps longilignes, nerveux et racés. Un rêve communautaire sous le regard moquer des macaques se levant de leur place de cinéma pour trouver sans cesse une autre gâche plus proche du grand écran.

Après bien des mégots et des joints aux pensées secrètes ou macabres (selon le point du vue) qui doivent être très amusantes, on ne trouve ici que des bobines de films en lambeaux, des graffitis sur les mépris occidentaux, des œuvres conformes à leur idée directrice : le cerveau de Kubrick, un processeur qui déplore lui-même ses outrances langagières et thématiques.

Les larmes de Cornélius en tombant sur le sol formaient un tapis duveteux, entraînant quelques années auparavant à leurs suites les serpentins de leurs braies, de leurs cottes de maille en lambeaux, leurs bandages de momie piratée, hackée ou de simples poètes inconnus. Hackée comme les destinations des long-courriers n’arrivant plus à destination !

Des poignées des brouettés de poètes inconnus, fascinants comme aiguillonnés par les cris des sauvages locaux chaque fois qu’ils hésitaient à continuer la route ; ces loqueteux contenus de brouettés transportant des lumignons morbides et de pelletés de londonienne; ainsi que les les soleils levants, en dorant le sol natté de ma chambre, s’avachissaient aussi sur mes chaussures noires : des informations qui étaient, pétris dans le levain, un langage information purement numériques pour la géosphère des ténèbres, en s’enfonçant toujours plus loin dans leurs matrices chiffrées excessivement à l’excès. Ce bestiaire féroce au fond des égouts
Et la vie, lors d’une attaque terroriste; qui fourmillait sous la surface avait annulé de façon anarchique toutes formes de pensées, ainsi que leurs substances : le grand courant des lors s’accouplant avec de nymphes connaissant tout des extraits du Livre des Morts, oublie les parfond et les grands courants de te la mer méditerrané pollulée ; certains mollusques nous attendit pour percer le palier de tous ces têtards qui s’éternisent dans la flaque lacrymale de Cornélius.

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Claire Castel et son deuil d’azur

Les acteurs, entre des murs lépreux, se déboutonnent, sortent leurs instruments pédagogiques, et finalement prennent leurs pensées sexuelles pour la locomotive de leur libido ; et la jeune fille, avec, dans son larynx de cristal, les regarde avec de grands yeux humides, puis regarde leurs visages avec une innocence troublée et un désir naissant.
Claire Castel, la scandaleuse libertine sous le regard de ces macaques, brûle d’impatience et de ferveur, elle traque la nature jusque dans ses replis les plus intimes : une luxuriance psychédélique suscitant le départ des berlines armoriées de ces zonards attirés par cette seule lueur spirituelle ; elle apporte enfin la guérison du corps et de l’esprit.

Toutes les actrices présentées ici, dans ce film (gangbang pour garce #37) qui se déroule dans les bois londoniens ou de Nottingham, ont été photographiées couvertes de sperme ; à Claire Castel on lui a promis un selfie mémorable après l’instant crucial, après la consécration lyrique.

Roger Gilbert-Lecomte, le poète, dans son poème Deuil d’azur, évoque un « masque de perles » travestissant les nymphettes sous les lunes macabres ; j’imagine, tout en haut de la maison, dans une pièce, ou plutôt une cellule solitaire, séparée des autres appartements par une galerie et un escalier, se nicher l’atelier de l’artiste où il travaille à ses créations immondes, où il boit tout en écrivant quelques alcools liquoreux. A force de trop écrire, on devient abject. Et surtout, en devenant abject, il est possible de vendre des millions de livres pour s’offrir une villa ou un palace surplombant la mer ou l’océan !

Venant d’une lointaine galaxie dynamité, discutaient
Entre eux au sujet de leur retour, les acteurs de ce film X.

Des actrices chopant des symboles avant-coureurs comme des papillons

Et un film en noir et blanc représentant des scènes vaguement classées X d’une lointaine galaxie dynamité.

Des actrices exécutant quelques danses fantasmatiques

Parmi elles, Claire Castel, dans tous les azimuts et les visions

D’ailleurs ; à l’intérieur des conversations téléphoniques et des S.O.S pour sortir de ce nid de vipères

Aux lueurs plaisantes malgré tout

Et ne connaissant aucune technologie à la pointe lorsqu’on

la noie sous un masque de perle, séché au soleil vert à volonté.

Aussi profondes qu’elle puissent paraître, ces années X

Où tout a commencé, où tout s’est enfouie

Sous l’emballage des hachis parmentier des grandes surfaces

Estampillaient à mauvais escient dans les wagons

Et compartiments neuronaux grillés, leur souvenir

Difforme, fragmentée. Et qui ne donnaient qu’à notre

Fabrique Croix-Roussienne, sous l’autorité d’un seul

Homme, Razko Kaphrium, qu’un effet bœuf.

L’espace spirituel de la vieille maison !

L’espace, dans le vide, et tout ce qui entre dans sa période de luxuriance extrême après des bornes extensibles, et leurs bases où les limaces atterrissaient sur les bancs occultes des écoles de sorcellerie, étaient si surprenants, si dégoulinants ici : une sorte de désolation à exalter en distribuant, à travers la valve de l’étrange machine surchargée d’armes algorithmiques, l’incontestée, l’impropre consécration.

L’espace récoltant des losanges était investi par notre enseignement du jour, sans que les indigènes s’en rendent forcément compte, sans que le labeur des latinistes crédite des « Airs » ou des « Hères » à l’intérieur de la machine ; je lui avais donné vie et une morale civilisatrice.

L’espace ? C’était une vieille maison qu’on pénétrait sans parler, sans faire un seul bruit : le silence total au milieu des plantes grimpantes. Et grimpantes étaient aussi les cases de cet échiquier menant à la cave de la maison : une ancienne cuve atrocement étroite avec Kaphrium descendant dans les profondeurs de la cave pour embraser la foule face à lui, et en remontant tel le linéaire réseau social célèbre, il se heurtait aux cameramans, crevant les hypothèses surhaussées d’émoticônes ou d’icônes pour une fin du monde ou une drôle partie d’échecs.

Associant la magie de Baudelaire avec la juvénile adversité de Rimbaud, les tours et les pions en cavaliers légers d’infanterie sapaient les fondations de ce monde qui sonnait le tocsin avant l’heure. Réhabilitant la maison à quelques centaines de mètres sous terre, j’imaginais ma vie dans le futur : une vie qui se limitait à contourner les douches en laque mal lunée, lourde, nucléaire, bactérienne ou microbienne !

Les civilisations des êtres en question

Angela, étudiante planchant sur des créatures bizarroïdes, pendant ses années à la fac de lettre, était à présent dans sa chambre d’hôtel, en quête de leur présence ou de leur réapparition ; elle s’était fait monter un plateau-repas pour lire et traduire tranquillement, dans la torpeur d’une fin de journée en Andalousie, le carnet du lot numéro cinq racontant dans un dialecte de Papouasie la genèse de ces êtres en question, dont on ignorait tout. Ou presque.

Dans l’obscurité, dans la brume aussi, le récit finissait comme une crème tournant mal, ruisselant telle une pluie sur son visage et ses seins.

Les gouttes de cette pluie avaient fait naître le malaise ; il y avait aussi des flaques de sang, aussi noires que les derniers survivants examinés par Angela à la lueur d’une lampe torche frontale ; traversant un épisode dépressif à l’état vif, ces démons avaient un arrière-goût, dans la gorge, de noirceur africaine. Un goût à la fois amer et acide.

Puis il y eut des bruits de pas : des chaussures d’hommes, des talons de femmes, des orteils de chameaux foulant le sable aride des déserts, des pattes de chiens et des griffes de tigres qui naquirent de cette fin de civilisation s’en allant à vau-l’eau.

En s’efforçant de stabiliser son regard séminal, cette fin, coupée de toute temporalité, basculait du côté obscur de la force sans que personne ne réagisse.

Comme traduction bancale, Angela avait privé le récit, esquissé au crayon de papier, de ses attributs magiques, ottomans ou byzantins à tel point que les êtres en question dans cette nouvelle configuration ne s’exprimaient sur le papier que par des dialogues décousus ; ces auteurs du cut-up agressif, participant aux réécritures, aux jeux de mots improbables des ateliers d’écriture d’Alphonse Choplif, le défunt propriétaire du lot numéro cinq, vendu aux enchères naguère.

Un petit livre rouge en sept pages

Tout d’abord un texte sacré, provenant d’une bible pour églises fantomatiques en sept pages, alors que le froid mord les lattes en envoyant de gros bouillons de lacunes. 

À la première page, un film d’horreur très kitsch qui emprunte sa chronologie à une timeline je-m’en-foutiste, peut-être celle de Twitter ou d’un autre réseau social.

À la page deux, pour désigner un référent, apparait l’expression kabyle, incandescente, livide à l’heure la plus froide de la nuit et jusqu’à s’interrompre lors des jeux de hasard, d’une évasion : après les jours de crêpe, la joie tombant en cataractes et reliant entre eux les penseurs par un label collectif. Sûrement le label Sub Pop des artistes aux jambes d’antilopes.

À la page trois, en se référant au système adverse, une kyrielle d’injures alchimiques. Et, dans le labyrinthe de la page quatre, la description des effets du kif qui se fume mélangé à du tabac et qui fait apparaitre les premières hésitations : une alternance de forme et de style qui sera relégué cependant au sein du navigateur chaque fois qu’ils hésitent.

Ces effets sur le cerveau restant à démontrer, on continue de planter le chanvre indien et de cultiver le pavot en ignorant tout ça.

À la page cinq, à plusieurs reprises, leurs juvéniles arborescences philosophiques qui détachent les feuillets du livre de Job et qui engendrent, à partir de ce système désuet, la fabrication du jean en procédant toujours par ordres d’idées.

À la page six, une eau de Javel fossilisée qui ondoie comme le karma des chamans de Sibérie ; et leur tradition orale qui flotte, comme le vaisseau de commerce baptisé le Nostromo, en procurant des profits juteux.

Enfin, à la page sept : brusquement réalisés et épanouis, ces chamans, du plus humble des partisans de l’euthanasie jusqu’au plus mégalomane des conducteurs de fiacre, métiers exercés sans leurs attributs magiques, ces druides et ces chamans, dis-je, étudient à la fin de ce bouquin la bonne proportion des cuillerées de pure savonnette à mettre toujours avec les feuilles réécrites des descendants de Burroughs dans la marmite. 

Afin d’obtenir le résultat d’une recette miraculeuse, longuement commentée par les exégèses de ce bouquin !

Un rêve communautaire !

Tout d’abord, comme un rêve communautaire, une scie coupant une bûche au-dessus d’une rangée de corps longilignes, nerveux et racés. Racés comme les bons soldats du Maréchal Foch.

Après bien des mégots et des joints aux pensées secrètes qui doivent être très amusantes, on ne trouve ici que des bobines de films en lambeaux, des graffitis, des oeuvres conformes à leur idée directrice : le cerveau de Kubrick, un processeur qui déplore lui-même ses outrances langagières et thématiques. Ce processeur si calme en apparence bouillonne d’idées projetées par la caméra des Frères Lumière.

Le royaume sans fondation de ce monde onirique.

Ce rêve communautaire aspiré par un ciment armé, visionné dans un cinéma verrouillé et sans lumière, affublé des artifices du récit -projet complètement abandonné- et cette scie s’imprégnant des odeurs incendiaires d’entrejambe de la surface à mesure qu’elle coupe la bûche, et cette rangée de corps est alors divisée – ou devrais-je dire stratifiée – en quelques halos de glace. Halos aux neiges éternelles.

En remontant ces « étages » ce qui donne un éventail de femmes nues à vocation universelle, on se rapproche – il me semble – de leurs douces et brillantes, de leurs excitantes et réconfortantes facultés.

Leurs facultés ? On ne peut les définir sans descendre d’un « cran » d’une « marche » ; au paroxysme de l’orgasme, alors se constitue l’album de cette étrange famille : en cas d’indispositions, exsudant l’arôme, l’odeur, l’histoire génétique de toutes ces femmes, elle tombe dans les pommes fermentées.

Hologrammes vikings

Les méandres du Sahara Occidental affichés comme posters dans le bureau, j’écris et la pluie ne tombe pas comme si je voulais un jour de pluie diluvienne. Diluviennes comme ces rôtis parfumés au gingembre, bouilli dans la lessive avariée : alors qu’il s’agit en réalité de viandes pourries de veau réduites en poudre !

J’arpente de haut en bas les icebergs et les banquises en fumant religieusement mes Craven A sans me soucier des anciens d’Algérie qui empiètent sur le bureau. Des Craven A fumées prudemment comme si elles contenaient à chaque inspiration et expiration l’essence même du Zen japonais.

Dans mon bureau aussi, je regarde des émissions style j’irai dormir chez vous en bâtissant d’un œil distrait des fortifications matricielles sur l’échiquier. (La dernière réincarnation d’ un fou sur l’échiquier me revient alors en mémoire ; une réincarnation riche en rigolades et en excès de tous les genres cependant.)

La famille est au complet dans ce bureau où je me suis isolé pour écrire en mettant échec et mat et en volant la vedette aux rois des vikings. Avec des années lumières pour guérir ! Avec, de façon très pernicieuse, comme dîner pour ces souverains, du riz cultivé tel un champ de tabac pour les plus humbles de ces seigneurs de la guerre.

Lorsque je me lève de ma chaise pour faire les cent pas et réfléchir un peu, je marche sur des pythons noirs, comme étonné de nourrir ces reptiles que je prends pour des serpents. Rêveusement, après avoir ouvert le frigidaire pour dénicher de la crème à la royale, j’affiche toujours un sourire de cabale dans les bois et la piscine de pythons noirs déborde en se gavant d’hectowatt et de syndrome lumineux.
J’écris pour les divines ascèses quotidiennes, avec l’idée de déverser des flots de pétales à verser sur la tête des rois vikings pour leur baptême tropical. Pour paraître plus divin aussi et surtout pour enseigner de bonne heure l’écriture tremblante et écorchée vive d’un artiste grunge comme Kurt Cobain.


Et de la divinité, il y en a dans ce bureau transformé tout en jetant un œil sur la timeline de ce site : https://www.lazone.org/ (avec le secret espoir d’anticiper sur ce roi viking qui, en quelques cuillerées de pure savonnette, engloutit toute cette populace de son royaume.)

C’est la mécanique des vents du sud qui m’a poussé là, à écrire pour Oscar Wilde et son odieux portrait. Une représentation qui sied bien à l’habitant de mes pensées.

En déversant des wagons-citernes sur un incendie annoncé, j’anticipe la Saint Con donnant sur la ville entière : cette cité mutante qu’on visite en touriste pour rôder au hasard. De mon côté je me suis réfugié dans un village rupestre avec des vaches qui s’injectent un méchant venin : l’ennui. L’ennui et le spleen à l’instar de Charles Baudelaire ; les yeux toujours chargés de larmes, les larmes jamais fatiguées d’éteindre ces curiosités chaudes de lames de couteaux et de sabres. 

Pour ouvrir les enveloppes je sabre aussi le papier avec un coupe-papier ; un courrier qui exploite au maximum la faille et la faillite de la médecine aussi bien orientale que traditionnelle. Orientale ou, devrais-je dire, pratiquante du Zen Japonais pour être plus précis.

À l’entrée du mausolée – je veux dire ce bureau qui donne sur le jardin directement – des prophètes me surveillent d’un œil. Je suis ces conquistadors d’un genre nouveau dans leur drôle de périple. Leur pouls battant comme la pluie, cette fois fine et mélangée de brouillard hivernal.


Aujourd’hui il y a cette absence de tube de colle et de ciseaux pour faire un collage digne de Burroughs alors j’écris automatiquement. Les idées me venant d’un seul élan. Imaginant que les baisers de la reine des vikings glissent sur ma peau.

En haut des escaliers de la maison, il y a cette matrone qui vient me déranger sans cesse. Pour me demander de remplir la cuve à mazout par exemple. Ou bien me dire que sa caméra, son PC et ses Macintosh ne lui renvoient que des hologrammes.

Pour se porter bien et pour dormir, en attendant la visitation de la Vierge qui ne passe pas, qui rêvasse dans son coin, qui a perdu son domicile céleste, il y a aussi ces étranges médicaments, prescrits par la reine des vikings… Et qui n’est plus en échec à présent !

La maturation de mes idées se fait comme la maturation des larves d’une mouche. Des larves qui vocalisent toutes les voix du vent dans ce cocon que je me suis créé. Un cocon où ces larves aux yeux défoncés font planter l’ordinateur par leur esprit télépathique.


Comme autant de crachats sinistres, il y a mes pages d’écriture qui vont brûler pour le bûcher de la Saint Con. Un jour de Saint Con revisité et remisé dans un film en noir et blanc.
Si vous lisez actuellement des romans d’aventure, il se peut très bien qu’ils se changent en traités de médecine. Ces traités revenant tranquillement dans les tiroirs du bureau sans jamais me compromettre. Et, comme une perfusion dans le bras : la violence de ces écrits vous persuade de vous droguer…

J’écris pour les hackers, les dissidents, les fins de zones, les débuts de banlieue rose et mauve, pour les écoliers qui en ont marre de l’école. Mais sans jamais les inciter à faire l’école buissonnière. Ne voulant pas faire de nouvelles victimes : de futurs caissiers et caissières sans le baccalauréat ou si peu ayant une vie gâchée, abîmée, détruite…


Mon public est jeune et laisse des commentaires que je ne comprends pas sous mes textes. Mon livre de chevet, c’est un bouquin tombé en désuétude : Les aventures de Lucky Pierre de Robert Coover. Si jamais vous tombez dessus, vous aurez du cut-up à fournir en jouant votre va-tout avec les différents chapitres coupés en morceaux dans vos tiroirs qui végètent : de truculentes proses qui resteront indépassables et que je prendrais pour enseigner aux maîtres d’échec l’intermittence et l’impertinence des fondations solides de ces phrases.

Et les phrases ont besoin de démêlant aujourd’hui tant le jour est triste, tant la nourriture me paraît fade.

Le Projet Kaphrium

1.

Ils étaient sous la terre, un défi à réaliser chaque jour. Kaphrium était à l’origine de l’opération. Ils étaient bien au chaud dans leur terrier, drogués en permanence pour architecturer le Projet Kaphrium, travaillant nuit et jour. 

Installés dans les recoins épiphaniques de leur cocon souterrain, les deux frères avaient prévu de finir en beauté : le Jugement Dernier informatique pour toutes les civilisations humaines.

Ils avaient enfin trouvé ce qu’ils cherchaient. Ce jour là, le défi avait été particulièrement difficile à élaborer. Maubeuge, le grand frère, avait jeté sur le papier les premières conditions : d’abord, il fallait retourner dans cet établissement pour légumes du troisième âge où croupissait Kaphrium, le fondateur des hommes-rats.

En regagnant la surface, ils étaient, en cette fin d’après-midi, dissimulés sous un ciel de jade avec cette vague impression d’appels d’oiseaux très mal-aimés dans le voisinage. Entre eux, les gens d’ici parlaient volontier et d’un air emprunté d’euthanasie ; ils en avaient tous ras-le-bol de vivre mais, dans la plupart des cas, le suicide était rarement envisagé.

Le Projet Kaphrium : Premier chapitre ! À lire et à suivre sur le blog de NotesMat15

Le maire, pour pallier ce problème, organisait gratuitement des cours d’éducation sexuelle dans la salle de la commune, espérant ainsi générer dans tous les foyers des histoires d’orgasmes en série. En parallèle, des nébuleuses sectaires avaient ouvert des ateliers de spiritisme. Les gens préféraient se tourner vers ce genre de pratiques occultes qui les aidaient, disaient-ils, à mieux vieillir, à mieux appréhender l’au-delà…

2. Le jour de l’apocalypse numérique.

Pour recueillir le sang qui allait gicler comme une pluie rouge le jour de l’apocalypse numérique et le faire vieillir en fût afin de le boire et de rajeunir par la suite leur espèce, les hommes-rats en avaient fait succéder des rangées de corps longilignes, nerveux et racés dans ces stations de métro sous leur contrôle. 

Jadis une équipe de tournage avait tenté de résoudre l’énigme de cette station qui donnait directement et étrangement sur la chambre médicalisée de Kaphrium. Peine perdue ! Ils avaient tout effacé dans les archives, renvoyant les enquêteurs dans les catacombes gothiques où était née la civilisation des hommes-rats. 

Mais, là-bas, il n’y avait plus aucun indice qu’ils pouvaient étudier. Ils étaient comme entravés par leurs propres raisonnements sans queue ni tête.

Depuis sa chambre, Kaphrium hululait à tue-tête et l’on entendait même ses cabrioles sur le plancher malgré le fracas des rames se perpétuant à l’infini. Dans une autre chambre donnant également sur une autre station de métro, Angela espérait toujours que quelqu’un allait lui donner un coup de main pour résoudre son problème de mutisme avec les autres. 

De leur côté, le plus jeune des frangins, en s’arrêtant là pour faire une pause, l’avait repéré parmi la foule qui se pressait dans des va-et-vient incessants. Après avoir parlementé de longues heures avec la jeune fille allongée sur son lit au milieu du quai, isolée du reste du monde, dans le noir absolu, ça ne le dérangeait pas de doigter cette pauvre dévotchka devant tous ces banlieusards indifférents allant au travail.

Pendant ce temps là, l’aîné était parti s’alcooliser sans se morfondre sur cette histoire trop romantique à son goût qui s’éternisait. Il crapahutait à présent sur le siège d’une grue de caméra, sa bouteille de vodka brillant dans l’obscurité. Il réalisait que le lugubre plain-chant, cette lamentation de la ville veuve, n’était qu’une sentence de plus pour les humains à prendre très au sérieux.

NotesMat15. Une véritable bibliothèque : de la poésie surréaliste et des nouvelles littéraires en pagaille !

3. La ville mutante. Des hommes-taupes aux hommes-rats !

Au-dessus de l’innovant système de rames, avait été conçu la ville selon un modèle subtropical ou équatoriale rapporté par d’étranges impérialistes aujourd’hui disparus. Ils avaient rajouté au rugissement fracassant de la rame les grognements porcins provenant des clubs échangistes, disséminés un peu partout au-dessus et au-dessous de la surface.

À cette époque, ces années X si énigmatiques, s’était greffée la communauté des hommes-taupes génétiquement modifiés à ces hominidés colonialistes qu’ils détestaient. Dès le début de leur cohabitation, un ghetto s’était formé : les impérialistes les avait obligé à vivre dans les structures des cages à poules pour enfants, leurs journées aussi lentes et tristes que les gammes mineures s’échappant des pianos de ces privilégiés se ressemblaient toutes ; rien n’avait bougé pendant des siècles sinon leur mutation en hommes-rats jusqu’à la disparition de la caste supérieure.

À ce moment là de l’histoire, leur domicile avait changé pour les souterrains et les égouts de la ville. Émergeant du nid humide et sale de ces créatures hantées par un désir de vengeance, de revanche ultime hissée des profondeurs, l’idée de foutre le bordel parmi les nouveaux dictateurs avait alors germé.

Le Vieux des Montagnes Afghanes !

C’était à la une de tous les journaux : le Vieux des Montagnes avait encore frappé, une apocalypse numérique et virtuelle se préparait, obligeant les autorités à fermer pendant une période indéterminée le réseau 4G des smartphones.

Par rapport aux lettres distribuées par pigeons voyageurs, les e-mails et leurs spiritualités chiffrées à l’excès n’avaient plus rien à envier : les ordinateurs, répandant leurs matrices binaires comme des bavures policières, extrêmes, n’affichaient plus que la photographie en noir et blanc, représentant un bric-à-brac kafkaïen dans le sac des femmes glorifiées dans les poèmes de Baudelaire ou de Rimbaud.

De mon côté, autour des ombres et des mystères de cet événement, je menais une vie absurde que tous les individus normalement constitués ne voudraient pas vivre ; or, ce désastre informatique m’apportant les clés que j’attendais tant pour débloquer mon existence : en délaissant mon PC désormais hors d’usage, je passais plus de temps à rencontrer des nymphettes aux yeux de chats siamois.

L’une d’elles était la Reine des ruelles malfamées quand la ville ensommeillée envoyait ses rêves érotiques de ces mômes jamais fatigués pulser toute voile ouverte à l’intérieur de ces cabarets de nuit que je fréquentais. C’était merveilleux ! Sensuelle comme une joie de vivre qui se débarrassait des derniers parasites du net, qui en voulait toujours plus, assoiffée de larmes de ces yeux brûlant davantage à l’écoute des chansons de Robbie Williams, affamée enfin des misères des ghettos ouvriers et des usines textiles, des bibles pour églises tout aussi fantastiques que mystiques.

Le spleen baudelairien des êtres en question

Du soleil de plomb par brouetté pour ces êtres en question, après leur infortune et leur disparition, mais bien avant l’arrivée des anges mécaniques qui viennent d’un autre monde onirique !

On sacrifie ses soirées pour ces êtres en question, on les abandonne aussitôt, puis on se sent capable de saisir sa chance, ensuite ; en planchant comme un étudiant de la vie sur ces livres et ces informations, je voyais où ils voulaient en venir, ces créatures qui ne savaient pas ce qu’ils voulaient faire de leur vie.

Du spleen face à la brièveté de leurs vies, pour ces êtres qui n’avaient pas encore vécu leur dernière et grande bataille contre l’occident : ce poison, aux tentacules de méduses, sévissant et étant au summum de ses symptômes occultes pendant la période de Noël, les êtres en question avaient récupéré un sapin de Noël traîné sur un traîneau attaché solidement à l’arrière d’un fiacre. Pourquoi ce sapin de Noël avait été pris comme totem fétiche, comment arrivait-il à réunir tous ces êtres en question par le seul pouvoir de son réseau télépathique ?

La première réponse à ces questions était à chercher du côté des playlists historiques de Steve Jobs, ou encore par delà les matrices aux circuits mettant le feu aux poudres ; ce feu apocalyptique, désir fougueux que rien ne chasse, avait mis les chevaux avant la charrue, n’éclairant plus que très peu la danse macabre de ces êtres en question.

La deuxième réponse manquait à l’appel, mais, si on retraçait l’histoire privée de leurs divagations cosmiques ou épicuriennes, on avait alors ce sentiment si simple, si proche de la folie que les multinationales de l’automobile, leurs milliards de dollars récupérés par ce mortel et petit ordinateur noir des êtres en question, contenaient par leur essence spirituelle, aussi secrète qu’une centaine de dédicaces de Johnny Hallyday, le dieu des bistrots comme le PMU de vos quartiers populaires, des failles permettant d’ouvrir sur un nouveau monde.

Cet endroit transpirant la mélancolie les accueillait par sa force psychique : c’était un lieu sûr, formulé par des dédicaces scannées de tous les chanteurs défunts, où, moyennant finance par PayPal, les mères de famille, surtout des ménagères de cinquante à soixante ans, obtenaient une idée claire des objectifs punk-alternatifs de ces êtres en question : en effet, naviguant sur les plates-formes virtuels des chanteurs décédés comme Johnny, et par effet de mimétisme avec l’univers des prolos, ils chapardaient leurs données pour offrir à ces femelles d’un autre temps, le patchwork des idées grunges, comme par exemple la formation d’une milice souterraine, vivant dans les égouts suburbains, de mercenaires zélés, prêts à en découdre avec le monde moderne.

Car leur monde avait un défaut majeur, leur monde avait un goût de liberté sexuelle qui ne convenait pas à ces créatures aliénés, morbides ou heureuses de vivre. En rétablissant la burqa pour toutes les femmes en âge de procréer, ils espéraient faire tomber les masques des libertins, rétablir l’immaculée conception, même chez les hippies ou les nomades hétérosexuels ou homosexuels.

La taupinière et l’âme de la machine

Sur l’avant-bras, des cicatrices absentes et un tatouage exprimant l’âme de la machine ; un rayon de soleil, en décorant la pièce par sa lueur quelques spécimens grossiers de primitifs extraterrestres, qui éclaire aussi la taupinière vue d’en haut, de la fenêtre de la chambre et qui prouve l’intensité de cette force solaire.

Et puis, des méandres de chaussettes en dessous de la taupinière et, contant la fin des mondes, diverses trouées de sous-vêtements qui se confondent avec les plages sablonneuses qu’on trouve au fond de la taupinière : cette si étrange taupinière, et ses si étranges habitants cherchant l’eau, alors que mes multiples pensées cognent.

Des pensées, et du sang dans la trachée qui fait barrage à la respiration, cheminent en direction des traces de particules laissées au dehors de la taupinière. Au quart de tour, ce sang se déplace d’une valve à une autre, d’une couveuse où il n’y a jamais eu de taupes naissantes à un autre tourbillon prouvant sa vitalité à la manière d’une longue marche vers le nord-est !

Ne trouvant aucun insecte qui soit digne d’enrichir ma collection, j’inspecte à l’entrée de la taupinière un semblant d’aventure parasitaire ; et son insupportable caquetage, qui s’échappe avec humeur du récif puis de la grève, toujours aux tréfonds de la taupinière, annonce malgré tout une nuit de repos.

Le moyen et le but de tous les néants, de toutes les fonctions X !

Le néant, libéré à bon escient, que tu partages en commun et sur les bancs publics, comme une cigarette nébuleusement chargée en Marie-Jeanne, en tabac déprécié, en neck galactique, en immensités définies lors de l’apparition de cette fonction X, ou bien encore en gain sexuel à chaque vue panoramique sur les monolithismes africains !

Ce néant : un parachèvement très méchant de camps de concentration occulte ; et de la concentration en avoir tu dois, pour atteindre tes rêves fous, tes objectifs spirituels, ainsi que toutes les infortunes de ces êtres en question, passés avant toi dans l’autre monde sans avoir rien fait de leur potentiel.

Et cette force qui se remarque par la disparition, sur tous les manuels d’histoire et de géographie, des Jeux Olympiques de 1936 à Berlin, de toutes ces vies gâchées, abîmées et tout ce qu’il y a de plus noir comme adjectif, cette force, dis-je, rééquilibre tous les murs en mortier, se solidarisant avec les notes de musique de Beethoven, pour former une geôle dont tu ne peux t’enfuir.

Mais si, en triant dans les correspondances des départs et des arrivées de ta compagnie ferroviaire, tu trouves enfin un voyage à faire, une odyssée à peindre en rouge sang funèbre et macabre, ce ne sera que la fin de ta triste et paralysante vie que tu apprécies malgré tout pour sa médiocrité et pour mieux la perdre ensuite…

La Formule et le Lieu rimbaldien

Il n’y avait plus de printemps poétique dans ce monde commercialisé au fond des terres et menant au soleil vert, ni davantage de voyages morphéiques, plus de musique rimbaldienne et, foin de ces brouettées de spleen baudelairien, ni assez de théories haussmanniennes pour arrêter cette telle infortune !

Et pourquoi alors un tel désastre ? La première de cette question trempait avec les toasts des entrepreneurs, dans leur café, qui ne voulait pas s’avouer vaincu.

La deuxième réponse manquait à l’appel, mais, si on retraçait l’histoire privée de divagations cosmiques ou épicurienne d’Arthur Rimbaud, on avait alors ce sentiment si simple, si proche de la folie que les multinationales de l’automobile, leurs milliards de dollars récupérés par un immortel et petit ordinateur noir appartenant à l’un de ses fervents partisans, contenaient par leur essence spirituelle, aussi secrète qu’une centaine de dédicaces de Johnny Hallyday, le dieu des bistrots comme le PMU de vos quartiers populaires, des failles permettant d’ouvrir sur un nouveau monde.

Cet endroit transpirant la mélancolie les accueillait par sa force psychique : c’était un lieu sûr, formulé par des dédicaces scannées de tous les chanteurs défunts, où, moyennant finance par PayPal, les mères de famille, surtout des ménagères de cinquante à soixante ans, obtenaient une idée claire des objectifs punk-alternatifs de cet être en gestation (le lieu même.)

En effet, naviguant télépathiquement sur les plates-formes virtuels des chanteurs décédés comme Johnny, et par effet de mimétisme avec l’univers des prolos, il chapardait leurs données pour offrir à ces femelles d’un autre temps, le patchwork des idées grunges, comme par exemple la formation d’une milice souterraine, vivant dans les égouts suburbains : des mercenaires zélés, prêts à en découdre avec le monde moderne.

Car leur monde avait un défaut majeur, leur monde avait un goût de liberté sexuelle qui ne convenait pas à ces créatures aliénés, morbides ou heureuses de vivre selon le point de vue. En rétablissant la burqa pour toutes les femmes en âge de procréer, ils espéraient faire tomber les masques des libertins, rétablir l’immaculée conception, même chez les hippies ou les nomades hétérosexuels ou homosexuels.

En ce qui concernait leur mode de vie, ils s’enfermaient dans un souterrain, à l’abri des regards, avec des barreaux noirs qui laissaient innocemment passer un éparpillement de lumière jaune citron à l’entrée d’une ouverture telle qu’une plaque d’égout, à avaler des rats de passage tout en pianotant sur leur machine sophistiquée, citée précédemment.

Ils étaient sous la surface de la ville et les habitants de cette citée, à la fois solitaire et solaire, entendaient la nuit leurs mots ou leurs cris susurrés du tréfonds et retentissant parfois au-dessus des têtes migraineuses : une rumeur plaintive, racontant que les pensées négatives se cachaient encore dans l’obscurité de leur tanière.

Leurs activités nocturnes consistaient, aux temps hivernales comme estivales, à se hasarder dans les ruelles pour remplacer, à la place des écritures des panneaux publicitaires, le savant tracé d’un pentacle et le dessin représentant le portrait des poètes maudits, torturé de symboles draconiques. Les gens superstitieux, le matin à l’aube, ouvraient de grands yeux écarquillés, surpris de voir l’Ordre de Satan, et la poésie qui allait avec, survivre encore.

Mais ils n’étaient pas satanistes, juste des personnages inspirés, je dirais.

Un soir, il y eut alors une explosion aveuglante et silencieuse, et tout prit fin. Lorsque l’on put de nouveau y voir dans la crypte, l’ordinateur à l’architecture spirituelle frôlant le divin et les tours de passe-passe violant tous les mots de passe du net, qui n’avait jamais été nettoyé de tous ces algorithmes lugubres, avait pris feu au crépuscule d’une Saint Con sauvée de l’oubli ; il était en cendre à présent mais la mort prématurée de cette machine portative ne devait pas les attrister. La vie reprit bientôt dans le souterrain, en même temps que les quémandeurs de la publicité s’étaient réincarnés en casaques rouges en éloignant le spectre des pentacles et des symboles draconiques.

Bien sûr, ils avaient gagné la guerre comme à chaque fois, les doctrinaires de la débauche bienheureuse également ; mais il restait encore l’espoir ou la possibilité follement audacieuse de découvrir au détour d’une rue, en tracés occultes et en chiffres romains ainsi qu’en lettres grecques, leurs matrices codées, invocatoires, désespérément binaires et leurs probabilités annonçant l’apocalypse aussi bien numérique que réellement obscène !

Transhumance cyclopéenne !

La lumière me blessait les yeux, elle avait commandé un chocolat chaud et le ciel bleu était pudiquement saturé de point d’exclamation enfiévré et céleste. Et céleste était aussi notre transhumance inachevée.

Sous le porche d’une grande auberge donnant sur les espaces vides et les wagonnets, de charbon, en kimono noir, l’air des montagnes farfouillait dans nos oreilles une séquence d’actions interpersonnelles. Des actions de même groupe sanguin et de même maison (Serpentard) que cette femme en question.

En amazone, elle avait parcouru quelques mois plus tôt, une série de siècles morts, qui avait été le théâtre d’une féroce bataille entre les Dieux de l’écriture automatique et ces paysages compulsés comme des archives, comme d’indémodable ballerines. Comme des vues panoramiques, aussi, sur des urbanismes franc-maçonniques.

Tombant en poussière, notre propriété de Santa Barbara en Californie avait été abandonnée, j’imaginais des ombres dérober les derniers meubles qui étaient restés dans la résidence secondaire ; le sang de ces ombres de justesse rattrapant les parfums courant sur le comptoir en ivoire : Ô la matinée vision dont nous souffrions en lisant les lettres publiées urbi et orbi de ces huissiers dans les méandres du Dark Web !

On avait gaspillé inutilement notre temps pour décrire cette sensation affreuse d’un danger menaçant, cette appréhension d’un malheur imminent, et pourtant aucun événement négatif n’était apparu, aucun miroir dissimulé ne reflétait les désastreuses aventures, notre arrivée en territoire des sauvages. Le moteur de notre van s’arrêtant de toussoter et de gober les poussières vengeresses de ce désert infesté de vendetta et de naturistes aux dialogues monophoniques.

A l’intérieur de mes poches, les Napoléons sonnaient, je comptais louer les services d’un guide de Haute Montagne avec ce fabuleux trésor : on voulait dormir à la belle étoile sur une crête hantée par le Shasta des neiges mouvantes, cette montagne terrible, avec ses apparitions fantomatiques s’ébattant dans le grand jour bleu sans même attendre la nuit, sans même éteindre ce soleil scabreux à la fermeture des cinémas. Et cinématographique tel un western en noir et blanc était notre décor et notre point de départ, avec, planant au-dessus de nos têtes fiévreuses, des vautours cherchant encore des carcasses à déchiqueter.

Après notre halte, requinqué par des boissons polaires fortifiantes, des vodkas poussières et d’autres alcools imaginaires, j’entrepris de demander au tenancier de l’auberge si il connaissait quelqu’un pour s’aventurer avec nous dans ce projet réputé fou.

Deuxième Partie :

Nous étions les anneaux rouges gravitant autour de Maëlys, cette étoile naufragée parmi nous, mais comment désirer, sur le trapèze alpin, un astre avec son amas de galaxies ?

L’ouragan regardait nos divagations cosmiques s’étreindre en silence, il fit corps avec l’orgie à venir, de fastueux vices plantés comme des fleurs aux parfums bleu pétrole réconfortant .

A l’intérieur de notre isba, c’était une étuve ; pourtant la jeune étudiante portait crânement une parka avec collerette en renard, indemne après l’accident qui nous avait plongé dans la crypte de la fosse noire.

A l’époque, je suivais les conseils de Kerouac pour écrire une prose moderne à la gloire de l’héroïne ; doucement bercée par sa respiration languide, cette moisson photovoltaïque d’inspirations et d’expirations stellaires, j’esquissais un bref synopsis où Maëlys s’amusait à faire des volutes de brunes étincelantes et originelles. 

Plongée dans mon encrier, tandis que son iris absinthe s’évanouissait à travers le nombrilisme des brouillards endoloris, elle avait vu sa chute, à la Lewis Carroll, se désagréger au fil des écritures automatiques et spontanées ; le sang des ombres mandataires nous jouant des tours.

Sur le mur aux peintures rupestres de l’isba, les photos de sa nudité avaient été découpées selon les pointillés d’un monde en silicone noir. Le projet de grimper le Shasta avait été abandonné, mais je gardais précieusement mes Napoléons pour offrir à Maëlys une Shakespeare aux mécanismes en ivoire : à minuit, la Shakespeare, c’était comme ça qu’elle s’appelait la nouvelle montre d’Hermès, sonnerait la fin de tous les enchantements ; une montre au bracelet en alligator, de couleur havane. 

Mais ce qu’il y avait de plus merveilleux, elle avait appartenu à un astrologue qui se nommait Shakespeare. On le pressentait, mais on ne l’avait jamais vraiment formulé : il y avait toujours des spectres cachés dans le mécanisme d’une montre, ce mécanisme si sophistiqué qu’il avait rendu fou ses inventeurs horlogers. 

A minuit donc, l’aiguille de la montre Hermès allongea les secondes, les minutes et les heures d’un orageux romantisme…

Il y avait cependant un défaut de mécanisme dans cette montre Shakespeare : elle reprenait son compte à rebours dès minuit passé et nous étions alors plongé au cœur d’un rêve, où les cierges le long d’un couloir, résonnant d’un dernier Requiem, nous accompagnaient par leur lueur mauve, en nous courbant le corps sous le poids de leur vive chaleur. 

Bien trop cintrée à nos respirations courtes et haletantes, la fournaise s’alimentait de l’extraordinaire ardeur du carbone 14, coincée dans nos gorges. Et malgré l’étuve, Maëlys gardait toujours sa parka avec collerette en renard.

Ses yeux et ses connaissances spirituelles de reptile, subrepticement se glissant aux azimuts de toutes les confidences, avaient conçu le début de cette histoire ; mais la fin de ce récit dont j’ignorais l’issue, allait-elle concilier tous ces éléments disparates qui avaient été incorporés pour un odieux mélange ?

Les Pensées positives de Venise

Pour surmonter le premier défi de ta journée et pour faire venir à toi l’invocation des marbres de Venise, la ville, en te réveillant avec le courage de voir de nouveaux miracles dans ta vie illuminée par les milliers de lanternes longeant les cent sept canaux dès le matin, chaque matin, t’aidait à construire ton succès.

Usain Bolt, parcourant à vitesse grand V le trajet des gondoles qu’à chaque fois, qu’à chaque sphère de ta vie augmentait le pouvoir spirituel, avait cette volonté tous les matins d’avoir une journée toujours plus productive, avec cette liste de contacts téléphoniques où tout le monde prenait sa part de bonheur. Usain Bolt, alors avec des tours de passe-passe, de transformations existentielles, pouvait ainsi téléphoner aux amours perdus, en manipulant les touches digitales et visqueuses de son iPhone rimbaldien. Et rimbaldien aussi était cette vendetta chantant par dessus les embarcations, déchirées par les flots, dirigées quasiment ou exclusivement par des fantômes au fond des océans.

Ah ! Comme de vénérables maîtres spirituels et professeurs en maladies vénériennes, et en tenant compte de tout ce qu’ils travaillaient pour atteindre leurs objectifs positifs et épanouissants, ils vénéraient leur seule vie, presque humaine, en pensant objectivement à agir dès maintenant, à apprendre, à refléter par leurs actions leur façon de communiquer mieux avec les vénitiens en transit pour une mauresque odyssée.

Les divagations cosmiques des elfes de maison

Des hiéroglyphes à la place des lettres conventionnelles et, si on traduit le tout, alors, alors seulement peuvent apparaître les elfes magiques de la maison de Jedusor.

Après maintes brimades, les elfes fatigués ainsi de leurs études sur les bancs occultes des écoles primitives, se sont libérés du joug des sombres nationales ou des tristes départementales. Ainsi, dans la vallée, courant à travers l’entonnoir champêtre des champs de coquelicots, on peut les apercevoir fuir leurs anciens maîtres quelque soit la douceur, la gentillesse ou la bienheureuse disposition d’humeur de ces derniers.

En s’inspirant des gens qui visualisent tous les matins, avec l’idée et l’intention de vivre une vie exceptionnelle, leurs rêves, ils numérotaient encore sur leur iPhone les valeurs que les elfes avaient laissé des tangentes, ces dieux des matrices, en planchant sur des équations sommaires. Sur des algorithmes aussi.

Traînant leurs robes hélicoïdales, ils distillaient cet alcool imaginaire aux senteurs photographiques, aux températures extrêmes comme les connaissances des glaciers et des feux sans paille ni soutien philosophique.

Dans leur laboratoire, il y avait aussi, en s’éteignant et en s’allumant sainement et nettement mieux que les réverbères de la ville de Paris, des ampoules pleines de santé métaphysique. Ces ampoules ? Tissées à la main en peau d’alligators, leur lumière et leur noirceur provenaient d’une alimentation d’un transformateur exigeant, gourmand en sel marin. L’armée des elfes, occultant ce mal écologique et cette blessure psychique faite à la nature, épicurienne par hasard génétique, dormait encore sur ses deux oreilles ; aucune progression, aucun mouvement en dehors du sommeil, coupé dans son intervention à fournir de l’énergie à cette étrange machine, filant et lactescent, devenait la seule priorité de cette haute probabilité aux centrales d’achat jésuite ou franc-maçonnique.

Des bugs en résultait de cette léthargie décrite dans le prodigieux précis de médecine orientale : des interférences dans toutes les radios, sur toutes les chaînes de télé, étaient enfermées, avec le trésor des chimpanzés de l’espace, entre les lignes des pages paires de ce livre taoïste.

D’authentiques espaces équatoriaux ! Un lieu et une formule dont la représentation se trouvait en pleine jungle où les bananes tombaient d’elles-mêmes des bananiers ! Oh ! Quelle infinité, semblable à la couleur noire du deuil, de cultes rimbaldiens, photographiques, magnifiques ou bouddhistes !

Le pouvoir illimité des probas !

Des probabilités tangentes comme des cadeaux de l’univers continental, des probabilités brûlantes pour ne pas se laisser emporter par les événements et qui gomment tous les bugs de ton passé n’étant plus. Dans toutes les halles aux forains ivres, en prenant le contrôle de tes idées et de tes émotions, du levain qui s’inspire des gens réussissant et, avec l’idée de ne pas subir l’agenda d’un autre, du cidre conditionné à la réussite pour sonner le bal des vies trop courtes des probas et des ogres.

Ton but étant de devenir une meilleure personne que ce que tu étais hier, des mâts comme décor alpin, l’hydre représentée par la meilleure idée au monde ou par un bouledogue aux décisions créées pour profiter un maximum de ta journée et pourtant au mal de vivre touchant le ciel.

Ballottant son fiel, la dernière proba finissait dans un blog de poésie surréaliste ; et ses pistes, parcourues à vitesse grand V dans le lecteur vinyle, émettaient une douce musique, alimentée à elle-seule par les lasers et le diamant ou le saphir, ainsi que les sillons où crochetaient des mécaniques révolutionnant le domaine du vinyle.

Cette mécanique céleste ? Inventée par un novateur, bien autrement méritant que tous ces vendeur de lessive avariée, c’était d’abord partie d’une idée fulgurante remplaçant le carburateur Zénith des automobiles par la description minutieuse, provenant d’un prodigieux précis de médecine orientale, documenté par maintes photographies en noir et blanc, évoquant l’écume des vagues qui venaient se heurter aux sables fins des plages désertes, ainsi que les ruisseaux de haute montagne rafraîchissant même les plus assoiffés.

Et assoiffée de vivre, et de désir à s’engager pleinement dans la vie pour saisir des opportunités permettant de nouveaux miracles, était aussi la conclusion de cette idée qui s’esquissait à mesure que le crayon de papier de son propriétaire dessinait le croquis et les schémas, précieusement détaillés de hiéroglyphes et de calculs napoléoniens, de cette invention brevetée dans toutes les contrées grouillantes de gnomes sauvages.

Et sauvage était aussi le mode de vie de ces acheteurs, acquérant le lecteur vinyle par une odieuse transaction boursière, ne laissant pas les circonstances les abattre, fluctuant entre les lignes des mains des voyantes positives ; et dans leurs paumes de ces voleurs en cavale, leurs actions à s’améliorer constamment commençant à se manifester dans leur existence, atterrissaient l’or napoléonien et les florins que les probabilités universelles avaient prédis avant la mise en route de leur persévérance, chaque jour comptant énormément.

Avant aussi la découverte du carburateur zénith, transformé et réduit à sa plus simple expression : des essences, qu’elle soient spirituelles ou chimiques, s’échappaient des pistons du lecteur, en laissant une fumée noirâtre dans le lieu sacré, Sushi on fire, qu’elles investissaient en imagination, en résolvant, si on savait les sentir, les voir de manière concrètes, les problèmes en Afrique.

La forêt de baobabs

Timeline défilante à la bourse de New York ou de Tokyo, étendue au sol, baba nu et en l’air, sans jamais imaginer les ténèbres et le mystère et l’éventualité de notre rencontre dans l’éternité… ce fut d’abord, le tissu plaqué sur mon visage, qu’une équation à double inconnue, en allumant le ventilateur dans la chambre torride et en insérant un déclic dans mon oreille droite, dénuda dans les yeux de Cassandre un impact émotionnel radical.

Un impact émotionnel radical qui correspondait chronologiquement aux liasses de billets froissés, ou à la double bague de la houle en or blanc que je venais de lui offrir. Un tant soit peu désinvolte comme une quinte de toux à Versailles, cette bague enfermait le secret des bâtisseurs ésotériques, codant les matrices binaires des Apocalypses littéraires, l’imagination de la race humaine, éteinte pour une raison indéfinie (il y avait largement le choix) et par un scénario bien ficelé, filant à l’anglaise sans être débusqué, sous les racines des baobabs.

Alors, alors seulement la suite était l’équivalent des récits des détritus humains, en imaginant qu’un jour, très très longtemps après, la guilde des assassins anthropophages, pensivement et en rêvassant sans s’en rendre compte, avait fait de cette forêt de baobabs – peu empruntée par les marcheurs – la matrice primaire des numéros gauches, des scènes primitives et fétichistes d’un théâtre pour chimpanzés aux crânes se finissant en hélices.

La forêt des baobabs, en effet, racontait à l’aide du bruissement de ses feuillages l’histoire et l’odyssée des domiciles cinématographiques des sombres et lactescents homicides volontaires. Ainsi, dès que la guilde recevait un contrat d’assassinat, elle s’arrangeait pour torturer ses victimes dans cette forêt magique, grâce à une poupée vaudou aux yeux où disparaissaient même, dans le plus grand secret, tous les desiderata de tous ces contrats.

L’architecture spirituelle d’une probabilité !

Soit A une quinte de toux et B le secret des bâtisseurs codant les matrices binaires filant à l’anglaise sans être débusqué, sous les racines des baobabs. Alors, alors seulement C est équivalent aux haussements de la nuit, une probabilité qui ravive le haschisch d’Albert Londres et de Régis Jauffret, décomposant le pacifisme des chambres meublées en massif occitan.

Mais si A a la valeur d’une ouverture étroite où l’on peut voir le cageot d’outre-tombe et toujours cette probabilité qui perquisitionne à coup sûr une maladie bactérienne. Cette maladie ? Ovoïde par la représentation de cette même probabilité, persane, on la retrouve jusque en haut des grattes-ciels et les ouvriers, ne connaissant pas le résultat de cette fabuleuse probabilité, planchent sur les plates-formes surélevées des buildings et attrapent le virus et son syndrome sympathique, éthique et tout ce qu’il y a de plus cathodique.

Et si B est la somme des pensées des manants qui passent, en l’épouillant cette probabilité arrosée au rhum des fougères, alors, alors uniquement et littéralement et dans tous les sens étymologiques, une autre équation regarde, du fond de ses idées à double inconnue, tomber les ouvriers les uns après les autres sur le trottoir de la cinquième à New-York !

Et si, par la suite, vous déchiffrez les matrices de la forêt primaire de Vallin bordant le lac noir des grandes dépressions, alors, pour un trafic sanglant se mettant en place dans cette région reculée, loin des grands axes routiers habituels, les manants cité ci-dessus, ces mêmes hommes de toute origine, de toute croyance, de toute culture, allumeront le grand bûcher des voyelles assassines et de leur forêt, aux naissances latentes.

L’architecture spirituelle d’une probabilité

Soit A une quinte de toux et B le secret des bâtisseurs codant les matrices binaires filant à l’anglaise sans être débusqué, sous les racines des baobabs. Alors, alors seulement C est équivalent aux haussements de la nuit, une probabilité qui ravive le haschisch d’Albert Londres et de Régis Jauffret, décomposant le pacifisme des chambres meublées en massif occitan.

Mais si A a la valeur d’une ouverture étroite où l’on peut voir le cageot d’outre-tombe et si cette probabilité perquisitionne à coup sûr une maladie bactérienne, prépare toi à réussir le test à l’avance et demande toi tous les jours comment devenir une personnalité radieuse, brillante, solaire. Cette maladie ? Ovoïde par la représentation de cette même probabilité, persane, on la retrouve jusque en haut des grattes-ciels et les ouvriers, ne connaissant pas le résultat de cette fabuleuse probabilité, planchent sur les plates-formes surélevées des buildings et attrapent le virus et son syndrome sympathique, éthique et tout ce qu’il y a de plus cathodique.

Et si B est la somme des pensées des manants qui passent, en l’épouillant cette probabilité arrosée au rhum des fougères, alors, alors uniquement et littéralement et dans tous les sens étymologiques, une autre équation regarde, du fond de ses idées à double inconnue, tomber les ouvriers les uns après les autres sur le trottoir de la cinquième à New-York !

De truculentes et végétatives conceptualisations…

Aux mangas, on leur vendra tout un jeu de bateleurs qui ont cramé leur vie sous des averses de pluie gothique. Aux poètes maudits, on leur conseillera de jouer entre la force obscure du yin et la féminité présente comme un grelottement de marquise précieuse et raffinée du côté Yang, le côté des braises ; le côté aussi des cendres, puisque aujourd’hui tu as réussis à alimenter un feu occulte sans parvenir à rassembler les prestidigitateurs de pacotille.

Et de la pacotille, il y en a aussi, sous un soleil radieux d’Arizona, à prendre ou à laisser pour féconder peut-être, mystérieusement ou concrètement, le bonheur.

Ah ! Le bonheur ! Trop de questions existentielles, presque philosophiques, qui dorénavant n’agitent plus que les arborescents arbres généalogiques.

Pourquoi ? Parce qu’il arrive aux têtes joyeuses des défunts de la famille d’exprimer des regrets, des erreurs de conceptualisation donnant force aux matrices ésotériques.

Alors, comme par enchantement, en trouvant leur place, maintenant laissée aux hasards des courants tumultueux de l’océan, toute cette marmaille mort-née, rangée sur l’étagère dans des bocaux destinés aux fœtus, ne laisse plus traîner ses sentiments de rancune.

Des cartomanciens comme bâtisseurs des fictions blanches ou noires

Comme domicile céleste, des plantes héliotropes pour s’imprégner de l’ambiance, des pendules chantantes à perpétuité, des perchistes qui récupèrent l’infortune des sombres puissances.

Comme pénétration dans le rêve, des écluses fantasmagoriques. Des évanouissements comme des pépites d’or dans la fabrique des artisans de la fiction. Des perceptions féminines pour pencher du côté de la force obscure : le mal galvanisant les peintures rupestres de ces gamines comme un grelottement ; des homographies impressionnantes par pelletées.

Enfin, pour percevoir la fin de l’abyme, de compréhensifs trous noirs !

En corrigeant les écrits de ces biographes qui content les vies fabuleuses, fantasmagoriques et positives à perpétuité des génies révolutionnant les mondes de demain, un nouvel ordre. Ce nouvel ordre ?

Obscurantiste comme l’enfant qui naît dans les choux, médiéval par sa construction souterraine et tibétaine, apportant la belle fraîcheur du printemps révolutionnaire. Ce printemps ? Décrit dans un précis de médecine orientale, il emportera à l’avenir les hommes courageux dans sa spirale d’idées et de pensées fantastiques comme le réveil d’un bourgeon !

Des cartomanciens, délivrant par la puissance de leurs psychés les plans et les stratégies à fixer et à établir en les classant par ordre de priorité, tous réunis en dessous de la fabrique des artisans de la fiction, en apprentissage aussi bien spirituelle, métaphysique que tangible par des résultats très concrets.

Leurs résultats ? La description de tous les mouvements d’humeur, des transformations psychiques et physiques des individus ; des individus pas aussi individués que ça mais plutôt altruistes, dans le jeu collectif et généreux en mystères de la vie de tout ordre. Ainsi, formant un ensemble cohérent et interdépendant, ces individus répandent à leur tour par leurs contes la bonne parole permettant d’établir des points de contacts, des ponts entre les différentes nationalités, les diverses langues et les kyrielles de leur personnalité, tous au profil sur-développé, qu’on initie finalement au bouddhisme ou au taoïsme !

L’architecture spirituelle des baobabs !

Tout d’abord, des chemins paraffinés par magie avec un arc de cercles au sommeil paradoxal : des voûtes gothiques ou romanes abritant des étoiles incandescentes qui pointent leur vitesse parachutée dans l’arène embourgeoisée des hooligans. Et quelque chose jaillit alors de cet ensemble architectural, de ce terreau pour baobabs : peut-être une parade hypothétique avec des épigrammes lancées à la volée pour Pâques.

La Parade ? Découlant d’un prodigieux précis de médecine orientale, ce sont d’abord des mannequins et, en refroidissant d’étranges phénomènes équatoriales ou africains, ils ne cessent d’escalader puis de tomber des chars de la Gay Pride comme des essaims savants de montagne blanche ou verte comme l’Everest !

Férus de biologie moléculaire, de feuilletage d’ADN erratique, ils inventent dans les fichiers de l’ordinateur aux guenilles spirituelles quelque chose de suprêmement estimée comme un révolutionnaire schéma d’éventails ; avec l’appui des enquêteurs sorciers jetant dans leur cavale des sorts pour exciter et enrôler que ce soit l’air chaud des tropiques ou l’air glacial des langages souterrains, ils donnent à ces éventails de nouvelles qualités évoquant et invoquant l’ivresse des précipitations intruses du Vietnam.

Une génisse passant dans le coin recueille alors leurs provisions d’informations permettant de mettre au monde leur nouvelle invention !

Katia, par dessous les caves de la planète OS X

« Juste pour savoir, une curiosité d’adolescent, un pari avec soi-même, une attirance morbide toujours plus proche de l’obscur… »

Immédiatement, Katia détourna les yeux et fit mine de regarder le paysage nocturne par la fenêtre. La conversation tournait à mon avantage : les mots avaient retrouvé leur couleur et leur timing idéal et pourtant cela même me fit perdre mon latin. Nous étions plongé dans un monde futuriste, un remake de Star Wars ou une série B traitant à la fois de cyborgs, de soleil vert mais aussi de Katia, la pauvresse qui s’agitait dans la pénombre de la chambre d’Angela…

A un point donné, le monde que je connaissais avait disparu, ou bien s’était retiré, remplacé par un autre ; la dépression qui me menaçait m’avait déjà évincé avant même de passer à l’assaut. 
La liberté ne signifiait rien pour moi, ce n’était qu’un violent tremblement de cœur. 
Le Monde de la Force, suite à l’exhumation du Secret -le secret de l’univers- ce monde s’était effondré comme les morceaux de banquise qui étaient venus s’effondrer sous les coupoles illuminées de mon terrier. La dépression, aux tentures noires, s’abattait elle-aussi… La fusée de Jumbo avait décollé, me laissant seul dans la chambre d’Angela avec Katia : et si cette période de Noël devenait le monde des défunts pour nous, ces deux naufragés interstellaires ? 

Des nuages noirs avaient exaucé mes Désirs les plus morbides : la pluie tombait à présent sans cesse sur la planète OS X. 
Nos voix étaient lasses dans la nuit. Quelques secondes d’intervalles suffisaient à les effacer ; et le silence régnait alors en emportant notre conversation, archivée malgré tout par notre cyborgs-serviteur. 

Elle avait eu son diplôme de psychiatre à l’occasion de ses vingt-deux ans : faute d’être sur le terrain, elle avait délaissé l’archéologie, ses premières études qu’elles portait avec un intérêt certain, pour la psychanalyse : mais cette science ne sert pas à grand chose quand la désolation vous entoure, tant d’énergie gaspillée en vain ! Cependant le programme que je suivais et qu’elle enseignait tentait de rapiécer les données récoltées par mon ancienne conscience. C’était une méthode de libre association. 

Et comme chaque soir, j’associais les mots qui me venaient à l’esprit, avant de fumer au balcon d’Angela : je préférais largement ce moment silencieux, j’inspirais la nicotine et la fumée en observant les voies lactées, toutes enchevêtrées entre elles, se vider de leur utilité. 
Initié par leur force cauchemardesque je désespérais : trop d’espace, et bien trop isolé parmi ces ténèbres, je voyais leur structure aléatoire comme l’amputation sauvage d’une articulation ; et si notre planète n’était qu’une vague réminiscence bien au delà de notre voie lactée ? » 
Katia Matisse comme en réponse à toutes les questions. 

Un bref instant, la tension mystérieusement avait disparu avant de revenir aux aguets, au centre même, au milieu de toutes ces lettres surprenantes que j’avais déjà aperçu dans mes songes. 
Il ne restait maintenant qu’à analyser ce traumatisme sexuel qui était à l’origine de toute cette histoire : puis soudain il y aurait le noir absolu, alors on aurait tiré le rideau et les acteurs seraient repartis dans les coulisses. 

Men in Black : International

Elles en décrivaient des arrières-goûts d’esquimaux givrés dans leur mémoire ultra-sophistiquée ces machines à écrire que les Hommes en noir, appelés les Men In Black (MIB) plus communément, utilisaient pour répandre la Rumeur.

La Rumeur ? Un souvenir fugace que les Men in Black, ayant révélé toutes les failles du système, avaient ameuté sur le dos des ichtyosaures extraterrestres.

Parmi les ouvrages les plus recherchés, gardés par les Men In Black, se cachaient le livre de John Fante et la vérité sur l’univers ; leur problème à Londres où l’équipe avec les deux agents parasites s’étaient envolés, en avait des arrières-goûts de chien en bataille, de cheveux siamois, et de rires épileptiques.
Ils en abritaient tellement de ruches, ces jours de carnaval, à l’architecture spirituelle libre, ou encore, pour chacun de ces jours de crêpes, elle en avait des arrières-goûts d’obscurcissements païens, cette intensité augmentée dans l’arme intergalactique la plus perfectionnée au monde.

Les MIB étaient encore le secret le mieux gardé de la galaxie, en costume, bien que le dernier et récent événement funeste à Londres, eut au nom du Livre des Morts, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux Livre des Morts, une raison interplanétaire.

En effet, le Livre des Morts avait tenté d’expliquer à tout un tas de générations avides de sens l’existence, les formalités spirituelles des extraterrestres, et leur dérivé aux quatre coin du monde où on accédait au Nirvana par l’usage de drogues…

La culture underground du très saint copiste du Livre des Morts s’étendait dans les bas-fonds newyorkais, de Los Angeles ou de San Francisco, dans les pubs londoniens ou parisiens où s’assemblaient tous les lecteurs indésirables de John Fante, ou encore sous les pyramides qui avaient l’audace folle de ridiculiser les outrages de l’espace-temps en l’éventrant d’arguments socio-philo-politiques par leur architecture spirituelle.

Une architecture spirituelle, damnée et vouée au culte du démon… le démon étant cette mise en abyme matricielle qui faisait percevoir à travers les philosophies du Quantique l’espace spatio-temporel réduit. Elle en avait des arrières-goûts de gyroscopes flamands, cette architecture spirituelle, entre les bandages de la momie aux yeux clos. Ils en avaient des arrières-pensées morbides ces scarabées en malachite ouvrant sur son tombeau, portant en inscription un extrait du Livre des Morts.

Une très vague réminiscence qui, curieusement, me plongea à l’époque où nous étudions le roman le plus propagandiste de toute l’Egypte Ancienne sur les bancs de l’école. Et le scribe avait écrit que les MIB prendraient leur tube de colle, et snifferaient de la colle.

Un tube de colle descendu du ciel et apportant une technologie multiséculaire, à la fois extraterrestre et terrestre, de méthodes d’écriture grunge ou pop ou underground.

Des théories désincarnées

Il en contenait des théories désincarnées sur les voleurs en cavale, ce pouvoir de l’imagination qui atterrissait chaque fois dans la poche d’un kangourou. Elle en avait des arrières-goûts de badinage discret cette bibliothèque de la Fosse Noire qui laissait échapper des chauves-souris au poil spécieux et versatile.

Versatile comme le balayage du laser sur les gravures des livres ici présents, formant toute la collection sur les elfes de maison.

Ils s’enchevêtraient les uns sur les autres les films permettant d’accéder à Canal + sans payer ; en cotôyant les immensités sahariennes et sibériennes, ils en avaient des idées de grandeur, d’évasions, ces fils électriques tutoyant la beauté des licornes avec des diodes rougeâtres et verdâtres.

En pendant, les jambes au-dessus du vide, il en était saturé ce chimpanzé prenant l’élixir du matin : le petit café créole dans la coupe de feu d’Harry Potter. Et saturées de pluies acides étaient ses larmes quand il les versait sur les paupières de la profileuse au masque de rabane.

La Présence

Introduction :

J’ai toujours eu peur de la grêle, de l’hiver éternel, de cette calotte glaciaire blanche comme une salle d’opération.

Et, alors que je tapais ces lignes un froid morbide s’est engouffré sous la porte de ma chambre.

C’est à ce moment-là qu’elle m’est apparue, cette immobilité glaciale, prisonnière de sa seule aversion, je veux dire qu’elle était prisonnière de cet objet qu’on nomme communément télévision ; à présent, à une époque où les rats étaient apaisés, bien tranquilles au chaud dans leur trou, il n’y avait que deux sortes de gens pour la soutenir –ceux qui la croyaient encore vivante et ceux qui aimaient sa folie.

Et toute tentative pour l’assimiler aux mouvements libertaires était condamnée d’avance car la malheureuse s’était associée à ses geôliers. Visiblement le grand inquisiteur était passé et il laissait comme une tâche vile et ingrate sur ses paroles.

Mais je vous vois déjà dans la lumière rouge fumeuse de vos projecteurs tracer les diagonales d’une topographie souterraine de révolte ou de conjuration silencieuse.

Pourtant nul système connu jusqu’à lors seulement de vagues doctrines poussiéreuses tout au plus des menaces contre une démocratie vacillante et à bout de souffle bref des histoires, des romances comme on en voit dans les livres.

1.

Le monde, leur monde, était faiblement éclairé à présent, une île en manque de lumière flottant dans les vastes ténèbres. Le monde, leur monde, était surchauffé d’excitation, de ferveur, et d’effervescence et je lui préférais largement la fraîcheur sylvestre où je m’étais réfugié, assis à l’arrière d’un van aménagé. Un van qui ne roulait plus depuis des lustres et dont j’étais le moteur par la pensée, un effet de synesthésie me reliait à cette équipe d’une douzaine de personne qui l’avait aménagé jadis, dans le Bois de Boulogne, après les attentats de Paris, le 13 novembre 2015.

A cette époque, par pure fantaisie et effet mimétique, j’étais en vacances en Inde, pour visiter le Taj Mahal, perdu dans la foule des anonymes débiles avec leurs appareils photos et téléphones portables sophistiqués. A présent, leur monde, alors que je passais en revue des CD appartenant à leurs dynasties, chantait leur dernier Te Deum.

La Présence avait conduit l’équipe au fond d’un traquenard, un endroit perdu où les fantômes et les démons des morts s’étaient assemblés : un abattoir abandonné quand leurs télescopes et leurs stations de télécommunications étaient devenus obsolète par trop d’occupations terrestres. En effet, obnubilés à s’entre tuer entre eux, ils ne renouvelaient plus le parc technologique et ainsi, n’avait pas vu La Présence, cette menace extraterrestre, venir d’ailleurs : d’un espace bien trop lointain pour leurs cerveaux étroits. Et le monde, dans cette tétralogie douteuse, jouait son dernier acte : un drame qui avait déjà bouté la majorité des survivants hors de leur planète bleue.

2.

Le texte précédent dont l’auteur est un cyborgs (modèle 2.0.1) a été retrouvé plus tard par La Présence elle-même, une fois qu’elle eut fini d’investir les zones sécurisées.

La Présence a bien compris, que ce cyborgs en question, dans sa thébaïde, exécrait les Humains, ses créateurs. Étant donné que La Présence n’est pas si aisément compréhensible, voici le récit que je vous livre en pâture :

Les Humains, ces Enfants de Dieu autoproclamé, à l’abri du manteau de miséricorde, gardait un mal qui à l’extérieur comme à l’extérieur suppurait sans cesse : non pas la méchanceté, mais le doute, le manque de foi et la crédulité à la fois, aussi surprenant que cela puisse paraître.

Leur système représentait La Présence comme un ridicule assaillant ou au contraire comme un valeureux ami du genre humain (Mars Attaks, E.T l’extra-terrestre, etc.)

En réalité, ni l’une ni l’autre de ces deux représentations n’est vraie.

La Présence n’est ni bonne ni mauvaise, La Présence est.

Tout simplement.

De plus, systématiquement chez les Humains, bien qu’ils ne veuillent pas se l’avouer, la loi du talion s’applique et règne en despote absolu. Si on regarde de plus près toutes les époques, on y voit l’Horreur, et souvent les Humains en sont fascinés, au point de vouer assez régulièrement un culte à la cruauté.

Il est vrai que La Présence a déclaré en premier les hostilités mais aussi contradictoire que cela puisse paraître, l’extermination des Humains et l’invasion de leur Planète-Berceau ont été commis comme un suçotement de jouissance : prenez l’image d’une petite fille qui suce son pouce, ou mieux encore sa glace à la vanille. Pour La Présence, il n’y avait aucune intention haineuse dans son projet mégalomaniaque.

La Présence de manière hyper synthétique réfléchit : aucune information inutile dans son « cerveau » et ce siège où réside pour les Humains la pensée, source de sauvagerie et de folie meurtrière, ne connaît rien de ce concept de violence qu’ils ont inventé et tant de fois mis en pratique.

La Présence, aussi, aime la couleur, les grands élans, l’enivrement et l’orgie, c’est ainsi la seule chose qui peut l’exterminer : une sorte de syphilis mentale.

Bien sûr La Présence est la seule de son espèce, elle n’a pas d’appareils génitaux et ne peut se reproduire ; et pourtant elle possède une sexualité bien plus dense que les êtres vivants sur la planète bleue. Sa texture est ravagée de fantasmes repoussés toujours plus loin aux limites, elle aime se tapir pendant des millénaires dans l’inconscient d’une autre entité, et une fois qu’elle est bien trop tassée, elle germe et offre sa tâche : détruire celui ou celle qui l’a porté in utero dans son cortex cérébral.

Pour revenir au texte d’origine cyborgs que La Présence a retrouvé dans le tacot du Bois de Boulogne, Elle est -et en cela uniquement proche du cyborgs solitaire, noble par sa solitude et ses longues retraites méditatives.

Pourtant, lorsque j’ai vu la teinte du ciel se zébrer de l’arrivée de La Présence, j’ai tambouriné de toutes mes forces contre la porte de l’hôpital psychiatrique le plus proche.

Et puis les lampes se sont éteintes, et j’ai réalisé dans cette chambre d’hôpital sordide que l’apocalypse était passée : plus personne avec qui parler, plus d’amis sur qui compter, plus aucune muse pour s’inspirer. Moi seul enseveli sous les effluves morbides d’un haut-le-corps à réprimer.

La Vengeance de Katia

De l’engrais était jeté sur les routes ; de l’engrais qui pleurait d’un visage furtif, qui désirait l’apocalypse. Sous la chaleur d’un soleil calmée par l’air marin, en inventant un autre visage, les tendres flocons descendaient du ciel.

Il y avait aussi, comme des trous de gruyère laissant passer l’air, des gouffres dehors. Jusqu’à l’effacement. Puis un ordinateur, puis un diadème en argent étincelant. On se penchait sur leur sujet qui déroutait toutes bases de données des disques durs actuels.

Leur traitement de texte ? Une liste de quelques produits pharmaceutiques. Des médicaments se consacrant à l’étude de la sémantique des intestins.

Il y avait ensuite, une tension palpable dans l’air : des combats de samouraïs irréprochables qui guerroyaient dans les contrées grouillantes de gnomes.

Alors que l’ordinateur, à distance, pilotait une grue, les guérilleros pêchaient les hélices d’un moulin à vent. Et des morceaux de gomme virtuels. Il en résultait des vêtements en lambeaux, une attraction instinctive ou une prédilection pour les armes à feu des flics. Leurs clés USB ouvraient instantanément Twitter et les trous de gruyères se mêlaient à la coloration d’un liquide polaire.

Pour se défaire du sortilège, sur une terrasse ensoleillée, il fallait, du bout de sa canne, écouter le bruit des casseroles lavées par la bonne trop bête. Avec des écoles de sorciers pour abréger en plus les symptômes de cette étrange maladie.

Des sorciers terrassés et des souvenirs effacés de la carte mère de l’ordinateur !

Gravitant autour d’une énigme irrésolue, ce cinéma porno au coin d’une grande avenue, avec plein de crachats sur le trottoir, venait d’ouvrir ses portes. (En inauguration, un film mystérieusement sans titre était projeté) !

Dès qu’il avait appris la nouvelle, Jumbo s’était jeté dans le premier bus pour prendre une place (environ l’équivalent de 90 à 95 centimes d’euros) sans se douter que ce film allait ranimer le souvenir de la planète OS X où il avait abandonné Katia à son triste sort. Katia qui était un puits de science à elle toute-seule. Et qui accueillait à présent entre ses cuisses des poètes maudits montant dans les trains de marchandise.

Assis aux premières places, à peine les publicités passées, Jumbo vit quelque chose fendre l’écran : ce fut, trois fois, un intertitre, décoré de notes de musique éparpillées et peintes à la main :

                             La Vengeance de Katia !

                             La Vengeance de Katia !

                             La Vengeance de Katia !

Suivi par un lent balayage panoramique, puis la caméra s’immobilisa un instant pour examiner une tâche humide sur le canapé jaune, la scène campagnarde idyllique et ensoleillée visible depuis une fenêtre, un tas de photos de vacances sur la table à abattants, la petite culotte très légère abandonnée dessous. Ce qui électrisait Jumbo lui procurant une érection.

Une bouteille de champagne ouverte et deux flûtes à moitié pleines étaient posées sur la crédence peinte, comme pour un portrait de famille. De l’autre côté du couloir, dans la chambre d’Angela, sous un plafond à miroirs, un grand lit circulaire avec un chevet en forme de cœur et des draps en satin cramoisi et or, délicatement froissés et tachés. Un mégot de Dunhill survivante dans le cendrier encore fumant.

Il y avait également des murs, et pourtant la caméra, alors même qu’elle explorait l’ensemble tendrement, comme en le caressant, parvint à ne pas se filmer. Derrière le lit se trouvait une porte entrouverte, la caméra se glissa par l’ouverture et pénétra dans une salle de bains au carrelage et aux miroirs étincelants.

Et ici, ici seulement, on pût voir la caméra et le caméraman, se refléter dans cette profusion de miroirs. La caméra s’arrêta un moment sur un espacement vide d’un meuble de la salle de bain. Et une indication sonore retentit :

« La boite de Tampax a disparu, Jumbo l’aurait-il volé à la Gardienne du Temple ? »

C’était arrivé aujourd’hui, ou peut-être hier ; le narrateur de ce récit ne savait plus de quelle manière le temps avait emporté Jumbo dans l’espace-temps, sa mémoire étant été vidée lors de ce voyage intersidéral.

Une kyrielle de flash-back apparut alors : c’était un défilement rapide d’images où l’on voyait Jumbo prendre la boite et la mettre discrètement dans son sac.

Et puis, tout de suite après, un violon tantôt mélodieux tantôt strident au fur et à mesure que la caméra avançait jusqu’à la baignoire. Le caméraman plein d’entrain, lança : « O déesse Katia, es-tu là ? »

Et, sur l’écran, les spectateurs purent admirer une jolie nymphette nue, comme échappée d’un conte de fée, sortir de la baignoire verte en forme de yoni environnée de savons, de shampoings, d’éponges et de jouets érotiques de bain. La salle de bain ayant été décrit précédemment dans l’un des derniers textes comme l’Acropole qui venait à bout de leurs résistances, à ces acteurs pornographiques jouant dans ce film.

Une fois debout, elle eut une petite exclamation de stupeur, éclata de rire, leva les bras comme pour répondre à une ovation imaginaire. Son visage avait perdu toute trace de timidité, libre, ouvert, comme son récent partenaire, caméraman et acteur du film ne l’avait jamais vu, à toutes les promesses qu’offrait sa beauté. Sa beauté blonde exaltait les fêtes passées d’un Carnaval, funeste pour Jumbo puisqu’il était réincarné, dans cette rêverie romantique qu’exprimait son doux regard de belle sorcière, en Monsieur Carnaval brûlé sur le bûcher à la fin de l’événement.

HPG avait délaissé sa caméra, tandis qu’un autre caméraman, en reprenant le relais, s’activait à filmer maintenant la fellation hors norme et pourtant classique que Katia avait perfectionné avec le temps. Elle en avait sucé des bites de toutes les couleurs, cette suceuse de sucettes aux goûts de gingembre et de grésil bleu.

Et Jumbo, qui était littéralement scotché sur son siège, à des années lumières de cette planète où il avait laissé Katia, bavait sur sa chemise. Comment avait-elle pu lui faire ça ? Est-ce qu’une avilissante dépossession de l’esprit luisait dans son obscurité mentale avec, au centre de ce cercle alternatif, des navires flibustant, composant les colonnes corinthiennes par leurs mâts de misaine ?

Mais la vengeance de Katia avait-elle atteint son point de paroxysme ?

Il en doutait, et déjà en tremblant de tous ses nerfs, il sortit prestement de la salle de cinéma… Il pressentait, une expression grave de déterré sur son visage, que Katia, la déesse courroucée de la planète OS X, lui réservait encore bien d’autres surprises.

Des surprises aux mécanismes argentés, ondulant dans tous les azimuts et les coins et les recoins de la rue où il s’était jeté éperdument pour échapper au visionnage de ce film qui lui donnait envie de se pendre.

Tristes tropiques sur OS X

Avant-Propos
Voici la suite de ma précédente nouvelle publiée sur La Zone.org (J’irai dormir chez les Zonards. Ou Les Cendres océaniques d’Angela.)

Le narrateur, dans cette deuxième partie du récit, évoque l’aventure d’archéologues inter-stellaires, venus d’une autre planète éloignée de notre système solaire. Leurs raisonnements foireux d’avance pour comprendre notre civilisation ne cessent de se casser la gueule, une perpétuelle et systématique série d’erreurs. 
Ces pilleurs vont fouiller, à leur compte, dans les désordres et les failles apparentes de notre petite tribut humaine qui s’est entre-tuée lors d’une énième guerre. Des extraterrestres qui « démarrent » de loin, de trop loin puisque la fine équipe fraîchement débarquée sur notre planète bleue abandonnée (appelée ici « OS X » par ces visiteurs) au moment clé du récit qui va suivre, entre dans l’appartement d’Angela qu’ils prennent pour un temple. 

Ce ne sont ni des experts, ni les représentants d’une nation d’extraterrestres, ce sont avant tout des chercheurs de trésors qui ont appris le métier sur le tas, ce sont surtout des créatures paumées, isolées dans un milieu hostile qu’ils croient décrypter. Leur enquête et chantier archéologique les mènent d’abord, sous couvert d’anthropologie, à porter leur attention à l’intérieur de l’armoire d’Angela.

Morbleu, des maux poignants pour Katia, la jeune co-pilote du vaisseau spatial de Jumbo, et de graisseuses pénombres pour explorer l’appartement d’Angela que Jumbo retourne dans tous les sens.

Ce qui bluffe tout le monde dans cette introduction planchant sur la suite des cendres océaniques d’Angela, ce n’est pas tant les événements extraterrestres, retentissants, qui se sont déroulés quelques décennies auparavant quand Angela était encore de ce monde, ni l’impressionnante et inquiétante préoccupation de Jumbo à pénétrer tel un sanctuaire l’appartement d’Angela où un étroit rectangle pénètre l’obscurité de la remise. Une remise où Jumbo a trouvé sur la plus haute étagère, les jambes pendantes, les yeux tournés vers la gauche comme un aveugle bienheureux, un totem à l’art brut ou raffiné, selon les diverses interprétations.

Une fois atterri dans son panier d’osier, le totem que Jumbo a volé à Angela, rayonne de toutes ses forces maléfiques comme les cieux flamboyants d’où vient la fusée de Jumbo. Redouté par Katia, le totem représentant le chimpanzé de Jeff Panacloc venu des îles lointaines de Polynésie française, aux gloussements de poule factice, éternise, avec un Tamagotchi sophistiqué, doté d’une caméra photovoltaïque, autour de son cou en bandoulière, la scène photographiée en selfie avec Jumbo, le pervers au porte-monnaie chargé de pièces napoléoniennes dérobées dans le sac d’Angela, traînant par terre.

Et tandis qu’il fouille encore sa chambre, cet archéologue intergalactique, Katia, de plus en plus préoccupée par l’attitude fiévreuse de son capitaine, échafaude un plan pour sortir de ce traquenard, de ce guet-apens : elle va rejoindre toute seule l’aéronef quelques heures plus tôt avant son compte à rebours pour modifier les données de l’ordinateur de bord, appelé Maman dans ce Nostromo, et tenter de s’enfuir sans que Jumbo s’en aperçoive.

Or Jumbo, l’explorateur intrépide et salace, ne laissant pas un coin, pas un angle inexploré en ignorant les sornettes de Katia le prévenant que ce lieu est hanté par le démon, en revenant des toilettes où il croit avoir découvert le bâton du blanchisseur alors qu’il ne s’agit que la brosse à nettoyer les WC, surprend Katia en train d’ouvrir la porte d’entrée de l’appartement d’Angela.

Alors, en se ruant sur elle, Jumbo la plaque contre le mur où des posters de Kurt Cobain sont collés sous l’effet de prestidigitations magiques. Et il l’empêche en l’immobilisant complètement, de bouger, obsédé par les paroles fiévreuses du totem lui racontant qu’il est tout excité de voir Jumbo serrer à présent la gorge de Katia pour l’étrangler.

Ainsi, un meurtre et un viol vont s’ensuivre sur la planète OS X, laissée en ruines après maintes guerres nucléaires et où il ne se trouve que les deux personnages pseudo anthropologues ; Angela étant la dernière des humains ou des cyborgs à avoir survécu.

A lire et à suivre sur le blog de NotesMat15.

Les cendres océaniques d’Angela

Les anges mécaniques la traînaient inlassablement dans le fiacre métallique du désespoir.

Angela s’était fait monter un plateau-repas pour étudier tranquillement dans sa chambre d’hôtel le carnet du lot numéro cinq, qu’elle avait à présent traduit d’un dialecte de Papouasie, donnant comme traduction bancale, le récit du roman Orange Mécanique, réécrit par les soins attentifs d’Alphonse Choplif.
Sur une autre planète viable, autre que la terre, notre berceau stellaire, à des années lumière de cet astre, elle se trouvait à présent dans une grande ville en ruine, où il n’y avait qu’elle comme créature vivante. Et, dans sa grande malle, ouverte, posée sur la moquette de la suite, on pouvait voir le contenu du lot numéro cinq : à savoir, le carnet de Choplif, l’inventeur génial, enfermé jadis dans son bureau, pour inventer une méthode novatrice d’écriture et l’invention d’une Zone, un espace imaginaire où les zonards en plein désert, se livraient, aux pieds des plates-formes de lancement d’Apollo seize, à des rallyes surnaturels.Cachés dans leurs fourrures d’hermine, il y avait les instruments chirurgicaux du personnage du nouveau roman Orange Mécanique, pour disséquer et éviscérer les organes des anges mécaniques, et qui avaient servi aux opérations d’Alex DeLarge.

Les zonards, en rentrant de leurs rallyes tendancieux, s’avachissaient dans leur canapé, obsédés par une grave dépression et cette tenace envie d’écrire leur noirceur ; ils buvaient beaucoup de bières, ces écrivains maudits, mais s’interdisaient de toucher à cette bouteille de vin rouge millésimé de leur Créateur, Alphonse Choplif. 
Ce qui les bloquait et les cantonnait à s’enfiler seulement des canettes d’houblon, ce n’était pas à cause des incessantes vadrouilles des anges mécaniques, sorte de police anti-alcool, confisquant à l’intérieur de leur appartement tous les produits éthyliques, ou les examens intergalactiques, sombres comme des pierres tombales, que pratiquaient les anges mécaniques quand ils s’introduisaient sur leur territoire grouillant de vices. Ce n’était pas non plus, dans leur quartier, les rumeurs des manifestations des gilets jaunes, racontant que cette piquette d’Alphonse Choplif, appartenait à Satan lui-même. On disait de cet ancien ange appelé Lucifer qu’il avait ensorcelé le vin de vigueur, simplement en le changeant en une espèce de liquide psychotrope et psychédélique mais Angela se moquant bien des ragots des manifestants et ignorant tout sur le sujet, après avoir jeté par la fenêtre son mégot, attaqua en débouchant le vin aux propriétés inconnus, pendant son dîner, bien planquée dans sa tour d’ivoire ; et aussitôt après les premières gorgées, sous ses cheveux blonds platines, elle oublia les girandoles des flics aux ailes d’anges mécaniques qui s’allumaient de toutes les couleurs à chaque échauffourée, et se retrouva alors dans un monde onirique dont on ignorait l’existence.

Avant de décrire cet univers satanique où elle allait être plongée, commençons par une évidence afin de couper court à tous les malentendus : Angela était obnubilée par un film pornographique, où l’on voyait de jeunes filles aux ailes d’anges mécaniques lécher les couilles de connards comme vous et moi, visionné à l’âge de ses dix-huit ans… 
En effet, cette vidéo, dans sa très grande majorité classée X, avait pour héro et acteur porno, central, ce personnage du roman Orange Mécanique, Alex DeLarge sur le point d’éjaculer à chaque fois que l’ange disparaissait sous des tonnes de foutre anticoagulant : à chaque scène de gangbang qui demeurait assez bourbeux et occulte, son pénis se lubrifiait et l’envie de dégourdir sa bite, silencieusement, devenait plus pressante.

Mais bref, ne nous attardons pas sur ces détails sordides. En fermant les yeux, avant de sombrer dans un sommeil aviné et sans fond, dessiné au fusain sur le carton du lot numéro cinq qu’elle avait acquis lors d’une vente aux enchères, elle loucha et lorgna sur un autoportrait d’Alphonse Choplif qui avait comme arrière-fond un décor tristounet : adossée aux murs comme le révolutionnaire homme de lettre représenté, un autre tableau avec des photos en noir et blanc pour briser la magie des lieux ; des photos de son ex, Alex DeLarge que Angela, devenue trop vieille pour lui, détestait à présent. Il faut dire qu’après leur rupture amoureuse, ce philistin ne voulait plus entendre parler de cette rombière aux comptes en banque bien remplis désormais et aux années frôlant la ménopause. Vingt ans d’écart, imaginez.

Cette nuit, comme aimantée par le vide sidéral qui s’offrait à la vieille dame, elle transplana dans sa rêverie, sans fin et sans but, par-delà l’obscurité de cette nuit où toute liberté se retrouvait piégée dans une toile d’araignée, au fond des abysses d’un océan platement houleux et extraordinaire, classiquement salé et désespérément peuplé de créatures se gonflant d’eau sous les flots pour prendre la forme d’une boule argentée, recherchée par les pêcheurs des quatre coins de ce monde maritime, pour les troquer contre une monnaie sonnante et trébuchante, de l’argent pour voir les putes appréciées de ces loups de mer.

Pendant des heures qui semblaient d’éternelles contrefaçons oniriques, elle avait nagé sous la coque d’un grand vaisseau de commerce, à moins qu’il s’agisse d’un bateau de pirates sanguinaires, et avait écouté, dotée de branchies et de poumons fonctionnels pour une respiration aérienne, à la proue du navire, parmi un banc de poissons volants par dessus tribord et bâbord, la discussion des corsaires sanguinaires crachant comme Satan des insultes salaces et scabreuses tout en observant la vieille se hisser et remonter à la surface, rampant à présent sur le pont ouest où était affichée sur le mât de misaine les plongées miraculeuses de ces marins aux mains prenant l’aspect de fines lamelles.

Au bout d’un moment, délaissant les espèces poïkilothermes qui étaient monté avec elle, à l’aide du gouvernail empoigné par leurs tentacules visqueuses, elle s’était immiscé, cette vieille peau, dans le cercle de ces hommes de la mer, et avait entendu parmi eux, une voix brisée, la voix brisé d’Alex DeLarge, le capitaine lui murmurant qu’il était complètement perdu sans elle.
Encore une énième tentative de son esprit factice qui lui jouait des tours pour comprendre l’obscurité naissante de ce vide sidéral.

Les créatures longilignes et à sang froid étaient retourné dans la pénombre des abîmes océaniques et déjà, abandonnant à l’heure d’une transaction étrange où l’on examinait et échangeait les trésors de guerre contre des pièces napoléoniennes, l’amiral Alex DeLarge l’invitait dans sa chambre pour implorer repentir et pénitence et ainsi la reconquérir.

Dans sa déchéance de type paumé, il avait commencé à lire à haute voix les carnets d’Alphonse Choplif, qui cachaient, il en était convaincu, des secrets épouvantables.
Des bouquets d’idées vagabondes et furieuses l’accompagnaient tout au long de sa lecture.

Sur le premier carnet, il y avait, difficilement déchiffrables, des écritures illisibles ou des hiéroglyphes. Un travail obstiné pour disperser toute compréhension. 

Entre ses mains moites, il tenait quelque chose d’absolument moderne, la littérature était morte : tout le monde le savait mais elle lui permettrait de séduire à nouveau la vieille fille aux capacités pulmonaires impressionnantes et inquiétantes.

L’écrivain savant avait également reproduit sur le papier griffonné à la hâte une serrure assortissant une lourde poignée… avec, des poinçons mélancoliquement superposés évoquant ses instruments de chirurgie ; était dessinée, enfin, avec le même souci de précision inquiétante la porte qui devait abriter l’antre d’un monstre difforme comme ces anges mécaniques.
En le suivant dans sa chambre parce qu’il avait maintenant une voix doucereuse, Angela était hanté encore du bruit de la monnaie atterrissant abondamment dans les anciens portefeuilles en crocodile avec fermoirs en laiton de ce propriétaire ayant écumé tous les ports aux odeurs de poubelle de la Papouasie.
Elle voulait sa vengeance et était déterminée à le voler en utilisant ses charmes de milf ménopausée. Alors, lorsqu’il l’avait pris dans ses bras, elle fouilla ses poches discrètement et, dans le velours de ces fringues, elle sentit la viscosité d’un placenta qui lui lança des sueurs froides au toucher.
Elle ne le savait pas encore, mais c’était Satan qui lui jetait un sort, et lorsqu’elle fut libérée de cette étreinte, elle contempla le fœtus, avec une clé bizarroïde autour du cou, qui gisait dans sa main droite.
En fouillant les viscères d’une femme violée et évidée pendant sa grossesse par son ancien fiancé, Angela était tombée dans le piège : pendant que la troupe des mercenaires était entrée dans la chambre, en cercle silencieux autour d’elle, elle arracha du pendentif, mue par quelques curiosités latentes et malsaine et ce fut soudain la clé magique, taché de sang qui entraîna une hémorragie interne dans son cerveau par quelques effets de prestidigitations occultes.

Son cortex, noyé sous des tonnes de sang de la couleur de la baie noire, fumait en recrachant par le nez une fumée rouge qui n’était autre que de l’hémoglobine vaporisée. Et, parmi ces vapeurs méphitiques, se dessina dans un nuage rougeâtre le pictogramme interdit d’Alphonse Choplif décrivant son supplice de femme torturée comme naguère ses anges mécaniques.

Dunhill et Craven A dans le capharnaüm de la Fosse Noire !

1.
La dernière fois que je le revis enfin, ce fut sur un écran de télé.
Elle en avait des arrières-goûts de phlébites sans fin et sans but, cette Dunhill que Razko Kaphrium, dans ses vêtements de ski tout schuss couleur canari, fumait dans son placard à balais… en glissant du côté du monde onirique des crocodiles de la fosse noire Croix-Roussienne, cette cigarette, dans son contexte bizarroïde de magie noire, avait essayé d’envoûter l’apprenti sorcier, en dernier cycle d’études à Poudlard par une séquence de bouts amovibles de clés USB (des vidéos des bûchers de la Saint Con) abîmés dans leur algorithme.

C’était fini, de remonter les couloirs souterrains, avec comme gardiens aux airs bouddhistes, des pharmaciens candides, des passionnés de taxidermie découvrant une espèce naissante. (Extraterrestre évidemment.) Et maintenant, à cet instant précis, elle passait bien avec la respiration fiévreuse qui planchait dès le réveil, après le café noir du petit matin.

En tombant dedans moi aussi dans l’addiction tabagique, par la suite allumant ma deuxième clope, elle en avait des arrières-goûts de planctons sauvages et très méchants, récoltés par les émissions radiophoniques, cette Craven A qu’on brûlait à l’aide d’une pince à épiler, en pompant fortement dans nos poumons, parfumés doucement, naïvement des crinières des canassons, des privilèges planants des dents des crocodiles.

Des émissions radiophoniques musclant cette faune sous la ligne de flottaison de la fosse noire, parmi les fumées de sapin vert, je récoltais aussi, dis-je, les fumeurs noirs de la fosse des Mariannes, les bandes dessinées de Titeuf lues mystérieusement alors que notre poitrine gonflait et se dégonflait, en nous transformant de personnages mornes et las, en pesant les défauts, les failles et les crash d’un perfectionnement au sabre laser, en Jedis de Star Wars.

Sous l’effet de la nicotine aux hésitations nuisibles, mais ô combien aux années légitimes, j’avais un mal de chien qui campait entre mes deux tempes, tandis qu’ils dépliaient leurs queues, ces crocodiles dans un amalgame de polarisations préhistoriques, de poissons-anges et de poissons-lunes lors de la récolte des fumeurs noirs de la fosse des Mariannes.

En ramant à l’intérieur des veines de Kaphrium, alimentées d’archipels de l’Océanie, les additifs, comme ces lieux étranges où nous nous trouvions (la Polynésie française était située, on en était convaincus, sous la Fosse Noire) l’onirisme de ces bestioles reptiliennes contenait du polyphénol et des tortures polysynthétiques ; l’une d’elles fit voler en éclats les apparences quelconques de son espèce à sang froid, aux organismes en souffrance : dans le canal qui se déversait dans la Sainte Fosse Noire Croix-Roussienne, ces spécimens présentaient des apparences d’espèce innocente en fait quand ils avaient assez de fumées cotonneuses dans leurs trachées et ainsi devenaient pragmatiques, une fois le quota, la valeur et le pouvoir de l’imagination assouvis.

Et poussivement, après le paquet fini, un texte était publié, racontant comment cette espèce protégée par nos soins, avait fraîchement traversé les vertes prairies, à dos d’hommes ou de mules, les vertes et les rudimentaires prairies de Pré-Au-Lard, en touriste nocturne et désabusé.

Et les rats de laboratoire auxquels nous soumettions aussi des expériences alcoolisées, avaient tout ce pragmatisme serein, volé aux mammouths servant aussi de cobaye avant de leur injecter de l’héroïne.
Dans le récit et dans leur corps en souffrance, il y avait de la gangrène et des idées de Saint Con Zonarde : à cette époque des années X qui avaient cette nette distinction d’installer dans les cerveaux des prédilections pour dessiner aux traits fins, dans la caverne du médium, les supplices de ces rats de laboratoire.
Ainsi, Kaphrium s’en emparait de ces prédilections, assoiffé de connaissances et de cancans au sujet des statistiques du nombre de mort de la Saint Con de l’année prochaine ou passée…

2.
Des sentiments de Love Buzz amoureux, entre ses mains, se concrétisaient, mus par quelques pointes de flèches du paléolithique, du love buzz grunge et du vomissement plein de goudrons nuisibles.
Se transformaient aussi en Craven A ou en Dunhill, par un sortilège changeant même l’eau vaseuse de la fosse noire en vins miraculeux, les mégots des maroccos qui traînaient par terre, fumés par ces savant fous de la fosse noire.
C’était du vin comme du porto donnant des visions de portraits-robots de grands criminels, avec, à leurs suites, les serpentins de leurs braies et cottes de mailles en lambeaux.

Avec, aussi, des mots de passe d’identifiant Apple stockés sur iCloud, ainsi que des poignées de soleil vert dérobés aux guerriers de la matrice et sous ce célèbre soleil vert, les ombres rasaient fugitivement les murs.
Ces portraits-robots ? Des poussahs adulés comme des idoles aux yeux noirs compatissants, aux cheveux de papier peint perpétuel, le dos collé aux murs mérovingiens de la fosse noire…

Pour conclure, sur le lit à baldaquins où il y avait des cendriers posés, vertigineux, j’improvisais, avec l’odeur du tabac froid défilant dans la parade des cotonneux saphirs et leurs symboles avant-coureurs de maladie vénérienne, une scène de théâtre antique.

L’un des savants fous, aiguillé par mes recherches sur Google, terminait une improvisation d’un rôle de médium cabotin ; et quand il mêlait de prestigieux sorts dans son chaudron magique avec les herbes médicinales du Sahara Occidental ou de l’Afghanistan, une défonce aux graphismes maléfiques de Tamagotchi, par les vapeurs de la marmite au feu entretenu et censé rééduquer et sauvegarder les données de mon iPhone 8, prétextait d’explosives tâches à accomplir comme le travail interne à se faire voyant, à se rendre voyant, d’un Tamagotchi confectionné par d’artefacts, d’authentique culte barbare.

En effet, les données de ce dérèglement de tous les sens, d’après la lettre du Voyant d’Arthur Rimbaud se combinant monarchiquement aux poèmes surréalistes et visionnaires des Illuminations, discutaient entre elles au sujet de leur sauvegarde, quand, tristement, de mon côté, je plongeais dans leurs danses fantasmatiques qui se prêtaient mal aux jeux de la logique et de la réalité objective, lançant dans tous les azimuts des coups roués de prestidigitateurs philistins, ignorant tout sur le sujet.

Ensuite, j’avais lancé dans tous les azimuts des S.O.S pour sortir de ce nid de créatures solitaires mais dévergondées. Elles ne manquaient pas, quand elles étaient à la terrasse d’un bar pour cramer du tabac et pour écrire sur des bouts de papier de la prose poétique, de laisser un pourboire généreux de monnaies napoléoniennes et, sous la pourpre romaine des filles qui passaient devant cette animalerie étrange et incongrue, elles imaginaient des dessous affriolants quoique pourris par l’humidité de ces îles polynésiennes, françaises, cachées à l’emplacement solaire de cette Fosse Noire.

3.
Pourquoi alors les regardaient-ils, ces cyborgs aux visages d’anges mécaniques avec un désir naissant, sales comme des pourceaux alors qu’ils avaient une femme les attendant à la maison, une belle ténébreuse comme les fiancées russes crânant dans le Tyrol ?

Les poussières du pollen afghan acheté la veille en sous-main, proposaient la fin d’une filmographie d’antan, en noir et blanc. Est-ce que, celle-ci, tolérait les clés USB 3.0, les disques durs aux vaisseaux sanguins périnataux forcés d’obtempérer et toutes les machines expropriées comme tout autre appareil trimbalant des informations contradictoires ?

La réponse à toutes ces questions ?
La première des réponses était froide comme l’éclairage crémeux du laboratoire où les nombreux ordinateurs rejetaient de l’urine sur les murs et des plumes de poussins s’affirmant, insensés volatiles, en martelant avec leurs ailes de pierre polie les mélancoliques départs en vacances.
Sa seconde réponse était à trouver dans une usine oubliée, où les marteaux et les haches laissés par des ouvriers, sa seconde réponse, dis-je, était à chercher dans un système de ballades sur les quais ou dans les forêts du domaine de Vallin. Ce Seigneur, sur son fief, débranchant les organes de mon corps venant d’une autre transplantation avec un cobaye, connaissait la troisième réponse qui était encore à présumer.
Leurs présomptions à tous ces indices, en morse dans les contacts de mon iPhone huit, me répondaient d’aller me faire foutre tandis qu’elles s’’inséraient, de déclic en déclic, dans mon oreille droite.

C’était pourtant la seule chose valable, irréprochable que je pouvais enlever tel un furoncle à la place des tiques habituelles !

Une fusion mortelle s’ensuivit en me tirant de ma léthargie ; de l’encens se répandait dans l’air et dans les tonneaux de la cave où le sang mûrissait patiemment.

4.
Tourmenté, ce sang d’une opacité dense, contaminait les autres univers : des amas de galaxies tombaient avec leur appareil génital au fond de mes chaussettes ! De l’uranium disparaissait dans le grand tourbillon en jouant son dernier big-bang !

Il endommageait les toits de la ville et il répartissait aux enfants turbulents la structure du soleil vert dans un brouillard à couper aux couteaux.

La Voie lactée brûlait en valsant du côté des raisonnements binaires.

Elle se vantait de faire partie à présent de la classe des amphibiens cette ampoule de salon qui avait éteint la Voie lactée. En envoyant de la vapeur d’eau, toutes les théories quant à son extinction finissaient sur la toile virtuelle ; le réalisme dans l’art tourmentait alors les goules et leurs tympans : un type d’exténuation programmée !

Une présence malsaine, incongrue et sournoise. Un champ de gravitation arithmétique qui ne laissait nul espoir envers le monde à venir.
C’était un existentialisme si beau et si terrifiant.

La lune tombait juste à travers l’ouverture d’une plaque d’égout, le sang giclant dans ma bouche.

5.
Des mercenaires, à la solde de la fosse noire, remontaient le temps à deux cents kilomètres à l’heure, l’été.

Il y avait aussi, sur notre chemin, les débris de trois tristes bouteilles de vodka qui clignaient de l’œil devant le pain complet ; la question étant de prendre de l’aplomb de ces chiens vivants dans leur frénésie du futur.

Le futur continuait longtemps comme ça, longtemps jusqu’au moment où la frange d’Alice tombait à terre, épuisée par ces serpents sifflants sur sa tête… Et dans le terrier du lapin blanc, un indice, typiquement répugnant, aidait Alice, la jeune nymphette de moins de dix huit ans, à sortir nue de son lit.

Son lit à baldaquin où le souffle matriciel inspirait à Alice la plus grande idée jamais imaginée ! Les conceptions du monde de demain, envahi par les déchets de la Fosse Noire !

Suicide à l’antique

Les espèces poïkilothermes, écrivant sans l’aide de leur main leur genèse d’un récit à venir, se tailladaient les veines en pensant à la poésie de Charles Baudelaire dans leur bain chaud et profond, dans la vase fédérant toute personne sensible autour des kamikazes en danger de mort imminente, à vocation littéraire. Une rivière, un fleuve de sang noir comme effluves fictives qui espèreraient ardemment les contrées réjouissantes de l’au-delà.

Les plis de leur peau accueillaient les blessures qui pleuraient dans le jardin d’éden de Sophia leur sang bourbeux et, dirigés par leurs cortex qui avaient le mal de vivre, philtrés par les ultimes effets de la vodka, cette ivresse de la veille furieusement incarnée en un seul tampon imbibé du précieux liquide, ils mourraient lentement mais sûrement comme à l’agonie d’une mort nonchalante, d’une chronique morbide annoncée.

Des plis qui ressemblaient aux formations montagneuses lorsque les autres se perdaient en vérification de leurs e-mails, de leur coup d’œil sur le mur de leur profil Facebook, suivi de quelques tweets, de leur rafraîchissement de leur page web préférée, pour la énième fois, de leur page d’accueil de leur site d’infos favoris ; des plis, dis-je, qu’on vendait dans le commerce avec la vente des cyborgs scotchés à leur poste de télévision et des humains fêlés aux doigts de calcaires hallucinés et de marnes corrosives laissant leur empreinte sur les parois de leurs baignoires installées en pleine nature.

En continuant d’extirper sur la Toile ce qu’ils jugeaient nécessaire pour leur projet actuel, c’est à dire leur suicide bien senti, leurs écrits n’étaient pas réservés aux pleutres mais à la fois assignés aux stress pétroliers et aussi aux angoisses du café matinal, aux plocs sanguins des scarifications dont la spécificité étant de remanier de nombreux films en noir et blanc pour les compiler à leur compte en un clip propagandiste qui était expressément téléchargé sur Youtube.

Sans se douter que Sophia errait parmi les grands philosophes, l’ombre de ces créatures à sang froid était déjà désignée pour un suicide à la romaine ou à la Grèce antique comme Socrate, Platon ou Aristote qui donnaient des cours de philosophie définitive pour les vacances du mois de juillet. Mais ce n’était pas des couples de juilletistes comme les autres, au lieu de s’accrocher sur la plage comme des furoncles, ils s’étaient fixés une véritable programmation cinématographique pendant leurs congés payés pour analyser par la suite les sculptures en marbre du musée du Louvre.

Alors que de nombreux cartons contenant une filmographie délirante et des livres de philosophie de la vie objective et de la mort subjective, attendaient encore dans le coffre de leur bagnole, Sophia, elle, envisageait d’accompagner les pensées de ces créatures célestes d’un autre monde par la télépathie et les illuminations semblables à un long goutte-à-goutte à l’héroïne : l’euphorie des grandes questions existentielles se dispersait déjà et leur accroche dans les textes philosophiques avait ce triste désavantage de ressembler davantage et ridiculement aux pendaisons des nains de jardin ; ces philistins aux souffles occultes et odieux d’un autre temps envisageaient rarement la pendaison et ne corrigeaient pas leur faute, leur péché originel en mourant dignement.


« Dans leur bain aux pourtours mal définis comme un mauvais remake de science-fiction, comme cette putain de bouteille de vodka, pourquoi s’acharnaient-ils sur leurs veines avec un couteau ou un silex bigrement bien aiguisés ? » s’écriait Sophia. Et aussitôt, la réponse fusait dans son crâne et lui indiquait que leur vie, cette désillusion au goût amer, cette poussive envie de vivre, ne leur convenait pas du tout mais qu’elle leur inspirait malgré tout, à tous ces poètes maudits, de poussiéreux grimoires de magie noire, formellement déconseillés aux âmes sensibles ! 


Erreur ! Echec ! Alors que Sophia dégueulait, sale comme la femelle d’un pourceau, dans le lavabo, les inventeurs du moteur existentiel qui marchait à l’envers et dont le Projet Initial avait l’air parfaitement innocent au départ, avait perdu le sens de leur vie, sans Sophia à leurs côtés. La nuit s’annonçait à la fois blanche et noire, un peu comme cette bile épaisse qui s’engouffrait dans la tuyauterie de la salle de bain, sous les grands pourpiers aux parfums de sang versé.
En ne comprenant pas ce qu’il se passait, se répandaient et poussaient comme les bubons de la peste noire des chaleurs effrayantes, propice aux délires de tous genres, quand ils se tailladaient les veines en imaginant une Suite Interdite et controversée des films, créant des problèmes d’aliénation mentale.

Une suite aussi après leur mort comme la réincarnation de la cuvette des toilettes, avant l’au-delà… jouant tantôt un drôle de synopsis où ils passaient brusquement, comme une sorte de prolongation, d’un genre cinématographique à un autre, et d’autres fois absent, indifférent à la réalité extérieure, un phylactère, entourant leur tête représentait un dessin que Sophia tenait fébrilement entre ses mains, paraissait tout droit sorti d’un asile psychiatrique.

Représentation aussi de New-York sous les eaux inondée à cause de la photosynthèse des plantes arctiques : on pouvait sans mal et sans être médium la ranger dans la collection de cet Art Brut qui prévenait du danger d’un littoral disparaissant, noyé comme ces cités d’or de jadis ; et cela sereinement sans risque de se tromper sur son attribution.

Avec plus ou moins de vigueurs et de précisions, lorsqu’elle avait été seule dans la chambre après la déchirure des tendons de leur poignet, Sophia, redoutait le courroux du ciel et de la planète ; en observant bien les nuages radio chimiques de la pollution phrygienne, était dessinée là-haut une famille d’échidnés romantiques balançant leurs émissions de gaz photosynthétique. Curieusement, les animaux se déplaçaient debout sur leurs deux pattes arrières, tout comme les humains s’affairant tôt le matin pour rejoindre les divers lieux de leur profession, mais aussi, et là constituait l’épine du problème, on pouvait les voir, sur le papier ou dans les nuages, courir et arpenter un mystérieux souterrain. Et cet étrange détail n’était pas du tout du goût de Sophia, ça l’avait vraiment rendu furax lorsqu’elle était revenue dans la chambre, nue avec seulement une serviette autour de la taille et la clope au bec.

Ayant inventé le goudron des clopes et les additifs néfastes, mais aussi les portraits-robots des grands criminels par simple coïncidence, les architectes de ce souterrain où se cachait la Communauté des scarifiés avaient été découverts par les profanes archéologues aux autoportraits décorant la Secte de ces morts-vivants.

Mais il fallait agir vite et bien : dans la nuit, toutes ces méthode de saignées et de tortures languissantes dont Sophia allait être soumise, envisageaient de convoquer aussi les pharaons et les travailleurs dans les champs de cannes à sucre avant leur mise à mort.

Soudain, bottant en touche la majorité des personnes condamnées à mort, leur physionomie changeait et était restée la solution du feu : les flammes du bûchers les transformaient en bornes de télé-paiement ou en particules chargées de migraine, attisées sûrement par les prémices de leur pensée suicidaire et par le déferlement médiatique des rayons cathodiques aux quatre coins du monde…

Pour que la température du bain soit bonne et dilate les veines photoélectriques, ils devaient monter enfin leur clip propagandiste sur de nouveaux ordinateurs aux oscillations qui doutaient des théories d’Archimède.

Rejetant en plus la physique des maladies psychiatriques, maintes fois censurée sur Youtube et devenue insignifiante, de quoi seront-ils capables la prochaine fois quand ils reviendront sur terre nous hanter ?

Les cendres de Marilyn Manson et d’Arthur Rimbaud !

En décrivant l’enfièvrement emblématique de la nouvelle génération des romanciers français de l’imaginaire, Marilyn Manson avait jugé bon d’effectuer une ellipse narrative à la moon-walk pour revenir sur cette douloureuse et incongrue crémation qui s’était déroulé quelques heures plus tôt avant leur arrivée sur la Place du Village.

Pendant une fraction de secondes, Manson et Rimbaud connurent une effervescence de nerfs tassée entre les muscles. Puis ils se ressaisirent et le tout, dans sa globalité organique, fut couronnée d’une guérison soudaine, induite par la compréhension du mécanisme végétal quand White Rabbit explosa au sein de la playlist : sa Majesté la Marie-Jeanne fastueusement n’aimait s’entourer que de ses précieux et fidèles sujets.

Ces troubadours et l’Herbe s’enrichissaient mutuellement par cumul d’effets métriques ; ainsi l’Intelligence Végétale elle-même jouait harmonieusement les notes de ces partitions vouées à son culte éternel et épanouissait tout autant le mélomane que l’amateur de son registre musical… autrement elle sévissait et vilipendait violemment l’imprudent qui avait commis une terrible faute de goûts.

Voilà, comment ils furent sauvés ! Etonnamment, amoureusement, pédagogiquement sauvé par l’Incroyable Intelligence Végétale…

Sur l’un des textes des exécuteurs, écrit par Manson et Rimbaud, on pouvait lire : Majeures et anales sexy label, décevant. Churros à trois euros à la foire. Dépenser plutôt en Marie-Jeanne.

Cela m’avait vraiment inquiété, non pas parce que je savais qu’ils avaient trouvé le moyen de perdre connaissance, en l’associant avec l’alcool cette intelligence végétale, mais parce que j’avais un jour demandé à Dieu de me libérer et de les libérer de ces toxiques.

Je m’étais donné une page et un temps déterminé (environ jusqu’à 7h30) pour écrire sur ce sujet, en jonglant de temps en temps avec un autre texte où je tentais de faire croire aux lecteur que cette préciosité littéraire était tout droit sortie d’un carnet de moleskine retrouvé dans les poches d’un grand écrivain voyageur, avalée par l’immense jungle brésilienne.

L’immense jungle brésilienne, à présent, dégueulait sous les baobabs une lumière jaune citron : ce fut la proclamation d’un nouveau Reich, du moins c’était ainsi qu’on susurrait la rumeur dans les abbatiales, non loin du village où Manson et Rimbaud s’étaient égaré.

Abattus, désorientés par le THC et l’alcool, ils écrivaient malgré tout leur histoire inspirée où ils racontaient que, dans les gueules des démons, s’engouffraient les âmes des fous superstitieux, au porte-bonheur ne procurant que désarroi, et les rails brûlantes de cocaïne ne donnant que des visions de pigeon mort sur le trottoir.