Pour de virginales pensées, les neiges jaunes !

En écrasant au sol des lustres napoléoniens, tout d’abord une succession vertigineuse de miroirs, ou un viatique en marbre blanc.

Puis une virée entre veuves créée par son seul mental qui, pour la perspicacité d’une veulerie émergeant de ce mur, avait été jetée aux oubliettes… et veules comme leurs céphalées étaient leurs Sybille industrielles qui les suivaient par de longs travellings d’autoroutes ; tout en continuant ce jeu certes un peu débile via leur chemin de fer délimité par la pluie, leurs territoires se perdaient jusqu’aux cataractes minérales du non-être : suites de vision infinie numérotée et attribuée à chaque changement d’altitudes ou de latitudes !

Leurs viabilités ne duraient que si elles jouaient aux osselets ou si elles courtisaient l’éprouvante vivacité du pastel, alors sommeillaient ces transconteneurs où planquée dans leurs quartauts tubéreux une autre veuve noire imitait le cri déchirant de la goule !

Et qui empêchait d’approcher de trop près. Ce fut alors que les vétustes exils reconnus dans les stances scandées par les foules, formulèrent de magiques invocations pour leurs comptes… et pour les faire revenir sur Twitter par quelque cruelle divinité vieillissante ! Ainsi, pour le rite, je devais donc quémander au portier ce qui produirait leur flambée ; et tout semblait brûler à cause de cette force, cette sorcellerie par laquelle devait ressusciter l’être formidable de leurs raccourcis matriciels.

Cette année virale avec ses réseaux sociaux qui résistaient au feu, aux mensonges, aux masques hilares, annonçait pour de bon leur retour sur terre ; en éteignant mon mégot que le tabac de Virginie avait abusivement volé aux consciences des machines, je venais d’écrire un poème où il y avait une chandelle oubliée, cachée, puis retrouvée en l’honneur des défunts… Des défunts pour réinventer encore d’autres mondes !

La sorcellerie des veuves noires.

Des conceptualisations pour des nymphes trop blanches ou un souvenir fugace mais mémorable ; l’itinéraire avait commencé ainsi. Leurs apprentissages : explorer tous ces rêves, qui, par malchance, débutaient par une vision fulgurante.

La description de cette vision fiévreuse ? Pour la visualiser, on se retrouvait aux îles Marquises, anticipant ce que ces nymphettes développaient en encaissant dans leur méninge les différentes étapes pour parvenir au but… et ce qu’on avait exproprié de leurs sorcelleries de veuves noires n’était que la somme de tous ces rêves en lambeaux, de toutes ces mélodies à la Kurt Cobain…

Un certain malaise se dégageait de cette nouvelle équation qui cependant ne procurait que la malaria pour tous ces malandrins qui avaient mal commencé leur vie ; incendiant leurs Maldives avec ces kyrielles de nuits passées, vague souvenir de Malcolm X qui n’avait jamais parlé ou si peu de tous ces clubs de grandes prêtresses, où le mâle en goguette cherchait toujours des couturières malveillantes…

Ah ! Décidément à Kuala Lumpur comme ailleurs, pour ne trouver que cette idée tenace, obsédante de ces histoires blêmes, les nuits revêches ou les noces, les sorcelleries de ces veuves noires, corrigeaient sévèrement tout ce qui accusait et crevait la panse des clowns épeiches. Ces silhouettes de craie et de fusain semées au vent.

Tournées aux pays des ichtyosaures extraterrestres

À Bristol, au quart de tour, son sang se déplaçait d’une valve à une autre, irriguant les couveuses, élaborant dans un tourbillon la fusion du métal ; ce métal qui me fit penser à cette célèbre timeline, son seul butin, et qui défilait jusqu’à la déraison.

À Brisbane l’obscurité était maladroitement agglomérée aux arrières-goûts de ses jours de sabbat, et elles en décrivaient ses collectes d’œufs de Pâques, prêts à éclore, bien des moments d’incubation et ce monde aux tympans percés par le claquement de bec du pic-vert n’entendait que le bourdonnement des clés USB 3.0, des disques durs aux vaisseaux sanguins périnataux forcés d’obtempérer.

Et toutes ses machines expropriées comme tout autre appareil qui trimballait des informations contradictoires, mais qui n’existait pas, ameutaient des ichtyosaures extraterrestres ; des ichtyosaures que Martin du Gard utilisait comme moyen de transport pour vendre du rêve.

À Londres les théories du complot et leurs rumeurs latentes préparaient le terrain pour le journalisme gonzo et il en résultait que toutes les villes du Mexique allaient subir un déferlement de parasites ; en effet dans ces villes brillantes comme des mares aux diables, elles avaient une certaine idée de l’élégance impérialiste que ces arrières-goûts sauvages d’équipées ravivaient sur le dos des ichtyosaures extra-terrestres, ces jeunes filles masquées pour un bal à Londres.

Les danseuses de Saint-Louis.

Sur les grands chemins, elles avaient semé des larves de reptile en mutation, des délires rocailleux léchés par des flammes voltigeantes… Et, avec une lumière au front pour éclairer leur pensée latérale, elles avaient décidément du chien, ces strip-teaseuses vulgaires mais malgré tout éblouissantes… et elles en avaient fait vriller des ronds stylisés de sorcières alchimiques, ces danseuses de Saint-Louis : le vide des voyelles d’Arthur Rimbaud qu’on pouvait aussi puiser de ces glapissements de sapins verts tandis que nous roulions en wagon…

À bord, des mondes surréalistes mais aussi dans les terriers où se succédaient les humeurs photographiques, à l’ouest de cette forêt d’où nous apercevions une plate-forme de lancement comme Cap Kennedy… et à l’est des États-Unis où nous nous dirigions en train… peut-être pour New-York, peut-être pour montrer nos vers, nos alexandrins à quelques pieds-noirs qui venaient des pentes et des bois. Et comme enlacées à cette peau de crocodile qu’elles avaient revêtu ces danseuses de Saint-Louis, elles s’étaient agglomérées aux jours de sabbat des nuits de pleine lune, mais il y avait maldonne.

Maldonne d’abord, au Sud et au Nord, pour les chapiteaux de tous ces cirques où elles s’étaient échappées, ces nymphettes que les zigzags imaginaires et métaphysiques des torrents fiers avaient descendu froidement. Maldonne pour ces cieux élargis par la pureté de leurs pupilles qui tentaient de réconcilier les deux pôles, maldonne enfin pour ces ombres délimitées par leurs flammes nostalgiques, leurs silhouettes de craie et de fusain prenant leurs pieds alors que le monde de la pluie comme cette rêverie rêvait secrètement de les rosser à mort !

Un Mur de marbre blanc

Elle devait émerger au troisième millénaire d’un mur de marbre blanc, comme cette étoile en virée pour du tapage nocturne et bien urbain, cette rêverie que je rêvais secrètement de rosser à mort pour penser aux si belles, si moches choses ; tôt devant mon café, admirant le Vésuve ou les détails de sa nuisette je lisais en elle des mythologies évanescentes et des fantasmagories égyptiennes…

Me perdant dans le creux des arbres noueux ou cherchant toutes les abominations métaphoriques ou réelles qu’on pouvait puiser de leur halo mystérieux, j’étais en train de fumer formant des ronds stylisés de sorcières alchimiques qui priaient, envoûtaient d’autres rêveurs privés de violence et de hurlement, de coups, de déchirement, de cris, de baise.

Et si un quatrième Reich, par le commerce et la vente de cyborgs, tournait à l’aigre alors immédiatement je le savais, même si au fond il ne pouvait régner qu’à l’angle de la rue Caspienne et du boulevard Borges, comme sculpté à même ce mur ; ce mur envié de Wall Street que les traders, le teint cireux, les yeux luisants, associaient aux constructions antiques, aux architectures spirituelles communiquant directement les discours de Socrate, Platon ou Aristote…

Tout en continuant d’extirper sur la Toile ce qu’elle jugeait nécessaire pour son projet actuel, c’est à dire de suicidaires levées de fond, la conscience de ce mur décrivait minutieusement le fonctionnement d’inventions inouïes qui n’étaient pas réservées aux pleutres ; cependant maintes fois assignées aux strass des programmations cinématographiques ses affiches n’avaient été collées que virtuellement. Des barbelés interdisaient l’accès et le mur, pour analyser par la suite les sculptures en marbre aux bras tendus vers un lustre écrasé au sol, émettait alors un signal télépathique et redevenait ainsi aussi noir que les doigts de calcaires des victimes hallucinées ayant tenté son assaut.

Prescience et Science Fiction

Les espèces mutantes, reptiliennes ou presque humanoïdes, écrivant sans l’aide de leur main la genèse d’un récit à venir, se tailladaient les veines en pensant à la poésie de Charles Baudelaire dans leur bain chaud et profond, dans la vase fédérant toute personne sensible… et ils formaient des cercles autour des kamikazes en danger de mort imminente, à vocation littéraire. Une rivière, un fleuve de sang noir comme effluves fictives qui espéraient ardemment les contrées réjouissantes de l’au-delà.

Leurs manches où se cachaient des carrés d’as accueillaient les quintessences de ces blessures qui pleuraient dans le jardin d’éden… et sur le visage de Sophia leur sang bourbeux luisait comme des lunes dessillées par leurs cortex qui avaient le mal de vivre : des philtres qu’on aurait juré éteints par les ultimes effets de la vodka, cette ivresse de la veille furieusement incarnée en un seul tampon imbibé du précieux liquide. Alors ils mourraient lentement mais sûrement, s’étaient-ils abusé par quelques supercheries avant l’agonie de leur mort nonchalante, ou après l’écriture de leurs chroniques un brin morbides ?

Orange Mécanique Surréaliste

Le béton marbré s’étalait en long sous le soleil en laissant tomber sournoisement une nuit verte sur Las Vegas. Un peu de terre rissolée éclatait en croûtes sur le bas-côté, ce bas-côté qui avait fait circuler le parfum des pierres à l’intérieur de la valve du cyborg jadis.

Les palmiers faisaient une belle allée figée autour de la route et un brouillard dense avalait les néons jaunes et bleus de la ville basse et des halos épatés dans l’atmosphère, aveuglants et menaçants, plongeaient ensemble dans le gouffre.

Des petites rafales de brise fraîche vinrent caresser les joues de Liliane lorsqu’une trouée révéla l’océan sur sa gauche ; on pouvait entendre la cavalcade d’une harde de chiens errants dans le lointain flou.

Un beau balcon longeait la côte qu’elle remontait à toute allure, quittant les sentiers battus et, plus loin, une oreille contre le goudron de la rue s’épuisait à entendre une mélodie étouffée perdue dans les égouts. Le coucher du soleil vint imbiber d’or et de feu le paysage. Les verres de ses lunettes aviator virèrent à un orange surréaliste. La Toyota 4×4 brilla, la chevelure de Liliane brilla, le monde entier brilla pendant quelques secondes au milieu des boites de lait et des chaussures et des conserves qui formaient la totalité des détritus au grand jour ; des cartons en dissolution qui rechignaient à disparaître.

Un goût de marasquin provenant de Neptune

Démystifié par quelques sentiments de love buzz grunge le goût du marasquin de Neptune, que l’animatrice télé et l’animateur amoureux peinaient à décrire, en avait fait tourner bien des têtes… Et découpant les serpentins de leurs braies et cottes de mailles en lambeaux, des poignées de soleil vert avaient mis des années lumières avant de tremper leurs lèvres dans ce verre de marasquin ; peut-être était-ce à cause de leur timidité maladive qui jusqu’à présent les avait fait raser fugitivement les murs.


Par comparaison avec leur idole aux yeux noirs compatissants, sans que le bleu de leurs pupilles ne puisse se noyer dans ce marasquin, ces sentiments de Love Buzz amoureux, que la guitare avait rendu jaloux, attisaient le feu dans leur gorge au passage du verre de vin.

La vivacité du pastel

Le souvenir des choses lointaines, me dit-elle, en désapprouvait bien des voyages en van et les cimes à atteindre exploitant la peur ne craignaient pas de les oublier ; avec des suites et des paires d’as, elles sommeillaient dans le ventre du lac, sous l’assaut d’un désir.

Tout ça pour déséquilibrer des horizons abyssaux. Tout ça pour se coucher parmi leurs fantasmes alors qu’ils jouaient aux osselets les règnes des apparences lisses.

Et ainsi après avoir courtisé l’éprouvante vivacité du pastel, sa sexualité emmaillotée dans le laurier-rose, régnaient des histoires de fantômes perdus dans les transconteneurs non sans avoir détroussé avant tous les transporteurs.

Alors fanèrent tous les regards que les temps littéraires déportaient à l’ouest de cette nordique liste de suites et de brelan, un carré d’as juste impénitent.

« Regarde-ça » dit-elle enfin. « Regarde ces affiches vantant un road trip trans australien, pour quelques fantasmagoriques suites et listes bleues elles attendent d’être vampirisées par la vivacité du pastel »

Mais quel Sud à jamais a le coeur à marée basse ?

Mus par quelques sentiments de love buzz de cette Bonnie qui aimait un peu trop les potes quand elle revint, déstructurée, entourée de caméras, de perches, de projecteurs et de ses ombres chinoises vertes et pourpres c’était Bonnie qui aimait les récits écrits des crocodiles…

Quand elle revint, dis-je, de ce pays où seul le Bouddha énonçait ses erreurs de jeunesse, ses fondations spirituelles d’une architecture que ce monde enveloppé d’un autre monde, avait caché pendant cette réunion secrète se déroulant à minuit uniquement, ce monde qui se concentrait uniquement sur son état d’esprit… l’état d’esprit que Bonnie essayait d’allumer entre les seins de Cassandre !

Entre ses seins avait expiré le love buzz grunge que l’animatrice télé et l’animateur amoureux avaient fait traîner à leurs suites comme les serpentins de leurs braies et cottes de mailles en lambeaux, et entre ses cuisses jetant des pincées, des poignées de soleil vert entre les ombres mettant des années lumières pour raser fugitivement les murs et son sexe qui enfantait des univers avalant des univers eux même avalés par des univers,


Par comparaison avec leur idole aux yeux noirs compatissants, sans que le bleu de leurs pupilles ne s’improvise, avec leurs symboles avant-coureurs ces espèces de fantasmagorie passait comme le ciel se tirant à chaque fois que les inventeurs de leurs alambics bizarres trouvaient une autre mise en abîme.

Des meutes, des émeutes mais c’est Ok pour pêcher le poisson !


« Pingouins dans les champs, hiver méchant » avait prédis Tréfonds Tournesol, le bhikshu du village ; celui-ci vivait dans une semi-huttes de palmes, dans une marmaille accidentelle de pieds, pénis et nombrils, morves et rires, et cherchait maladroitement à se faire aimer de ses semblables en lançant ses prédictions à la cantonade tous les matins de bonne heure sur la Place du Village.

À cette époque, Oreille était coupée et lecteur de John Fante ne plus être ; tout n’était pourtant pas que d’ébauche et duperie des sens au Village.

Des types qui croisaient la route de Taylor et Manson mais aussi Tréfonds Tournesol on pouvait les entendre chanter : Maîtresse ! Ô ma maîtresse ! Ne touche pas à mes tresses ! » La chanson absurde du groupe Image en déciderait bien d’autres des dictatures ; ce que vendaient des chansons à peine perceptible produisaient des soleils chargés d’haleine amniotique.

Chouette Furtive, le Maître des Horloges en train de décharger du coffre de la bagnole le roi et la reine de la Saint-Con, allait remettre les pendules à l’heure. Mais pas de suite car le moment n’était pas tout à fait encore venu. Lui seul avait la force de gueuler dans tous les azimuts, contre ces espèces d’illuminées et que les azimuts allaient flageller à mort…

… ni daim ni dame ni Awesome.

Obsolètes étaient vos désirs quand le trajet circulaire de l’abrupt taoïsme refroidissait au soleil. Et hérétiques étaient ces langues d’oc comme les bananes ou les Ailes de ma Rolls… Il y avait loin d’eux une petite maison retiré, paisible thébaïde, où entre la faux et le faucheur affleuraient des histoires tantôt oubliées tantôt redécouvertes de fantôme avec beaucoup d’angoisse, beaucoup de folles idées de bourreaux.

Intentionnel était le pied que tu prenais alors qu’il n’y avait rien de tangible et graveleux était ce langage noir que nous utilisions le soir pour convoquer les lunes et les serpents. Il y avait aussi des anguilles noirs qui tournoyaient autour de tes bottes, toi debout, face à moi.

Dépravée était la harde de la Star Académie quand fulminant était le trop grand retard que l’attente avait transformé en temps préfacé par le génie. Il y avait encore entre leurs lignes de basse altitude et les lignes de leurs ennemis lettrés des soulèvements, des émeutes latentes.

En des nuits presque blanches, débranché était l’implant dans ton cerveau ; ton cerveau qui t’aidait à la référencer. Et tragique était le goût des meurtrières.. Il y avait alors comme cet arôme abusant les alambics bizarres que tu possédais, et dénaturant ce qui n’existait pas mais qui existerait, vu tes dons à percer l’avenir.

Le goût du marasquin

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Le goût du marasquin de Neptune se passait de descriptions.
Le ciel allait encore se tirer.
La mémoire était vaste.
La mémoire était partout.
J’étais là, devant toi.
Pour te parler d’avenir.
Et de mantra venant d’ailleurs.

Elle fut secouée d’un toussotement étouffé et humide, lorsque, pour les réjouissances, Neptune braillait. Il m’évoquait cet astre le souvenir des cueillettes de marasques pleines d’eau, les apologies d’une chienne toute niquée par un chien.

Notre appartement était en train de se fissurer, peut-être à cause de la mansuétude de Neptune, et les moisissures mangeaient les insectes, peut-être à cause de cet aperçu ouvert sur l’ordinateur qui s’ajustait avec tous ces faisceaux crépusculaires tombant sur nous de façon optimale. L’hymne de Neptune s’obtenait en calomniant les hérétiques, leurs feux chatouillaient les corps aplatis, mis en pièce des types perdus à chaque fois que des abrutis de musiciens se pointaient chez nous pour nous jouer un requiem. J’aurais juré que cet aperçu les aidait à abdiquer. Mais en vain.

Le marasquin paraissait un peu terne, son arôme que les branches des arbres morts mettaient sensiblement mal à l’aise, était semblable à la force herculéenne du Minotaure. Et de cette planète on n’entendrait plus parler.

En jetant des strass et des corn-flakes aux grands singes du Brésil

L’aube dessinait des cygnes, leurs zigzags frôlant ses terres en jachère et qu’on pouvait glaner avec l’odeur de la terre, puissante et subtile ; et qui gèlerait un jour ! Avec cette odeur aussi de paranormal sous la terre ombreuse, avait jailli ce mal, ces paralysies qui nous nourrissaient pourtant et inventoriaient tout ce qui ressemblait au sud, car il y avait du sud tout autour de nous : des défis à réaliser chaque jour qui influençaient la paralittérature des oiseaux aux jabots aussi énormes que notre désir d’instruire cette flore et cette faune. Ainsi le projet Kaphrium jetait aux grands hasards de ses yeux des strass de parchemins émiettés, nous embringuait dans une chasse aux œufs sans omelette et tout ça agissait avec bon sens.

L’aube dessinait des périphéries solaires, incisait des étendues de glace stellaire, choyées par des fumeurs intersidéraux qui clopaient en tremblant, comme bercés de données encéphalographiques

Et intersidéral était aussi leur jacassement, de temps en temps parcimonieux quand les Lunes Saines gagnaient les immenses espaces pour mieux fuir après… comme ces kyrielles de mains chinant par-dessus les consciences nourrissantes des jacinthes, à l’origine de toutes les opérations. L’aube agaçait mes insomnies pour mieux se débourber, choyait les zéphyrs afin de mieux les parcourir, et quand trempé mais bien au chaud dans son terrier, on pouvait les clore par le zéro des bourgeons ; sur ce même tremplin étudié pour désapprendre ou pour architecturer le Projet Kaphrium, les élucubrations des oiseaux de nuit repensait leur architecture équatoriale.

Et équatorial était ce poids reposant sur mes épaules, qui enchérissait sur la vente de cette nouvelle zen où, pour se tirer d’affaire avec cette végétation qui patrouillait, une cloche d’ivoire était décrite comme fêlée… et donc pas assez bonne pour animer les jours d’été nuageux.

Peut-être était-ce à cause de son mantra d’une autre trempe que cette équipe, dans son souterrain, ne voulait plus travailler nuit et jour, même pour élever ce parfum d’Hermès au delà de la voûte céleste ?

Dans les marais elle finissait sa course la voûte céleste avec de multiples arômes alléchants, avec ces plantes qui s’étaient interposées dans ces sales histoires aliénant cette aube… ah ! Décidément sa fin de saison, ses multiples existences n’avaient comme issue que le sommeil de ceux qui en ont trop vu pour une vie !

Tout suffocant et blême, quand sonne l’heure

J’inventais des ecchymoses d’éther pour ces machines hertziennes en attendant que le ciel s’incline et, pour les instrumentaliser, les silences, entre leurs cordes qui ne parlaient que la nuit, gribouillaient des dessins de nerfs optiques ; leurs nerfs optiques que j’avais percé de leur membrane quand elle me parlait la nuit…

Elle avait faim de porosité élastique, elle avait fait de la réalité une membrane, une simple mais convergente membrane que ces machines, en leurs capharnaüms corrompus, égrenaient comme leur signe, leurs mots de passe ; ces machines incontrôlables, ingérables, et pour tout dire fantomatiques… leurs lamentations référentielles en déséquilibraient plus d’un.

Et qui avaient cessé d’endormir l’arborescence de ces grands arbres généalogiques mais ce n’était jamais que de la mémoire, pas tout à fait perdue, pas tout à fait acquise ; de la mémoire qu’elles évidaient de sa matrice afin de nous transmettre à la prochaine détonation, au prochain crack, la consigne à respecter.
Parce que même les grands arbres
ne peuvent pas faire d’ombre aux précieuses mémoires.

Des Men in Black à la gémellité douteuse !

Elles en décrivaient des arrières-goûts d’esquimaux givrés dans leur mémoire ultra-sophistiquée atteignant le lac qui sépare le Malawi de la Tanzanie, ces étranges machines à écrire que les Hommes en noir, assistés par des martins-pêcheurs, utilisaient pour répandre la Rumeur. Cette rumeur qui, sur des pierres de Rosette féerique, clôturait la représentation d’une becquée tout aussi féerique et qu’on pouvait trouver aussi sur le chevalet d’Henri Bernardin de Saint-Pierre…

En effet ces hommes en noir, vivant uniquement dans les tunnels des métros, avaient révélé toutes les failles du système pour donner communément une idée de leur marginalité ; une idée de leur marginalité qui avait été remplacé aussitôt pour embaucher une troupe d’acteurs elle-aussi féerique…

Des comédiens jouant sur ces tréteaux que le style Rococo surchargeait, et, parmi les toiles exposées des vieilles rombières que cette Pierre de Rosette avait ameuté, des méridiens plaçaient leur ville à l’ouest des rues où des lois gravitationnelles uniques et des ventes de Tamagotchi à la sauvette avaient le chic d’amorcer leurs millénaires de pierres…

Et il y avait aussi, paumées parmi des univers qui grappillaient le temps perdu, leurs hérétiques narrations racontant que le chagrin ne se risquerait plus du côté des montages novateurs… et même délaisserait ces tréteaux que cette fanfare de comédiens un vendredi noir pour cette étrange communauté avait installé !

Le mezcal s’est-il laissé abuser par quelque évidente supercherie ?

Pour faire choir des arbres faisandés et pour prendre la chandelle, une herbe miraculeuse ou tout simplement le mezcal : cet alcool hérissé des couleurs et des pensées des pendus disséminés dans le parc aux couleurs chairs ; pour inventer leur histoire perdue dans le grand bain noyé de savon, il y avait aussi cette collecte des précieux bretzels, en fouillant leur poche, leur sac et pour sortir du terrier, qui représente à lui seul une énigme, on devait taper ce code d’accès au développement aussi bien photographique que cinématographique.

Pour recouvrir la plage de cette mémoire enregistrée uniquement en Time Capsule, il y avait aussi, ici et là, de la couleur du curaçao, des noces d’orfèvre qu’une faux avait fauché dans les champs matriciels ; à haute altitude, la marine qui montait la garde devant la porte du parc, balançant leur feston d’ivraies, coupant l’oxygène avec ces pensées permettant un engrenage ; ou innovant par une excursion de jeunes filles innocentes afin de chasser les pendus cadavéreux et leurs fantômes : des crimes de petits insectes étaient à prévoir, tout en continuant comme un leitmotiv macabre ce jeu un peu débile.

Alors dansent les lunes bleues…

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Tout a commencé par quelques pétales de lunes bleues tombant dans mon verre de vin blanc, je ne savais pas pourquoi j’étais là mais, je me souviens, pour me guider entre les pales de mes pensées, qu’il y avait cet espace vert ensoleillé où nous descendions les bouteilles d’alcool gaiement.

Tout en fumant le haschisch du vieux des montagnes afghanes, morbides étaient sans doute ces époques que nous traversions, un sapin de Noël décomposé dans le coin du salon. Pour qu’il s’éloigne au prétérit avec seulement des dommages pas vraiment irrémédiables…


Je ne savais pas pourquoi j’étais là. Je ne savais pas depuis combien de temps j’étais ici. Peut-être quelques secondes, ou quelques millénaires peu importe ; tant qu’il y aura des lunes bleues taillées dans l’extase synchrone et les suçons de bleuets alors l’attente ne paraîtra pas longue, l’éternité pas vraiment une affaire de cœur…

Et du cœur j’en avais quand on jouait aux cartes, ces cartes du Munchkin annonçant la maldonne : alors plein aux as mais sans le sou j’amorçai un printemps comblé par d’austères programmes informatiques. L’informatique, cette plaie, cette goule, cette cascade d’absinthe qui avait malgré tout le ventre vide !

La gémellité des nuits de pleines lunes.

Elle venait de loin, de très loin cette frégate lancée par l’Acropole, elle apportait son lot de nouveautés rafraîchissantes la poésie des passagers de cette frégate comme si c’était la réconciliation de toutes les acropoles, l’ardeur vitale et cachée de tous ces galériens… et ce qui coulait dans leurs veines ne s’exprimait que par d’inaccessibles paraboles !

Mais pourquoi les soumettre à tant d’affectivité alors qu’ils ne pinçaient que pour cette matière, la géographie ? Et pourquoi écrivaient-ils en sanskrit cette harmonie fragile et menacée alors que le quatre quart devenait purée sous les pas de leurs pachydermes enfermés avec eux dans les cales du navire ?

Il y avait aussi du sang craché dans leur tasse ébréchée, il y avait au fond des rétines de ces esclaves d’un autre temps un hominidé parfum qui partait tôt à l’usine le matin. Il y avait comme des fleurs terrifiantes le long de ce chemin royal menant à l’Acropole, il y avait enfin comme des souvenirs se développant sous la forme d’un tweet lorsqu’on colorait de produits toxiques la rivière en contrebas de cette Acropole : peut-être était-ce la sérénité, la volupté, ou la gémellité de ces nuits de pleines lunes qui en était responsable !

Le marsupial mollusque Manson

À Brisbane, j’étais journaliste d’investigation avec une mission à accomplir : retrouver Manson, comprendre pourquoi il s’était exilé et la nature de ses outrages ; je débarquais en cargo, un vaisseau comprenant toute la jeunesse de mon pays et suivais scrupuleusement le protocole : masque à mettre même quand on était seul, et je suivais aussi l’actualité pour décrire la basicité de ce marsupial mollusque, appelé Manson comme il avait été rangé dans une catégorie dangereuse pour l’homme ; à moins qu’il s’agisse d’un simple fossile, une enveloppe de chair et de sang pour ce chien-lézard ou bien encore…

Mais je me souvenais plus très bien ce que j’étais allé faire en cette Océanie, où les couchers de soleil étaient coupés dans le rhum paille ou décrits dans des quotidiens outillés sous THC. C’était fantastique, c’était authentique comme une belle application fissurant de toutes parts le Dark Web et allumant des brasiers jusqu’aux matrices informatiques les plus féroces, les plus sauvages. Et sauvage était aussi le corps de ce chien lézard qui gisait et qui ne voyait plus que de lourdes désunions virtuelles ainsi que tout le tsointsoin.

Avec mon équipe, nous repensions d’abord toute l’architecture d’une grande guerre, impératrice par sa génétique à moitié française à moitié anglaise ; et qu’il nous faudrait mener jusqu’au bout mais il y avait en toile négative, au fond de ce fond sans fond où reposait cette cité, des gens qu’il faudrait, par politesse, inviter à lire ce prodigieux précis de médecine.

Au fond de la pinte de Bukowski !

Pour faire trempette dans la pinte de Bukowski, les ailes de mouche de Stephen King se dessinaient dans sa gueuse et leurs flammes, d’un feu crépitant, d’une sensation de brûlure acide et creuse mais comique, en promettaient bien des cavales.

Mais aussi bien des cabales qui, jusqu’à très tard la nuit, se terminaient par une danse macabre avec les démons et les sorcières, avec un clair de lune quasi taoïste… Ici et là, pour raviver les erreurs de jugement par le goût du houblon transitant dans la gorge de Bukowski, des clowns épicuriens se prenaient pour des divinités ; des divinités certes propres comme des sous neufs mais sans un brin de jugeote, qui entamaient ce dîner sous le clair de lune taoïste.

Et pour tenir la distance, ce clair de lune, aussi taoïste que médiéval, dès qu’il touchait le sol par ses rayons, déchaînait les littératures, les pages des bibles pour églises fantastiques : des fins de siècle somptueuses à prévoir… leur territoire délimité par la nuit.

Pour achever le niveau Z, parmi les livres de Stephen King et de Bukowski au sous-sol, je rêvais d’illuminer ces percées informatiques sublimées de génération en génération qu’ils étendaient en secouant leur crinière incendiaire.

Le djihad des dieux courroucés


Côtoyant toute forme d’association par sa seule temporalité, la mythique, l’ensanglantée opération du avait déclenché la colère des dieux : ces colosses avec leurs têtes d’enterrement définitivement liquoreuses comme du sirop, en jetant mes scénarios pas très folichons à la corbeille, provoquèrent la séparation du ciel et de la terre. Séparation délimitée par la table de la cuisine que les dieux firent éclater avec leur hache parallèle.

Un hibou des marais revint en force le lendemain pour assainir les lieux. Je vis aussi des spectres prendre le départ pour un rallye qui devait se terminer au fond de l’évier. L’évier délivrant un message de vie éternelle, il y avait aussi ces odeurs flamandes de grandes juments dans la cuisine ; ces juments qu’on pouvait trouver sur le radiateur des voitures de luxe comme emblème.

Et la mythique opération du dé en avait fait tourner bien des têtes, bien des générations somnifères et ce dé si médisant qu’on n’entendait presque plus ce joli refrain de nos dieux désavoués, ce dé mendiait quelques miettes d’attention qu’on ne pouvait lui refuser.

Alors l’hibou des marais désenchantés, par son testament autoproclamé, même si il était dérisoire, n’avait retrouvé comme seconde jeunesse que les genèses des followers… ou les errances d’un blog n’appartenant qu’aux dieux des fantasmagoriques jeux d’argent. Et rien de moins.

Les missives font fleurir des héroïnes de manga


Je t’écris mon cher ami à une époque imaginaire où les pensées franchissent un nouveau cap en nous laissant un goût de cendres encyclopédiques, en nous laissant aussi un goût d’appel téléphonique débridé.

Je t’écris mon vieux à une époque fulgurante où, perchés mais sans aplomb, nous devons les asservir ces pensées qui ne fleurissent qu’au printemps ; nous avons fort peu de valeur quand les orangs-outans déclarent forfait sous le poids de leur sommet silencieux. Leurs cerveaux étant des moteurs ou des pelotes de paille et nos enfants, nos enfants que nous n’avons jamais eu, en ont assez fait courir sur le sol de notre acropole les mandalas de leur Olympe.

Autrefois aussi, cablés par un système de chauffage psychiatrique, nous sécrétions des déboisements organiques en devenant cassants, vieillissants, fantomatiques comme les choses. Oulan-Bator jadis avait été croisé avec des boites de conserve amazoniennes et nous serpentions vers Oulan-Bator en passant sous les fortifications entortillées des Saules-Pleureurs…

Autrefois encore l’haletante inconnue du vide fournissait l’énergie nécessaire à nos machines pour collecter le sang menstruel de nos héroïnes de mangas.

Nuits d’orfèvres, univers foisonnants ou les fantômes du Shasta des neiges…

Elle avait commandé un chocolat chaud et l’univers servile s’étendait à nos pied, le ciel bleu folâtrant dans nos têtes, le Tzar toujours à la une des journaux comme rubrique mortuaire, et leurs nuits d’orfèvres toujours enchérissant le tout étaient saturés de tyroliens points d’exclamation enfiévrés.

Sous le porche de cette grande auberge de jeunesse donnant sur les cimes à conquérir et les wagonnets de charbon que le typhon avait dévasté, d’autres univers mataient, malgré tout en mordant la poussière des chambres du Yellow Submarine, les velléités de cet air pur des montagnes ; un air si pur, avec ses effluves farfouillant dans nos oreilles à la recherche d’un interlude post-romantique, qu’il séchait à peine au soleil, à cent lieues de s’imaginer repartir en digressions aléatoires… ou en coups de soleil à attraper les maladies photovoltaïques du Tzar et jusqu’à verdir nos quelques paroles inaudibles.

Et de ces paroles incompréhensibles on en avait par kyrielles, le serveur m’apportant une absinthe extravagante, de peur que les univers restants manquent à leur devoir de fidélité… et elle était sexuelle, elle était profonde cette fidélité mâchouillant un chewing-gum quand leurs étoiles outragées éclatèrent de colère !

Il y avait comme de la Voie lactée dans cette absinthe qui m’encourageait à donner tous mes Napoléons au guide de haute montagne, invité avec nous sur cette terrasse ensoleillé et nous promettant de monter jusqu’au Shasta des Neiges. Shasta qui devait nous hanter bien après des années lumières sans qu’on comprenne l’origine !

Les futurs zonards ou le baudelairien moonwalk.


Cahier d’écolier dégueulasse, océan horizontalement délimité par la pluie, j’avais été expulsé de ma classe de futurs zonards : j’étais hors-jeu en parcourant la scène cendreuse de Moon-Walk, en démystifiant les litanies de Charles Baudelaire ; j’étais aussi hors-jeu lorsque furtivement j’avais ouvert les cartons à l’entrée du grenier.

C’était le temps retrouvé : cet interminable jacassement entre les miroirs de bordel qui réfléchissaient le sommet de l’iceberg. Un iceberg que j’avais appâté à l’aide d’un hameçon particulièrement meurtrier pour surprendre mes assaillants, pour jouer dans la cours des grands en provoquant des esclandres sanglantes, et enfin pour apporter un nouveau élément déterminant sous le capot de ma Rolls Royce : des perceptions qui s’esclaffaient de n’appartenir à personne, de n’avoir aucune signification ; des perceptions liées comme des ligaments au baril de cognac qui s’étaient détachées du cou de mon Saint Bernard.

Au delà des litanies de Charles Baudelaire qu’on savait être de cartons comme les cartons de ce grenier où je les avais retrouvé, sur les cahiers d’écoliers sales, on pouvait découvrir d’autres romances qui malheureusement ne plaisaient à personne.

Ou bien les reflets de tous ces miroirs de bordel n’ajoutaient rien à son portrait narcissique de nacre éperdue, ou bien le carburateur Zénith de mon ancienne Rolls Royce n’avait pas l’intention de chauffer à des degrés providentiels pour faire naître tous les milles ans d’autres Moonwalk, j’en étais là dans mes réflexions. Quand soudain par surprise et surréalisme ma classe de futurs zonards m’apprît que je pouvais réintégrer leur école et ainsi user des kyrielles de feutres à tête de serpents afin de souligner les titres des différents recueils de Charles Baudelaire !

Neige précoce, l’enfance comme ascèse spirituelle… ou des solutions d’habitation ailleurs !

Cette nuit-là, il avait neigé. Comme le grand silence d’une époque où les filles étaient jolies.
Que dire des vieilles rêveries que de grands écrivains avaient généré sans comprendre le mystère intime de ce matin de glace ? Je m’étais épris de liberté, cette liberté connue des seuls artisans de la fiction, ma mémoire blanche – héron tendu sur le lac – se souvenait qu’il y avait tellement plus important, tellement plus d’enseignements que ce sentiment qui s’appelait nostalgie.

Je réapprenais l’enfance, je réapprenais à apprendre, à désirer, à défaire le nœud du chignon de la soubrette : emmêlé dans ces torrents infimes, dans ce soupçon de lune à une époque où le côté sexuel, le côté obscur, ne devait qu’attirer les mouches sales…

Il brillait sur le toit de mon école, il brillait sur ses anges aux ailes s’hérissant de silicone noir –une image d’eux montés en neige, le bonheur comme la semence de tous ces visages étonnés, rougis par les vents froids des hivers d’autrefois-

Cette nuit-là, étaient venues s’imaginer les ombres : ces marchands de thé Pennyroyal, ces coursiers de rêves tarifés, ces corps gras et toutes ces poupées gonflables placardées sur les emplacements publicitaires tombant en flocons. Comme des étoiles polaires. Elles marchaient sur les cimes scintillantes de sanglots doux, une façon très pernicieuse mais très intelligente de mélanger le jeu, la rigolade et les excès.

Je réapprendrai l’enfance comme ascèse quotidienne, ignorée des ondes médiatiques, ou comme cette écriture tremblante et écorchée vive à l’image de Kurt, devenue automatisée par tant d’injonctions littérairement écrasantes mais toujours aussi nécessaires.
En ces temps prémâchés de cristal et de souvenirs pour rôder ailleurs, puisqu’il y avait toujours des solutions d’habitation… ailleurs !

Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus ?

Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus ? Parce que leurs diables au corps ne peuvent se soustraire qu’à la place de ces Vessies de bœufs que Richard Brautigan forge par la force de ces poèmes !

Et pour tirer hors du côté obscur de la force tant d’erreurs pouvant être évité, s’immisce la vision claire des artisans de la fiction, sans que je puisse effacer tout ça… alors comment faire ?

Pourquoi toutes ces vies gâchées ne se greffent-elles pas à la moelle épinière de Richard Brautigan ? Ainsi par moult mortifications, ne résonnent plus en moi, les textes de ces artisans de la fiction qui du reste laissent infuser aux pieds des pyramides l’air parfumé du soir intergalactique… et qui vient naître par la puissance de leurs hélices mais aussi par l’influence du LSD dans nos crânes de chimpanzés…

Une formidable source d’inspiration contenue dans leur mystérieux carnet pour suivre la spirale des étoiles ; ils sont en quelque sorte des naufrageurs dans la très grande baignoire de marbre blanc que j’ai fait construire suite à une arrivée incroyable de Napoléon sonnant et trébuchant…

La Time Capsule des poètes inconnus

Comme une opacité saccadée, comme une intrigante pensée, ils suggéraient le métal, le mental ces poètes inconnus descendant jusqu’aux rues blanches dématiéralisées de San Francisco ; et leurs crachats hypnotiques fusaient et par delà le soupirail d’une vieille maison, avait été revendiqué le programme informatique de leur Cora-Hummer 7 en amortissant son décapant jaune d’oeuf. 

Alors, à l’entrée des greniers, s’interrompît son idée innovante, s’hypertrophiait sa gageure ensorcelée ; quelle idée innovante mais inconsciente, ou quel ensorcellement pouvait bien saper les fondements humanistes, les sillons mécaniques de leur time capsule ?
Ce qui jusqu’à maintenant souriait à leur time capsule s’effondrait comme des morceaux de banquise, désassemblait tout le réseau alors qu’elle résidait leur idée d’un autre monde, d’une écriture inondée par des émissions huileuses, au fond du Rio Negro de ces planètes inconnues.

Comme surmené par les travaux qu’ils me donnaient en pâture, je ravivais leur représentation mentale singulière en emmagasinant à fond-perdu et en liste mnémotechnique décomposée tous ces massifs d’ombres qui restaient une entrave à leur time capsule. Sa fréquence noire tenait un discours impassible dans les souterrains du métro, le long de l’échancrure de la robe de Béryl, le long de sa facétieuse ADN. ADN formellement livide et lexicale qui forniquait avec la lune, comment pouvait-il en être autrement quand ses assaillants vaporisaient de préférence les plaines trop arctiques ou antarctiques, les fontaines heuristiques.

Soudain, brûlée ou vannée alors qu’elle avivait un agréable goût d’encre de chine, leur Time Capsule songeait à prendre sa retraite !

La genèse mortifère de l’empereur ou la genèse d’un rêve sur la Croisette

Tout d’abord une faille courant jusqu’à son radical : la mort de l’empereur grinçant et couinant contre l’arbre cure-dent, programmée pour sécher un tirage de photos floues en noir et blanc où l’on devine vaguement une scène classée X ; ainsi, les carnets de Kaphrium, en exploitant la faille, racontent que le monde du dessus est bientôt prêt à nous appartenir, tant il sent la désolation et la mort.

La désolation et la mort examinées de près. Pour cette scène possédant une timeline peinte en aplats de couleurs et décorée d’obscénités taguées, une timeline, cachée parmi les fêlures du béton, s’ajoute à l’éprouvante faille qui ne s’éprouve que par malheur. Ou par hasard. Ce même hasard qui excite le saint sauveur ne venant pas… même à Knokke-Le-Zoute !

Et même les marais de la Louisiane s’épouvantent de la mort de cet empereur : ici aucun refuge, aucune alternative ne peut éviter l’immanquable : l’arbre cure-dents chialant des larves de crocodiles noirs… et n’existant que dans vos esprits !

De cette infériorité ainsi créée par le Programme, les carnets de Kaphrium racontent aussi que les cannoises scènes de X n’épuisent pas toutes les possibilités de ce tirage énigmatique de photos, certes un peu vieillottes !

Est-ce que tu sens la chaleur de ce vieux soir d’été ?

J’étais un vieux soir d’été, sur cette île qu’on finira bien par retrouver un jour, j’étais à la fois ce refuge et son obscurité ; obscurité devenant une large péninsule quand tu pleurais en te masturbant. Une péninsule bouddhiste où s’ébattait chaudement le sang d’éden dans les veines des misérables pêcheurs, leurs crânes branchés sur un circuit électrique qui restera toujours en manque de puissance.

Mais leur force résidait dans la provocation et quand les bottes et les ombres des singes en avaient fini de faire du foin, ils glissaient sous la peinture de ces pavés installés à l’entrée des temples, dans cet aura de lumière prêchée par l’armée des singes. Un aura de lumière pour prier le saint sauveur qui ne venait pas… même à Knokke-le-Zoute !

Est-ce que tu pourras, mon vieux ami, de peur de te relever les nuits de pleines Lunes pour une fête avec les anges, les saints et Lucifer, fermer la porte et jeter la clé ? Cette clé qui, en tant qu’écrivain ou poète, ou en tant que poète et écrivain à tour de rôle, n’arrivant qu’à ouvrir les portes d’une personnalité résiliante (leur personnalité résiliante étant à la tête de toutes ces armées.)

Dessinée sur le gravier, pincée par des ongles stridents comme sur un tableau noir, elle nous était apparue cette assiette sacrée où brûlait la représentation flottante de leur monde limité à cette île, et qui n’était rien d’autre qu’une gardienne, à la fois amante et déesse, vêlant de douces nuits agitées…

Les meurtrières du chapelier fou.

Comme si on était imbattable sur toutes ces mesures qui avaient peur de la grêle, de l’hiver éternel, de cette calotte glaciaire blanche comme une salle d’opération, elles s’aimaient entre elles ces meurtrières miroitant toutes ces choses pour aller droit dans le mur.

Et, alors que je tapais ces lignes, ces meurtrières, à l’aise, misaient sur la roulette russe, c’était tout ce qu’on pouvait tirer de ce froid morbide s’engouffrant sous la porte de ma chambre. 

C’était comme si ces meurtrières nous ordonnaient de les aimer malgré ce moment, brisé en mille éclats de voix dans ce miroir, où elles m’étaient apparues, au fin fond d’une immobilité glaciale, prisonnières de deux volets fermés permettant d’ouvrir sans la clé, sans serruriers, sur un monde silencieux.

Quatre vingt dix pour cent de leur matière spirituelle se moquait des Vénus de glace sur cette terre en train de fondre malgré tout ; et de plume souriant au chapelier fou d’Alice aux pays des merveilles en plume grillagée d’ombres brûlantes je réalisais alors que cet univers était complètement fou. Complètement en symbiose avec ces meurtrières toujours en relation avec nous.

Skyfall

Des cachets pour un zèbre quittant les quais du métro et récupérant la couleur noire semblable aux mouvements rapides, générés par le silex, d’un monde d’un noir embaumeur c’était d’abord ce qu’il fallait pour voir les filles de Miami ; faudrait peut-être bien aussi désenchanter ce zèbre en lui suggérant une playlist qui finirait par Skyfall comme ce matin finissant tête-bêche avec cet effondrement du ciel. Ce ciel perdant ses religieux sombrement dans les sillons labourés !

Étant donné le prodigieux dénouement et l’effondrement de ce monde qui suivit : à la page d’accueil de l’Apple Music les sessions d’enregistrement de ce Skyfall bringuebalaient sur fond d’œillet terne une débandade massacrante, et malgré moi j’étais intervenu dans cette bagarre… et ainsi furent scannés et remplacés les ténèbres cinématographiques de mon ami Donald Duck par une faible lumière, avant qu’il s’embourbe…

Le joug du lac de Zoug…

Même nue dans les rizières surnaturelles qui se débattaient pour ne pas mourir comme elle et moi couché sur le sol du sanctuaire matriciel qui allait s’agencer une bonne fois pour toutes avec les dalles en marbres des fontaines Wallace, nous crânions quand même dans ce gouffre que les samouraïs informatiques, après plusieurs tentatives et sans-façon, amorçaient ; la romance entre nous deux n’influençait pas non plus l’arrêt ou non des larmes de Cornélius, le Grand Architecte de la Matrice mais ça ne l’empêchait pas de s’écharper avec ce que apportions au prétérit une beauté spartiate : quelque chose comme un message impalpable avant notre propre mort. Une chronique d’un suicide réussi enfin.

Des larmes qui avaient fait naître des avortons ; des avortons crachant de la lave sur des sentiers ombrageux, des avortons récoltant depuis le fond sans fond de leur esprit de nouveaux horizons, s’engouffrant à travers son magnifique kimono à étreindre…

En serrant les mâchoires, ça jaillissait par le nez ; à la longue, à l’usure même, ce qui émergeait de ces petits geignements, c’était un enchevêtrement poussif d’associations dénuées de sens : des grappes de couleurs fastueusement temporaires, facilitant un réseau de possibles, un réseau de romans en attente.

La quintessence des nuits de pleines Lunes !

Au-dessus de la fosse noire : elle s’en allait arpenter les grands espaces la valse surannée des petites grand-mères malingres caressant le poil sauvage des forêts X. En dessous : ils en avaient des neuropathies à revendre ces apprentis de la fiction assemblant sur leurs grands chemins des quartiers d’oreille-coupée jetée aux oubliettes.

Jetée aux oubliettes comme leurs céphalées industrielles qui les suivaient par de longs travellings d’autoroutes, et délimités par la pluie, leurs territoires se perdaient jusqu’aux cataractes minérales du non-être ; suites de vision infinie numérotée et attribuée à chaque changement d’altitudes ou de latitudes !

Quelle était donc la cause de leur solitude, de leur isolement dans ma chambre d’hôtel ? Quand pourrais-je décrire ces suites de visions infinies que leur texte, une incitation à la haine, contribuait à alimenter un sujet déjà connu ?

Mais déjà au fond de la Fosse Noire, d’autres mondes s’ouvraient sur les richesses d’une vallée explorée uniquement par d’autres chercheurs d’or. Et, pour cueillir le jour présent, les forêts X les ignoraient superbement ces deux textes dont le contenu n’était pas choquant pourtant… peut-être manquait-il l’essence, ou la quintessence si j’osais enfin les aborder, les rencontrer, des nuits de pleine lune ?

Ou la présence de cette fille rencontrée un soir à l’aéroport ? Ça restait une énigme, une énigme craignant leur verdict et qui semblait verbaliser cette question : par quels procédés ces sorcières (les petites grands-mères malingres) pouvaient-elles introduire dans l’esprit de ces poètes méchants, fous, la résolution de cette énigme ?

Cette énigme, cette promesse que les dieux, malgré d’autres univers possibles, avaient subtilement fait s’évanouir dans le crâne de tous les résidents de la fosse noire… des raisons bien fondées pour sceller leurs investigations ?

Buvant, gorgée après gorgée, toute la cascade d’un nouveau Eldorado où l’on attendait patiemment la pluie et son eau désaltérante permettant de ne plus se souvenir de la fosse noire, ils essayaient, on ne pouvaient pas leur en vouloir, ces orfèvres des mots magiques de rajeunir ; mais son pouvoir de guérison se limitait à effacer toutes les mémoires, ce qui aurait pu m’instruire davantage sur l’éternité interminable de cette obscurité régnant dans la fosse noire… et que leur suicide, ma mort violente, les viols ou les divers esclavage, ne semblaient pas attrister, bien au contraire ce clair-obscur aidait à présent par télépathie à les médiatiser : et ce fut ainsi, dans les buildings où des journalistes étaient conviés à leur séance de brainstorming, que s’affichèrent sur leurs ordinateurs ces atrocités inhumaines ; elles reviendraient nous hanter un jour dans la vive clarté d’une belle journée d’hiver. Ou pendant un carnaval qui resterait bien sûr mémorable !

De descriptions notoires en descriptions vite à gommer, comment châtier ces récits troublants ?

C’est comme ça que ça avait commencé. Par l’aperçu de cette timeline où l’on voyait des vers grouiller ; par cette tempête aussi grimée que ce costume de vache hindoue et personne ne pouvait la blâmer pendant ce laps de temps si court que les êtres en question n’arrivaient pas à la chevaucher comme leur dragon ; c’est aussi comme ça que ça avait commencé par leurs empreintes digitales permettant d’accéder au nouveau monde généré par le tableau de Greco et de le museler… sa palette de couleur à honnir comme les facettes de leur personnalité d’aspect douteux ; et le tableau de Greco parvenait à s’accoutumer à sa mission, à savoir mettre de la distance entre ces gens en haut-de-forme sans les offusquer.

Ne bougeant plus d’un iota, tous assis sur leurs chaises à l’intérieur de cette taupinière qui servait de musée, ils avaient capitulé en attendant l’apparition de la vierge, en attendant de se recueillir. Et l’assemblée se tenait dans ces couloirs souterrains où brillaient tous ces écrans et bien sûr leur timeline. Sur cette timeline, ensuite, on pouvait deviner des images sans fin de bras cassés tandis que les gens discutaient sur ces autres corporations qui seraient bientôt à leur merci et dans le dos d’une Walkyrie, parmi ce groupe, des gosses se moquaient de leur air emprunté…

Les calomniant cette décérébrée en avait des descriptions notoires pour ces gamins ; ces descriptions retrouvées sans leur ornement dans leurs nouvelles réduites en pluie de cendres et qui tombaient comme des bénédictions ; et dans l’air leur vapeur comme celle du Bloodhound Gang, cette fumerie d’opium, se mouvait doucement. Jusqu’à faire croître – d’une multiplication burlesque – les cours d’école où Rage Against The Machine écouté au second degré était traité dans leur écrit comme une description vite à gommer !

Les genèses des Fosses Noires.

Le futur, son futur où elle jouerait dans les films des rôles de godiche, aurait pu continuer longtemps comme ça. Longtemps jusqu’au moment où cette grosse mouche noire en me dérangeant intronisait quelque chose de neuf pour elle sur le papier.
Ce script où je croyais m’attaquer à une nouvelle version de Blair Witch, épuisé par les serpents et les anguilles qui l’entouraient. En effet, la machine à écrire, infaillible, avait même prédit ce soir là ce vent glacial qui vivifiait en pleine nuit toute la ville, cette fourmilière ne rêvant que de soleil irisant de ses derniers rayons le terrier du lapin blanc.

Au prochain panorama que je décrivais en tapant sur la machine pour elle, lisant par dessus mon épaule, elle m’intrigua en introduisant un indice pour cette série policière où je lui réservais le premier rôle : une éclatante pyramide d’œufs frais au sommet où gisait un cadavre, typiquement répugnant. Sur ses pentes, en changeant de registre, Alice, cette jeune nymphette de dix-huit ans, aidait par d’inexplicables invocations à faire fleurir tout un tas de graines latentes…

Des plantes chancelant sous le poids du travail des quenouilles d’autrefois, de la servitude des canuts ou de ces inventeurs lyonnais comme ce Jacquard… et quelquefois, je me demande encore si de leurs voix séraphiques, elles pousseraient Alice à sortir nue de son lit à minuit. Pour se rendre à un mystérieux procès.
Et d’autres fois je me disais que si elle se levait de son lit à baldaquin à cette heure obscure, ce ne serait que pour inoculer dans leurs veines matricielles cette quinine à tous ces trépassés du panthéon.

Peut-être parce qu’elle les jalousait, mais cette nuit là elle était d’une gaieté inexplicable ; sûrement parce que la plus grande idée jamais imaginée, la plus percutante en terme cinématographique et la plus inexorable à travers les temps, sur ces feuilles de papier qui zébraient le carrelage de la cuisine où j’écrivais, avait enfin été conçu : un authentique travail d’orfèvrerie spirituelle.

L’idée ? Elle allait devenir cette actrice qui s’infiltrerait dans les bas-fonds où le label Sub Pop avait été créé, où les conceptions du monde de demain, du moins dans le domaine du grunge, survivraient aux tractations des Majors.
Mais seraient malgré tout envahies par les déchets de la Fosse Noire.

Maculés à la fin de cette soirée interminable de sang, ces textes n’obéissaient, j’en étais le seul convaincu, qu’à une logique tellement folle, chapeautant à la place de Beethoven dans Orange Mécanique qu’un Offenbach quelque part hantant et planant au-dessus de nous.
Pour une filmographie sans cette pauvre dévotchka.

Les vannes des fantasmes

Elle en désapprouvait bien des voyages en van cette liste des fantasmes et elle détroussait tous ses transporteurs cette sexualité emmaillotée dans le laurier-rose ; n’empêche ils avaient des pilules pour dormir, emmaillotées dans leur cerveau comme un désir impénitent. La liste des fantasmes pour vampiriser tout ça.

Elle en déséquilibrait des transconteneurs cette nordique liste des fantasmes et ils jouaient aux osselets après avoir courtisé l’éprouvante vivacité du pastel, ces transconteneurs où planquée dans des quartauts tubéreux on avait enfermé involontairement les œufs prêts à éclore de l’araignée propre-à-rien. Elle était badigeonnée d’affiches vantant un road trip transaustralien cette liste des fantasmes réinventée, synthétique : trop prosaïque pour qu’on puisse l’apprivoiser de plumes transcontinentales, de temps littéraires à la manière d’une dictée maintes fois énoncée.

Et que la liste des fantasmes voulait maîtriser parfaitement, croyant que cette science de lettrées avait la capacité de divertir ceux qui étaient restés dans les tranchées ; croyant aussi que c’était sa destinée, ou la représentation d’une urne où brûlait notre iPhone lors de ce périple alcoolisé en Amérique, dans un suintement pestilentiel, alors que les numéros des filles aux yeux de computer qui brillent, couinaient en haut des Everest, et qu’elles gémissaient de plaisir en remplissant notre bain de valériane, ou en rafraîchissant les pages web par une vannerie informatique très sophistiquée !

Pleine lune, nuit de sabbat, ou oracles de saltimbanques…

La fin ! Ce ne pouvait être que la fin une nuit de sabbat ! Nuit de pleine lune s’accrochant à faire le pitre jusqu’au moindre recoin d’une épiphanie que les artistes à travers les âges confondaient avec l’oracle des saltimbanques tout en s’égarant dans les disques durs des computers… ce vide incessant au sein de l’humanité plongeant dans les puits sans fond, avant d’être distillé dans les sachets de bonbons sans trouver la moindre des fictions à son goût : des espèces de molécules, en descendant dans les veines via de nombreuses intraveineuses, peut-être aussi laissant comme cette orange sanguine qui coulait dans leur barbe, des taches sur le tapis de leur salon et les rendaient tous malades, cloués au lit avec les ruminations noires de ce marsupial mollusque, de ce chien-lézard ou de cette Océanie !

Lieu unique où même la fin des mots-clés que j’apprivoisais silencieusement, veillait à la santé et à leur hygiène et qui embarrassait tous les synopsis positifs racontant que Sam, l’alter-égo de Satan, décrocherait par sa magnifique complexité et par son commerce de l’esprit, le box-office américain ou européen finissant dans les poches des quartiers de la finance…

Des pièces d’argent et de bronze aux coteaux des sites les plus bizarroïdes que Santa Claus transformait en phlébites pour avoir ce prétexte inhumain de se coucher entre les lignes de toutes les pages des manuscrits… (environ l’équivalent de 90 à 95 centimes d’euros) sans se douter que ces roupies permettant le financement de ce film allaient ranimer le souvenir de la planète OS X où l’oracle des saltimbanques l’avait abandonné à son triste sort. La fin ! Ce ne pouvait être que la fin une nuit de sabbat ! Nuit de pleine lune qui désirait l’apocalypse. Sous la chaleur d’un soleil calmée par l’air marin, en inventant un autre univers, elle avait imaginé que de tendres flocons descendraient du ciel quand il reviendrait la chercher.

Nuit de pleine lune déséquilibrant bout à bout et au hasard l’arborescence, l’unique altitude rouge et fumeuse dans les yeux de la modiste, déséquilibrant ce qu’elle gréait, ce qu’elle avait entendu comme rumeur lorsque jadis ils présidaient à toutes les manifestations liées à la sexualité, ces computers pleins d’imagination et de malice : ils incorporaient le plomb mortel, incontrôlable, ingérable, fantomatique, dans leur recette fantaisiste, dans leur cut-up pour dissoudre les taches sur les vêtements ; leur signe, leur mot comme représentant ce qu’elle était réellement Kashi Soīchisawa et que représentait-elle vraiment ? Malgré son équivalent métaphysique et spirituel, gentiment réapparu lorsqu’on vida les entrailles, les sources des sanctuaires nargués, les poinçons que je tentais en vain de réconcilier et les architectures de ces diaboliques ordinateurs inventés par prémonitions et par peur du vide, la réponse par ce vide rôdant comme Burroughs pour rouir les sillages du chanvre à la recherche de la pierre philosophale, était comme absorbée par ce traquenard !

Les vies antérieures d’un négus au fond de ses bottes…

Les vies antérieures comme les sauvegardes de l’iPhone avaient le moral bouillant au fond des bottes. Ces vies, contenant leur élément (le bois) et leur occidentale lettre romaine ou grecque, écroulaient les derniers vestiges des cités mystérieuses, répandaient les rumeurs qui concernaient les guerres d’Achille et son armée des singes. 

Il y avait aussi, comme décor, les longues pattes de l’araignée dans le ciel et sur terre qui laissaient crisser, sur le gravier de la route empruntée par ces mercenaires, des choses nerveusement malades : comme des ongles sur un tableau noir, leur assourdissant vacarme se précipitait dans la glaise moulée à la main d’où provenaient les vies antérieures. Et, ainsi je lisais la longue description des petites annonces parues ce matin, ces choses étranges qui ne servaient à rien ou qui semblaient ne servir à rien s’incarnèrent en coucher de soleil, les pitons des neiges, les touches du piano, encapuchonnés par ces vies antérieures appartenant à un Négus…

Sous ma douche les deux enquêtrices…

Les deux filles du marais, le mieux qu’elles avaient à faire c’était de tomber sur cette île paradisiaque uniquement réservée aux novateurs, aux révolutionnaires même.

Pied au plancher pour que l’on rejoigne à temps avec ces deux nymphettes les cités mystérieuses, nous étions bons pour la faire la une de tous les journaux : nulle vision, pas le temps pour s’imprégner des derniers râles des victimes que le parasite filaire avait fait entremêler les rumeurs, les histoires les concernant. Et ainsi, trouvé ce qui était laid, et que l’unique attitude de ces pauvres dévotchkas n’avait rien d’autres à nourrir que la rouge et fumeuse déception : à savoir dans les yeux de ces modistes, je n’avais pas relevé le pari sachant ce que j’allais perdre et gagner et qu’elles avaient la science parfaite pour attirer les faveurs des dieux, les dieux des géographies grêlées de motif grégorien, parce que des divinités comme ça ne pouvaient que exaucer leurs vœux : foirer les paris de leurs prétendants.

Et moi, parmi eux, au lieu de donner un scoop, et deux titres pour les journaux américains, des monolithes grimés, je ne savais pas, parce qu’elle était en train de se dénuder au sommet d’un tas de dune que la jaguar avait défoncé, fait balancer la poussière et fait danser des tas de putains obscurités, je ne savais plus où j’en étais. Ces poupées gonflables placardées sur les emplacements publicitaires pour nous vendre des racines de gingembre ou de la lessive avariée (alors qu’il s’agissait en réalité de viande pourrie de veau réduite en poudre et c’était exactement ce qu’il fallait pour éclairer tout ce que la personne contaminée allait enfin comprendre)

Et les mots tombèrent soudain en pluie sur la page de choux, cette article d’investigation pour créer son mythe, leurs mythes alors qu’elles étaient ces deux actrices droites dans leur botte de cuir et dénudées dans la cuisine complètement blanche, dans mon salon doublement dévêtues nous conduisant à écarter les rétines des agonisants…dans leur orbite, prélevés dans un échantillon d’écume, les mondes où l’on vivait uniquement dans le noir… Et triplement dévêtues lorsque l’épidémie avait encore frappé… Ainsi déversant dans le journalisme d’investigation, on suivait de près cette nouvelle vague d’épidémie qui pressait les Autorités à déplorer un nombre toujours croissant de victimes et à prendre des mesures sanitaires radicales.

Le bonbon de la putain !

Tout avait commencé ainsi : sur l’écran de l’ordinateur, s’était arrêté l’image surnaturelle d’une femme agenouillée. Sa nudité ancrée dans la rétine des gens qui ne la voyaient pas de toute façon et que je retrouvais au fond d’un grand rift, à la fin d’une république sans histoire, ne la gênait visiblement pas.

À présent, elle gisait, nue et dénudée à la fois (doublement, triplement dévêtue) couverte de mèches de cheveux sombres, entourée d’anguilles noires et luisantes autogénérées par les algorithmes de mon étrange ordinateur. Et qui me rendaient, à la vue du bonbon de cette putain, mélancolique.
Le bonbon de la putain ? Un imaginaire coton parfumé que cette danseuse de Saint-Louis m’avait jadis jeté lors d’un strip ; et même nue alors qu’un fortifiant vertige tentateur me possédait tout entier, ce n’était que pour intervertir sa sensualité lancinante avec ce désir fougueux qu’elle provoquait chez moi : une invitation muette qui hésitait entre l’obscurité des rizières surnaturelles où elle était née et la luminosité de l’écran détaillant ce rêve infaillible.

Elle en avait à revendre ces siècles de lucidité divine ou ces neuropathologies qui jablaient leur quartaut où s’étaient calfeutrés les anguilles et les serpents noirs de ses cheveux.
La Cora-Hummer était donc un monstre qui prévoyait, dans un autre synopsis, de lui infliger le supplice de la corde avant de la voir couchée définitivement sur le sol de son sanctuaire matriciel. Un édifice, croulant sous les millénaires, installé parmi les ruines.
Avant même qu’elle soit malade – ce mal des anguilles et des serpents noirs – quand s’élèveraient en moi des idées luxueusement révolutionnaires de Kama-Sutra… Et qui ajouterait à ce fantasque visionnage par webcam, une sorte de pornographie me scotchant une bonne fois pour toute devant l’énigmatique ordinateur.

Puis plus rien. Peut-être que ses circuits électroniques et sa carte mère avaient grillé sans oser aller plus loin. Plus rien ne bougeait dans mon orbite mais sa pupille ténébreuse, tout aussi nue que cette étoffe de coton retrouvée dans les rizières surnaturelles, commençait à chauffer malgré cette providentielle panne informatique. Tout du moins dans mon imagination, elle aussi jaillissante du sol de ce sanctuaire matriciel…

Je m’approchais de cet alambic qui servait à fournir l’énergie nécessaire pour faire fonctionner le système de la Cora-Hummer 7, dans l’espoir de ranimer cette vieille machine pas belle. Avec cette féroce envie aussi de la culbuter cette nymphette sur la pelouse des universités américaines où Steve Jobs ou Kurt Cobain se livrait à la pire des débauches.

N’arrivant pas à la redémarrer, je tombai sur le manuel qui était censé vulgariser les procédures hermétiques permettant de la réinitialiser. Cette tâche ingrate ayant été exécutée sans doute par des samouraïs informatiques.

D’ordinaire, ces notices se contentaient d’expliquer le fonctionnement de l’appareil mais sur celle-ci étaient annotées dans la marge de sanguines écritures… après plusieurs tentatives, je les déchiffrais et il apparût qu’elles étaient capables d’invoquer le secret emplacement de l’Oasis ce jeu virtuel qui vous promettait de gagner le bonbon de la putain. La Katchina suivait avec assiduité l’évolution de tous ces joueurs.
Une furieuse raison pour brûler cet auteur qui sans-façon avait souillé l’ouvrage avec ses pattes de mouches ; je prononçai à l’envers et d’une voix incantatoire ces invocations magiques et aussitôt me retrouvai au pied d’un bûcher et j’aperçus alors le corps de ce connard, Burroughs le Seigneur des ténèbres, s’embraser.

Et je compris enfin que ce que l’alambic avait distillé la nuit d’avant n’était que les quintessences d’une Saint-Con programmée, jalousant la beauté, les prochains et fantasmagoriques bonbons d’une autre putain

Nettoie les flûtes des morts !

Ah, merde, n’est-ce donc rien pour vous, vous tous qui passez par ici ?

Payez pour toutes vos erreurs rédhibitoires. Piochez dans les livres et dans votre dictionnaire de poche votre mal de vivre et peut-être que des parallélogrammes de lumière éclatante tourneront jusqu’à se cloner entre eux. Aujourd’hui, un nouveau monde est possible : universalité des pénitences !

À la manière d’un kaléidoscope, au-delà de l’asphalte peu rationnel et en bois d’ébène, il y avait ces yeux clos et amovibles qui paraissent chuinter au fond de mes tempes creuses ; des yeux qui appartenaient à la reine noire et à son inextensible clair-obscur. Un inextensible clair-obscur, nimbé d’un seul tissu de soie, qui tombait en ruine et des fantômes oubliés selon l’usage traditionnel traversaient ces deux mondes distincts : d’abord cette foule ottomane qui affrontait le vent glacial venu du Japon. Puis cette série de silhouettes qui, dans les lambeaux de sa temporalité gouvernée par un rythme empreint d’une palpitation hésitante, augmentait la dose de méthadone jusqu’à une cuillerée à soupe pour bientôt rayer de la carte ce pays : des pieds tous obliques et des plaies de monde onirique et du sang lapé par un reptile en provoquant cette accoutumance de nouvelles couleurs.

Des couleurs qui retardaient le tissage de la gaine-culotte de son Honneur tendue entre ses cuisses mais aussi l’avancée de son armée partant au-delà de ces cités mystérieuses, à l’heure érudite des rois couronnés… aux formes plus stables, moins rampantes que ces négociateurs népalais qui avaient malgré tout inventé l’usage de la flûte des morts : des os pacifiques taillés dans la craie magique avant qu’ils se décomposent et l’histoire de cet instrument, leurs délires demeurant perspective indépassable, devait beaucoup aux sacrifices de ces idoles avec leurs yeux de quinines, lors de cette stupéfiante disparition de tous les étés. Avec les rituels runiques d’une altitude dotée d’artefacts éreintés, épuisés, leurs fables se dénudaient en forçant un peu le trait des charpentes osseuses !

Est-ce qu’il faut vraiment s’exiler dans le royaume alternatif du Népal ?

J’avais crée une série de récits de fiction reposant sur les limites du clonage et à présent au Népal un monde alternatif se composait avant tout de clones et de quelques humains en minorité, des commerçants vêtus d’ottomane, ce tissu de soie qui les aidait à affronter le vent glacial pour devenir un ersatz d’eux même, plus proche que des moines zen.

Ces derniers, parmi les débris des silhouettes se détachant dans cette région de haute montagne, étaient affolés par le sourire de Joconde de ma secrétaire qui sauvegardait mes écrits.

Je m’étais donc installé ici parce que trop de mes lecteurs avaient la mauvaise habitude en Occident de rayer les premières lignes de mes romans ; ce qui me laissait néanmoins dans le doute car dans le flou tacheté de ma chambre chez l’habitant je ne pouvais produire qu’un univers onirique, qu’on qualifierait d’hermétique

Je décidai de prendre l’air, de sortir de ce langage châtié pour le dépaysement et démarrai au quart de tour la jaguar que j’avais garé dans une ruelle éclairée par des kyrielles de lampions, où le soleil noyé dans son sang, se déplaçait d’une valve à une autre, et retombait à chaque irrigation dans les couveuses ; après avoir discrédité ces machines et qu’il croyait se soustraire à leur tourbillon de bière alimentant les nourrissons.

Cela servait à s’inspirer d’essais thérapeutiques, de sciences fictions macabres et de retour dans ma piaule, dans l’une de mes nouvelles, me souvenant de la trappe du grenier de la maison de mes parents où j’apercevais la timeline d’un étrange ordinateur, j’expérimentais une nouvelle description qui sous-entendait qu’une race de poissons sans arrêtes ni écailles d’origine avait été généré uniquement par cet ordinateur ; c’était une prouesse technologique… en une nuit j’avais aussi créé toute une série sur les parasites humains, ceux-là habillés à l’occidentale avec un jean bleu délavé et troué, à la façon presque grunge…

Le squat du Maître des Enzymes

Le long du chemin de fer antique et pour s’apercevoir qu’au milieu de cet ensemble des tessons jonchaient cette route, elles résumaient à elles seules le retour des meurtrières chiffré à l’excès, ces féeries écrites sur feuilles d’argiles d’argile rouge.

Et elles en dévalaient des pentes par la porte de Chine, leurs allées de terre jaune : un jeu qui mélangeait les pénombres, les tentatives avortées, les bavures extrêmes ; les embruns de leurs cheveux parcouraient en imagination les rizières, les fouillis de prières de ces bigots qu’elles retouchaient en coquillages marin.
Et qu’il avait rapidement, pour nous deux, restauré ce maître des enzymes… la plus haute fenêtre de son squat donnait sur les travaux de cuir et de sciage, physiquement perçus comme un labeur sans fin pour sa plus haute caste, certes brisée par ses impératifs mais confortablement expansive sur son territoire ; ces travaux étaient payés par des récoltes de bleuet taillé dans la guêpière des crins de chevaux alezans ; leur haleur, à tous ces propriétaires terriens, en distillait bien des mystères taoïstes par cette transaction… ces mystères que j’idolâtrais pour elle. Comme ce maître des enzymes, arraché à sa terre natale pour une mission que les meurtrières lui avaient confié : il devait charpenter avec de l’écorce prise entre deux guerres la carte et les territoires que ce mystérieux secret ravigotait !

Les bonbons des putains

Tout avait commencé ainsi : sur l’écran de l’ordinateur, s’était arrêté l’image surnaturelle d’une femme agenouillée. Sa nudité ancrée dans la rétine des gens qui ne la voyaient pas de toute façon et que je retrouvais au fond d’un grand rift, à la fin d’une république sans histoire, ne la gênait visiblement pas.

À présent, elle gisait, nue et dénudée à la fois (doublement, triplement dévêtue) couverte de mèches de cheveux sombres, entourée d’anguilles noires et luisantes autogénérées par les algorithmes de mon étrange ordinateur. Et qui me rendaient, à la vue du bonbon de cette putain, mélancolique.
Le bonbon de la putain ? Un imaginaire coton parfumé que cette danseuse de Saint-Louis m’avait jadis jeté lors d’un strip ; et même nue alors qu’un fortifiant vertige tentateur me possédait tout entier, ce n’était que pour intervertir sa sensualité lancinante avec ce désir fougueux qu’elle provoquait chez moi : une invitation muette qui hésitait entre l’obscurité des rizières surnaturelles où elle était née et la luminosité de l’écran détaillant ce rêve infaillible.

Elle en avait à revendre ces siècles de lucidité divine ou ces neuropathologies qui jablaient leur quartaut où s’étaient calfeutrés les anguilles et les serpents noirs de ses cheveux. La Cora-Hummer était donc un monstre qui prévoyait, dans un autre synopsis, de lui infliger le supplice de la corde avant de la voir couchée définitivement sur le sol de son sanctuaire matriciel. Un édifice, croulant sous les millénaires, installé parmi les ruines.
Avant même qu’elle soit malade – ce mal des anguilles et des serpents noirs – quand s’élèveraient en moi des idées luxueusement révolutionnaires de Kama-Sutra… Et qui ajouterait à ce fantasque visionnage par webcam, une sorte de pornographie me scotchant une bonne fois pour toute devant l’énigmatique ordinateur.

Puis plus rien. Peut-être que ses circuits électroniques et sa carte mère avaient grillé sans oser aller plus loin. Plus rien ne bougeait dans mon orbite mais sa pupille ténébreuse, tout aussi nue que cette étoffe de coton retrouvée dans les rizières surnaturelles, commençait à chauffer malgré cette providentielle panne informatique. Tout du moins dans mon imagination, elle aussi jaillissante du sol de ce sanctuaire matriciel…

Je m’approchais de cet alambic qui servait à fournir l’énergie nécessaire pour faire fonctionner le système de la Cora-Hummer 7, dans l’espoir de ranimer cette vieille machine pas belle. Avec cette féroce envie aussi de la culbuter cette nymphette sur la pelouse des universités américaines où Steve Jobs ou Kurt Cobain se livrait à la pire des débauches.

N’arrivant pas à la redémarrer, je tombai sur le manuel qui était censé vulgariser les procédures hermétiques permettant de la réinitialiser. Cette tâche ingrate ayant été exécutée sans doute par des samouraïs informatiques.

D’ordinaire, ces notices se contentaient d’expliquer le fonctionnement de l’appareil mais sur celle-ci étaient annotées dans la marge de sanguines écritures… après plusieurs tentatives, je les déchiffrais et il apparût qu’elles étaient capables d’invoquer le secret emplacement de l’Oasis ce jeu virtuel qui vous promettait de gagner le bonbon de la putain. La Katchina suivait avec assiduité l’évolution de tous ces joueurs.
Une furieuse raison pour brûler cet auteur qui sans-façon avait souillé l’ouvrage avec ses pattes de mouches ; je prononçai à l’envers et d’une voix incantatoire ces invocations magiques et aussitôt me retrouvai au pied d’un bûcher et j’aperçus alors le corps de ce connard, Burroughs le Seigneur des ténèbres, s’embraser.

Et je compris enfin que ce que l’alambic avait distillé la nuit d’avant n’était que les quintessences d’une Saint-Con programmée, jalousant la beauté, les prochains et fantasmagoriques bonbons d’une autre putain !

Les pages des Fleurs du Mal. #36mars.

Jusqu’à l’extrémité nord du souterrain, le documentaire couvrait les moindres détails de l’attentat… Le terroriste ? Il vivait de lichens, de leur suc qu’il coupait avec sa vodka, de jeunes filles prenant leur pied, c’était peut-être bien Hunter S. Thompson ; ou du moins son plan drogues avait séduit le commandant de notre P.C (poste de commandement) ou du moins ce qu’il en restait : des cendres qui crépitaient dans une chaleur à haute fréquence, dans la vapeur des fumeurs d’opium aussi… Quelle fréquentation à éviter, à tout faire cravater, pour ce noble hussard informatique !

Et pour avoir une idée de ces nymphettes fusillées en ce 36 mars qui claironnait comme un jour de nef basse, Hunter était bien trop lessivé pour aller encore se damner parmi cette champignonnière de rires décantés. Tous ses efforts avaient été vaincu suite à une trop grande consommation de drogues vertigineuses !

Mais ressuscité à présent et parcourant les tuyaux de canalisation comme un rat tout chaud, l’événement de ce 36 mars que Hunter avait coupellé avec ce massacre, ce brasier à faire débarquer les communautés Aliens chez nous, ne les avait pas éteint, ses désirs trop fous pour mûrir à l’air libre sur des feuilles de papier. Le mal empirant, leur puissance par la force des choses résultait des neigeuses années, chères à Baudelaire, les pages des Fleurs du Mal côtoyaient en imagination le haut du pavé de ce 36 mars !

Réprouvés… renquillées… Ou Répudiée !

Réprouvés les méandres de chaussettes, renquillées les diverses trouées de sous-vêtements avariés et remuglants jusqu’au gaspillage ; et répudiée la rose noire déchue, alors que mes pensées cognaient.. Reniflée cette hallucinante quantité de sachets et revanchard était cette aventure à tout faire retapisser comme le suc d’une orchidée de ballons multicolores ; ah comme les formes étaient tristes, goulues mais elle ne voulait pas en démordre !

Je lui montrais la ligne droite, ne perdant pas le nord, ni l’envers des Palaces, ni leur arrière-cours, il y avait voilà de quoi émettre un appel désespéré comme dans le port d’Amsterdam, de quoi sentir la mer tourner. Tous les réveils me consternaient, incarnés par ce mauvais endroit ; les hauts plateaux de l’Éthiopie se sauvaient, se cachaient dans le tiroir de sa table de nuit… Ainsi que toutes les blessures et tous les chagrins que nous n’avons pas eus ensemble.

Venant des profondeurs de son appareil Kodak, en crachotant, les larmes d’un Inuit qui glissaient le long des briques des maisons lourdes, hautes, kitsch et noires ; ces larmes qui se déroulaient, en dominant l’horizon, le long du chemin de fer antique : ces larmes nées dans la poussière narcotique, et qui redeviendront poussière narcotique.

Ces mêmes maisons où étaient piégés les Nouvelles Combinaisons, les mots de passe, les bleus vifs de ces larmes avaient sapé leur amalgame de sables et d’exaltation sinistrement verrouillée ; exaltation aussi de jeunes pousses de réminiscences qui voulaient réconcilier l’Inuit avec quelque chose d’encore trop flou, toutes ces abstractions qui continuaient de glisser en sourdine avec les larmes au pied des chagrins d’amour de l’Inuit… en emportant toutes les lumières, leurs lacunes n’étaient que les bornes invisibles du cosmos, ce quasar glacial, schéma alchimique d’écorces et de kouglof, où se mêlèrent la rosée du matin, la rosée d’un monde chatoyant, et le chavirant poison d’une nuit sans dormir…

Des sillons à l’architecture spirituelle pour cheminer en dehors de Tokyo

Pour chambouler, au delà du frou-frou des billets de banque, ces cours boursiers de Tokyo, de juxtapositions mystérieuses en juxtapositions hasardeuses, la monnaie des Japonais, il devait affliger sur le macadam des routes brûlantes une sévère correction à ce coursier ; ça venait de commencer en chambrant ses sauvageons qui lui servaient de sbires et qui, à l’avance, se réjouissaient d’une baston à tout casser. À soulever même des océans de phosphate à Tokyo où il y avait encore des maladies comme la variole et des phlébites qui causaient, en réalisant de grands dégâts, la disparition du pubis glabre des impérialistes…

Et enfin leurs longues vies, à ces actionnaires qui ne pinçaient que pour les variomètres ou d’autres appareils de mesure, suscitaient la colère, l’incompréhension ; par des plans d’actions concrètes, ils avaient fait capituler toutes les idées létales en trouvant un chemin d’accès parmi ces banquises… ces idées létales qui n’avaient fait que chanceler les grands phoques dans ces lieux glacés où les affiches représentant une variété de sourires atrocement phonétiques, volaient la vedette aux extravagances des glaciers et des icebergs… toutes dignes d’un film comme The Witch étant donné qu’il y avait pas mal de sorcellerie dans leur émission télépathique, ce qui changeait des classiques réclames vantant de meilleur lendemain ou un état d’esprit positif.

À Tokyo toujours, la simple suggestion de ces icebergs, cachant quelques gisements de phosphate, ne pouvait que faire cauchemarder les héritiers, leurs héritages prônés par le Grand et le Petit Véhicule enseigné par le Bouddha…

Un ordinateur révolutionnaire

Je suis un novateur, un révolutionnaire même, bien autrement méritant que ces marchands de thé Pennyroyal, ces coursiers de rêves tarifés, ces corps gras et toutes ces poupées gonflables placardées sur les emplacements publicitaires pour nous vendre des racines de gingembre ou de la lessive avariée (alors qu’il s’agit en réalité de viande pourrie de veau réduite en poudre.)

Avant de faire lovely-love dans une pénombre en silicone noir, au centre de la cour du donjon, une sorte de brasier brûlait, je le savais, mes yeux avaient mal à force de regarder là-haut et il me semblait impossible que les processeurs, effectuant leur mise à jour pour découper les oreilles gelées de cet Inventeur, puissent encore fonctionner dans cette fournaise. Et anticiper le fonctionnement de la Cora-Hummer 7 qui fabriquait des histoires en agaçant la glotte de leur créateur placé sur la scène prête à prendre feu.

C’était un sauvage, ce génie de l’informatique, un aborigène jouant des variations A Cappella ; des variations qui, le foc déferlé, firent s’écrouler les navires contre les vagues, et d’oreilles coupées en RER, tandis que je farfouillais dans les options de ce traitement de texte, son réseau gangrenait des univers cicatrisés et vidés de leur suc et de leur prépuce ; un réseau qui téléchargeait d’immenses agrandissements photographiques. Sur ces photos, on pouvait voir les promoteurs numériques se précipiter tête-bêche dans le caniveau, en crachotant des spermatozoïdes pacifistes.


De mon côté, je gribouillais à présent sur mon bloc-notes : une caméra filmait les mouvements saccadés de l’écriture automatique, symbolisée par cette petite babiole de disque dur.
Synthétisées lors de ce transfert, des partitions musicales célébraient les films scénarisés montrant des maisons lourdes, hautes, kitsch et noires ; en avançant l’heure locale et en réduisant cette infime distance entre le décor photographique et les faux raccords, ces partitions musicales bourdonnaient comme cet étrange ordinateur.

La réalisation et la concrétisation de mon fantasmagorique voyage !

Je réussis tout ce que j’entreprends, je vais atteindre mes objectifs, quand je serais dans l’avion Airbus pour l’Australie. 

Chaque jour mon esprit est en parfaite santé et pour nourrir mon corps l’attention des messages dans mon corps dans son marsupial moteur, accepte ce qui ne peut changer. Dans toutes mes décisions avec la même lenteur que lorsque je fais la liste de mes compétences me permettant de conduire une fantastique Jaguar, je vois la perfection en moi, quelque soit mes défauts. Je m’accepte comme je suis tandis que ronronne le moteur de mes pensées positives ; ma conscience jour après jour pendant ce moment calme et détendu visualise un paysage magnifique où je suis reconnaissant pour la joie qu’il me procure et tandis que je ferme les yeux je visualise, en me pardonnant de toutes mes fautes, un morceau de chocolat fondant dans ma bouche, je visualise le toucher du fusain du Japon qui m’incite à avoir plus de culot, plus d’enthousiasme lorsqu’une pensée positive ou une opportunité apparaît, puis je vais chercher de plus en plus confiant mon arbre que je touche d’abord de ma main puis pour l’effleurer de mon pouce et avoir entièrement confiance en moi je l’imagine qu’il m’attend dans un monde qui s’illumine, un rêve comme l’Australie…

Je remercie la vie chaque jour pour me fixer des objectifs et je sais que la peur ou la procrastination ne sert à rien. J’inspire la paix, je répond pacifiquement à toutes ces listes prévoyant le bien-être de sillonner les sentiers et m’offrant ainsi des randonnées magnifiques. À vélo les bornes kilométriques défilent et je reste calme et détendu, pendant que je roule je me remémore les lectures des livres de développement personnel que j’ai Lu pour les vacances ou je planifie les programmes de musculation qui m’attendent, les challenges comme faire un tour du monde et que je sais très bien que tous les jours à mon réveil j’aurais cet enthousiaste pour les accomplir.

J’ai en moi toutes les qualités pour agir, mes objectifs, quel que soit le domaine, me permettent déjà de parler avec assurance, et je me réjouis d’avoir une idée précise de là où je veux arriver, étant dans le contrôle de ma vie et je réalise avec optimisme le temps que cela me prendra pour l’atteindre et de la méthode à mettre en œuvre, rayonnant de confiance. 

J’attire des personnes positives et dans l’avion Airbus, mon voisin lui aussi, trouve des solutions à ses problèmes par mes paroles, et calmes et clairs généré par cette discussion, j’ai des projets pour choisir l’amour et la paix quand mon corps, ce moteur idéal, se prépare pour des compétitions spectaculaires… Et ce n’est pas en fumant dehors alors qu’ils frémissent en ce matin froid de ce mois de mars, ces fumeurs, qu’ils peuvent connaître la positivité d’une bonne lutte pour gagner la course…

Vivant du moment présent quand être heureux et patient se couple ensemble je déborde d’énergie !

Les portes anglicisées des Orients colportés !

Ici et là on s’empressait de réinitialiser la machine à écrire qui les avait produit : un état de grâce pour frapper fort, pour que ses brouillons racontant l’histoire des opprimés parviennent jusqu’aux types les plus géniaux. Peut-être jusqu’aux deux intersections d’une rue perpendiculaire que les portes vers l’Orient définissaient comme la naissance d’un nouveau écrivain dans cette ville américaine : à ce propos l’auteur n’était autre que Bukowski, un chauffeur de camion qui avait caché ce manuscrit entre leurs interstices perdues…

En objectant que leur expérience de grand Shining avait disparu, les portes de ces orients démarchaient par télépathie sur le papier de la machine à écrire des candidatures au poste de chef de guerres que ce vieillard avait défenestré pas plus tard que ce matin. Et qui géométriquement quadrillaient les routes avec les résultats de leur recherche sur le web. Et délimitaient l’exil de Bukowski qu’on venait de trouver dans la glace à cheval entre la jungle babylonienne et les bordels panaméens pour les mémoriser par avance comme les bons numéros du loto.

S’ajoutant à ce que l’on peut retirer d’un séjour dans un cocon de cocottes en papier – assez longtemps et sans sentir son mauvais goût récupéré dans un sale état – il était malicieusement évident que ces immenses portes, si elles s’ouvraient un jour, cachaient leur dur labeur d’équations à double inconnue. Synthétisées puis représentées par des affiches dignes de Blair Witch collées virtuellement par un mouvement terroriste quelconque, ces équations se démenaient à vanter leur excroissance osseuse ! Et ne pouvaient s’apparenter qu’à l’hallucination collective d’une dizaines d’élues tout au plus !

À quel jeu s’amusaient-elles toutes ces filles qui avaient eu la chance de naître dans les bonnes grâces ? Est-ce qu’elles servaient elles aussi les intérêts émotifs du système adverse ? Avaient-elles converti l’écrivain américain à leur secte datant des temps préhistoriques ? Sans transition je me retrouvais sur de hautes plates-formes dans le but d’éteindre pour de bon cette machine aussi underground que sophistiquée, et ne voyais que la page deux cent trente quatre onduler aux rythmes de la respiration de leur corps étendu alors que, sans sourciller, personne ne répondait…

La nuit verte de l’Alaska…

Je voulais partir à la recherche de la nuit verte de l’Alaska qui n’avait pas cinq ans devant elle et qui semblait sur le point de sombrer avec ses mercenaires. Ces guerriers de la route, prêts à en découdre, m’avait indiqué la position du Magic Bus, ce van résonnant – le summum de la liberté – avec l’absence énigmatique de ces fantômes, abandonnés en pleine nature

Mais il était évident qu’elle retournerait entièrement à la terre de ses ancêtres, cette révolution spirituelle, cette unique quête à sillonner les altitudes tombées à la page trois du livre de Supertramp le vagabond ; et je me souviens de ce poème que j’avais lu à ma soeur après la remise des diplômes, ce poème prédisant la souffrance inhérente à toute éducation alors que j’avais tout ou plus pendant des années d’études appliqué une moral implacable et maintenant c’était l’heure de faire mes preuves. À l’ouest, la route menait toujours même si je devais abandonner ma guimbarde et marcher à pied pendant de longs kilomètres éreintants ! 

Commençant par de mystérieuses rhétoriques, les autres pages du livre de Supertramp avaient été vivement arrachées, ce qui semblait dénoter un certain mépris pour les écrits, du moins quand ils relevaient de cette absurde corvée à obtenir son diplôme… Et pour en faire des cocottes en papier, il fallait se permettre de les brûler avec les derniers billets de banque qui me restaient.

Les Meurtrières

Sous les couvertures de notre lit, leurs domiciles, leurs sectes : une sentinelle informatique avec leurs meurtrières harcelant sa robe de satin composée d’interstices goudronneux ; et de ces meurtrières palpitantes de perles et frissonantes comme de la semence de tapissier, comme ce tapis de géraniums noyé dans la saumure cendreuse, elles les permutaient avec nos fenêtres qui devaient rester secrètes, ces orfraies…

Ces orfraies par ces meurtrières sabordaient les contemporains encorbellements de notre immeuble. Les encorbellements d’une encéphalographie éprouvée dans sa dialectique décomposition ; décomposées étaient aussi leurs formalités spirituelles, leurs lignes de code générées automatiquement lors d’une descente en ski alpin. En l’ajoutant à l’amalgame de leurs conceptions assistées par ordinateur, cette descente en ski avait été longuement étudié, de façon cartésienne, en se servant de la documentation de l’homme à l’oreille coupée.
Cet homme à l’oreille coupée nous jetait encore des sentiments dénaturés dans le combiné cramoisi de son téléphone. Des sentiments dénaturés avant de réaliser un travail d’orfèvre embryonnaire, avant de faire valdinguer le jaune de l’oeuf au-dessus des montagnes afghanes, et après s’être débarrassé de son blanc polaire, associé à l’engrenage de ces machines.
En catimini, en entraînant sur leur passage une débandade de flonflons corrompus, les machines s’essoufflaient et firent dégouliner du cognac du haut des branches de l’arbre cure-dent !
Chapardant du grand vent, il y avait aussi cette catapulte romaine qui, comme une appendicite de tapisserie, engendra la panique parmi les machines, absorbant leur sabre de samouraï et même leurs lacunes et cellules grises…

Et dans leurs moteurs : du rhum que les meurtrières filochaient comme ces orfraies, ces orfèvres du vide et de la nuit…

Est-ce que tu peux écrire un quatrain pour tout ce Bataclan scléreux ?

Il y avait ces mollusques de chien-lézard, ces attentats pour satisfaire leur rage primaire ; et pour s’encanailler avec les phoques de cette banquise qui dérivaient au large de la Patagonie un 13 novembre 2015 ils s’en allaient rosser les quémandeurs raffinés. Quémandeurs qui montraient un ostensible quand-à-soi lorsqu’ils collaient avec l’aide de leurs ventouses l’œil poché de ces chanteurs de blues. Par quel tour de passe-passe pourraient-il bien les décoller ?

Leur tour de passe-passe à eux brûlait au charbon cérébral, excessif ; cependant après avoir revêtu leur robe de pourpre à la manière des papesses, ils ruinaient leur santé à rééquilibrer leur yin et leur yang… et quand la lutte effroyable s’engageait avec ces bêtes qu’on qualifiait de féroces, ils cravachaient tant et bataillaient tellement bien qu’ils arrivèrent à les renvoyer à leurs lieux d’origine : entre les profondeurs d’un appareil Kodak et cet entonnoir immonde, où toute histoire commençait.

Alors en ce 13 novembre 2015, leur sanctuaire donnait sur des terrasses où des quenouilles tentaient de réconcilier les agonisants du Bataclan avec la sciure résultant de leur extraction de racines ; les racines des arbres cure-dent quand on essayait d’extraire leur suc, leur goût liquoreux et presque agréable, seul connu des hussards !

Car en effet, leur prochaine réincarnation se rétractant à cause du mauvais état des routes, partageait les quintessences de cette science que les hussards informatiques avaient démontré jadis par de maints théorèmes… implantés à s’en rendre malade tête-bêche avec leurs profils isochromatiques, ces détournements mathématiques obtenaient après bien des enchevêtrements d’anévrisme invincible et bien avant la fin du carnage, leur libération psychédélique.

Neuf planètes pour neuf mercenaires.

Il y avait neuf Cora-Hummers ; parmi ces mercenaires, Theodore Kaczynski avait toujours dans sa poche Les pierres du Ciel et Les pierres du Chili, deux bouquins que le fameux Unabomber appréciait d’analyser afin de parfaire la substance de ses divers comprimés dégageant d’étranges parfums. Ce n’était pas seulement le type qui avait inspiré Tyler Durden à Chuck Palahniuk dans Fight Club c’était un samouraï redoutable, le sombre monarque qui avait froidement abattu à l’aurore sur un comptoir d’ivoire sombre des animateurs télé ; et lorsque les bourdonnements de leur étrange machine commençaient à poindre, c’était le premier à se lever à l’aube.

Il y avait aussi Kaphrium dans le groupe qui, je me souviens, avait lancé un début de dialogues métaphysiques lorsqu’il parla de son livre de chevet, Les Criquets en fleurs. Et tandis que la timeline de leur énigmatique ordinateur relevait une liste de bourbier à éviter pour arriver à Flax, nécessaire pour que leurs sangliers de trait ne s’embourbent pas pendant cette traversée périlleuse, il appuya sur les touches CTRL X et aussitôt une page web s’ouvrit proposant un itinéraire plus sûr qu’il regarda attentivement. Et soudain le silence se fit à l’heure où religieusement ils buvaient du thé, cette précieuse denrée qu’ils avaient subtilisé à Pouif.

Le personnage suivant de la harde des Cora-Hummers, étudiait les passages des Reliques de la Mort qui traitaient des esclaves de l’Afrique Noire, ne les ayant vu que dans un feuilleton généré par la Burroughs Cora-Hummer 7, la plupart représentés par des hologrammes crapotant les vapeurs d’un encensoir dans une des meilleures scènes.

Cette année un des mercenaires avait crapahuté dans les montagnes afghanes pour convaincre Trisha Baga de remanier la licence d’exploitation de ce film que j’avais commencé de visionner ; dans l’une des scènes confirmant le talent certain de cette Vénus de Laussel on voyait sur l’écran des myriades de Vénus de Laussel courir dans une prairie, le corps nu et badigeonné de tatouages tribaux… finissant par une litanie qui n’en finissait pas, un zoom était effectué sur leur danse macabre une nuit de la Saint-Jean, en flash back des immensités sahariennes, sans pour autant définir un lieu précis, défilaient en images subliminales…

C’était pas la peine de sortir de Polytechnique pour savoir que cette projection cinématographique serait subtilement commentée dans les salles de la Sucrière parmi ces œuvres d’art contemporaines et les autres fantasmagories réservées au fondateur de Fight Club.

De Saint Pétersbourg à la Ciotat

Aux mangas, on leur vendra tout un jeu de bateleurs qui ont cramé les câbles rompus pour décoder le monde dans lequel ils se trouvent : des programmes informatiques qui énumèrent tous leurs appels téléphoniques en les vérifiant par delà les chemins et les rivières encaissés.

Aux neuf planètes on fera tournoyer leur vie sous des averses de pluie gothique. Aux poètes maudits, on leur conseillera de jouer entre la force obscure du yin et le côté divin du yang.

Pour déchirer tous ces changements qui se produisent dans leur vie on la consignera leur féminité absente ; absente comme cette pacotille qui fait office de combiné téléphonique. Et de la pacotille, il y en a aussi, sous un soleil radieux d’Arizona, à prendre ou à laisser pour féconder peut-être, mystérieusement ou concrètement, le bonheur : peut-être induit par un grelottement de marquise précieuse et raffinée du côté du Yang, le côté des braises… le côté aussi des cendres, puisque aujourd’hui tu as réussis à alimenter un feu occulte sans parvenir à rassembler les prestidigitateurs qui n’ont qu’un goût de bretzel sur leur palais. Et qui nous confère une intelligence analogue à l’intelligence humaine et qui cherche à jaillir directement du sol ; pour un nouveau 11 septembre ou une autre épidémie on leur donnera suite à d’inévitables répressions de quoi rafistoler leur coeur brisé, cassé, toujours corrompu mais épuré cette fois et affranchi !

Afin de parvenir au point de non-perception et pour meubler le vide immense, on les représentera sur les murs de l’acropole ces hauts-fonds caillouteux et ces dionysiaques silhouettes qui meurent dans les flammes d’un feu ; on leur vantera les gestes d’un vieux film d’aventures avec ses péripéties maritimes et pour un happy end qui grésille dès le générique on leur infligera une sensation de brûlure acide et creuse mais comique.

En se compromettant jusqu’à très tard avec un clair de lune taoïste, on montera pour eux des spectacles de clowns, épicuriens comme des divinités, propres comme des sous neufs mais sans un brin de jugeote, et alors viendra le temps, de Saint Pétersbourg à la Ciotat, des saignées blanches qui embrasent ce clair de lune taoïste comme des massacres à la tronçonneuse !

Un café pour le docteur Freud !

Le goût du vrai chocolat mordait la poussière en nous cinglant de sa langue comme il nous cinglait avec le fouet, et à chaque fois qu’il trempait dans le café créole, ses souvenirs d’horizons yéménites paraissaient gonfler notre sac à dos.

Le goût du vrai chocolat venait de Belgébeuse, et était décrit dans l’étude inachevée du mathématicien Egon Willerbann, grand admirateur à ses heures du docteur Freud. Et ses discussions métaphysiques résultant de ce café créole ?

Elles semblaient illustrer une opinion tranchée sur la nature humaine, et elles apparaissaient par des symboles avant-coureurs qui circulaient en nous ; en humant d’un rythme monotone ses arômes qui venaient d’une lointaine galaxie, nous la trouvions suggestive la lumière de cette vieille lanterne qu’on apercevait des falaises d’Etretat et les faunes discutaient entre eux au sujet de notre retour.

Soudain, tristement mus par quelques danses fantasmatiques et leur voyage depuis le néant, les faunes qui correspondaient au feu du désir, à la liberté aussi, après avoir bu ce café, arrivaient sans mal à définir l’âge mental de Némésis. Les dents blanches, éclatantes des étoiles polaires ne pouvaient percer qu’à partir d’une iconographie que le goût de ce café en noir sidéral ou en or rose veillait à ne pas faire replonger dans les tumultes de notre vie lyonnaise.

Cépages téléphoniques, préhistoire des attentats, ou genèse sans Charles Manson…

Une fois la chaumière disparue, ils en étaient encore à la préhistoire des attentats numériques, les grommèlements des gnomes, les émissions photovoltaïques de la brosse à dents électrique, les conneries à la radio qu’on entendait depuis le van ; des préhistoires à la mode chinoise transmettant la consigne donnée et les tics de langage des petites familles en promenade le dimanche : des momies qui s’endormaient après bien des coutumes illisibles.

De licencieuses coutumes selon Charles Manson et qui allaient soigner leur style redondant en éteignant toutes les machines. Souriant de leur nudité ascétique, par exemple, les combinés des téléphones abandonnés sur le bitume ou sous la braise ne pouvaient plus que se greffer au bras et aux oreilles écharpées ; les charlatans alors en action pour stabiliser le van en question, ses moteurs prêts à être ravivés, énuméraient leurs détails…

Alors, alors seulement : les momies se ranimaient en attachant l’appendice des voyages sans retour au flanc perturbant des cépages téléphoniques… loin de la nuit froide au dehors !

Entre temps 1.0 Brusquement 2.1 Et Ensuite 0.0

I.
Ils étaient sous la terre, un défi à réaliser chaque jour. Razko Kaphrium était à l’origine de l’opération. Ils étaient bien au chaud, un peu comme dans un œuf, comme émerveillés par les chutes et fracas métalliques qu’ils entendaient depuis les profondeurs. Au-dessus, les immeubles en béton qui avaient abrité le Projet Kaphrium, menaçaient de s’effondrer ; mais l’œuf enflait, les deux frères avaient trouvé enfin ce qu’ils cherchaient. Ce jour là, le défi avait été particulièrement difficile à élaborer. Maubeuge, le grand frère, avait jeté sur le papier les premières conditions : d’abord, il fallait retrouver cette étrange famille qui vivait En Haut ou En Dessous, on ne savait pas trop, ça paraissait déjà compliqué… Ils ne sortaient jamais très souvent de leur terrier. D’autant plus qu’ils étaient myopes comme des taupes. Pourtant le Projet Kaphrium allait visuellement progresser en intensité, frapper aux endroits stratégiques quand la ville serait endormie. Ils prévoyaient de sortir d’une zone de décombres, proche de leur voisinage. Ils suffisaient de grimper le long d’une échelle métallique pour voir des grues -immobiles depuis des lustres- hanter les gravats. Les carnets de Razko Kaphrium racontaient que le monde du dessus était bientôt prêt à leur appartenir, tant il sentait la désolation et la mort.

Les deux frères avaient vu leur jeu débile se liquéfier avec le temps, le plaisir de braver les interdits s’était émoussé au fil du temps. Et les délires consignés dans les carnets de Razko Kaphrium n’avaient plus aucun intérêt. L’idée de poursuivre quotidiennement les défis fut ainsi abandonnée.
Prochainement, allait sonner le glas des Années X.


II.
Razko Kaphrium avait-il vécu une vie antérieure ? Avait-il dynamité l’immeuble où il habitait ou était-ce quelqu’un d’autre ? Razko Kaphrium était-il seul à agir ou était-il influencé ? Et surtout, était-il mort, vivant ou en intermédiation ?
J’avalais mon café et je me souvenais de m’être penché au chevet de cet homme sanglé et allongé sur son lit d’hôpital. C’était peut-être Razko Kaphrium, ce vieillard au visage flétris. Personne ne connaissait son identité. Et quand j’étais venu le voir et l’interroger pendant son hospitalisation les éléments qu’ils m’avaient fournis correspondaient exactement aux divers échanges que j’avais eu avec le Razko Kaphrium des années X. Pourtant, et tout le monde le savait, les années X n’avaient jamais réellement existé, elles étaient imaginaires pour les archives, insensés pour les gouvernements en place, invraisemblables d’après les médias, et les gens n’en parlaient jamais. C’était bien plus qu’un simple tabou. Les années X s’étaient formés dans l’inconscient d’une génération (ou d’une ethnie ?) qui avait vécu dans les canalisations des égouts. Et personne à présent ne voulait l’évoquer, cette sombre période qui sentait la merde.
Razko Kaphrium avait (ou avait eu) cette folle ambition de faire remonter cette merde aux narines de mes contemporains.

III.
Ils avaient prospéré sur un monde en ruines, dans un « univers merdique uniquement réservé aux hominidés » selon leur expression.
A force de regarder l’écoulement blanchâtre des égouts, à force de se terrer dans l’obscurité de ces souterrains, ils comparaient l’écume des vagues aux lessives avariées des ménagères quand elles atterrissaient ici. En cela et uniquement d’après cette drôle de perception, on pouvait les qualifier de poètes impressionnistes. Mais la poésie pour eux s’arrêtait là : ils n’avaient aucune honte et aucun mal à être grossiers, à se montrer rustres et dégoûtants en toute occasion.
Mais ils n’avaient pas les pieds sur terre, c’était là le principal écueil à leur progression. Et ceci n’était pas une nouvelle fois une caractéristique de ce qu’ils prétendaient être, ces pseudo poètes. Littéralement, ils n’avaient pas les pieds physiques sur la surface de la terre ferme. D’hommes-taupes, ils avaient mutés en hommes-rats au fil de ces années X et cette menace sans cesse réactivée et réelle qu’ils surgissent à tout moment hors de la plaque d’égout, avait fait trembler la communauté humaine, cette caste privilégiée et inchangée depuis l’aube de l’humanité.


IV.
Quelqu’un jouait passionnément de l’accordéon. Sûrement l’ouvrier du chantier d’à côté. Nous avions dévalé les pentes raides de la Croix Rousse avec nos vélos pourris et sans frein et nous comptions donner aux hommes-taupes de la salade verte -ces feuilles de salade inutiles qu’on avait récupéré de nos hamburgers achetés quelques heures plus tôt au Mac Donald’s. Léon de Maubeuge, l’homme-taupe, allait se régaler ; c’était notre seul ami et quand on entendait l’accordéon du chantier il n’était jamais très loin.
Léon aimait sortir de son antre pour écouter cet accordéon, et ce fut assez rapidement qu’on retrouva notre vieux copain, planqué derrière un mur tagué de conneries dont le célèbre Zoé Suce avec ses vingt-six numéros de téléphone différents. C’était notre tag préféré mais Léon de Maubeuge ne savait pas lire, encore moins écrire, et n’avait jamais eu de téléphone, il préférait s’intéresser aux instruments de musique qui avaient survécu aux guerres. Il était très bizarre mais on l’aimait pour ça.

V.
Léon de Maubeuge était-il un messager des dieux ? Allais-je devenir complètement cinglé au point de manger uniquement les feuilles de salade que les enfants apportaient aux hommes-taupes ? Je beuglais ces questions, recroquevillé dans un coin de mon appartement -un vrai capharnaüm- lorsque j’eus l’idée soudaine de descendre les poubelles. Un peu d’exercice pouvait m’aider à remettre mes idées en place. Pourtant, à peine sortis, alors que j’étais au rez-de-chaussée où l’on entreposait les poubelles, je vis l’horrible plaque qui était sur ma boite aux lettres : Razko Kaphrium 1er étage.
Pire ! Le facteur qui était là me tendit le courrier en s’adressant à moi ainsi : Monsieur Kaphrium, un recommandé pour vous.

De l’eau avait coulé sous les ponts, et le complot s’était agrandis : tout le monde m’appelait à présent Razko Kaphrium, j’avais beau me démener, décliner ma véritable identité, j’étais devenu Kaphrium, Razko Kaphrium et les hommes-taupes, qui allaient devenir des hommes-rats, m’appelaient à les rejoindre, je savais qu’ils me vénérait comme un dieu et… Putain la merde ! j’étais seul à me débattre dans ce monde soudain incompréhensible, j’avais lu dans les journaux ou ailleurs cette histoire imaginaire qui racontait l’existence d’hommes-taupes et d’hommes-rats gouverné et administré par le seul Razko Kaphrium et mon ADN avait été modifiée suite à cette lecture.
J’allumais la télé et le présentateur du JT me déclara comme si il me pétait à la gueule que moi Razko Kaphrium j’étais de la racaille à abattre.
J’envoyais la télé valser par la fenêtre, et aussitôt la radio m’informa que moi Razko Kaphrium j’avais causé la mort d’une centaine de victimes en laissant le gaz allumé dans mon ancien appartement. Merde et merde et encore merde !


VI.
Un jour, alors que j’étais encore gamin, les immeubles en béton de la Sucrière s’étaient effondrés sous nos yeux. Quelques mois plus tard, un nouveau chantier s’ouvrit. Maubeuge, mon grand frère, aimait traîner avec moi dans cette zone de décombres proche de notre voisinage, quand les ouvriers étaient partis. Lorsque nous ne dévalions pas les pentes de la Croix-Rousse avec nos vélos pourris et sans frein, on cherchait toujours quelque chose à inventer, une histoire imaginaire au milieu des gravats ou un jeu débile comme monter jusqu’au sommet d’une grue mécanique, et ce fut ainsi, un matin pendant les grandes vacances, qu’on découvrit l’antre des Cora-Hummers 7 ; le trou était large et très profond, aussi nous eûmes du mal à passer à l’acte : il fallait descendre une échelle métallique et rouillée, qui s’enfonçait dans les profondeurs. La dynamite placée soigneusement aux endroits stratégiques avait laissé un cratère affaissé ; mais comme nous étions désœuvrés ce jour là, nous avions bravé le danger et ce fut le cœur battant qu’on s’engagea, le souterrain devait receler tellement de secrets !
Sous les néons aux mémoires photovoltaïques qui jetaient sur nos visages des aplats brusques de masque mortuaire, nous fûmes guidés par le son d’une brosse à dent électrique et le tremblotement d’une lumière au fond du tunnel emprunté. Ainsi, nous étions tombé sur une famille étrange que nous avons appelé par la suite Les Cora-Hummers.
Elle vivait dans les profondeurs et nous étions arrivé alors qu’elle se lavait les dents. Ils nous avaient tout de suite adopté : le père, la mère, la fille, le fils et le chien-marteau. Dès le début, leurs tics de langage nous avaient beaucoup amusé : ils inséraient dans leurs phrases de nombreux adverbes même quand ce n’était pas nécessaire :
« Papa ! Entre temps ma bouche a rendu caoutchouteument du sale dans l’évier, pouah anticoagulement dégueulasse… Igor, brusquement rallume la bougie ! On n’y voit lubrifiquement rien ! Je dois aristocratiquement me faire belle et ensuite sortir ce soir. »    
A partir de ce jour, nous prîmes la résolution de leur rendre visite quotidiennement, au moins jusqu’à ce que l’école reprenne. Cependant, ce bonheur dura peu ; un événement funeste pointait déjà à l’horizon.

VII.
Une nuit, les sirènes des pompiers retentirent, tout le quartier s’était levé pour voir l’attraction : nous arrivâmes à nous débattre pour apercevoir enfin les portes grandes ouvertes des ambulances où des myriades de passants, pressés les uns contre les autres, pouvaient voir les victimes qui allaient être transportées en urgence à l’hôpital.
Il fut exactement vingt-trois heures dix-sept lorsque le charme de l’enfance prit fin. Je me souviens comme si c’était hier : on poursuivit la dernière ambulance avec nos vélos jusqu’à la perdre de vue… Qu’était-il arrivé de si grave à cette si gentille famille qui nous avait chaleureusement accueillis ?
Le lendemain, aucun titre des journaux ne mentionnait ce drame, rien à la télé, et à la radio, le néant absolu. Personne n’avait rien remarqué cette nuit. Avec le temps, la raison prit le dessus sur notre chagrin : on avait rêvé à force de fabuler voilà tout !
On regagna bientôt nos bicyclettes pour bousculer les gens autours des terrasses et dans la rue ; souvent un serveur en déséquilibre lâchait de son plateau un café brûlant sur la gueule du client ; et même parfois, affalé dans un hamac au fond du jardin, on bouffait des carambars qu’on avait volé chez le marchand d’à côté… Bref l’enfance avait repris ses droits sous cet éblouissant soleil d’été…

Burroughs ou Hélicéenne ?

Année 2119.
A quelle heure la publication du prodigieux précis de médecine de Cornélius avait-elle été différé ? Etait-ce à cause de ces étranges phénomènes ?

Comment cela avait-il commencé ? Toutes ces questions polluaient le crâne de Burroughs lorsqu’il se souvint qu’un après-midi de printemps, dans la salle de classe à côté, les élèves ânonnaient leur latin en rêvant de se planquer dans les grandes rizières surnaturelles qu’il avait créé en imagination. Et tandis que Popeye picolait, lui dans l’évanescence de ce Portique Virtuel qui se désagrégeait, inventait des mondes positivement sans serpillière. Le long du corridor sombre de l’école, ses poux folâtraient, réanimant parfois un onomatopée digne d’une poésie de Charles Baudelaire ou d’Arthur Rimbaud.

Pourquoi Popeye détestait-il son petit chef qui était aussi barré que lui ? Pourquoi les premiers de la classe poussaient-ils à la consommation ? Burroughs s’appliquait à chasser ces questions de son esprit ; la pourpre romaine que portait cette lycéenne dissipée pouvait l’aider à combattre cette migraine, il en était convaincu ; mais puisqu’elle impérialement avait fait la bise à Popeye avant de chahuter avec ses copines, il se résolut à pourvoir un poste d’agent d’entretien, à vider les poubelles des sanitaires pour dames, et ainsi son imagination qui était loin d’être poussive, refaçonna les monstruosités de la scène politique de son époque.

Et intégralement échancrée dans sa robe de plumes noires, la lycéenne revenait le hanter puisqu’elle venait de l’au-delà, puisqu’elle avait favorisé l’arrivée au pouvoir de son étrange corporation ; et même si la plupart d’entre elles ne rêvaient que de mettre au point le lancement sur le marché mondial de la grande consommation de sa Burroughs Cora-Hummer 7, cette nymphette elle, ne désirait rien d’autre que de séduire Pluton en écrivant sur cet ordinateur révolutionnaire des poèmes ou des plans machiavéliques, d’étranges proses pour nourrir ces légendes urbaines incompréhensibles.

Entre-temps, Brusquement, et Ensuite.

La fille de Corto Maltese, croisait et recroisait ses jambes et je m’abstenais à grande peine de regarder ce qu’elle offrait entre ses cuisses : Entre-temps… Brusquement, Et ensuite !

Dans mon récit, il y avait une cave avec une seule ouverture sur le monde extérieur. La Fosse Noire.
Et des barreaux qui empêchaient de s’échapper depuis cette ouverture. Elle ne laissait passer la lumière du jour que faiblement. Et au fond de la fosse noire l’obscurité.

Et toujours au fond un homme (était-ce vraiment un homme) qui travaillait la nuit sur je-ne-sais-quoi… Et dormait le jour, quand la neige tombait sur la ville. Sa fabrique, c’était la fosse noire.
Il était toujours là. Vautré sur un lit aux draps souillés, les clopes et la bouteille de Jack Daniels planquée dans un coin. Du vomi et du grunge sur le papier machine, et un bric-à-brac kafkaïen, alors seul maître des lieux…

Le Prince de Sang-Mêlé avait prospéré sur un monde en ruines laissant la fille de Corto Maltese m’entraîner dans sa danse. Commençant par de mystérieuses rhétoriques, le manuel des potions du Prince de Sang Mêlé pouvait bien sûr faire grésiller en Happy End ce monde qui décrochait ; si peu tangibles étaient ses histoires permettant de résoudre les rêveries de tous ces intrus qu’on voulait oublier ; des rêveries en wagons de luxe si communément admises parmi ces cercles littéraires qu’elles étaient en quelque sorte escamotées ou réduites en descriptions sur Pierre de Rosette

Selon Tom Jedusor, la magie noire de l’opium en décuplait, en multipliait de la salubrité langoureuse par son désir de tout mettre en boîte, de ranger dans les rubriques interdites : ces archives manuscrites qui racontaient, au-delà de tous ces étranglements de craie et de fusain séchant au soleil demeuré, comment les créatures royales, les plus prévoyantes allaient emporter sur leur dos la fille de Corto Maltese !

L’essence des larmes. Ou la vengeance de Katia !

Gravitant autour d’une énigme irrésolue, ce cinéma porno au coin d’une grande avenue, venait d’ouvrir ses portes (En inauguration, un film mystérieusement sans titre était projeté ) ! Dès qu’il avait appris la nouvelle, Jumbo s’était jeté dans le premier bus pour prendre une place (environ l’équivalent de 90 à 95 centimes d’euros) sans se douter que ce film allait ranimer le souvenir de la planète OS X où il avait abandonné Katia à son triste sort. Katia qui pleurait, Jumbo l’examinant d’un regard furtif, qui désirait l’apocalypse. Sous la chaleur d’un soleil calmée par l’air marin, en inventant un autre univers, Katia avait imaginé que de tendres flocons descendraient du ciel quand l’archéologue interstellaire reviendrait la chercher.

Assis aux premières places, à peine les publicités passées, Jumbo vit quelque chose fendre l’écran : ce fut, trois fois, un intertitre, décoré de notes de musique éparpillées et peintes à la main :

La Vengeance de Katia ! La Vengeance de Katia ! La Vengeance de Katia !

Suivi par un lent balayage panoramique, puis la caméra s’immobilisa un instant pour examiner une tâche humide sur le canapé jaune, la scène campagnarde idyllique et ensoleillée visible depuis une fenêtre, un tas de photos de vacances sur la table à abattants, la petite culotte très légère abandonnée dessous.

Une bouteille de champagne ouverte et deux flûtes à moitié pleines étaient posées sur la crédence peinte, comme pour un portrait de famille. De l’autre côté du couloir, dans la chambre d’Angela, sous un plafond à miroirs, un grand lit circulaire avec un chevet en forme de cœur et des draps en satin cramoisi et or, délicatement froissés et tachés. Il y avait également de nombreux miroirs, et pourtant la caméra, alors même qu’elle explorait l’ensemble tendrement, comme en le caressant, parvint à ne pas se filmer. Derrière le lit se trouvait une porte entrouverte, la caméra se glissa par l’ouverture et pénétra dans une salle de bains au carrelage et aux miroirs étincelants.

Et ici, ici seulement, on pût voir la caméra et le cameraman, se refléter dans cette profusion de miroirs. La caméra s’arrêta un moment sur un espacement vide d’un meuble de la salle de bain. Et une indication sonore retentit :
« La boite de Tampax a disparu, Jumbo l’aurait-il volé à la Gardienne du Temple ? »

Il y avait aussi, toujours suivi par un autre balayage panoramique, des phylactères multicolores renvoyant sur l’écran cette indication, par écrit cette fois, comme des trous de gruyère laissant passer l’air, des phylactères qui rêvaient de se défaire du sortilège de Katia, puis on passait au plan d’une terrasse ensoleillée, et Jumbo pouvait entendre le bruit des casseroles lavées par la bonne trop bête.

Une kyrielle de flash-back apparut alors : c’était un défilement rapide d’images où l’on voyait Jumbo prendre la boite de Tampax de Katia et la mettre discrètement dans son sac.
Et puis, tout de suite après, un violon tantôt mélodieux tantôt strident au fur et à mesure que la caméra avançait plagiant la meilleure scène d’un film conçu dans une école de sorciers. Puis la caméra s’attardait sur un diadème en argent étincelant qui remplaçait la boite de Tampax. On pourrait se pencher sur le sujet qui dérouterait sans doute toutes les bases de données des disques durs actuels. Mais déjà s’avançant jusqu’à une baignoire, le cameraman plein d’entrain, lança : « O déesse Katia, es-tu là ? »

Et, sur l’écran, les spectateurs purent admirer une jolie nymphette, comme échappée d’un conte de fée, sortir de la baignoire verte en forme de yoni environnée de savons, de shampoings, d’éponges et de jouets érotiques de bain.

Une fois debout, elle eut une petite exclamation de stupeur, éclata de rire, leva les bras comme pour répondre à une ovation imaginaire. Son visage avait perdu toute trace de timidité, libre, ouvert, comme son récent partenaire, cameraman et acteur du film ne l’avait jamais vu, à toutes les promesses qu’offrait sa beauté.

HPG avait délaissé sa caméra, tandis qu’un autre cameraman, en reprenant le relais, s’activait à filmer maintenant la fellation hors norme et pourtant classique que Katia avait perfectionné avec le temps.

Et Jumbo, qui était littéralement scotché sur son siège, à des années lumières de cette planète où il avait laissé Katia, bavait sur sa chemise.

Mais la vengeance de Katia avait-elle atteint son point de paroxysme ?
Il en doutait, et déjà en tremblant de tous ses nerfs, il sortit prestement de la salle de cinéma… Il pressentait, une expression grave de déterré sur son visage, que Katia, la déesse courroucée de la planète OS X, lui réservait encore bien d’autres surprises.

Depuis la rue, il pouvait observer les gens fermer du haut de leur appartement leur volet puis se pencher sur leur ordinateur pour écrire. Leur traitement de texte ? Une liste de quelques produits pharmaceutiques. Des médicaments se consacrant à l’étude de la sémantique des intestins.

Il y avait dans la rue une tension palpable dans l’air : des combats de samouraïs irréprochables qui guerroyaient avaient éclaté un peu partout sur sa planète grouillante de gnomes.

Alors que l’ordinateur des gens, à distance, pilotait une grue pour hameçonner Jumbo qui fuyait à toutes jambes, les guérilleros s’entre-tuaient. Des vêtements en lambeaux flottaient au sommet de la grue, et sous cet appareil trois enfants tournoyaient autour de la nouvelle attraction : Jumbo pendu par les pieds ; et instinctivement il savait que tous les serveurs informatiques des sbires de Katia avait généré une prédiction alarmante. Une sorte d’oracle qui ne pouvait venir que de leurs clés USB ouvrant instantanément Twitter et que les rires de Katia, mêlés au sarcasme d’une étoile naufragée comme elle, métamorphosait sous la forme d’un liquide polaire. Peut-être l’essence des larmes de Jumbo…

Je te Smells Like Teen Spirit

Les méandres du Sahara Occidental affichés comme posters dans le bureau, j’écris et la pluie ne tombe pas comme si je voulais un jour de pluie diluvienne. J’arpente de haut en bas les icebergs et les banquises en fumant religieusement mes Craven A sans me soucier des anciens d’Algérie qui empiètent sur le bureau.
Je regarde des émissions style j’irai dormir chez vous en bâtissant d’un œil distrait des fortifications matricielles sur l’échiquier. La famille est au complet dans ce bureau où je me suis isolé pour écrire en mettant échec et mat et en volant la vedette aux rois des vikings. Avec des années lumières pour guérir !


Je marche sur des pythons noirs, comme étonné de nourrir ces reptiles que je prends pour des serpents. Rêveusement j’affiche toujours un sourire de cabale dans les bois et la piscine de pythons noirs déborde en se gavant d’hectowatt et de syndrome lumineux.
J’écris pour la zone.org avec l’idée de déverser des flots de pétales à verser sur la tête des rois vikings pour leur baptême tropical. Pour paraître plus divin aussi.
Et de la divinité, il y en a dans ce bureau transformé en drakkars viking.

C’est la mécanique des vents du sud qui m’a poussé là, à écrire pour Oscar Wilde et son odieux portrait. En déversant des wagons-citernes sur un incendie annoncé, j’anticipe la Saint Con donnant sur la ville entière. De mon côté je me suis réfugié dans un village rupestre avec des vaches qui s’injectent un méchant venin : l’ennui. À l’instar de Charles Baudelaire ; les yeux chargés de larmes ou de lames de couteaux et de sabres.

Pour ouvrir les enveloppes je sabre aussi le papier avec un coupe-papier ; un courrier qui exploite au maximum la faille et la faillite de la médecine aussi bien orientale que traditionnelle. Et il en a aussi des arrières-goûts de Craven A ce papier que je fume, le kif, ce mélange de tabac blond et de marijuana et il en a aussi des arrières-goûts d’âmes grises ce cocktail détonant que, nous le savons tous, Mistigri dans ce bureau détient la recette. Une recette pour planer comme le savant remix de Smells Like Teen Spirit trouvé un jour de pleine lune dans les bas-fonds où l’on se défonce en uniforme nazi… à moins que ce soit le complet, le costar pour punk qui a du chien.

Et du chien, ils en ont les chiens tournant autour de nous ; la vodka comme névrose qui a outrepassé son but, à boire jusqu’à l’overdose. Une faute de goût qui à cette défonce remet la faute !

L’acropole de Kasia

Les cendriers ont été inventé pour avancer jusqu’au croisement des routes dévisagées et ce dimanche, à l’intérieur de l’Acropole Vénitienne, j’ai inventé les nuits de Clara Luciani comme on hume la succion du vide qui s’empourpre petit à petit, au passage de Kasia. Et qui s’annonce particulièrement maussade en raison des kyrielles de gondoles coulées. Et les phrases ont été inventé pour, quand on les termine, renifler sous un soleil déclinant quelques grammes de cocaïne ; dans la nuit qui frissonne, j’ai humé moi aussi un vin de Xérès lymphatique… les nuits de Clara Luciani ont décroché les unes après les autres d’obscures clins d’œil de Kasia, d’absurdes jackpots lors des jours de Saint-Con, de verticales reculés, d’inefficaces larmes sur la nappe de la table – la table du château que nous nous apprêtions à démolir –

Les gondoles ont été inventé pour être coulées parce que les temps des espaces narratifs ne sont plus aux premières loges pour assister à la naissance de ce vecteur pathogène sévissant dès l’entrée de cette Acropole

L’Acropole ? Des nymphettes nues, en sortant de la baignoire verte en forme de yoni environnée de savons, de shampoings, d’éponges et de jouets érotiques, se précipitent pour vous accueillir malgré cette vénérée, cette bien vivante maladie vénérienne.

Dans la salle de bain de l’Acropole Vénitienne, décrites dans les archives des premiers textes de la bibliothèque de l’Acropole, des varicelles transmettent aux nymphettes d’autres vecteurs pathogènes qui viennent à bout de leurs résistances, de leurs efforts pour reconnaître le visage des acteurs pornographiques… En effet, la substance fantomatique de ces derniers, venant d’un Eldorado hollywoodien où l’on produit des films, est rarement perçue, même par les nymphette de l’Acropole.

Ce vin de Xérès a été inventé pour descendre à grande échelle les éclairs de phosphore qu’on retrouve au cœur de l’Acropole, ce vin étincelle comme un télescope pointant vers Belgébeuse. Et en ce jour de l’an, comme nous sommes bien rentré dans cette Acropole, nous nous sommes demandé si leur sensualité a été inventé pour les beaux yeux de Kasia lors de ces nuits qui sont des affections sincères, qui nous frigorifient, qui frigorifient notre contagion bestiale de l’informe. Par strates comme cette espèce extraterrestre portée au moulin, leurs nuances moites schlinguent comme des cœurs sur nos manches. Ses ombres brûlantes et son sang grenade sur notre poitrine ravivent notre désir de nous accoupler avec n’importe quoi.

La main noire ou le groupuscule de la Mano Negra…

Pour décharger les pièces manquantes, des nuits qui frissonnent à Wellington comme à Zanzibar ; pour débarrasser les câbles rompus des inuits qui klaxonnent et pour décoder aussi le monde dans lequel il se trouve : des programmes informatiques qui énumèrent tous ses appels téléphoniques en les vérifiant par delà les chemins et les rivières encaissés.

Ces programmes ? Magistralement dirigés par la main noire ce groupuscule encore actif lors de l’extinction de toutes les théories du complot !

Pour déchirer tous ces changements qui se produisent dans ta vie, un goût de bretzel qui te confère une intelligence analogue à l’intelligence humaine et qui cherche à jaillir directement du sol ; d’inévitables répressions pour rafistoler ton coeur brisé, cassé, toujours corrompu mais épuré cette fois et affranchi !

Sous mon sein la grenade

En avançant jusqu’au croisement des routes dévisagées, les nuits de Clara Luciani humaient la succion du vide qui s’empourprait petit à petit, et je reniflais sous un soleil déclinant et humais moi aussi un vin de Xérès lymphatique ; les nuits de Clara Luciani décrochaient les unes après les autres d’obscures, d’absurdes, de verticales, d’inefficaces larmes sur la nappe de la table – la table du château –

Un vin de Xérès qui fit descendre à grande échelle les éclairs de phosphore de mon cœur d’artichaut qui était grenade, ce vin étincelait comme un télescope pointant vers Belgébeuse.

Des nuits qui furent des affections sincères, qui me frigorifiaient, qui frigorifiaient ma contagion bestiale de l’informe. Par strates comme cette espèce extraterrestre portée au moulin, leurs nuances moites schlinguaient comme des cœurs sur ma manche. Leurs ombres brûlantes et mon sang grenade sur sa poitrine ravivaient mon désir de m’accoupler avec n’importe quoi.

Comment brûle la résine d’Aristote ?

Aristote m’avait ôté une épine douloureuse du doigt de pied en attisant les plus folles, les plus ésotériques recherches jusqu’à parvenir au point de non-perception : le vide des Voyelles ; mais je n’avais toujours pas très bien pigé. Peut-être était-ce une leçon immorale qu’on pouvait retenir de ses comics de huit pages d’autrefois ? Mais peut-être n’était-ce que les effets, les vapeurs de ce pigment brûlé qu’on trouvait dans sa résine ?

Et qui me rendaient successivement ou simultanément confus lorsque j’ouvrais le journal de Kurt Cobain ; car dans cette résine polissonne où était caché la molécule i-2277, ce pigment décanté par une succession de silences dilatés sous tous les angles avait fait fleurir son idée létale… En effet, s’accrochant à la perspicacité d’une mort cérébrale lorsque on la fumait, cette résine que des machines frémissantes avait fabriqué avec soin, ne conduisait qu’à ce stade ultime et Aristote, mû prodigieusement par un sentiment général d’inutilité, en attestait… de son vivant du moins.

Dans tous les azimuts, les inventions d’Aristote avaient la même genèse commune que ce psychotrope : la même histoire qu’on pressentait après un bol de café aussi noir que la nuit ; une sorte d’angoisse où la minime et charbonneuse existence de la résine fabuleuse jouait bien sûr son rôle, à l’origine d’autres inventions ingénieuse comme ce labyrinthe polysémique d’algorithmes chiffrée à l’excès, cette plinthe de la bavure extrême comme principe. La bavure : quelque chose d’authentique afin de créditer ponctuellement la Xbox ou la PlayStation ; et au milieu de ces labyrinthes, je découvrais un fouillis pensif de tractations politiques quand j’allais user ma culotte courte sur les bancs des écoles occultes gaiement teintées par les rayons solaires.

Je sentais toujours les tentacules de l’Alien ou l’esprit de Platon se contracter autour de ma gorge et des muscles de mon visage. Instinctivement, primitivement, leurs molécules étaient devenues miennes ; l’Alien ou l’esprit de Platon : revenant à se caser dans une boite d’allumettes confortablement expansive, il singeait parfaitement les révolutions psychédéliques de cette drogue, comme un suçotement sympathique de bleuet taillé dans la guêpière des crins de chevaux alezans…

Un jour je reviendrais avec leurs têtes à réduire et à afficher en trophée, colportant les idées noires du journal de Kurt Cobain dans une charrette !

Les bretzels des pendus.

Pour faire choir des arbres faisandés ces pendus qui étaient disséminés dans le parc aux couleurs chairs, on nous avait donné le code d’accès au développement aussi bien photographique que cinématographique.
Même le marine qui montait la garde devant la porte du parc, nous avait donné de quoi chasser les pendus cadavéreux et leurs fantômes, continuant comme un leitmotiv macabre ce jeu un peu débile. Le jeu ? Il s’agissait de garnir notre hotte en dérobant des bretzels aux pendus. Les courses du soir.

En prospectant le terrain, nous étions tombés sur la vieille affiche d’un film, un remix de Blair Witch qui avait dévié maladroitement de son thème principal ; une affiche collée religieusement sur le tronc d’un arbre mais il n’y avait aucun pendu au-dessus de ses premières branches.
Le premier bretzel, qu’on trouva dans la poche de deux frères siamois pendus tête-bêche l’un contre l’autre, était tellement gelé qu’il était dur comme nos boîtes de sardines en fer-blanc. Le bretzel suivant était sorti de la poche d’un étudiant qui avait été bizuté, si bien qu’on voyait son sourire comme un rictus, ma fois, un peu vexé.

Le dernier bretzel qu’on avait soutiré cette nuit à un pendu solitaire, très isolé du groupe de ses semblables, on l’avait grignoté à la lumière d’un réverbère qui ressemblait à un bec de gaz transformé pour l’occasion à cette collecte certes cynique de bretzels.
Je profitais de ce moment pour gribouiller aussi mon aventure afin de la raconter par la suite à ma femme qui me dévisageait toujours de son regard demeuré à mon retour au foyer conjugal…

De curieuses cigarettes !

De curieuses cigarettes de couleur havane commencent à percer pour cet homme et cette Perséphone qui écoutent cet Out of time man et ainsi Mano Negra par cette couleur havane ne phagocyte le clystère que par son coefficient ; out of time pour le lit du patient qui est atteint de viscosité : une sorte de gélatine se terminant en mélasse zèbre des phlébites ou des résines de sapins rageurs et puis ce mental inanimé, hérissé d’épines, de ce patient plié en deux sur le lit s’efforçant de la recoller pour la énième fois cette page déchirée.

Inspiré par le Tube, ce mental que lors d’ithyphalliques retombées de matrice, je devais faire marcher au Kentucky, longtemps trop piétiné, ce phagocyte via cet Out of Time exprime ses pensées par la voix royale du rouge, du tube écrivais-je comme un rêve communautaire, ce tube : une scie coupant une bûche au-dessus d’une rangée de corps longilignes, nerveux et racés.

Après bien des mégots et des joints aux pensées secrètes qui doivent être très amusantes après une chanson de Mano Negra, on ne trouve ici que des bobines de films en lambeaux, des graffitis, des œuvres conformes à leur idée directrice : le cerveau de Kubrick, un processeur qui déplore lui-même ses outrances langagières et thématiques.

Ce rêve communautaire aspiré par un ciment armé, projeté dans un cinéma verrouillé et sans lumière, affublé des artifices du récit -projet complètement abandonné- et cette scie s’imprégnant des odeurs incendiaires d’entrejambe de la surface à mesure qu’elle coupe la bûche, et cette rangée de corps est alors divisée – ou devrais-je dire stratifiée – en quelques halos de glace.
En remontant ces « étages » ce qui donne un éventail de femmes nues à vocation universelle, on se rapproche – il me semble – de leurs douces et brillantes, de leurs excitantes et réconfortantes facultés.

Le cerveau de Kubrick

De curieuses cigarettes de couleur havane pour cet homme qui écoute cet Out of time man et Mano Negra par cette couleur havane ne phagocyte le clystère que par son coefficient ; le lit du patient est atteint de viscosité : une sorte de gélatine se terminant en mélasse zèbre des phlébites ou des résine de sapins rageurs et puis ce mental inanimé, hérissé d’épines, de ce patient plié en deux sur le lit s’efforçant de la recoller pour la énième fois cette page déchirée.

Inspiré par le Tube, ce mental que Ithyphallique je devais faire marcher au Kentucky, longtemps trop piétiné, ce phagocyte exprime ses pensées par la voix royale du rouge, du tube écrivais-je comme un rêve communautaire, ce tube : une scie coupant une bûche au-dessus d’une rangée de corps longilignes, nerveux et racés.

Après bien des mégots et des joints aux pensées secrètes qui doivent être très amusantes, on ne trouve ici que des bobines de films en lambeaux, des graffitis, des œuvres conformes à leur idée directrice : le cerveau de Kubrick, un processeur qui déplore lui-même ses outrances langagières et thématiques.

Ce rêve communautaire aspiré par un ciment armé, projeté dans un cinéma verrouillé et sans lumière, affublé des artifices du récit -projet complètement abandonné- et cette scie s’imprégnant des odeurs incendiaires d’entrejambe de la surface à mesure qu’elle coupe la bûche, et cette rangée de corps est alors divisée – ou devrais-je dire stratifiée – en quelques halos de glace.
En remontant ces « étages » ce qui donne un éventail de femmes nues à vocation universelle, on se rapproche – il me semble – de leurs douces et brillantes, de leurs excitantes et réconfortantes facultés.

Pour la perspicacité d’une meilleure passe…

Sur une autre planète viable, autre que la terre, notre berceau stellaire, à des années lumière de cet astre, elle se trouvait à présent dans une grande ville en ruine, où il n’y avait qu’elle comme créature vivante. Et, dans sa grande malle, ouverte, posée sur la moquette de la suite, on pouvait voir le contenu du lot numéro cinq : à savoir, le carnet de Choplif, l’inventeur génial, enfermé jadis dans son bureau, pour inventer une méthode novatrice d’écriture et l’invention d’une Zone, un espace imaginaire où les zonards en plein désert, se livraient, aux pieds des plates-formes de lancement d’Apollo seize, à des rallyes surnaturels.

Cachés dans leurs fourrures d’hermine, il y avait les instruments chirurgicaux du personnage du nouveau roman Orange Mécanique, pour disséquer et éviscérer les organes des anges mécaniques, et qui avaient servi aux opérations d’Alex DeLarge.

Dans cette chambre d’hôtel le carnet du lot numéro cinq, qu’elle avait à présent traduit d’un dialecte de Papouasie, donnant comme traduction bancale, le récit du roman Orange Mécanique, réécrit par les soins attentifs d’Alphonse Choplif.

Inspiré par le Tube, son mental avait élevé d’étranges visions, de migratoires mouvements qui recherchaient un vide immense pour s’épanouir. En cartonnant dans tous les azimuts jusqu’à défaillir, le mental qui suçait délicatement le Tube et qui déplaçait le sac de frappe sans jamais se compromettre.

En écrasant au sol des lustres napoléoniens, une succession vertigineuse de miroirs, créée par son seul mental qui, pour la perspicacité d’une meilleure passe, parcourait ses veines violettes, s’épanouissait à l’aube, discernait une lente pulsation, ordonnait selon un ordre réfléchi la nudité de cette poupée de porcelaine et sa profane tranquillité, et ses yeux, alors, gouttaient des larmes d’absinthe. Des larmes d’absinthe sous ses paupières de nacre.

En occultant d’anciennes fournaises qui empruntaient alors secrètement à cette originale Joconde ce vide, cette succession vertigineuse de miroirs venait vérifier ses appels manqués dans la cheminée ; le Tube descendant cette cheminée et la fumée l’entortillant de pensées mystiques, Cassandre effaçait, supprimait ses messages en allumant la perspicacité de cette passe !

Pour s’élargir le Tube supportait très mal la nuit, mais il propageait quand même de splendides graines de pollen en raccommodant, pour les rendre flexibles, les sachets de séminal changeant la consistance du morceau de coton parfumé de cette strip-teaseuse fantasmatique, qu’on appelait le bonbon de la putain et qu’elle avait jeté au hasard à ces deux chirurgiens à leur donner des idées bizarres toute la soirée !

Ô Casimir !

Lambrissées de lenteurs minérales, étreignant la largeur comme la longueur, le fond comme la surface de sa mémoire, les conceptions de l’acropole se débattaient au milieu des mondes oniriques, douteux et solitaires. Impossible d’exprimer la force des indiens d’Amérique, ces lanceurs de sorts, qui lui donnèrent naissance !

Des sortilèges latents programmant informatiquement les passerelles de cuivre, les plates-formes, où l’on raturait, comme des rendez-vous manqués, les appels manqués et les mots de passe permettant d’accéder à l’acropole.

L’unique monocle du chimpanzé, sauvage mais pacifiste, veillait à pallier le problème des étoiles atterrissant dans l’acropole. Au sol, essayant d’échapper à la violence de la scie, le chimpanzé médium avait des mots soufflés par des déesses antiques

London Calling.

Ton cœur au fond des bottes sur une île qu’on finira bien par retrouver un jour, et dans mes veines aucune guerre n’était déclaré pour toi. A moins que ce soit une simple guérilla dans les veines d’un circuit électrique en manque de puissance.

Mais ta force résidait dans ce London Calling des Clash, quand mon cœur au fond des bottes en avait fait du foin cynique ; à cet aura de lumière que tu relevais et que je relevais à tour de rôle, nous lui opposions la tristesse de l’armée des singes. Mais pour déroger aux convenances, dessinée sur le gravier comme des ongles sur un tableau noir, la représentation de ta robe flottant comme bannière pour cette île qui aimerait bien vivre une nuit bigrement agitée pour une fois, dans l’espace-temps restait immobile… Et leurs cœurs aussi au fond des bottes, ces chimpanzés, ces cobayes en manque de manière, te reconduisaient, refusant de valser avec toi tandis que je t’observais. Tandis qu’elle s’imprimait tranquillement la longue description des petites annonces amoureuses parues ce matin. Et parmi de vastes ténèbres, je ne jurais que par l’avilissement du corps et de l’esprit.

Préludes avant d’expirer enfin. Et le monde, leur monde que j’avais créé dans ma folie de mégalo, tentait d’éclore à nouveau mais sans succès… Mais ensemble, tu sais, on se contentait d’inventer de nouveaux univers, simplement parce que nos deux cœurs, par des travaux de cuir et de sciage trop compliqués pour qu’on les tolère, ne suffisaient pas à les faire revivre ; d’ailleurs, dans les cahiers des singes mercenaires, s’accumulaient ces tentatives écrites pour les imiter, ces univers que nous ne respections pas et paradoxalement nous demandions aux dieux déguisés pour l’occasion en bonimenteurs une nouvelle chance pour les ressusciter, tellement leur folie nous manquait.

Mais il y avait aussi, lorsque les navigateurs découvriraient cette île qu’on avait abandonné par trop de solitudes, trop de dangereuses distances entre nous, des amalgames de distances s’égarant du côté de ces fêtes déjantés, comme ce London Calling, comme ces écueils qui sont la seule et unique contrainte de l’endroit où vivent les vrais singes.

Un film pas comme les autres

Ah Cassie !
Cassie en noir sidéral ou en or rose en avait fait ronronner des romanciers par l’intermédiaire des données de son iPhone et ils avaient été alors modifiées les génériques annonçant l’arrivée d’une nouvelle génération de romanciers français : depuis le fond sans fond de leurs phrases imaginaires de cet essaim, sans pouvoir les ensorceler, les renouveler, Cassie les avait annexé en cette sibilante bobine vingt-huit qu’on avait fastueusement empaqueté.

Et je lui ajoutais le premier et dernier scintillement que j’avais étouffé en cette sibilante bobine vingt-huit. Et qu’on avait jugé bon de décrire lors d’une ellipse outrageant les résultats et conséquences de ce film ardemment fantasmagorique…

Mais l’inventeur de cette bobine vingt huit avait-il cramé la fin de son histoire ? D’après le dernier épisode, et d’après le manuscrit retrouvé dans les décombres fumants du Château de Crussol, tout ce qu’on savait de cette fin tant attendue c’est qu’elle avait des manières de communions, cette sibilante Cassie toujours sur son iPhone ; des manières de communions rangées en rizières pour de nouvelles cités solitaires. Et dans leurs cathédrales peu orthodoxe, j’appelais des agitateurs d’un autre temps qui avaient été pendu. A la recherche d’un étrange syndrome : l’amertume solitaire de l’exil qui potentiellement pouvait m’apporter un maximum de pognon et évoquer presque inconsciemment la genèse de ce récit que quiconque ne voudrait jamais écrire ni lire.

L’auteur avait inventé des profils de types tordus pour ce scénario harcelant, glissant lubriquement et dangereusement dans le gore des scènes éclairées à la lueur des bougies… une lumière blafarde pour ce film censé représenter le périple, que dis-je, la quête, au goût mortifère, d’un défunt faux monnayeur au look destroy. Et le film, projeté dans son salon, feuilletait le passé de ce mercenaire sagement placé sous congés payés ainsi que son avenir d’enfant de chœur interprétant des personnages comme Tyler ou Charles Manson ainsi que le regretté Tréfonds Tournesol…

Mais déjà se plaignait et chauffait outre-mesure le lecteur DVD de son ordinateur aux bourdonnements déconcertants, et le film était alors sur le point de s’interrompre alors que nous en étions à ce passage vraiment très drôle où Cassie exposait face à la caméra son corps nu brûlé par des kyrielles de coups de soleil, préludes avant sa crémation certaine.

Les bourgeons le long des Scentless déstructurés…

Dans les joncs, les poupées russes et dans les canalisations, à une époque troublée donc favorable, Bonnie torchée Bonnie torchon avait vu bien des bourgeons éclore avant le printemps des poètes. Torchée tout en pendouillant en haut de sa version babylonienne : la conscience ou le doute des points d’exclamations !

De La Rochelle à La Ciotat, mon amour n’avait pas d’apôtre ; pas de ces apôtres qui font soupirer les sourires de Murène. Quand les doigts du voyageur excentrique instrumentaient leurs caillouteux taoïsmes et les invraisemblables juxtapositions massicotées de leurs nerfs optiques, c’était comme une authentique fin de siècle !

Ici et là, au matin, on retrouvait, perchés à l’étape zéro, des bourgeons qui jonchaient leur sombre chaîne : de l’ADN comme une perche d’un mètre permettant de remonter du royaume des morts…

En déséquilibrant bout à bout et au hasard l’arborescence de leurs fichiers et de ce capharnaüm corrompu, les sauveurs naissaient tous les mille ans de cette semence préservée dans les roseaux ; jadis ils présidaient à toutes les manifestations liées à la sexualité, ces bourgeons pleins d’imagination et de malice : ils incorporaient le plomb mortel, incontrôlable, ingérable, fantomatique, dans leur recette fantaisiste, comme un gâteau au chocolat ou une soupe à l’oignon, pour dissoudre les taches sur les vêtements ; leur signe, leur mot de passe parcourant les voies téléscopées afin de nous transmettre la consigne donnée.

Sous le dôme ecclésiastique de leurs silencieuses faunes célestes, et même dans les égouts, leurs domiciles : un interstice entre les mangroves palpitant sous le fouet des sauveurs et frissonnant comme de la semence de tapissier, comme un tapis de fleurs cendreuses qui sabordait les contemporaines sources de cristal, ces Merveilles du Vide recourbé.

Et dans leur moteur : du rhum profanateur, éprouvé dans sa morphologique décomposition ; décomposées étaient aussi leurs formalités spirituelles, leurs lignes de codes générées automatiquement sous les braises antiques, façonnées à la spatule, au fusain.

Est-ce que c’est toi John Wayne ? Ou est-ce que c’est moi ?

-Vous êtes Theodore Kaczynski ? (…) Le fameux Unabomber ? Le mec qui a inspiré Tyler Durden à Chuck Palahniuk dans son bouquin Fight Club ?

C’est comme ça que ça avait commencé. La télé avait lancé ce début de dialogues tandis que la timeline de mon ordinateur relevait une liste d’anxiolytique nécessaire pour je ne pète pas un disque dur face aux kyrielles de serveurs ne fonctionnant pas ce matin.

Le personnage d’en face, dans le feuilleton, une bouteille de vodka à la main, s’enfila une rasade, il semblait se recueillir chaque fois qu’il descendait, gorgées après gorgées, le précieux liquide psychotrope. Ces deux types étaient plongés dans le noir ; seul un néon faiblissant clignotait encore, envoyant une lumière mortuaire sur leurs deux visages… ils appréciaient tous les deux les théories du complot qui se gorgeaient de desseins sanguinaires concernant notre monde occidental… mais ils n’étaient pas sur la même longueur d’onde. A la fin, d’une voix blanche, il parla enfin :

-… Écoutez, je ne peux plus rien faire pour vous, vous êtes encore à la préhistoire, puis cinglant, il reprend :

-Vous et votre petit groupe, vous n’avez pas pris conscience des dangers inhérents à un assaut anticapitaliste contre la Corporation Zonarde, qui plus est serait polémique en cette période de Saint Con, de plus ça va chiffrer en notes sévères pour tenter de corrompre le grand inquisiteur de la zone, des dîners gargantuesques dans des restaurants gastronomiques pour ce mec qui battrait tous les records et pourrait bien les enterrer tous dans un film comme La Grande Bouffe, tout ça pour ce projet fou d’effacer les archives de ce site… ça ne vaut pas le coup de se battre contre ces sagouins, le combat est perdu d’avance.

L’autre était décontenancé, ne pipant rien. D’autant plus que la lumière blafard des lieux fatiguait ces yeux qui avaient mal suite à de nombreuses nuits sans dormir, son harassant travail et sa quête pour retrouver ce leader depuis des années lui donnait des airs d’Ernst Röhm, cet homme politique allemand qui avait joué un rôle décisif lors de l’arrivée au pouvoir de Hitler et qui se fit assassiner lors de la Nuit des longs couteaux.

En éteignant la télé tout comme la Cora-Hummer 7 qui à présent tentait de faire cohabiter les ombres des Vénus de Laussel dans un décor de champs de maïs, mon fond d’écran, je m’aperçus qu’une sorte de nuit verte était tombée sournoisement sur la ville et d’autres ombres, que je n’arrivais pas à identifier quand je regardai par la fenêtre pour fumer, se débattaient au coin de la rue. Là où commerçaient un dealer en même temps qu’une colonne de méharistes, leurs dromadaires éreintés s’arrêtaient souvent ici en fin de soirée, recouverts d’un brouillard dense, prélude avant que les néons jaunes et bleus de la cité inconnue sur toutes les cartes forment des halos épatés dans l’atmosphère, aveuglants et menaçants…

L’amorce d’une intrigue par ces artisans de la fiction consistait à se joindre à ce Theodore Kaczynski, mais à ce moment là je n’en savais rien ; je n’avais rien perçu d’anormal quand je vis le chef des méharistes me désigner du doigt depuis la rue et aussitôt toucher l’amulette qu’il portait au cou, je ne savais pas aussi que l’étrange objet magique avait appartenu aux Vénus de Laussel, au prix de maintes mortifications… Rien de spécial à signaler donc pour moi sinon que rien ne bougeait là-dehors, sûrement causé par l’influence subversive de ces figurines préhistoriques provenant d’un lointain flou.

Mais j’avais le sentiment que le mystère de la vie était en grande partie composé de leurs primitives sensations, qu’elles avaient cette science parfaitement maîtrisée de collecter les herbes rares, magiques parmi une végétation encore vierge. J’en étais là dans mes pensées lorsqu’une annonce électronique provenant de la Cora-Hummer 7 qui s’était rallumé inopinément résonna dans la pièce :

« Mail ! I got some mail for you, Sir ! » Aussitôt je me penchais devant l’écran et ouvris ce message décoré d’une image de bande dessinée d’Hugo Pratt : c’était un Corto Maltese qui expliquait au nain maléfique de Twin Peaks comment les dissidents voulant anéantir la zone, avaient tout intérêt de remonter chronologiquement aux premiers textes sur la Saint Con, la faille de leur système ! Le tout accompagné d’un article de presse racontant que l’immonde Elephant Man était de retour ; ce qui promettait des désastres et des brasiers, des inquisiteurs par centaines mettant le feu, leurs six grammes de cocaïne en partie responsables, à tout ce qui pouvait ressembler aux victimes jugées trop connes pour brûler l’année prochaine

La Time Capsule des Inquisiteurs.

Comme une opacité saccadée, comme une intrigante pensée, le métal des inquisiteurs, le mental inquiétant, descendant jusqu’aux rues blanches dématérialisées de San Francisco où les crachats hypnotiques fusent ; par le soupirail d’une vieille maison, a été revendiqué le programme informatique de la Cora-Hummer 7 en amortissant son décapant jaune d’œuf.

Alors, à l’entrée des greniers, s’interrompt son idée innovante, s’hypertrophie sa gageure ensorcelée ; idée innovante mais inconsciente, ensorcellement qui sape les fondements humanistes, les sillons mécaniques mais qui croupit en time capsule ; time capsule qui, en s’effondrant comme des morceaux de banquise, désassemble tout le réseau des inquisiteurs alors qu’elle réside cette idée, inondée par des émissions huileuses, au fond du Rio Negro des planètes inconnues.

Comme agrafé à leurs concessions extraterrestres, je ravive leur représentation mentale singulière en emmagasinant à fond-perdu des listes mnémotechniques décomposées en massifs d’ombres. Sa fréquence noire tient impassible dans les souterrains du métro, le long de l’échancrure de la robe de Béryl, le long de sa facétieuse ADN. ADN formellement livide selon les inquisiteurs et qui fornique avec eux sous la lune, qui assaille de préférence les plaines trop arctiques ou antarctiques, qui vaporise les fontaines heuristiques.

Ça se gâte : quittant le mont Olympe, brûlée ou vannée alors qu’elle avive un agréable goût d’encre de chine, une autre harde d’inquisiteurs tape à deux doigts sur le clavier d’un ordinateur armé d’une webcam. Elle dresse sans doute des rapports d’un goût d’Aneurysm fauve, cette stupéfiante chanson de Kurt Cobain qui est bien revenue, sur Terre, parmi les hommes. Difficile d’en être aussi sûr. Au terme de leur premier voyage, de première capture en dernière time capsule, on se demande sur quels aveux, à quelles questions, frémissent les inquisiteurs. Mais de squat inoccupé en inondations, leur Time Capsule émet un son frénétique dans l’espace-temps. Les choses avancent : un des inquisiteurs dans la foulée des inopportunités a été rossé avec l’autre harde, ce qui à l’évidence rapporte des roubles, de la confusion ou de la bêtise presque monétaire. Des roubles qui se chicanent à présent dans les poches des vendeurs de time capsule en revenant des champs de maïs !

Des parodies de White Rabbit ?

Tout en restant stone avec nous dans les champs de maïs, la nuit verte était tombée sournoisement sur Mandeville en même temps qu’un brouillard dense, préludes avant que les néons jaunes et bleus de la ville basse forment des halos épatés dans l’atmosphère, aveuglants et menaçants, et rien ne bougeait là-dehors, sinon la cavalcade d’une harde de chiens errants dans le lointain flou.


Pour coller ses représentations de nuit verte et ses halos iconoclastes sur les panneaux publicitaires de la cité, cette harde de chiens fous blasphémait ces halos tombant en pluie sur cette petite ville du Mexique…

Par une absence de manière triviale et affûtée, cette petite ville du Mexique accueillait des spectacles de majorettes : ce show, alors que j’étais stone avec toi, déplorait lui-même ses Outrances langagières et thématiques, ce semi-coma éthylique, ou ce rêve communautaire pendant au moins dix jours !

Ces dix jours mûrs s’écoulèrent jusqu’à ce que les chiens du désert se réveillent brutalement d’entre les morts, et jusqu’aux kyrielles de leur disparition dans les clubs huppés où j’étais stone avec toi et peut-être à cause des royalties que ces êtres en question versaient en notre honneur, les autres bêtes refusaient de croire en leur réincarnation.

Dix jours stone avec toi, notre odyssée ainsi se fit tout simplement. Et se fit aussi, de manières sporadiques, à Kuala Lumpur où nous étions à présent, sur les épaules des géants, exécutant une courte reptation sur le dos.

Une courte reptation régulièrement suralimentée par télépathie, aussi vive et rapide que les aiguilles de ce réveille-matin, dans sa majorité cérébrale, qui soulevait, depuis son branchement jusqu’à la prise du mur, des questions existentielles de marionnettistes… Et, sursautant d’impatience, les jeunes et intrépides aiguilles du réveille-matin nous indiquaient, au beau milieu de la nuit verte et de ses halos iconoclastes, l’heure irradiante d’être stone !

Ah ! Décidément, à Kuala Lumpur comme à Mandeville, si nous n’avions pas passé ces dix nuits, nous aurions vraiment joué de malchance, tant les néons jaunes et bleus, qui forment une électricité urbaine à la mode, avaient été happée par cette éblouissante lumière taillée dans la mie de pain des machines hertziennes !

Manosque in bloom !

Le chagrin et le trou noir que les élus, les êtres en question, les sept jours en mai délivrent en hiatus ; un hiatus se risquant du côté ou sous le manteau de Notre-Dame, des montages novateurs, révolutionnaires même, de ce jour de la semaine, ce lundi qui vient épancher sa soif de violence ou au contraire sa soif de mansuétude, pour commencer. Et qui, de loin, mériterait bien autre chose que cette anarchie sous les mansardes, cette transaction mal bouclée, ces spéculations superposées pour imiter le vacarme du cosmos.

Mardi, mon cadavre livide que Manson, comme les marchands de thé Pennyroyal, entraîne dans sa perte : il en résulte la dévaluation de la monnaie noire sur le comptoir en ivoire, un mardi comme un jour comme un autre en se saoulant de mauvais vin dès que le monde barbare des émotions me laissera seul et tranquille.

Et puis mercredi comme la photosynthèse qui par des manœuvres secrètes et habiles devine ce qu’il va, ce jaune d’or très pâle, débiter comme âneries sur internet, fouillant toujours plus loin dans son passé nauséeux : mercredi matin et mercredi après-midi pour apprendre à dormir, à anesthésier la vieille douleur de vivre. Cette vieille douleur retrouvée dans l’unique manoir et mazoutée comme une anémone de mer, cette douleur comme le spectacle d’un pendu tandis que les autres sirotent leur thé au jasmin.

L’aigreur, le sentiment d’avoir rien fait de sa vie et qui s’infuse, et qui pénètre les narines, et qui ressemble à la peine ou à une angoisse quelconque.

Alors la violence pour innover comme un novateur un peu morbide mais révolutionnaire quand même, quand on n’a plus le souffle et qu’on rêve de noyades bien méritées, de se tailler les veines avec succès ou même que ces marchands de thé soient roués de coups avec tous ces personnages imaginaires, ces coursiers du spleen tarifé… Et descendre dans la rue ces corps gras et toutes ces poupées gonflables placardées sur les emplacements publicitaires comme ce café du Kenya, les descendre pour un dernier hommage à la noirceur avant de rentrer perplexe avec une énergie débordante (l’énergie de l’angoisse sale qui vous engage dans une conversation avec Satan) et en finir : toutes fins de vie devraient se finir dans une colère démentielle juste pour voir tous ses ennemis suffoquer et n’être plus que des cibles à abattre.

Jeudi, encore vivant malgré tout, on se refait une santé pour vendre des racines de gingembre ou de la lessive avariée (alors qu’il s’agit en réalité de viande pourrie de veau réduite en poudre) jeudi pour maudire tout ce monde qui va sauter en l’air et ressortir le vieux scoop du lobe tuméfié de Kurt Cobain, sa dernière réincarnation.

Vendredi, en inventant d’une façon très pernicieuse mais très intelligente et en mélangeant le jeu, la rigolade et les excès, le jour des rizières souterraines.

Car samedi, alors que le riz froid de ces rizières tombe en poussière, la lueur du jour comme précipice avant la tombe, tout en continuant l’habituelle autodestruction comme ascèse quotidienne ; samedi : jour de semaine ignoré des ondes médiatiques, et, sous les saules pleureurs, il écrit sa destinée. Une écriture tremblante et écorchée vive à l’image de Kurt, devenue automatisée par tant d’injonctions littérairement écrasantes mais toujours aussi nécessaires.

Enfin dimanche, en sortant pour rôder au hasard, cherchant comment je pourrais mettre en pratique mes projets, une fin de semaine qui se termine dans la débandade la plus destructrice…

La semaine passée, la caméra continue de filmer, et les disques durs sauvegardant les phrases précédentes se retrouvent nus dans l’argile, sur un terrain balayé par la pluie ; et toujours cette anémone de mer qui, à la manière d’une araignée, sacrifie sa toile au plafond pour se perdre, enchevêtrée dans toutes ces voies lactées !

Pour faire monter l’arôme de ces gouttes de pluie sans tain, dans une auberge de jeunesse recommencer la semaine, abattu et classé parmi les vieilles lanternes au rythme syncopé qui rougissent comme d’autres jours de semaine imaginaire, réchauffant la nuit de nos larves jaunâtres d’orang-outan !

C’est ta mort ou ma mort annoncée ! Version 02.04.2021.

Au centre d’une pièce blanche sans fenêtre la conversation devient vite brûlante, une sorte de brasier, causé par la seringue rajeunissante qui ne fignole pas…

– Le patient s’est réveillé, murmure le directeur.

J’avale une gorgée d’alcool. Il sort un paquet dans ma direction. J’en prend une et fouille la poche de ma blouse pour mon briquet.

– C’est un immense succès, continue t il.

Je réponds d’abord par un rire sec, avant qu’il s’en élève les tourbillons d’une abominable et nauséabonde fumée jaune…

Les effets de la seringue rajeunissante : préludes intermédiaires avant la concertation entre les aînés.

On nous a appris que quand on tire son enseignement uniquement du passé la jeunesse se décrédibilise et ainsi se crédibilisent tous ses univers à la Casimir.

Le Livre des Morts du 9-3

Au nom du Livre des Morts, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux Livre des Morts !


Des sanctuaires pour prier en piochant dans les cauchemars collectifs du Livre des Morts. Une utopie à réaliser en goûtant la puanteur doucereuse d’un tas de générations avides de sens. Dans le voisinage, l’existence d’animaux escaladant les convois nocturnes.


Une situation stratégique soumettant une idée, ses formalités spirituelles aussi ; des protestations pour interrompre l’usage des drogues…
Un marasme qu’on ne peut mettre à bout sans dissuader la folle envie de vivre du très saint copiste du Livre des Morts du 9-3
Et une mappemonde pour se vouer au culte du démon…

La tribu des actrices

Dissociés des autrefois, comme des gravités qu’on ne peut retrouver que dans le grand manuscrit des vikings, d’abord des plans successifs qui zooment sur des scribes écrivant avec le lait de la pitié. Puis on distingue, quoique noyées dans les détails, leurs lignes saccagées par des narcotiques sanguins… des pénombres espacées par d’autres plans se mêlent à l’ensemble.

Ainsi sont nés tous ces composants d’un film où les actrices surchauffées d’excitation, de ferveur sanglante, approchent prudemment et la voix off raconte que cette tribu exclusivement composée de femmes se dépense chaque jour pour en arriver au stade où les muscles se contractent… leur cœur aussi s’abreuve du sang d’éden et quand elles dépassent le cap des îles silencieuses, la bande vidéo supportée par un magnétoscope gère leur mal en haut de la grande Bibliothèque pour construire des cathédrales ou des temples d’idées mortes.

Pour interroger les auspices aussi ; et leur cœur saccagé lui-aussi ruine la santé des grands mammifères marins : un crochet télépathique effectué par leurs drakkars pulsant des ondoiements écervelés de phylactères barbares…

En tombant encore davantage au fond de leurs tasses de thé aromatisé au carbone, leur vigilance perd pied et leurs corps avec leurs bras et leurs jambes se tordent comme des étranglements de craie et de fusain séchant au soleil demeuré et composé de verreries précieuses. Ainsi, comme tous les anciens vikings, leur reine ayant parcouru des kilomètres défoncés à la colle, étant désormais sur un piédestal d’ivoire, parle la langue des phylactères pour décrire leur jogging du matin à travers les montagnes ; ces montagnes qui s’en vont verdir ces royaumes conquérants et de nouveaux sommets… Et en haut de ces altitudes qu’un physionomiste ne peut reconnaître, elles retrouvent leur maître (Maître Yoda peut-être) et sa clique de baba cool herculéen.

Alors tout éclate soudain dans les remous de leur bain chaudement approvisionné en charbon ardent : l’architecture sacrée et génétique de ces sources où meurent les narcotiques les plus dangereux, met en doute la véracité de leur exploit en pays conquis… et la morphine réside au sein de cette idée, les talismans de cette force obscure cahotant entre les mondes chauffés à un degré providentiel, tout ça dans leur forme rayonnante…

Bref tous ces espaces-temps imaginés pour éviter la danse continuelle et le redémarrage du système ne sont que les pivots des phénomènes ventés, dessinant à pic dans le vitrail de leur église des présages funestes et ne recevant de ces stimulantes fins de siècle que des monstruosités napoléoniennes. Par télépathie avec d’autres conquistadors…

Ces stimulantes fins de siècle, ces bulles de gaz s’échappant de Vénus pour massacrer les populations terrestres, ces vitres cassées coupant les poignets et les mains de bronze des artisans quand ils les ramassent en mille morceaux, enfin toutes ces pensées de guerre sainte oubliées et hérissées de pythons noirs émergent à un moment où l’on s’y attend le moins, bref tout ça aussi contribue aux apparitions et aux disparitions de leur Vierge sanctifiée ; son poison venimeux comme l’huile essentielle extraite des branches des sapins, a fait naître des représentations de pivoines maléfiques sur leurs vitraux mais, si on étudie à fond les probabilités qu’elles reviennent nous hanter, il y a cependant en leur défaveur le secret artificiel de tous les azimuts à conquérir et qu’elles ne peuvent assimiler.

Comment brûlent les cigarettes par delà le Sanctuaire ?

Quand se levaient au ciel les grandes voûtes du Sanctuaire, un remède à l’antique était alors réinventé pour lister le nombre de ces fumeurs qui clopaient devant sa porte donnant sur des étages phénoménaux… remède pour pouvoir atteindre même les familles modestes, les faire rêver de cette antre où il ne restait que la vieille vasomotricité de ce moteur cérébral ; plus tard, dans la vase d’un étang échancré par des serveurs informatiques, celle-ci égrainait ces listes en les échangeant contre des portraits robots aux différentes polices criminelles.

Et, comme désorientées par toutes ces femmes qui revenaient d’outre-tombe enfiler leur fourrure d’hermine au sein du Sanctuaire, elles ne se concentraient plus uniquement, ces listes, sur les victimes du tabac mais aussi sur les ventes induites par ce moteur cérébral que le village rupestre d’En Haut réalisait, dans la senteur des palmes sous les néons blafards de la construction antique.

Fourrure pour s’ébaudir avec cette femme, la seule survivante et rescapée, dans la neige tout en matant ses accrocs : résultats de ses longues odyssées à travers les forêts de sapins longeant la seule route menant à l’autre acropole et qui ressemblait à une équation à une seule inconnue…

Comme elle, en partant de notre havre, on enfourchait nos bécanes et comme elle on allait se saouler chez des amis au cognac ou au mazout… ou à d’autres boissons au goût d’anis ; ce mazout qui avait fait tourner les hélices de nos étranges machines de jadis et que le Sanctuaire mettait enfin sur pause. Machines révolutionnaires dont l’engrenage s’allégeait au fur et à mesure de notre progression, sous le halo des réverbères incohérents.

Un jour de Chine sur la grève !

A l’origine, désobéissant aux sagesses antiques des phares d’Alexandrie et refroidissant leurs fondements reliés aux pensées souvent funestes de ce gigantesque humanoïde, il y avait, composée de deux corps joints étrangement par des fragments d’ossements capables d’échanger l’énergie électrique et de la réinitialiser à son état halogène, cette sirène hellénistique à la robe grillagée.

Des fragments d’ossements eux-mêmes commençant leur radical par des greffes de parties mécaniques, je n’en avais aucune idée, mais par leur télépathie ténébreuse ils m’inquiétaient comme les somptueux présages d’une mort annoncée. Mon goitre étant sinistrement engorgé par leurs moteurs télépathiques se gonflait par intervalle obscure lorsque l’équipe de Parker fit la découverte macabre des phares d’Alexandrie effondrés et gisant au fond de la Méditerranée.


D’une mélodie funèbre, quand elle me tenait dans son étau de grésil, elle cherchait par delà les parchemins déroulés de la grande bibliothèque d’Alexandrie, la lumière cette gardienne des landes, des herbes fraîches et des amertumes océaniques.

Au loin, on apercevait encore les phares d’Alexandrie, reconstitués pour l’occasion par ces malandrins qui avaient osé violer comme des papillons d’outre-tombe les caveaux des pharaons.

Depuis le fond sans fond d’un esprit tordu, elle revenait nous hanter, comme la dernière femme du monde enfanté : le départ pour un nouveau rêve œdipien ou le début d’un naufrage comme les phares empoisonnés de soleil noir l’avaient réduit à sa conception, initialement, un jour de Chine sur la grève.

Des kyrielles de pléonasmes pour ces listes de fantasmes.

Elle en compromettait des kyrielles de pléonasmes cette liste des fantasmes comme une sexualité emmaillotée dans le laurier-rose ; elle en couronnait des rois analphabètes cette liste des fantasmes emmaillotés dans notre cerveau comme un désir impénitent. Elle ne comptait pas sur sa longueur d’avance cette liste des fantasmes comme du plomb parcourant l’immense charivari des canalisations.

La nordique liste des fantasmes jouait aux osselets après l’éprouvante vivacité du pastel qui s’échappait involontairement de l’araignée propre-à-rien. Elle lui consacrait cette liste des fantasmes réinventée, synthétique trop de soirée prosaïque et pour être énoncée, elle constellait le ciel cette acérée liste des fantasmes comme une destinée, un voyage alcoolisé en Amérique, une rentrée scolaire qui se déroulerait dans un suintement pestilentiel, en couinant, en se remplissant, en se rafraîchissant éternellement dans sa robe d’araignée.

Elle en connaissait cette liste des fantasmes des antidotes aux descriptions futuristes, enflammée d’un monde rongé par les marteaux-piqueurs, conçu uniquement pour les buffles qui eux-aussi étaient compromis ! Elle en commettait cette liste des fantasmes des meurtres sous un soleil toujours neuf comme un record à enregistrer, un sourire suggestif, vivace, qui s’épuisait à se présenter et à se représenter.

Elle s’en allait coudre des paupières de neige aux bigots cette liste des fantasmes qu’on pouvait aussi visionner, un improbable plateau télé surgelé, vieillissant pour leur souhaiter la bienvenue à ces fantasmes qui croupissaient alors qu’un important élément fonctionnel manquait à cette ruisselante liste mnémotechnique ; des listes, qui, avant de former des mots ou des pensées, déboussolaient ces histoires trop longues, tranchantes, survoltées.

Des fantasmes sous le manteau, dans une bibliothèque fermée et obscure ; des fantasmes poudrés, injectés par la seringue : il cravachait tant leur électrisant avancement létal afin de soulager tous les formats spirituels, afin de faire régner la bienveillance dans les lieux enfumés par les gitanes. Des listes et des fantasmes scientifiquement noirs et occultes comme un implant dans le cerveau, dans ce cerveau ratatiné aux cellules grises disjointes.

Du Japon, sa Garde Impériale…

Le piano jouait des silences ordonnés. Presque architecturés. Tandis qu’à Rome sur la Place Saint-Pierre, des sonorités mauves et chaudes qui souvent venaient dormir avec nous, au creux d’un arbre, descendaient en sandales impériales, et dans Son Sanctuaire déparaient…

Vertueuse léthargie que la seule note, rude, ne pouvait éteindre sans le recours au piano, à son piano que le poète Sanaï désaccordait en l’invoquant comme dans les rues de Saint-Pétersbourg.

Et enfin, je la vis arriver en robe blanche, tellement lumineuse que d’authentiques samouraïs en perdirent leur latin, tellement étincelante qu’elle éclairait mon chemin se sanctifiant dans les pupilles des plus grands pianistes se rétrécissant.

À l’encre de chine je dessinais sa Garde Impériale, un peu rétro sous le regard du roi des ermites, un dessin déjà effacé par les sarcasmes du temps, qui d’ellipses en ellipses à la santal, zébrait le périmètre restreint de mes pensées, des croissants de lune.

Au royaume des légendes on the road, malgré l’art, la science et la sophistication de ses cosmétiques, j’avais soif de perfectionnement : je voulais parfaire sa garde-robe (des robes de Santa Fe, des guêpières jouant leur rôle, et d’autres accessoires mystificateurs).

En parcourant ainsi ses affaires, je pensais secrètement aux nombreuses campagnes menées par ces corporations conjugales afin de les rendre aussi beaux et étincelants qu’un dieu ou une déesse grecque.

J’étais le Grand Maître du Jeu, elle enfilait les fringues que je lui proposais et elle devint ainsi, après cet échange de bons procédés, une Princesse japonaise d’une Beauté riche en sévérité et en dépouillement oriental

Des joueurs de Munchkin

Pour renouer avec d’anciens amis disparus, il y avait des univers qui grappillaient le temps perdu, de vacillant diadème pour des noces plastifiantes dans la vase encombrée de plasma et de matières plastiques, et enfin le pouvoir de leur imagination, de leurs varicelles, de leurs colliers d’une autre trempe comme un leitmotiv mélodieux ou désaccordé comme la guitare de Kurt Cobain.

Il y avait déjà eu maldonne quand leurs lacunes dessinaient des failles vêtues de cuir noir canonique entre leurs bandages de momie atrophiée… Et qui rejoignaient par leurs thèmes communs ce petit livre rouge que les pharaons retraçaient sous leur essence originelle de Milan noir, ce que les joueurs du Munchkin avaient piraté, hacké au nom d’un simple poète inconnu. Mais, à ce moment là, tout n’avait pas planté.

Ainsi le souffle noir du Munchkin avait collecté sous les fougères du jardin de leur manoir normand, des pendus tombés de ces arbres qui en face, sans que je m’aperçoive, hantaient le square du coin tandis que, leurs matrices encodées aux lance-flammes avaient repeintes les cartes du jeu, au rouge sang ; un seul trait de peinture ou un unique pouvoir imaginaire idéalement polarisé dans toute la contrée : même le réseau mobile soumis au libre-arbitre de leur SMS avait été brouillé par leurs listes de personnage haut en couleur, leurs mouvances, leur mensonge, choyés par cette faille aussitôt mise au pillage.

Dans les parties les plus sombres du manoir, une kyrielle d’étages silencieux remuait leur halo mystérieux, leur sagacité par la queue du diable ; et tout autour de leurs colonnes corinthiennes la vigne folle, irréelle que nos génisses broutaient pour leur qualité limoneuse, se balançait avec le cordon ombilical des pendus…

« En secouant la flamme blanche des bougies sur le papier en sanskrit délavé, alors sous les angelots noirs gravés sur la anse d’une marmite pour pot-au-feu, ils réinjectaient sans cesse des altitudes assortis par cut-up, ces architectes de leur manoir occulte lors de ces parties de jeu nocturne qui, ils nous l’avaient promis, sauveraient nos corps et nos âmes d’une contamination indicible. » ainsi lui dis-je tout de go et en sanskrit !

En rejoignant aussi les trois enfants qui tournoyaient sous ces nouvelles attractions en se demandant qui allait attraper la queue des Mickey, les joueurs du Munchkin, remis depuis peu de ces hautes altitudes enfermées dans leur seau d’eau ossifiée, ils se réincarneraient peut-être comme cette étrange famille de morpions démoniaques grouillant au fond de la cuvette d’un glory-hole.

Les encyclopédies d’Angela, le cut-up de Lucky Pierre et les émeutes des fontaines Wallace.

Elles en décrivaient, pour ces noces d’orfèvres, dans les encyclopédies aux illustrations grouillantes de gnomes, ces croyances en l’imagination toute puissante, des arrières-pensées qui corrigeaient, à mesure que le lecteur avançait en tournant leurs pages, la froide féminité du maître des passerelles planqué dans un silo de stockage !


Une féminité adolescente qui accueillait toutes ses définitions (le maître des passerelles héritant d’une garde-robe tissée dans les champs d’iris) et une imagination débordante qui vivait avec économie pour plus tard, on ne sait jamais, chevaucher le dragon dans ce fief paumé du maître des passerelles ; et ainsi, de près comme de loin, à la vitesse de quatre vingt dix nœuds, les hélices des hélicoptères se transformeraient en moulins à paroles…

Et, dans le gros bouillon des lagunes vénitiennes, elles allaient en vaporiser, sous les flottaisons de tous ces vautours, des émeutes démoniaques, ces encyclopédies enfin publiées pour semer la discorde parmi les défunts zonards ; une discorde qui langoureusement, avait attrapé le virus musical de cet étrange piano que Angela, sans l’air de feindre, jouait… Et ainsi l’absinthe se mettait à couler avec une touche d’exotisme que Lucky Pierre, silencieusement, décrivait entre les lignes pressantes de ces encyclopédies découpées au ciseau, en livrant bataille pour repousser les angoisses de la page blanche.

C’était une nuit belle comme une pub Vinted !

Venant des profondeurs de son appareil Kodak, les données de son iPhone sauvegardé à l’époque où Paris c’était Paris émettaient quelques notes de blues consolateur, en dirigeant sur des sites féodaux, crocodiliens.Des processeurs qui effectuaient leur mise à jour, en agaçant la glotte de leur créateur placé sur la scène prête à feu prendre ou d’oreilles coupées en RER à sur place à rester, tandis que je farfouillais dans les options de ce traitement de texte. Des options qui plagiaient le contenu du carnet de notes de Kaphrium et, sur l’écran de l’ordinateur maintenant, un traitement de texte qui avait capturé, à l’aide d’une clé USB, des photographies de jeunes filles galbées et longilignes.


Pour étudier les fluctuations du marché boursier, à partir de mon ordinateur, je devais brancher cette clé USB qui ressemblait au stick d’un rouge à lèvres et qui appartenait à Supertramp le vagabond. Plus tard, dans le métro, le réseau gangrenait des univers cicatrisés et vidés de leur suc et de leur prépuce ; un réseau qui téléchargeait d’immenses agrandissements photographiques. Sur ces photos, on voyait les promoteurs numériques se précipiter tête-bêche dans le caniveau, en crachotant des spermatozoïdes pacifistes.
De mon côté, je gribouillais à présent sur mon bloc-notes : une caméra filmait les mouvements saccadés de l’écriture automatique, symbolisée par cette petite babiole de disque dur.
Synthétisées lors de ce transfert, des partitions musicales célébraient les films scénarisés montrant des maisons lourdes, hautes, kitsch et noires ; en avançant l’heure locale et en réduisant cette infime distance entre le décor photographique et les faux raccords, ces partitions musicales bourdonnaient comme le disque dur de cet étrange ordinateur.
Les hackers s’associaient pour riposter et s’engouffrer dans les failles virtuelles, lançant une restauration du système et, de l’autre côté des portes de l’hôpital, on s’intéressait alors à la science des labyrinthes et des chemins de fer antique.
Des hackers qui assistaient, impuissants, à la révolution informatique de la poussière narcotique, tombant sur les ordinateurs obsolètes.
De la poussière narcotique qui redevenait poussière narcotique tandis que j’observais la tapisserie jaune de la chambre d’hôtel.
Il y avait aussi, parmi cet amas de nouvelles technologies, des photos en noir et blanc évoquant une scène libidineuse classée X. Des photos représentant des strip-teases aussi ésotériques que hermétiques pour ces pirates informatiques ou ces amas de nouvelles galaxies qui se résumaient à cette tapisserie jaune !

Kodak pratiquant

Venant des profondeurs de son appareil Kodak, les données de son iPhone sauvegardé à l’époque où Paris c’était Paris émettaient quelques notes de blues consolateur, en dirigeant sur des sites aux processeurs féodaux..

… Des processeurs qui effectuaient leur mise à jour, en agaçant la glotte de leur créateur placé sur la scène prête à prendre feu, tandis que je farfouillais dans les options de ce traitement de texte. Des options qui plagiaient le contenu du carnet de notes de Kaphrium et, sur l’écran de l’ordinateur maintenant, un traitement de texte qui avait capturé, à l’aide d’une clé USB, des photographies de jeunes filles galbées et longilignes.


Pour étudier les fluctuations du marché boursier, à partir de mon ordinateur, je devais brancher cette clé USB qui ressemblait au stick d’un rouge à lèvres et qui appartenait à Supertramp le vagabond. Plus tard, dans le métro, le réseau gangrenait des univers cicatrisés et vidés de leur suc et de leur prépuce ; un réseau qui téléchargeait d’immenses agrandissements photographiques. Sur ces photos, on voyait les promoteurs numériques se précipiter tête-bêche dans le caniveau, en crachotant des spermatozoïdes pacifistes.


De mon côté, je gribouillais à présent sur mon bloc-notes : une caméra filmait les mouvements saccadés de l’écriture automatique, symbolisée par cette petite babiole de disque dur.
Synthétisées lors de ce transfert, des partitions musicales célébraient les films scénarisés montrant des maisons lourdes, hautes, kitsch et noires ; en avançant l’heure locale et en réduisant cette infime distance entre le décor photographique et les faux raccords, ces partitions musicales bourdonnaient comme le disque dur de cet étrange ordinateur.
Les hackers s’accociaient pour riposter et s’engouffrer dans les failles virtuelles, lançant une restauration du système et, de l’autre côté des portes de l’hôpital, on s’intéressait alors à la science des labyrinthes et des chemins de fer antiques.
Des hackers qui assistaient, impuissants, à la révolution informatique de la poussière narcotique, tombant sur les ordinateurs obsolètes.


De la poussière narcotique qui redevenait poussière narcotique tandis que j’observais la tapisserie jaune de la chambre d’hôtel.
Il y avait aussi, parmi cet amas de nouvelles technologies, des photos en noir et blanc évoquant une scène libidineuse classée X. Des photos représentant des stripteases aussi ésotériques que hermétiques pour ces pirates informatiques ou ces amas de nouvelles galaxies qui se résumaient à cette tapisserie jaune !

Des solutions d’habitation ailleurs…

Au sommet de la plus haute tour de Mandeville comme ailleurs, la nuit verte était tombée et on était convaincu qu’il y avait encore des solutions d’habitation ailleurs. Cet ailleurs martelé après de longues nuits harassantes avait le don de réactiver cette vieille histoire : la nuit où j’avais vu passer dans un état second des trains de marchandise dans ces tunnels où j’errais.

Il y avait encore des solutions d’habitation ailleurs mais on devait faire appel à l’imagination. J’étais né après la période post-grunge et ma vie jusqu’à maintenant avait été une interminable incarcération dans ces tunnels.
Dans ces lieux, j’avais composé black insects, une chanson avec une mélodie lancinante, déchirante. J’avais longtemps rêvassé, m’étais inspiré des forêts denses de Lake District, des ruines des vieilles bâtisses évangélistes, des maisons de bûcheron aux clous rouillés et apparents avant de m’engouffrer ici.
Une nuit, les flics avec leurs rottweillers, avaient fait une descente pour déloger les adolescents frêles qui squattaient et fumaient dans les tunnels. Il y eut une surenchère de violence et puis plus rien. Seule la mélodie de black insects résonnait encore, comme le cri de guerre d’une tribu locale, alors véritable esprit des lieux.A l’air libre, j’aimais raconter aux journalistes que black insects avait été inventé dans un cimetière indien, alors que j’étais en transe : j’avais vécu une enfance éloignée de tout, dont les médias n’avait pas accès, ce qui me permettait de dire un énorme mensonge sans qu’on vienne me faire chier à ce sujet.En vérité, tout avait commencé à ma majorité : j’étais fou de rage contre tout, contre les psaumes simplistes et dégoulinants d’amour fraternel de mon père, le pasteur du coin, contre ce faux recul bidon que les pétasses affichaient à mon égard, contre le racisme de ma province paumée envers les gens typés…
Bref j’écoutais In Utero en boucle et je me demande encore aujourd’hui comment l’heureux auteur de black insects n’a pas défrayé la chronique à l’époque en massacrant son environnement avec un fusil à pompe.

Aujourd’hui encore, on peut entendre des adolescents frêles, en chemise trop large et jean troué, fredonner black insects en pinçant les cordes de leur guitare pourrie ; et j’ai même appris dernièrement que des connards aux crânes rasés et aux couleurs nationalistes, dans leur pays respectif, se sont réappropriés black insects, la chanson culte de notre groupe, pour en faire un hymne nauséeux.
Au début pourtant, nous étions un groupe de rock, tendance plutôt boueuse : des amis qui s’étaient connus au lycée, plus proches de la laitue humanoïde que de vrais bêtes de scène. Il y avait encore de grands espaces à conquérir.

Et je devinais quel sombre présage ils devaient représenter ces grands espaces dirigés par des grands esprits mais seul l’esprit sait qu’il est l’esprit…

Sans trop se faire remarquer

Photographie empruntée au site de Barbara Auzou que je vous conseille de lire : https://lireditelle.wordpress.com/

C’était beau comme une pub Vinted après un clip de Saez, Pilule ; c’était beau en effet ces couloirs de métros vendant leurs réclames, leurs placements de produits à d’autres colonies d’insectes et d’hommes-scarabées pour réguler le trafic autoroutier ; et les responsables suspectés de les avoir enfanté qui touillaient les cartes du monde jouaient leur dernier va-tout tandis que les miradors, elles, guettaient. Envers et contre tous, j’avais décidé d’arrêter de prendre ces pilules pour dormir, je les regardais d’un œil vague, attaché presque sensuellement aux câbles électriques d’un suicide assisté par des menottes moyenâgeuses ; le suicide, cette vacherie de plus !

En me balançant au dessus d’un gazon verdoyant quoique imaginaire, j’apercevais quelque chose : peut-être un panorama cahotant de fantassins avec caméra à l’épaule, avec de tortueux sentiers et des naufrageurs oubliant leur tirade en tirant sur leur oinj qui ne leur procurait plus rien.

Comme décor : des taillis boisés exultant des insecticides sibériens, des fleurs sauvages falsifiant les câbles où j’étais suspendu à quelques pieds du sol, et le ciel d’un bleu spectaculaire ; il y avait aussi des ours qui se battaient avec les hommes-scarabées pour cracher sur les murs et tout le tintouin pour se référer à l’urbanisme de la ville.

Atterrissant comme un phylloxéra dans les refuges bouddhistes, je plaignais sincèrement ces esclaves, à portée de fouet, qui n’attendaient que l’échec de fin de mois… Qui se tuaient métaphysiquement dans un travail de sape à effondrer les valeurs occidentales ; bien que physiocrates, leur Tableau économique se résumait à un monde de silicone noire, de naïades fantasmagoriques baisées jusqu’à être rouées. Et ce supplice de la roue utilisé comme carburant pour le compte de cette étrange machine, censée recenser tous les traumatismes résultant de leurs arbres généalogiques ; des arbres qui sécrétaient sur un tronçon d’autoroute des accidents un brin trop affectifs, trop sarcastiques… Une sorte de défis pour retrouver leurs squelettes d’hommes modernes entremêlés et que j’avais décidé de relever sous la lumière tamisée de leurs réverbères…

Fin de siècle à Barbara Auzou

Je sais plus trop où, je sais plus trop comment. Soit, je pense, j’en ai pris trop de cette vacuité qui se voudrait éternelle ; soit, sans doute, mon inspiration est venue de ce vieux livre bouffé par l’humidité, piqué par les chiffres, ceux qui provoquent des ventes sur Vinted, réanimant dans la maison de ta main parfumée les Everest ou la fin du siècle qui se lèvera avec la saison.

Un job à la John Malkovich. Deuxième chapitre.

Au sommet du building, ma vie, elle, elle était pas funky mais bien loin de la foule par cette hauteur de cent-cinquante-huit ou de cent-cinquante-sept étage, j’avais trouvé l’unique altitude, rouge et fumeuse dans les yeux de mon boss, mais salvatrices était ses retombées financières.

Au sommet aussi, j’avais trouvé l’unique altitude, rouge et fumeuse dans les yeux des Vénus de Laussel. L’unique altitude qui devait, pour des jours meilleurs, être entraînée à la dérive, créant des langages informatiques surprenants tandis que dehors, une émeute comme un désir d’erreur éclatait et, ironie du sort ou simple dérision du destin, elle était simultanément filmée par les caméras d’une chaîne de télévision encore en service.

Et je dérivais moi aussi et les Vénus de Laussel se penchaient par dessus mon épaule pour lire ces histoires que ma machine à écrire avait giclé et que je laissais traîner par terre comme des artefacts avant l’aurore.

Presque symétriques et passives les figurines préhistoriques en avaient fait couler des rivières de sang pourtant.

Il y avait aussi, parmi les chiffres de vente de l’entreprise, des courbes énigmatiques comme des questionnements édulcorés à l’arithmétique qui imprégnaient les lieux de leurs sornettes déprimantes… en chagrinant même les nacelles des montgolfières que je devais prendre pour des voyages imaginaires, inachevés, presque homériques, elles finissaient leur course sur les toits vanillés d’un observatoire, les fleurs de Sainte Hélène en robe défraîchie quémandant leur mise à mort… ou leur résurrection pourtant tant décriée !

Je suis la Saint Con

Le feu de la Saint Con était représenté sur la tapisserie, au sommet du building où se réunissait notre équipe, je n’avais presque rien trouvé, à part à Charleroi où on était bourré comme des tonneaux par cette altitude, rouge et fumeuse que je ne trouvais que dans les yeux de celle qu’on ne trouve que dans les trous du cul des mondes.

Là-haut chacun mesurait l’immensité de la tâche que notre chef ne semblait pas prendre à la la hauteur et, nous disait-il, si nous assurions à relever ce défi, les nombreux écrits sur la fin du monde se réaliseraient sûrement, théorie aussi fumeuse que cette altitude. La réalisation de ces projets journalistiques qui prenaient quelques semaines dans le virtuel et que nous avions découvert dans les cartons poussiéreux d’un étage imaginaire de ce building, allait probablement demander plusieurs années et se résumait, affirmait mon boss, à couvrir l’événement d’un rallye de zonard organisé par un mécène plus riche que Midas.

Il y aurait probablement des impacts budgétaires énormes. Les caisses de notre entreprise n’étaient pas vides à proprement parler, mais des sommes farfelues devaient être prélevées sur le compte de la société simplement parce que nous étions dans un pays avec des prélèvements exorbitants, qui eux n’étaient pas imaginaire…

Ce fut ainsi, dans ce contexte, où à Paris j’étais Lucien, et ce matin tôt au sommet du gratte-ciel la stupéfaction quand j’avais déniché dans les cartons, coincés parmi les dossiers, un string rouge et une lettre d’adieux de la part d’un certain Gilles.

Les Vénus de Laussel, leurs lacunes de cristaux blancs…

Aujourd’hui là-haut était jaune et ce qui fascinait tellement les odeurs incendiaires des pierreries de ce sommet revenait à dire qu’un texte de Clacker pouvait sans mal les revitaliser : les ombres des Vénus de Laussel en dix pages par cet écrit que le froid mordait en révélant les lattes du plancher, devaient sûrement se battre contre les gros bouillons des lacunes des rois, du Saint-Esprit, des sourires aseptisés des murènes… Ou des coups de grisou. Ces lacunes ? A la première page, au plus profond de leurs entrailles, ce furent des descriptions d’un film d’horreur très kitsch empruntant sa chronologie à une timeline je-m’en-foutiste.

À la page deux, pour désigner un référent, apparaissait l’expression kabyle, incandescente des porcheries, à l’heure la plus froide de la nuit ; tant de porcs ainsi voués aux jeux de hasard, tant d’évasions en dehors de ces porcheries que les jours de crêpe avaient fait tomber en cataractes ! En les reliant entre eux par des cristaux blancs, vert pâle, jaunes ou incolores, les penseurs reversaient à ces créatures du diable la somme gagnée par tous ces labels collectifs.

À la page trois, en se référant aux systèmes adverses, prédominaient ces kyrielles d’injures alchimiques ; quel labyrinthe la page suivante, cette page quatre qu’on racontait être du côté de Satan comme le kif qui se fume mélangé à du tabac ! Sans préface et sans jamais faire apparaître les préhistoriques hésitations que le navigateur rêvait de colorer chaque fois qu’Elles hésitaient à franchir le cap, ces sorcières, ces Vénus de Laussel !

Un job à la John Malkovich…

Les voisins gueulaient : le chat s’était enfui et on cherchait un coupable. De mon côté, j’avais été embauché dans une étrange entreprise. Mes factures d’électricité et de chauffage étant exorbitantes par rapport à mon allocation chômage, je m’étais résolu à trouver un job. Un job à la John Malkovitch. Le long du trottoir, où descendaient des rivières glacées, résidus de neige fondu, j’avançais un peu anxieux, vers la porte de mon futur employeur.

Deuxième partie :
J’étais à présent sur les rails, c’était toujours l’hiver mais je n’étais plus seul. De collègues de bureau, ils étaient passés mystérieusement dans le clan tapageur de mes amis.
Cette fois, les voisins ne s’entretuaient plus pour un sujet de chat perdu, mais sur le douloureux problème, cet épineux dilemme, à savoir si oui ou non, il fallait débarquer chez moi pour faire cesser la musique trop forte. Mais je ne m’en souciais plus. J’allais faire un long voyage.

Troisième partie :
Une de mes collègues de bureau, ce job dont je ne savais plus en quoi il consistait, m’avait tapé dans l’oeil. Dès que j’étais entré dans cette boite, ils m’avaient placé devant un étrange ordinateur, comme tous les autres employés travaillant sur ce site. J’étais rapidement arrivé à décrypter tous les mots de passe du serveur interne, et ça me donnait toutes les autorisations nécessaires pour pirater les autres disques durs. Je me souviens que je lui avais envoyé un message, il devait être assez clair puisqu’un jour ou deux après, ses cheveux flottaient au fond et au-dessus de ma baignoire.

Quatrième partie :
Le seul jour de paye, vous me croyez ou non, c’était le mardi-gras, le salaire était suffisamment élevé pour que vous abandonniez toutes vos opiniâtretés de labeur. Le seul hic, c’est qu’il fallait attendre un an, en travaillant d’arrache-pieds, et en ne recevant rien si vous étiez pris le lendemain du mardi-gras.

Cinquième partie :
La liberté, c’était donc cela :
Du tapage nocturne et des neiges précoces par brouettés
Du spleen face à la brièveté de la vie
La chienlit homérique
Se préparer à un long voyage désordonné
Orienter sa lampe frontale du côté de sa nudité
Et fumer goulûment, ce qu’on avait reçu le jour de paye :
Le Mardi-Gras comme tous les jours de paye !

Appel pacifiste !

Mardi 25 août 2021.

De la route on pouvait voir le sommet de la plus haute tour de Mandeville et le vent soulevait les jupes avec coquetterie : ici comme ailleurs, la nuit verte avait lancé son message pacifiste à tous les rêveurs.

Au sommet de la plus haute tour de Mandeville comme ailleurs, la nuit verte c’était comme le sacrement de la papesse de cette cité, un sacrement qui se déroulait après le rallye des zonards sous la loupiote inculte…

Au sommet de la plus haute tour de Mandeville comme ailleurs, la nuit verte se retrouvait Dimanche 20 juin 1999, dans la Gazette de Gloucester, rubrique faits divers…

Au sommet, les mystifications de la modiste.

Au sommet j’avais trouvé l’unique altitude, rouge et fumeuse dans les yeux de la modiste, elle avait cette science certaine des géographies grêlées de motif grégorien, des monolithes grimés pour se dénuder le long des charpentes osseuses.

Et au sommet, lorsque l’obscurité de mes mots susurrés tomba soudain en pluie pour créer son mythe, cette mystification grimpait encore plus haut, jusqu’à ranimer ce système de fouilles archéologiques littéraires que j’autofécondais sous l’autorité de John Coltrane. La lumière tremblotante, la lumière de ce huis-clos en silicone noir, d’une chanson à l’autre, gravitait autour d’un monde réinventant le crack et les amphétamines.

Rêveusement je n’y prêtais pas attention mais elle s’était égarée en tirant sa révérence sans que je puisse la retenir… au sommet, j’avais désormais des rêves de salaud, avec des filles à la Rubens malheureusement, aux diadèmes d’argent payés comptant à mes frais…

Même les nacelles des montgolfières que je devais prendre pour des voyages imaginaires, inachevés, presque homériques n’atterrissaient plus sur les toits vanillés de mon observatoire, laissant les fleurs de Sainte Hélène en robe défraîchie venir mourir entre mes mains !
L’unique altitude rouge et fumeuse dans les yeux de la modiste gréait comme entraînée à la dérive, et tous les naufrageurs qui ralentissaient sa progression, elle les abandonnait à leur triste sort… Ou à cette vie mordante sans elle, après de rudes épreuves en silence, si ils renonçaient à leur antique sagesse, à leur austère maîtrise d’eux-même !

Les sornettes déprimantes qui grésillaient dans le téléphone de la modiste ne pouvaient que me restreindre à rester dans leur sillage, mais bon sur les toits vanillés de l’observatoire, les fleurs de Sainte Hélène, il restait toujours ce résultat gratifiant : des nacelles de montgolfières qui s’étaient échoué là comme des morses et dont le sang grenade, dans nos cellules, communiquait en morse !

Vilnius Poker à Mandeville

Au sommet de la seule tour de Mandeville, j’avais trouvé l’unique altitude, rouge et fumeuse dans les yeux de cette lectrice du Vilnius Poker… Une tour qui, à la lumière de cette nuit verte tombée sournoisement, avançait ses pions selon les modèles organisés par les pages du livre.

Presque symétriques et passives les ridicules bagues de cette lectrice à tête de corbeau brillaient de leur irascible déréliction ; après de rudes épreuves en silence, j’avais renoncé à percer leur secret, peut-être était-ce mon antique sagesse, ou l’austère maîtrise de moi-même qui m’ordonnait d’agir ainsi.

La nuit verte de Mandeville : crachant des chaînes de givre, qui à cette hauteur où nous étions pouvaient être mortelles, elle s’immisçait à l’intérieur des consciences, des tableaux de famille que la foule refusait de regarder, au centre des questionnements édulcorés à l’arithmétique qui embaumaient les lèvres de la Déesse de Cythère. Alors pour les dissoudre, pour dissoudre la couleur somptueuse de leur invraisemblable conscience, cette nuit verte, par son petit rire, explora la tour où nous étions réfugiés et aussitôt fit tomber sa jupe mandarine.

Toute nue, d’une nudité au-delà de ces cités mystérieuses, à l’heure érudite des rois couronnés, elle reliait à présent les énigmes du cœur, écœurée de trop peu reluire, à ce pouvoir magique, incarné par une craie dans le bouquin Vilnius Poker et l’histoire de tous ses délires, avec l’adoration des idoles, avec les rituels runiques dotés d’artefacts éreintés et d’écrous hilares, n’était qu’une somme de fables !

Tout a une fin et un commencement !

L’avion Airbus venait de finir son footing au milieu des coraux qu’on ne pouvait voir qu’à la télé et je faisais mes pompes sur les restes du marsupial moteur d’un cargo, c’était toujours comme ça chaque matin, avec la même lascivité  que ma Jaguar qui ronronnait à présent tandis que je me tâtais encore à savoir où aller.

Pour me donner de l’inspiration, j’enfonçais ce morceau de fusain dans le culot de ma pipe bourrée à large coup de pouce… et ce fut d’abord un texte sur la Place de Cibeles à Madrid en dix pages alors que le froid dans ma chambre d’hôtel mordait les lattes en envoyant de gros bouillons de lacunes.

À la première page, un film d’horreur très kitsch qui empruntait sa chronologie à une timeline je-m’en-foutiste.

À la page deux, pour désigner un référent, apparaissait l’expression kabyle, incandescente, livide à l’heure la plus froide de la nuit et jusqu’à s’interrompre lors des jeux de hasard, d’une évasion : après les jours de crêpe, la joie tombant en cataractes et reliant entre eux les penseurs par un label collectif.

À la page trois, en se référant au système adverse, une kyrielle d’injures alchimiques. Et, sur le dessin labyrinthique de la page quatre, la représentation du kif qui se fume mélangé à du tabac et qui fit apparaitre les premières hésitations alors que fiévreusement j’écrivais toujours : une alternance de forme et de style étreignant la surface comme le fond qui sera relégué cependant au sein du navigateur chaque fois qu’ils hésitent, ces mécènes inconnus qui m’avaient envoyé ici.

Le secret des bâtisseurs

Soit A une quinte de toux que la phénoménologie apprivoise en ranimant par jet acide B ou le secret des bâtisseurs partis aux Philippines pour d’imprévisibles constructions génétiques : un ADN que les épidémies ravivent, sans bagage génétique, codant et prélevant malgré tout les matrices binaires filant à l’anglaise sans être débusqué, sous les racines des baobabs ; leur impropriété rapiéçant l’un d’eux qui imprègne par son parfum générant C ou son équivalent, son irréaliste rafraîchissement sur les kyrielles de pages Web aux profits juteux.

Peut-être à cause de la pesanteur, presque tropicale, de l’air du soir puis de la nuit… causant des phlébites parmi les constructeurs de rêves idéaux, une probabilité en question qui récupère l’impossibilité d’une île tout en le ravivant ce haschisch d’Albert Londres et de Régis Jauffret.
Tous ces pseudonymes renvoyant à l’index des pages web, se décomposent avec leur pacifisme meublé et expéditif, sainement implanté en massif occitan. Peut-être à cause de leurs imprudentes cellules photogènes d’où tout a commencé et où tout doit finir : ainsi le Secret des Bâtisseurs sera révélé au grand jour.

Mais si A a la valeur des sillons impressionnistes, des ouvertures étroites où l’on peut voir toutes ces victimes de leurs fictions, alors, alors seulement B a cette fonction si caractéristique de correspondre avec un cageot d’outre-tombe flottant et dérivant sur les océans de cette probabilité.

Et si cette probabilité, comme une cover-girl aux charmes poivrant les magazines de matière grise ou de maladie bactérienne, perquisitionne à coup sûr leur très sainte décimale, alors prépare toi à réussir le test à l’avance et à endosser le rôle d’empereur ou de manchot empereur et demande toi tous les jours comment ces infructueuses réincarnations peuvent revenir sur Terre, notre berceau stellaire saturé par ce réseau internet ; et par leurs personnalités radieuses, brillantes, solaires les photographies en noir et blanc se noircissent toutes seules…

Genèse de Joseph Merrick.

Il faudrait toute la sagacité de Gandhi ou de Bouddha pour ne pas avoir une furieuse envie de se loger une balle dans le crâne quand mon Chef m’avait annoncé qu’il faudrait repasser à l’asile : de nouveaux cas, détectés dans cet établissement croulant sous les millénaires, attiraient à présent l’attention des médias. Et ce fut ainsi, sous la Lune livide, que je débarquai en pleine nuit dans ce centre psychiatrique pénitentiaire, les gardes poussant laborieusement les portes blindées pour faire rentrer ma Dodge.

Après avoir éteint le moteur, j’allumai une clope on n’y voyait que dalle comme dans le terrier d’Alice aux pays des merveilles psychédéliques, la noirceur de cette nuit prenant la pleine possession de ce lieu, donnant l’impression vaguement sexuelle qu’une actrice X allait surgir du souterrain CL204 où l’on me dirigea avec des airs précautionneux qui me tapaient sur les nerfs…


Une fois dans les méandres de l’HP MDC Brooklyn à New York, je remarquai qu’il y avait, affichée sur tous les murs de l’établissement, la une de tous les journaux : des photos de types déchaînés ou au contraire plongés dans le coma, les jambes arquées et presque tête-bêche avec le reste de leur corps que le parasite filaire avait rendu plus lourd que le plomb, accompagnaient les petites écriture en Time qui alertaient sur cette recrudescence de l’épidémie ayant à nouveau frappé, plus de dix ans après l’apparition des premiers symptômes : le délire psychopathologique des journalistes américains.

Puis, progressivement au fond d’une salle tout aussi obscure, je découvris la silhouette prostrée de John Fante, enchaîné à une chaise rouillée… Il divaguait sur une complainte inaudible, les yeux jaunes et vaseux, et ne se rendit même pas compte de ma présence, de la bave sur toute la face.

Les infirmières me laissèrent seul avec lui pour un entretien qui s’annonçait corsé. On l’avait aperçu en haut du Brooklyn Bridge, prêt à sauter dans la flotte glacée et on l’avait emmené de force ici.

La même fièvre que ce que j’avais vécu, quand dans la rétine des pauvres pucelles je reflétais mon cynisme en temps adolescents, cette même fièvre, que cette nouvelle vague d’épidémie générait en temps de crise, l’agitait de tout son antre cérébral. Les infirmières le forçant à boire outre mesure alors qu’il n’était là que pour grelotter au fond de son lit pendant 48 heures. Mais un genre de transe l’avait saisi lorsque je lui montrais les photos en noir et blanc de cette incision du derme pour extraire une dent de cadavre, ou le parasite filaire que j’avais enfin rejeté en Afrique avec un gourou de dernière zone ; aussi comme lui j’avais déclaré avec violence que j’en avais plus rien à foutre de cette vie de merde… Cependant, j’avais quand même écrit ce bouquet de nerfs couchés sur papier, uniquement pour faire plaisir à mon boss, soumission alternant entre un épisode pornographique, lessivé mais heureux d’être allé jusqu’au bout, et ces moments où j’étais seul et sûr d’en avoir terminé avec cette névrose fantasmagorique.

Dernière partie :

Un moutonnement noir dans le ciel enduisait de manière tout à fait sournoise les cartes de Poker répandues par terre dans notre chambre commune pendant qu’elle crânaient fièrement tandis qu’une dizaine de skinheads, après bien des orgies et après s’être empiffré à mort, un peu comme dans le film La Grande Bouffe, posaient en selfie avec une nymphette complètement nue ; et enduites de leurs lissages, elles risquaient fort de faire la quatrième de couverture des journaux américains quand la pluie de l’acide illuminerait alors les abîmes hallucinés, elle avait tout compris quand elle avait rendu l’âme et tout rendu organiquement même. Tout s’était enchaîné, en toute logique. Une logique où elle m’avait vu, à travers la vision de son avenir qui ne s’arrêterait plus que si quelqu’un enrayait la machine, mais c’était trop bon afin que personne ne puisse refuser l’implant qui le reliait à la machine. Cette Cora-Hummer venait de prendre conscience du phénomène. Elle avait une longueur d’avance.
Il y avait eu les symptômes avant cette anticipation, mais elle n’avait pas su les voir en tant que tels, elle avait été incapable de diagnostiquer la maladie souterraine, attribuant les difformités qui affligeaient les Elephant Men, des Joseph Merrick, au grand hasard génétique. Mais le hasard s’était fait insistant, jusqu’à ce qu’elle se mette à douter.

Des arbres généalogiques qui avaient toujours donné des fruits fermes et acides, s’étaient mis à produire ces monstruosités au goût de cendre : des générations de nanti, n’ayant plus qu’à tester, avant d’être blasées cette pilule qu’on nommait Black-out de la voie lactée : elle vint, cette drogue qu’on pouvait qualifier d’origine extraterrestre, depuis ses méandres psychédéliques envahir le petit tableau de ballerines anorexiques que nous nous tapions dès fois, John Fante et moi qui dans la chambre n’ouvraient qu’à l’infirmière et à sa petite télévision montée sur roulettes.

Télévision où l’on pouvait suivre des histoires de petites filles lesbiennes égorgées par des Elephant Men qui n’en pensaient pas moins… des sornettes d’écolières retrouvées le cartable sur le dos, un grand sourire aux lèvres avec des yeux révulsés en posant leur question idiote : à qui s’adressaient ces émissions télévisées alors que seuls ces tueurs en série détenaient la réponse ?

De notre côté, la pomme dans le plateau-repas, était molle, la première bouchée partit en purée entre nos mâchoires. Sans saveur et pleine d’eau. Anormal. Il y avait eu tous ces petits bugs dans la matrice qu’en toute bonne foi le traître dans Matrix avait ignoré scrupuleusement, qu’il avait soigneusement mis dans un coin reculé de sa tête pour ne pas débiter si on tentait de lui faire cracher le morceau. Il avait fait comme si de rien n’était, et aujourd’hui la Guilde le maudissait. Elle n’avait pas fermé les yeux, essayé de passer l’éponge, oublié en se plongeant dans l’alcool.

Au-dessus d’elle, les pommes sur l’arbre avaient toutes cette forme étrange, des malformations qui donnaient aux skinhead des têtes enflées et trop grosses, comme nourries d’une sève modifiée.
Avec l’autre patient, nous cherchions le meilleur terreau psychédélique afin que des esprits tournés trop souvent par une main de marionnettiste nous fourniraient des informations pertinentes, de quoi cultiver par exemple l’ésotérisme de nos jeux de cartes à même cette écume fantasmagorique, que le seul et unique attribut du sujet, c’est à dire moi, vouait un véritable culte : il faut dire que ces parties de strip poker étaient régulièrement enfumées de vapeurs provenant des pousses de ce cannabis royal, fumé et utilisé pour copier les données de ces satellites, localisés au-dessus du Tibet, et que la musique Grunge avait rendu sourdes et prêtes à franchir les Portes de l’au-delà… Par malchance ce n’était que l’effet de l’étrange syndrome.

La Grande bouffe et sa trouille gargantuesque

Elle allongeait les pas dans la poudreuse, cette guilde fantasmagorique pour terminer le parcours ; ainsi m’avertissaient ces calculs importés dans mon ordinateur par une timeline conçue pour les guetteurs comme moi ; la webcam de la Cora-Hummer 7 clignotait et devait sans doute m’informer que ces Vénus de Laussel, venues de la préhistoire, étaient en ligne et cherchaient à me contacter… Sûrement pour me prévenir que la Guilde allait débarquer chez moi.

Elle était impliquée dans cette affaire qui ressemblait étrangement aux suicides de ces gastronomes de La grande bouffe qui n’était pas qu’un film mais un fait divers : une affaire qui peignait mon cœur en mauve lors des neiges précoces, peut-être pour se soustraire à cette timeline défilante, appartenant soit à Facebook soit à Twitter, les deux de guerre lasse avaient abandonné.

D’abord une trouille pas possible pour ses raccourcis clavier qui activaient dans le micro-ondes, le maître des lieux conquis, le copain des hyper-héros, sa bouteille de Monbazillac qui souffrait gorgée après gorgée, enfin pas trop mal. Trop occupés à débiter leurs prières, les gens de la vilaine populace n’avaient pas fait attention à la venue de nos héros qui eurent alors l’occasion de déboucher, tire-bouchon s’il vous plaît, la bonne bouteille sans ce virus à l’intérieur, ce foutu microbe qui s’échinait à se planquer partout sauf dans l’alcool, mais ils s’aperçurent qu’un « champ de force invisible » les empêchait d’avancer plus, d’approcher de trop près. C’est alors que le chasse-dieux reconnu dans les stances scandés par les foules, la formule magique pour faire venir quelque cruelle divinité, et pour le rite, devait donc être crucifié le portier qui produirait ainsi l’ouverture par laquelle devait venir l’être formidable qui dirigeait sur des sites dissidents, crocodiliens.

Cette trouille insurmontable pour la jeune femme réfugiée à l’intérieur de deux tubes de peinture ; deux tubes de peinture ocre rouge, pendant qu’elle contemplait matin, midi et soir les irréalités équatoriales serpentant autour d’elle, et autour d’elle, Shiva par sa lumière tremblotante, la lumière de son monde en silicone noir, avait jetée aux oubliettes ce champ de force invisible.

Puis la trouille revenait, évidemment, que le maître des huit huis-clos, le copain des hyper-héros, qui souffrait d’un amour contrarié, enfin il le vivait pas trop mal. Trop occupés à débiter leurs prières, les gens de la vilaine populace n’avaient pas fait attention à la venue de nos héros qui eurent alors l’idée de le rejoindre dans son bled, à boire du mazout sur des comptoirs trop noirs, mais ils s’aperçurent qu’un « champ de force invisible » les empêchait d’avancer plus, d’approcher de trop près. C’est alors que le chasse-dieux reconnu dans les stances scandés par les foules, la formule magique pour faire venir quelque cruelle divinité, et pour le rite, devait donc être crucifié par le portier qui produirait ainsi l’ouverture par laquelle devait venir l’être formidable de ses raccourcis matriciels.

Toujours en se vivifiant à cet air meurtrier ou en voguant sur les écumes du vers libre qui refourguait par d’autres Mondes ce qu’il existait dans les larmes d’une jeune femme et dans ses yeux un monde si étrange d’aspirations Ascensionnelles !

En retombant dans un amas de poussière, ses talons tandis que, dans l’obscurité, doucement elle se laissa tomber mollement dans mes bras tandis que la rétine des skinheads se goinfrait de loin, dans les wagons de luxe d’un train, de fantaisies lubriques largement accompagnées de fritures, cassoulets, garnitures, fruits de mer additionnés d’un zeste acide et sexuel ; fantaisies lubriques par retouche certes mais à la fois virtuelles et avilissantes, qui venaient se perdre au milieu de tous ces algorithmes générés par un étrange logiciel…

Ils n’avaient pas le bon manuel, leurs dieux qui voulaient éteindre pour de bon toutes leurs machines, les passagers du train les accompagnant, pour les aider à écrire des poèmes qui résistaient au feu, aux mensonges, aux masques hilares ; en éteignant pour de bon ma machine, je lui écrivais un poème où il y avait une chandelle oubliée, cachée, puis retrouvée en l’honneur des défunts… Des défunts pour réinventer encore d’autres mondes !

Des défunts masqués, eux et elle dans la caméra et elle, elle m’observait dans le miroir ; dehors sur la terrasse de sa chambre d’hôtel, émergeant de l’obscurité comme aimantés par le plan fixe, perpendiculaire et délavé, tantôt visible, tantôt perdu à nouveau, de la bobine 5 des hologrammes des visages monstrueux, d’Elephant Men toujours en noir et blanc qui pourraient se satisfaire d’une gueule de bois comme un remède à l’antique initié par des symboles sorciers.

Gueule de bois que les saule pleureurs avec mes mains qui caressaient ses jeunes seins monochromes, deux petites bulles fermes à la minuscule pointe sombre, que les saules pleureurs, dis-je se remployaient, pour elle et pour moi, à m’apprivoiser et à l’apprivoiser et pensait à ce café que nous avions bu ensemble dans une ville sans noyau ou sans couleurs… le jour de la fête des Morts…

Plus tard, j’ouvris le tiroir de mon bureau et trouvai aussitôt une enveloppe contenant un tirage de photos floues en noir et blanc. L’enquête pouvait alors commencer. Se refusant à toute logique, à toutes conceptions hétérosexuelles, toutes ces lesbiennes, et elle parmi elles, en étaient parfaitement saturées, malgré tout.

La trouille des hyper-héros.

Elle était impliquée dans cette affaire qui ressemblait étrangement aux suicides de ces gastronomes de la grande bouffe : une affaire qui peignait mon cœur en mauve lors des neiges précoces, peut-être pour se soustraire à cette timeline défilante..

D’abord une trouille pas possible pour ses raccourcis clavier, le maître des lieux conquis, le copain des hyper-héros, qui souffrait, pas trop mal. Trop occupés à débiter leurs prières, les gens de la vilaine populace n’avaient pas fait attention à la venue de nos héros qui eurent alors l’idée de faire un massacre, mais ils s’aperçurent qu’un « champ de force invisible » les empêchait d’avancer plus, d’approcher de trop près. C’est alors que le chasse-dieux reconnu dans les stances scandés par les foules, la formule magique pour faire venir quelque cruelle divinité, et pour le rite, devait donc être crucifié le portier qui produirait ainsi l’ouverture par laquelle devait venir l’être formidable qui dirigeait sur des sites dissidents, crocodiliens.

D’abord le trouille que le maître des huit huis-clos, le copain des hyper-héros, qui souffrait, pas trop mal. Trop occupés à débiter leurs prières, les gens de la vilaine populace n’avaient pas fait attention à la venue de nos héros qui eurent alors l’idée de faire un massacre, mais ils s’aperçurent qu’un « champ de force invisible » les empêchait d’avancer plus, d’approcher de trop près. C’est alors que le chasse-dieux reconnu dans les stances scandés par les foules, la formule magique pour faire venir quelque cruelle divinité, et pour le rite, devait donc être crucifié par le portier qui produirait ainsi l’ouverture par laquelle devait venir l’être formidable de ses raccourcis matriciels.

La résine d’Aristote, sa molécule ou ses pigments…

Aristote m’avait ôté une épine douloureuse du doigt de pied en attisant les plus folles, les plus ésotériques recherches jusqu’à parvenir au point de non-perception : le vide des Voyelles ; mais je n’avais toujours pas très bien pigé. Peut-être était-ce une leçon immorale qu’on pouvait retenir de ses comics de huit pages d’autrefois ? Mais peut-être n’était-ce que les effets, les vapeurs de ce pigment brûlé qu’on trouvait dans sa résine ?

Et qui me rendaient successivement ou simultanément confus lorsque j’ouvrais le journal de Kurt Cobain ; car dans cette résine polissonne où était caché la molécule i-2277, ce pigment décanté par une succession de silences dilatés sous tous les angles avait fait fleurir son idée létale… En effet, s’accrochant à la perspicacité d’une mort cérébrale lorsque on la fumait, cette résine que des machines frémissantes avait fabriqué avec soin, ne conduisait qu’à ce stade ultime et Aristote, mû prodigieusement par un sentiment général d’inutilité, en attestait… de son vivant du moins.

Dans tous les azimuts, les inventions d’Aristote avaient la même genèse commune que ce psychotrope : la même histoire qu’on pressentait après un bol de café aussi noir que la nuit ; une sorte d’angoisse où la minime et charbonneuse existence de la résine fabuleuse jouait bien sûr son rôle, à l’origine d’autres inventions ingénieuse comme ce labyrinthe polysémique d’algorithmes chiffrée à l’excès, cette plinthe de la bavure extrême comme principe. La bavure : quelque chose d’authentique afin de créditer ponctuellement la Xbox ou la PlayStation ; et au milieu de ces labyrinthes, je découvrais un fouillis pensif de tractations politiques quand j’allais user ma culotte courte sur les bancs des écoles occultes gaiement teintées par les rayons solaires.

Je sentais toujours les tentacules de l’Alien ou l’esprit de Platon se contracter autour de ma gorge et des muscles de mon visage. Instinctivement, primitivement, leurs molécules étaient devenues miennes ; l’Alien ou l’esprit de Platon : revenant à se caser dans une boite d’allumettes confortablement expansive, il singeait parfaitement les révolutions psychédéliques de cette drogue, comme un suçotement sympathique de bleuet taillé dans la guêpière des crins de chevaux alezans…

Un jour je reviendrais avec leurs têtes à réduire et à afficher en trophée, colportant les idées noires du journal de Kurt Cobain dans une charrette !

Euthanasie à la Disney ou cours d’éducation sexuelle à la Tim Burton !

À Adélaïde, cette ville qu’il lui avait donné sciemment la fiévreuse finitude des enterrements… À Brisbane : pour décrire l’apparition d’un virus fulgurant et sa basicité (le mal empirant d’heures en heures) au sein de l’humanité, des espèces de molécules, en descendant dans les veines via de nombreuses intraveineuses, nous rendaient tous malades, cloués au lit avec les ruminations noires de ce marsupial mollusque, de ce chien-lézard ou de cette Océanie….

En les ingérant ces tristes plantes, une série de codes sensoriels, dans notre chambre d’hôtel qui avait été le théâtre d’une féroce bataille entre les étés de glace et les hivers de feux.

Adélaïde ou l’ombre que procure la soupente de cette vieille voie ferrée… c’est mon seul abri face à l’impitoyable oppression de la canicule, et les lambeaux de tissu maculés de crasse et de sang qui composent ma couche ne me protègent que sommairement contre la dureté de la traverse en bois…

Le grand frère, avait jeté sur le papier les premières conditions : d’abord, il fallait retourner dans cet établissement pour légumes du troisième âge où croupissait Kaphrium, le fondateur des hommes-rats.

En regagnant la surface, ils étaient, en cette fin d’après-midi, dissimulés sous un ciel de jade avec cette vague impression d’appels d’oiseaux très mal-aimés dans le voisinage. Entre eux, les gens d’ici parlaient volontier et d’un air emprunté d’euthanasie ; ils en avaient tous ras-le-bol de vivre mais, dans la plupart des cas, le suicide était rarement envisagé.

Le maire, pour pallier ce problème, organisait gratuitement des cours d’éducation sexuelle dans la salle de la commune, espérant ainsi générer dans tous les foyers des histoires d’orgasmes en série. En parallèle, des nébuleuses sectaires avaient ouvert des ateliers de spiritisme. Les gens préféraient se tourner vers ce genre de pratiques occultes qui les aidaient, disaient-ils, à mieux vieillir, à mieux appréhender l’au-delà…

Phénoménologie des bûchers

Pour faire naître, lactescentes et latentes, les neuf planètes et la marche impériale de l’armée des singes, des scènes classées X au sein des plaquettes pour réclames publicitaires… Brillantes par leur clarté cartésienne ; cette clarté cartésienne appelée par les pleureuses années, sans dureté et sans haine, crissaient sous les plis de notre peau, cette clarté, dis-je, pliait aussi sous la force de ce yin et de ce yang, des photographies en noir et blanc pour la résumer…

Et tandis que je lisais, un phylactère entourant ma tête, la longue description des petites annonces parues ce matin, les éléments naturels, photosynthétiques de ce yin et de ce yang et de leurs représentations restaient à chercher du côté de ces scènes classées X. Leurs domiciles célestes, alpins, chantants comme phratries pour bonimenteurs, et des phonographes annonçant leurs travaux de cuir et de sciage qui s’accumulaient en concept dans les cahiers des singes mercenaires déguisés pour l’occasion comme ces bonimenteurs.

Ainsi, pour réussir leur certificat, une seule contrainte, mais plus que philosophique : la lecture jubilatoire d’un merveilleux QCM ou d’une liste bibliothécaire servant de registre journalistique pour philosophes analysant les films Star Wars ; ou encore, dissociée de la bobine qui tournait dans le vide, l’étude de la phénoménologie et de la vérité des bûchers, des flammes ténébreuses, presque machiavéliques ou même inconnues.

Avec un seul numéro de téléphone pour taper dans les polygones qui résultaient de ce labeur. Avec une seule matière, comme le polyester, décrite dans ce prodigieux précis de médecine orientale, afin que l’Armée des Singes puisse hacker toutes les lignes… Elles étaient alors saturés de leurs mots et de leurs combinaisons matricielles : quand vous décrochiez le téléphone, une arborescence de culpabilité chrétienne insoutenable vous saignait l’oreille, et les scènes classées X se plantaient de décor (un décor de plate-forme de lancement, avec des fusées emportant la mission Apollo 16) et retournaient à leur polycentrique architecture spirituelle…

Des brouillons d’histoire de Londres à Sydney.

À Londres, à la une de tous les journaux : le parasite filaire prélevé dans un échantillon d’écume avait encore frappé, une nouvelle vague d’épidémie pressait les Autorités à déplorer un nombre toujours croissant de victimes et à prendre des mesures sanitaires radicales. Ce vers semait ses larves à l’intérieur de la personne contaminée, son œil droit devenait complètement blanc, le conduisant à une vision réduite tandis que ses symptômes psychiques étaient plutôt d’ordre autarciques : le sujet présentant d’abord des signes d’isolement volontaire, ne sortait plus de chez lui, provoquant à la longue sa mort par inanition tandis que l’air du soir s’imprégnait des derniers râles des agonisants…

À Berlin et jusqu’au moindre recoin épiphanique que j’apprivoisai silencieusement : la magnifique complexité des quartiers de la finance transmettant et amplifiant des séquences d’images sur ordinateur.

À Bruxelles, un raconteur qui entremêlait les histoires et ce qui éclairait alors les mécanismes perturbateurs de mon cerveau encore endormi n’avait pas de sens. Puis un ciel de jade qui devint noir et qui attisait les forces, en espérant quand même calmer un peu le jeu ; un ciel de jade et des cours d’éducation sexuelle qui firent grossir un travail de sape kafkaïen.

Contournant les données métaphysiques et virtuelles d’une jeune mais déjà légendaire nation démocratique, de vieux films en accéléré, issus de la guerre du Kippour, avaient fait jaillir le souvenir d’un bouquet de roses !

À Bristol, pour agglomérer dans la ville une élégance d’ensemble impérialiste, des hémisphères synthétisés comme une mélodie qui s’éternise ; une mélodie qui s’affranchissait des impuretés alchimiques. Des tas de glace et de neige qui entravaient toutes les lames muettes de la première page.

À Londres, un film de Stanley Kubrick qui précédait un appel manqué et des murmures précipitant la jolie description d’une kermesse. Mais je préférai m’intéresser au parchemin caché de Jack Kerouac en le découpant sans me préoccuper du message et de cette horloge accrochée au plafond.

À Edimbourg, un jeu éducatif qui s’efforçait d’explorer la fange. Et une jeune femme nue qui s’empressa de chercher sa jarretière dans son panier de fortune.

À New-York, un étrange restaurant : lorsqu’il entra dans le restaurant la tension était au max. Comme une bouteille à la mer, un petit souffle comme une plume cellulaire, quelques minutes auparavant, alors que les surprenantes voitures filaient dans la nuit, en bord de mer ; entre le Bronx et la cinquième avenue de New-York, je laissai éclater ma colère au téléphone : impulsive, soudaine et brève comme un dictateur d’un Paris bu jusqu’à la lie. De ces colères qui ne se dominent pas, une colère brute et barbare de taureau dans l’arène : un authentique culte barbare qui ferma aussitôt le bouchon de la bouteille.

À Singapour, pour m’aérer enfin les poumons, je traînais du côté des esquimaux qui côtoyaient et craignaient les dealers de Goran Pritska parce qu’ils ne lui connaissaient aucune limite. Ils avaient déjà ratatiné plusieurs cancres sur des mouvements d’humeur dans leur apprentissage du sabre laser. Ils baisaient leurs serveuses dans la remise du club et dérouillaient les videurs. Goran Pritska était un impulsif qui aimait se la jouer et qui, dans le bouillant de l’action, ne savait plus se retenir. Je n’ignorais rien de ce tempérament.

Il conduisait la voiture de tête quand les haillons en argent, froids comme le côté droit d’un iceberg et sa base de données, pleuraient des larmes de pluie diluvienne. L’aiguille du cadran de vitesse dérapait vers la droite si les haillons d’argent, qui avaient tant de peine, négligeaient le temps divisé, inconnu, pareil à un drame, à un espoir sanglant.

À Hong-Kong, dans la solitude de ma chambre d’hôtel, j’écrivais un texte qui était une incitation à la haine puis un sujet sur les richesses d’une vallée ouverte sur le monde. C’était pourtant deux textes dont le contenu n’était pas choquant mais quand j’osais enfin aborder cette fille rencontrée un soir à l’aéroport, son verdict semblait verbaliser cette question : est-ce qu’un poète méchant, fou, qui porte la promesse malgré d’autres univers possible avait vraiment des raisons de publier tout ça ? Seule tout la cascade d’un nouveau monde où l’on attendait patiemment la pluie et son eau désaltérante pouvait par son pouvoir de guérison m’instruire davantage et m’inspirer des mots autres que suicide, mort violente, viol ou esclavage, qui s’affichaient malgré tout sur mon ordinateur dans la vive clarté d’une belle journée d’hiver.

À Pékin, dans son enfer polaire, des coups de béliers infatigables et lourds, entrepris par des hommes traitant leur mère de pute, promettant mille souffrances du côté de Sodome qui aime les tendres cœurs.

À Tokyo, en fait posé sur ses genoux, mon front de lecteur obstiné cogitait le chant des rivières, sans pour autant chercher ouvertement à la dénigrer.

À Doubaï, dans les rues et leurs sens cachés qui prêchaient la destruction, les parfums de la négligence ne firent cependant pas frissonner les narines des passants croisés. Abattues sur leur beauté, l’ombre et les limbes de leurs mots suspendaient, entre les lignes d’un roman en souffrance, le début d’une vengeance personnelle.

À Sydney, enfin, terrassée par la tuberculose, l’auteur de ce texte, souvent sur la montagne, tristement s’assied au sommet de ces mondes blanchis, religieux comme la cloche qui sonne ; ni charme, ni bonheur, d’un œil indifférent je n’attend rien des jours, ne demandant rien à l’immense univers que tout âme désire en son for intérieur comme une incitation à la haine, à la violence et à la destruction, emportée par l’orageux aquilon.

La Guilde de Pouchkine

Elle allongeait les pas dans la poudreuse grumeleuse, cette guilde fantasmagorique pour terminer le parcours ; une guilde de pouilleuses avinées qui s’efforçaient de desserrer leur guêpière sur le chemin du bureau. Ainsi m’avertissaient ces calculs importés dans mon ordinateur par une timeline conçue pour les guetteurs en imperméable…

Et de quoi m’avertissait cette timeline ? Que la Guilde était impliquée dans cette affaire qui me tenait tant à cœur : une affaire qui peignait mon cœur en mauve lors des neiges précoces, et pour se soustraire à ce cas étrange, du grunge et du tapage nocturne bien urbain étaient préconisés. Un trait caractéristique et bien commun pour nous deux, cosmonautes et mollusques, un brin trop accrochés à Son guêtre.

Qui ça ? Pouchkine ou Rothschild qui, en leur moelle épinière, sont les mêmes ! Et rossée à mort, leur victime était morte afin de parfaire le meurtre parfait ; celui qui n’est pas du registre de l’Ordre Occulte, ou bien celui où l’on ne se fait pas prendre, à toi de voir !

C’était en effet une timeline défilante délirante, une timeline cachée parmi les raccourcis claviers, qui dirigeait sur des sites dissidents, crocodiliens. La guilde la connaissait trop bien ; les regrettées fêlures du béton sur le mur d’en face qui les stopperait suppuraient cette vérité assénée maintes et maintes fois ; assénée et twittée selon le modèle contenu dans une enveloppe pleine de photos en noir et blanc que je cachais dans mon bureau. La Guilde partant pour le grand nord, allait la vaporiser, cette vérité diffuse et disjointe, et de collégiale assemblée en réunion d’obscurantiste où il y avait toujours leur victime étendue au sol, la photosynthèse de leurs électrons cryptée par la timeline zigzaguait en s’évanouissant parmi les moignons des femmes aux décolletés plongeants…

Elephant Man Syndrome. Cinquième chapitre.

Une terrible vengeance burroughsienne allait s’opérer dans l’ombre.

La nuit ressemblait à la peinture d’un moine castré. Sans émotions ni parjure, une nuit fugitive et stridente. Je sentis monter en moi un sentiment de mélancolie gluante. J’avais comme un blues qui me peignait le cœur en mauve. J’avais besoin de dormir. J’avais besoin d’une cigarette. J’avais besoin de la présence réconfortante d’une double dose de rhum paille. J’avais besoin de poser mes mains sur le cul d’une femme réelle. Je voulais dessiner l’architecture spirituelle d’un ordinateur.

Je ne sais comment ni par quel moyen, mais je me trouvais maintenant assis devant mon bureau, une cigarette se consumant dans le cendrier, un verre de rhum à moitié vide dans une main et une enveloppe pleine de photos flous en noir et blanc, où l’on devinait vaguement une scène classée X ; de ma machine à écrire avait giclé une feuille ou l’on pouvait lire :
« Les forces spirituelles guident nos pas, nous franchirons tous un jour l’espace reliant l’existence aux ténèbres, nous n’aurons plus besoin de mains ni de jambes ni de cœurs qui battent, j’entends le cormoran des limbes appeler mon nom… On dit qu’un roi perd son royaume quand il perd la vue… »

J’étais tranquillement en train de me servir un verre de vermouth, l’ordinateur scannait par un mélange de calculs savants ces photos où l’on distinguait à peine sur le marbre d’une cheminée une bimbeloterie de fêtes foraines, des figurines préhistoriques – plus tard j’appris qu’il s’agissait des Vénus de Laussel – qui étaient censées représenter la fécondité. Elles crânaient fièrement tandis qu’une dizaine de skinheads, après bien des orgies et après s’être empiffré à mort, un peu comme dans le film La Grande Bouffe, posaient en selfie avec une nymphette complètement nue.

La dernière photo scannée semblait me reprocher quelque chose, un peu comme certaines images des paquets de clopes où l’on voyait des cancéreuses à l’hôpital, un gros plan sur les yeux de la dévotchka qui ne me quittaient plus semblait verbaliser cette question : pourquoi je n’étais pas venu la sauver de cette bande de sauvages ?

Le parasite filaire avait achevée sa mue entre temps. D’étranges phénomènes étaient à prévoir. Sans se pencher sur ces considérations outre-mesure, mon téléphone stridula dans ma poche. Il y avait quelque chose qui clochait, l’affichage numérique m’indiquait que l’appel provenait d’un contact indésirable, je préférais me souvenir de cette vieille télé montée sur roulettes, apportée par l’infirmière de notre service, plutôt que de répondre : c’était une vieille machine pas belle, tout juste bonne pour faire l’apologie de la race blanche et n’annonçait, comme une évidence à ne surtout pas prendre avec des pincettes, que des festins gargantuesques, organisés par ces skinheads, notamment celui raconté dans cette deuxième partie…

Deuxième partie.

Elle allongeait les pas dans la poudreuse, cette guilde fantasmagorique pour terminer le parcours ; ainsi m’avertissaient ces calculs importés dans mon ordinateur par une timeline conçue pour les guetteurs comme moi ; la webcam de la Cora-Hummer 7 clignotait et devait sans doute m’informer que ces Vénus de Laussel, venues de la préhistoire, étaient en ligne et cherchaient à me contacter… Sûrement pour me prévenir que la Guilde allait débarquer chez moi.

Elle était impliquée dans cette affaire qui ressemblait étrangement aux suicides de ces gastronomes de la grande bouffe : une affaire qui peignait mon cœur en mauve lors des neiges précoces, peut-être pour se soustraire à cette timeline défilante, cette timeline que Facebook nous avait caché et même là parmi les autres cachotteries éprouvantes Twitter aussi dans le désert, prêchait, guidés par la démone ?

Précis de médecine, tarifs des marionnettistes ou litanies de Charles Baudelaire…

Un cahier d’écolier dégueulasse et un prodigieux précis de médecine pour le décrire en détail, un océan horizontalement délimité par la pluie avec les tarifs des marionnettistes… à leur crépuscule, je devais être expulsé de ma classe de futurs zonards : j’étais hors-jeu, parcourant la scène cendreuse de Moon-Walk, démystifiant les litanies de Charles Baudelaire ; j’étais aussi hors-jeu lorsque furtivement j’avais ouvert les cartons  à l’entrée du grenier.

C’était le temps retrouvé : cet interminable jacassement entre les miroirs de bordel qui réfléchissaient le sommet de l’iceberg. Un iceberg que j’avais appâté à l’aide d’un hameçon particulièrement meurtrier pour surprendre mes assaillants, pour jouer dans la cours des grands en provoquant des esclandres sanglantes, et enfin pour apporter un nouveau élément déterminant sous le capot de ma Rolls Royce : des perceptions qui s’esclaffaient de n’appartenir à personne, de n’avoir aucune signification ; des perceptions liées comme des ligaments au baril de cognac qui s’étaient détachées du cou de mon Saint Bernard. Il titubait comme un troll ivre.

C’était la chienlit, les heures et les minutes sans structure : la présence de cet halo au-dessus de ma tête ; ce fut aussi le début d’une aventure farfelue ! Pour un relevé de compte aux matrices décroissantes ! Ou bien pour l’acuité d’un poème décourageant, humectant et humecté par les ombres, pour les morsures du soleil et pour les autres fantaisies indénombrables… Je régnais en maître incontesté dans ce domaine.

Au galop, ces fantaisies fuyaient la grêle, les averses, la galle ou la peste ; comme pourchassées par des dragons. Leur fin fut vraiment brutale. Je crois que l’inquiétude me gagnait…

Genèse martienne et matrices mongoliennes !

Pour gaspiller inutilement son temps en ces temps modernes soit A, la valeur pour décrire cette sensation affreuse d’un danger menaçant, cette appréhension d’un malheur imminent, et B portant son fardeau afin que les événements négatifs n’apparaissent plus… il est à noter qu’il n’y a aucun miroir dissimulé dans cette salle de classe au tableau noir attendant le supplice de la craie.

Soit C, une autre matrice provenant probablement de Mongolie, ayant grandi en tétant le lait des grands yacks, et donc aux muscles saillants par cet apport sur vitaminé de protéines animales, alors on peut deviner que la célèbre équation d’Einstein portera ses fruits et qu’il naîtra une altitude démesurée ailleurs que sur cette planète… ou encore que l’attitude rouge et fumeuse de la Main Noire, ce groupuscule encore actif dans les yeux des dieux de la renaissance, offense cette divinité hindoue, ce dieu des infimes espoirs.

Ces mathématiques avancées, en retrouvant dans leur genèse une logique propre, aussi diffuse que obscure, aussi factice que cette combustion dans les feuilles mortes, choient des arbres faisandés comme le lierre qui envahit tout, et leur aura spirituelle attise ce feu que je ne parviens pas à décrire, ressemblant à la danse des derviches tourneurs désarçonnés dans leur transe.

Sous les braises improvisant des raisonnements liés à la folie, on ne peut évoquer ce feu sans invoquer la toile la plus connue de Pierre Soulages : sa noirceur haletante, gloutonne, presque ébauchée et d’humeur coutumière, permet de passer d’un monde à l’autre, d’un Cartoon clownesque à un dessin animé morbide. Et là-haut, si on tente de raccommoder l’altitude neigeuse et nauséabonde de cette nouvelle montagne qui doit se trouver sur Mars, avec ce récit, les dieux doivent se familiariser avec la chaleur du bûcher faute d’espérer un retour à la normal.

Mais quel rapport avec les mathématiques ? Que représentent, planqués dans leur caverne, la genèse martienne avec toutes ces équations calculant la vitesse du soleil mis au pilotis pour son infidélité avec la Lune ? Peut-être la Lune elle-même ? Désobéissant aux consciences survoltées des derviches tourneurs, en pièces détachées, la plate-forme lunaire de lancement a été monté par la seule force cérébrale ayant généré ces écritures sur le tableau noir ; que dis-je, une espèce d’affliction saisit les professeurs à leur vue et, à travers les limbes perdus de leurs kyrielles de pensées élevant des fusées, frémit la nuit comme un frémissant amas de films déroulés.

Si on se contente de retracer leur histoire, ils ont versé, d’un milieux industrieux plutôt vernis, de cadre à ouvrier, avec pour cause directe le brisement des vitraux de toutes les églises, sectaires ou non, et, pour se venger leurs représentants leur ont infligé le martyr du Christ mais c’est là la seule ressemblance avec eux.

Leur mise à jour spirituelle est facilement impressionnable et, je l’ai écrit, leur architecture divine hérisse le dieu des infimes espoirs dessinés dans la poussière d’une lutte sanglante et ses fidèles, animés d’une soif ardente, infinie, de connaissances, lui vouent malgré tout un culte monothéiste.

Les calculs ne sont pas fait pour les plaines mongoles, pour les verdoyantes vallées de la Mongolie où ils sont nés, ou même pour verser des larmes et des louanges funèbres auprès des petites vieilles toutes ridées dans leur cercueil. Ils m’évoquent des plaidoyers pour les autoroutes, leur bitume, pour les poudres prenant facilement feu ; et du feu, avec leurs flammes sacrées, il y en a : ployant sous leurs chaleurs, l’aigre morbidité de leur dividende tombe en pluie de cendres… ou en nuits d’ivresse ou en désuétude.

Même les mouvantes voies lactées, et leurs éléments déchaînés qui durcissent les traits des scribes moqueurs, chanteurs, railleurs de l’Égypte Ancienne n’ont pu saisir leurs essences.

Ou même leur Genèse, leur révolution solaire ou leurs finitudes avant le crépuscule des damnés !

Et si B est la somme des pensées des manants qui passent, en l’épouillant cette probabilité arrosée au rhum des fougères, alors, alors uniquement et littéralement et dans tous les sens étymologiques, une autre équation regarde, du fond de ses idées à double inconnue, tomber les ouvriers les uns après les autres sur le trottoir de la cinquième à New-York !

Eau javellisante pour Hakira.

Atelier terre noire où la nuit verte tombait sournoisement. Sur Ikebana : un rêve sans borne amèrement pleuré depuis la fenêtre de mon bureau où j’apercevais l’entreprise du monde, où se dessinait le portrait de l’apache blême cherchant des pierres précieuses dans la fange, cherchant des fleurs pour Hakira abjectement coupées aux ciseaux dans le fumier et la crasse.
Hakira : la grande métamorphose extrémiste tant annoncée, tant espérée qui devait fermer les yeux pour décrypter l’architecture des lieux imaginaires. En même temps qu’un brouillard dense.
Avançant dans la pénombre à l’encre chancelante sous son fichu de Watt canonique, Hakira listait des fichiers corrompus, en fragments binaires, en morceaux, jadis obtenus dans la trop grande baignoire, et donnait leur emplacement au fond de ses bottes ; au fond de ses bottes où s’embarquait la saison des textes de merde tire-bouchonnés. Tire-bouchonnés mais d’un bien meilleur goût qu’une poignée de mots, qu’une poignée d’ombres fascinantes entre tendres amants.

D’une main fastueuse

L’espoir en grand deuil, douleur majestueuse, sur l’échiquier des rois et des reines blanches. Des vidéos visionnées la plupart du temps le son muet.

Photosynthétiques sont les variations du son pointilleux, névralgique. En quatre points, des pôles de glaces et de feux ; ou bien, d’un bûcher d’écorces chaudes dans la braise folle de ces feux éteints puis rallumés.

On définit leur niveau, leur mort, leur overdose de cocaïne. Et les gens s’éloignent petit à petit des grands navires qui leur font tellement peur ; dans leur sillage, des baleines sombraient, à moins que ce soit dans le sillage des photosynthétiques spectacles grossièrement visionnés…

Oh Gaby

C’était beau comme une pub Vinted après un clip de Saez, Pilule ; c’était beau en effet ces couloirs de métros vendant leurs réclames, leurs placements de produits à d’autres colonies d’insectes et d’hommes-scarabées pour réguler le trafic autoroutier ; et les responsables suspectés de les avoir enfanté qui touillaient les cartes du monde jouaient leur dernier va-tout tandis que les miradors, elles, guettaient.

Envers et contre tous, j’avais décidé d’arrêter de prendre ces pilules pour dormir, je les regardais d’un oeil vague, attaché presque sensuellement aux câbles électriques d’un suicide assisté par des menottes moyenâgeuses ; le suicide, cette vacherie de plus !

En me balançant au dessus d’un gazon verdoyant quoique imaginaire, j’apercevais quelque chose : peut-être un panorama cahotant de fantassins avec caméra à l’épaule, avec de tortueux sentiers et des naufrageurs oubliant leur tirade en tirant sur leur oinj qui ne leur procurait plus rien.

Comme décor : des taillis boisés exultant des insecticides sibériens, des fleurs sauvages falsifiant les câbles où j’étais suspendu à quelques pieds du sol, et le ciel d’un bleu spectaculaire ; il y avait aussi des ours qui se battaient avec les hommes-scarabées pour cracher sur les murs et tout le tintouin pour se référer à l’urbanisme de la ville.

Des refuges bouddhistes, à portée de fouet, qui se tuent dans un travail de sape à effondrer les valeurs occidentales ; un monde en silicone noire, aux naïades fantasmagoriques utilisées comme carburants, des traumatismes que l’on sécrète sur un tronçon d’autoroute délivrant des brins trop affectifs de sarcasmes, de défis sous la lumière tamisée.

Apparaissant aussi du côté de son cadre vacillant, disparaissant de l’autre, une menace d’extinction pour les hommes-scarabées qui barbotent dans le flou d’un système de fils électriques et organiques. La visibilité tranchante des tiroirs ouverts de mon bureau ; des voiles de haute compétition qui échouent dans la vallée des rois !

Pissant jaune et blanc, les hommes-scarabées comme de vastes ellipses, comme des tueries ou comme des succions avec le vide, se démènent pour inonder les immensités galactiques de ce système. Peine perdue ! Leurs ombres déjà prostrées, presque ossifiées par ce spectacle de diable lampiste, retournent sous le sol en offrant leur tâche : une force occulte qui, en emportant la seule clé de ce poème si énigmatique, noircit les points les plus sensibles de mon anatomie en tirant sur les cordes d’un quart de tour automobile !

Des tubas et des successions de notes qui se basent sur un référent du dix-neuvième. À la truelle, des maisons en pisé, déprimantes et un trivial ascenseur pour hélicoptère !

L’enquête de la bobine 5 : de Kubrick à Monica Bellucci…

En se vivifiant et en voguant sur les écumes de l’air libre qui refourguait par d’autres Mondes ce qu’il existait dans les larmes d’une jeune femme et dans ses yeux un monde si étrange d’aspirations Ascensionnelles !

La jeune femme : réfugiée à l’intérieur de deux tubes de peinture ; deux tubes de peinture ocre rouge, elle contemplait matin, midi et soir les irréalités équatoriales serpentant autour d’elle, et autour d’elle, Shiva par sa lumière tremblotante, la lumière de son monde en silicone noir, avait été jetée aux oubliettes. Dans l’obscurité doucement, elle se laissa tomber mollement dans mes bras tandis qu’on se goinfrait au loin, dans les wagons d’un train, de fantaisies lubriques ; fantaisies lubriques certes mais à la fois virtuelles et avilissantes, qui venaient se perdre au milieu de tous ces algorithmes générés par un étrange logiciel…

En éteignant pour de bon leur machine, les passagers du train lui écrivaient des poèmes qui résistaient au feu, aux mensonges, aux masques hilares ; en éteignant pour de bon ma machine, je lui écrivais un poème où il y avait une chandelle oubliée, cachée, puis retrouvée en l’honneur des défunts... Des défunts pour réinventer encore d’autres mondes !

Des défunts masqués, eux et elle, elle m’observait dans le miroir ; dehors sur la terrasse de sa chambre d’hôtel, émergeant de l’obscurité comme aimantés par le plan fixe, perpendiculaire et délavé, tantôt visible, tantôt perdu à nouveau, de la bobine 5 : un hologramme de draps sales qui pourraient se satisfaire d’une gueule de bois comme un remède à l’antique initié par des symboles sorciers.

Gueule de bois que les saule pleureurs avec mes mains qui caressaient ses jeunes seins monochromes, deux petites bulles fermes à la minuscule pointe sombre, que les saules pleureurs se remployaient, pour elle et pour moi, à m’apprivoiser et à l’apprivoiser et pensait à ce café que nous avions bu ensemble dans une ville sans noyau ou sans couleurs… le jour de la fête des Morts…

Plus tard, j’ouvris le tiroir de mon bureau et trouvai aussitôt une enveloppe contenant un tirage de photos floues en noir et blanc. L’enquête pouvait alors commencer. Se refusant à toute logique, à toutes conceptions hétérosexuelles, toutes ces lesbiennes, et elle parmi elles, en étaient parfaitement saturées, malgré tout.

Sainte Fosse Noire Croix-Roussienne !

  1. Des sentiments de Love Buzz amoureux. Mus par quelques sentiments de love buzz grunge et de vomissement amoureux, traînant à leurs suites les serpentins de leurs braies et cottes de mailles en lambeaux, des poignées de soleil vert rasaient fugitivement les murs.
  2. Par comparaison avec leur idole aux yeux noirs compatissants, j’improvisais, avec leurs symboles avant-coureurs circulant sur une scène de théâtre antique, aiguillée par mes recherches sur Google, un rôle de médium cabotin, clôturant dans ma boule de cristal chaque plan saisi et orchestré d’une lointaine galaxie dynamité.
  3. Ainsi leurs graphismes maléfiques qui étaient censés rééduquer et sauvegarder mon iPhone 8 dans un Tamagotchi confectionné par un authentique culte barbare, se combinaient monarchiquement, discutaient entre eux au sujet de leur retour, quand, tristement, de mon côté, plongeant dans la faible lumière de leurs danses fantasmatiques de squelettes universellement profanes, j’avais lancé dans tous les azimuts et les visions d’ailleurs des S.O.S pour sortir de ce nid de créatures solitaires mais dévergondées.
  4. Aux lueurs plaisantes malgré tout, arrosées par une parade de plèbes sensiblement diluvienne. Nul besoin de technologie à la pointe lorsqu’on secouait le milk-shake du druide et les quarantaines des fables mexicaines des soleils verts à volonté.
  5. Aussi profondes qu’elles puissent paraître, ces années X couronnées par l’idole, aux yeux noirs, des soleils verts en couplet avec la face B de Pat Benatar où tout avait commencé par la piste Shadows of the night dans un désert de cowgirls, ces années X, dis-je, étaient plus nobles que le hachis parmentier des grandes surfaces, estampillaient à mauvais escient dans les wagons et compartiments neuronaux grillés, leur souvenir difforme et la lecture de John Fante, galvaudant dans les romans fragmentés de Razko Kaphrium, leur talent de candidats aux suicides collectifs !
  6. Et qui ne donnèrent étrangement, un jour de clair de lune taoïste, à notre Fabrique Croix-Roussienne, sous l’autorité d’un seul homme, Razko Kaphrium, qu’un effet bœuf.
  7. Sur le visage du patron courait abjectement une fente distendue corrigeant en un millième de seconde, quand on l’observait, la sanglante mais bien-aimée pâture prémonitoire qui remontait à la préhistoire des outils de chasse et de feu : des bifaces du paléolithique qui serviraient une nuit à guerroyer pour la survie de la Saint Con en allumant de grands brasiers !
  8. Je crois que c’est le jour d’une pâture sur le bûcher de la Saint Con de l’année dernière, où Razko a failli y passer, que j’ai enfin compris que les belles histoires qu’il racontait depuis notre plus tendre enfance correspondaient effectivement à une réalité incontestable : sur des plages nommées pour leur candidature aux suicides collectifs, gazés pendant les années X, il existait, paraît-il d’après lui, des bûchers aussi immenses que des vaisseaux pétroliers sans bouée de sauvetage.
  9. Ne vous trompez pas, je n’ai jamais mis en doute la teneur de ses propos mais les émissions radiophoniques démentaient ses récits, en commençant toujours par un hommage aux fricatives de l’orgue électrique de Cassandre : une kyrielle de spleen par pelletées.
  10. Razko Kaphrium, dans ses vêtements de ski tout schuss couleur canari, en glissant du côté des crocodiles de la fosse noire Croix-Roussienne, avait essayé une séquence de bouts amovibles de clé USB de bûchers de la Saint Con, aux airs bouddhistes, candides comme des passionnés de taxidermie découvrant une espèce naissante.
  11. En tombant dedans moi aussi, je récoltais, à l’aide d’une pince à épiler qui avait servi à enlever doucement, naïvement les crinières des canassons, entre les dents des crocodiles musclant leurs faunes sous la ligne de flottaison de la fosse noire, parmi les fumées de sapin vert, je récoltais, dis-je, des fumeurs noirs de la fosse des Mariannes ; j’étais morne et las, pesant les défauts, les failles et les crash d’un perfectionnement au sabre laser des Jedis de Star Wars, avec un mal de chien qui campait entre mes deux tempes, tandis qu’en dépliant leurs queues, les bestioles firent voler en éclats les apparences quelconques de leur espèce : dans le canal de la Sainte Fosse Noire Croix-Roussienne, ces spécimens présentaient des apparences d’espèce innocente en fait, comme les rudimentaires rats de laboratoire auxquels nous soumettions aussi des expériences alcoolisées ; étaient sortis enfin, à cette époque des années X, de leur caveau plein les morts de la Saint Con, à la peau somptueusement cramée, pour rejoindre une prairie pentue où ils pouvaient échanger des cancans au sujet des statistiques du nombre de mort de la Saint Con l’année prochaine…

En rêvant du Moonwalk…

En se vivifiant et en voguant sur les écumes de l’air libre, par d’autres Mondes, existait une jeune femme et dans ses yeux un monde si étrange d’aspirations Ascensionnelles !

La jeune femme : réfugiée à l’intérieur de deux tubes de peinture ; deux tubes de peinture ocre rouge, elle contemplait matin, midi et soir les irréalités équatoriales serpentant autour d’elle, et autour d’elle, Shiva par sa lumière tremblotante, la lumière de son monde en silicone noir, avait été jetée aux oubliettes. Dans l’obscurité doucement, elle se laissa tomber mollement dans mes bras tandis qu’on se goinfrait au loin, dans les wagons d’un train, de fantaisies lubriques ; fantaisies lubriques certes mais virtuelles, avilissantes, qui venaient se perdre au milieu de tous ces algorithmes générés par un étrange logiciel…

En éteignant pour de bon leur machine, les passagers du train lui écrivaient des poèmes qui résistaient au feu, aux mensonges, aux masques hilares ; en éteignant pour de bon ma machine, je lui écrivais un poème où il y avait une chandelle oubliée, cachée, puis retrouvée en l’honneur des défunts.

Des défunts masqués, eux et elle m’observait dans le miroir ; dehors sur la terrasse de sa chambre d’hôtel, émergeant de l’obscurité comme aimantés par le plan fixe, perpendiculaire et délavé, tantôt visible, tantôt perdu à nouveau, de la bobine 5 : un hologramme de draps sales qui pourraient se satisfaire d’une gueule de bois comme un remède à l’antique initié par des symboles sorciers.

Gueule de bois que les saule pleureurs avec mes mains qui caressaient ses jeunes seins monochromes, deux petites bulles fermes à la minuscule pointe sombre ; elle m’apprivoisait et pensait à ce café que nous avions bu ensemble dans une ville sans noyau ou sans couleurs.

Plus tard, j’ouvris le tiroir de mon bureau et trouvai aussitôt une enveloppe contenant un tirage de photos floues en noir et blanc. L’enquête pouvait alors commencer.

Le vin des Privilèges.

Ensablées et paradisiaques banquises où des hommes de mémoire, pour le faire jaillir de la montagne, rivalisaient d’intelligence, encodaient l’enthousiasme du vin que même les phoques démocratisaient, proposant aux touristes une vue générale sur Wellington ou sur Hong-Kong… cet enthousiasme, cette saine décision pilotée par le seul gouvernement du vin, alternant la rigoureuse forme de l’oppression et le style des grands orateurs, avant de mener une guerre ! Cette euphorie, cette banale dépression que les vins d’autrefois reléguaient au statut nocif d’emmerdeur miséricordieux ! Et maintenant ce vin d’aujourd’hui qui encloquait l’ensemble des geishas chaque fois qu’elles hésitaient à reprendre de son pouvoir uniquement masculin !

Donc j’en étais là dans mes pensées modélisées avec acharnement pour brûler du tabac, quand le vent subitement balaya cette poussière de chanvre indien que j’avais décidé de mêler avec ce qu’il restait, quand l’infamie du vin, en ignorant les grandes stratégies des grandes compagnies comme Phillip Morris, démarabouta tous ces week-end à venir à jouer aux osselets… ainsi que leur marketing aussi tapageur que chimérique qui s’affichait sur les panneaux publicitaires de la ville de Hong-Kong ou de Wellington !

Et il jacassait, il jacassait tellement ce vin ! Il cravachait tant pour ne plus jamais me faire voir ce livre anarchiste tout petit, format 11 X 18 qui passait bien, couverture souple et pages douces au toucher, il cravachait tant que pour ces noces d’orfèvres sa robe en décrivait, en promettait des arrières-goûts d’esquimaux givrés, et ainsi, il bleuissait progressivement dans ce verre entre les mains blessés de la geisha face à moi tandis que je mettais des fleurs dans les kyrielles de vases de mon appartement lumineux sur la presqu’île.

Vasodilatation, bécanes s’écharpant ou faubourgs de femmes sans moralité…

Pour lister le nombre de ces fumeurs qui clopaient devant cette porte donnant sur des étages phénoménaux, la vasomotricité du moteur d’un train ; dans la vase d’un étang échancré par des serveurs informatiques, celle-ci égrainait ces listes en les échangeant contre des portraits robots, comme désorientée par toutes ces femmes qui revenaient d’outre-tombe enfiler leur fourrure d’hermine… Fourrure pour s’ébaudir avec cette femme, la seule survivante et rescapée, dans la neige tout en matant ses accrocs : résultats de ses longues odyssées à travers les forêts de sapins longeant la route qui ressemblait à une équation à une seule inconnue…

Comme elle, en partant de notre havre, on enfourchait nos bécanes et comme elle on allait se saouler chez des amis au cognac ou au mazout… ou à d’autres boissons au goût d’anis ; ce mazout qui avait fait tourner les hélices de nos étranges machines de jadis. Machines dont l’engrenage s’allégeait au fur et à mesure de notre progression, sous le halo des réverbères incohérents.

Il y avait aussi, sur notre chemin, des faubourgs où la femme marchait sur tant de pieds avant de regagner le coffre de notre voiture : le monde allait bientôt riposter, ouvrir sa gueule de vide-ordures et jeter ses doux parfums d’hématomes.

Alors, en éclusant un peu plus et en s’enveloppant énergiquement d’un heaume, nous partions à la guerre et de guerre lasse le bruit du train revenait empoisonner le silence où l’on entendait parfois des sanglots : ici, les indigènes devaient fêter le nouvel an et dans son coin 2021 crevait doucement, sans empressement.

La Revolving Door de Tokyo

Annexe et nombre un : la scène se déroulait dans une salle de réunion sans fenêtres, 36 rue du Bastion, Paris, au troisième étage des locaux de la Direction Régionale de la Police Judiciaire alors que le mortifié d’en face listait les nombreuses blessures, photorésistantes selon lui, qu’on lui avait infligé. Dehors et plus loin, tout en clopant assis sur la rambarde du parvis, une bande de jeune matait son portrait-robot, sans comprendre les raisons de son crime et de sa folie.

Encore plus loin, un groupe de japonais décrivait la becquée de ce monstre : il recevait, des mains de la grande prêtresse des vies antérieures, quelque chose qui ressemblait à un placenta, alléché uniquement par son odorat, ses autres sens comme la vue par exemple s’abstenaient pour le moment de fonctionner… Le placenta chuintait des idées dégoûtantes que même notre serveur, chiffrant les excès d’un froid qui était en train de s’installer, ne parvenait pas à transmettre à l’antique console audio-vidéo qu’on avait roulé jusqu’ici, devant le coupable. La pièce était presque vide et cette réfrigération semblait nous faire basculer dans la violence la plus meurtrière, seule une odeur d’anis mêlée aux relents de sa rêvasserie informatisée pénétrait nos narines et calmait un peu nos nerfs.

Le jeu consensuel pouvait commencer mais nous remarquions au dernier moment qu’il y avait une sorte d’accroc organique sur le placenta : ou plutôt une boursoufflure qu’on ne voyait que grâce au système de vidéosurveillance et tout cela, pour réamorcer et remettre sur les rails une vieille maladie bien connue, avait chopé l’étrange syndrome ; nous en étions à présent convaincus en regardant de plus près l’écran… cette malformation pouvait se justifier justement par l’apparition de virus mortifères.

Enfin, beaucoup plus loin, filmée elle-aussi par nos caméras, l’entrée du Auchan qui s’agrémentait bien du passage des clients, eux aussi mortifiés et abusés par cet homme sanglé sur la chaise, qui larmoyait comme à son accoutumé. L’entretien allait s’avérer corsé, très corsé !

Salives empoisonnées, langues amères.

À la lisière de deux royaumes, la vaste étendue désertique de Ganymède couturée par les joncs. Puis, dans les canalisations, à une époque troublée donc favorable, leur caillouteux taoïsme ou leur invraisemblable limite charriait du sable brûlant rendant l’atmosphère presque irrespirable… éblouis par un soleil de plomb en haut de leur version babylonienne, les voyageurs excentriques se courbèrent sous leurs poids.

Et ainsi instrumentalisés pour se coupler avec les juxtapositions massicotées de leurs nerfs optiques, ils avaient l’impression de cuire dans leur armure, une armure fabriquée au hasard avec l’arborescence de leurs fichiers informatiques. Et si ils regardaient à droite ou à gauche ? Les Oracles annonçant les guerres et la libération de leur mot de passe qui parcourait les voies télescopées cyanosaient le décor et l’envers du décor.

Le décor : on le retrouvait à l’étape zéro des bourgeons qui jonchait la sombre chaîne de leur ADN ; chaîne d’un mètre permettant de remonter du royaume des morts… et de transmettre la consigne donnée quand le stress les gagnait. Déséquilibrés de bout en bout et côtoyant ce capharnaüm corrompu, d’autres soldats, comme ces voyageurs excentriques, en armure blanche apparaissaient comme des sauveurs naissant tous les mille ans de cette semence préservée dans les roseaux. Ils étaient en première ligne comme toujours, des centaines de milliers d’anges de sang, des soldats de la Septième Armée, comme eux, côte à côte dans cette ébullition de bourgeons pleins d’imagination et de malice : ils allaient incorporer le plomb mortel, incontrôlable, ingérable, fantomatique, pour mobiliser d’autres militaires pour ces guerres incessantes. Incessantes ? Des siècles, si ce n’était plus.

En couronnant le vainqueur sous le dôme ecclésiastique de leurs silencieuses faunes célestes, les voyageurs excentriques présidaient à toutes les manifestations liées à la sexualité, ces événements qu’on entendait parler même dans les égouts, aux tréfonds des domiciles célestes les plus hostiles : des interstices de mangrove palpitant sous le fouet que cette rumeur, alimentée par les sauveurs qui l’évoquaient à voix basse et en frissonnant, amorçait le début de la fin de leur semence de tapissier, comme ce tapis de fleurs cendreuses qui sabordait les contemporaines sources de cristal, ces Merveilles du Vide recourbé. 

Sur la banquise lointaine, la guerre entre les divers intérêts !

Les mollusques de chien-lézard pour s’encanailler avec les phoques de cette banquise qui dérivaient au large de la Patagonie collaient au plus près leurs ventouses sur l’œil poché d’un chanteur de blues. Par quel tour de passe-passe pourrait-il bien les décoller ?

Leur tour de passe-passe à eux brûlait au charbon cérébral, excessif ; cependant après avoir découvert qu’il pouvait rééquilibrer leur yin et leur yang quand la lutte effroyable s’engageait avec ces bêtes qu’on qualifiait de féroces, il cravachait tant et bataillait tellement bien qu’il arriva à les renvoyer à leurs lieux d’origine : entre les profondeurs de son appareil Kodak et cet entonnoir immonde, commençait alors leur longue agonie donnant aux racines des arbres cure-dent quand on essayait d’extraire leur suc un goût liquoreux et presque agréable, seul connu des hussards.

Car en effet, leur prochaine réincarnation se rétractant à cause du mauvais état des routes, partageait les quintessences de cette science que les hussards informatiques avaient démontré jadis par de maints théorèmes… implantés à s’en rendre malade tête-bêche avec leurs profils isochromatiques, ces détournements mathématiques obtenaient après bien des enchevêtrements d’anévrisme invincible et bien avant la fin du carnage, leur libération psychédélique.

Et pour tous ces personnages opprimés qui noircissaient des extraits de bandes dessinées sur leur table de montage, ce fut comme une révélation ; ces extraits découpés au cut-up approvisionnaient par leur force suggestive les lasers des usines désaffectées. Et les arbres cure-dent, alors quand on les déracinait, propageaient l’exosquelette chimique de ces séquences réaménagées par un parfum qui avait le don de faire chavirer les romances des hussards, elles-aussi étalées sur une carte !

Il faut dire que la bataille avait fait rage, le chanteur de blues qui avait quitté l’iceberg venant de se détacher avait mal pour ces militaires ; jamais encore le gouvernement de la Patagonie n’avait engagé de mercenaires dans ce même cas de situation et les mollusques de chiens lézards s’en réjouissaient.

L’Acropole des Clash

Y a une époque je bossais dans la pub, y avait même, je me souviens, un ordinateur qu’on appelait l’Acropole, ne me demandez pas pourquoi. L’Acropole monopolisait notre temps quand la nuit pluvieuse, comme une réconciliation, venait nous renifler, toute mouillante. J’étais là-dedans pour les infiltrer, infiltrer leur réseau, préférant les Clash à ces requins. Et de loin.

Donc tout était parfait jusqu’au jour où je me suis retrouvé seul face à l’Acropole. Les autres étaient parti pour une mission vitale selon eux, peut-être pour s’informer en détails d’un nouveau placement de produits.

Il y avait d’abord, à l’ouverture de la session, une liste sans fin censée indemniser les fils cachés et toutes les victimes des Rolling Stones. Après les avoir embrigadé avec moi par un e-mail groupé bien léché, je décidais de me consacrer à ce projet avorté, un ancien placement de produit couillonnant le Dark Web, je crois qu’il s’agissait d’un dentifrice pour ces rescapés d’Internet.
On avait, pour réaliser son affiche, fait se chevaucher plusieurs clichés des Pixies en concert et ça donnait un effet pas beau qui aurait pu alerter le CSA ; mais l’Acropole qui grouillait d’informations contradictoires finit par lui-même se déprogrammer et une épaisse fumée noire sortit de ses courts-circuits.

C’était une sorte de requiem et je me souviens avoir couru longtemps, très longtemps, peut-être même jusqu’au Brooklyn Bridge, pour échapper à l’incendie. En reprenant mon souffle, je fus aguiché par une vieille affiche de Nirvana collée sur les contreforts du pont annonçant leur représentation au festival de Reading ; c’était donc ça la nuit : un Scentless qui amassait du pognon, son venin coulant dans nos veines, une sorte d’Aneurysm qui courbait les statistiques de la Bourse Américaine par sa parabole inaccessible, avant de faire lovely-love avec une Acropole encore plus sophistiquée qui cravachait tant pour réapparaître !

De fausses starlettes chaudes comme des rôtisseries.

Pour désapprendre ce que tu as appris, des espèces sonnantes et trébuchantes ; et pour se vêtir d’ocre et d’ordres incultes, tout ce que tu peux désaccorder.

Des menottes afin de déroger aux convenances ou pour usurper les codes sensuels ; mais aussi pour dégourdir la main qui tient le sabre, des têtes à scalper à l’Iroquoise, à réduire et à afficher en trophée.

Des règlements de compte pour ne pas en démordre, des portefeuilles avant de dérouler les dollars et la danse de la boue pour vociférer des apparences lisses. Ou des apparences réjouissantes, incorruptibles. Peut-être pour se désacoupler avec la langue des sinistres, des déserts, des sables mouvants.

Et, en basculant dans la violence, la Nuit des Longs Couteaux pour vulgariser l’épine dorsale des trophées. Enfin, pour vrombir comme l’essence des moisissures, des lanternes et les incendier par leurs têtes impénitentes, des rôtisseries chaudes comme des starlettes, ces starlettes qui connaissent les sensuels codes quand elles voltigent depuis les étoiles jusqu’au néant zébré.

Les architectures spirituelles des menottes vidangées jusqu’au calme clair tant espéré pour viser la fin des siècles morts et pour se vêtir d’un sens plaintif le vouvoiement de leurs croix gammées.

Pour visualiser la moisissure des espèces sonnantes, toutes leurs douleurs lactées.

Abattre un extraterrestre est un acte révolutionnaire plus ou moins approprié

Pour ratisser large, elle regorgeait de trésors satinés, cette quête sans fin des dysfonctionnements érectiles de l’héritier des Flynn. Nous ne cherchions pourtant pas à réjouir les enfants ou les adolescents mais par un processus qui démarrait bien en amont, nous devenions en quelque sorte l’idole des jeunes par cette quête tout aussi incessante que souterraine ; et pour relayer au plus haut niveau les courbes des marchés boursiers et leur attente par rapport à tel ou tel produit, nous avions bien entendu réglementé le cours du temps, son évolution pernicieuse, spatio-temporelle par une série de lois qu’on pourrait qualifier comme étant symptomatique étant donné le contexte sanitaire plutôt paranoïaque.

Ainsi, relégué au stade anal de leur enfance, leur inconscient tout comme cet héritier des Flynn qui ne trouvait pas le moyen de se lever avant midi, rejetait avec véhémence cette série de lois qui ne leur permettait qu’en de rares périodes de respirer. Mais revenons à cette quête, ou plus précisément à tout ce qu’elle représentait pour ces gamins en manque d’affection : pour réinventer ces mondes oniriques où ils n’étaient que des employés dans des boulots saisonniers, inintéressants par définition, au bout de cette quête, ils finissaient de toute façon par attraper la Scarlatine. Ainsi ils étaient cloués au lit pendant qu’on leur rabâchait à longueurs de journées que le travail rendait libre et que seuls les plus jeunes devaient aller au charbon pour assurer la survie de l’espèce.

Cependant, de décalages horaires plus ou moins bien vécus jusqu’à la morne vie sociale de leur vaisseau intergalactique, les extraterrestres qui eux étaient particulièrement portés sur les rencontres fantasmagoriques, les découvertes et les inventions partagées entre civilisations, allaient bientôt débarqué, déterminés à changer tout ça ; réfrénant un hoquet de dégoût lorsqu’ils nous voyaient sombrer lors nos consommations irresponsables et immatures d’alcool, ils se préparaient à régner en maître incontesté sur notre petite planète plus ou moins régénérée par le souffle haletant, cyclique de l’héritier des Flynn.

Et pourquoi pas Verlaine ?

C’était un après-midi d’automne qui tombait à pic, au moment où le soleil commençait à se coucher. Un après-midi pour réimplanter le pompon rose de la putain à l’endroit où ça devait être, tout en écoutant un album de Kashi Soīchisawa, un genre de musique électronique pour secouer toute cette ploutocratie et peut-être même y mettre le feu… Un après-midi aussi pour se recentrer et, à coup de pioche, défoncer la porte de son appartement où elle avait résidé, dans la banlieue de Tokyo. Désormais recluse, on ne pouvait plus rien faire pour elle, même pas plaider sa cause…

2185. En examinant d’un peu plus près les cicatrices principalement sur le dos de son gamin, Kashi se disait que ses tortionnaires n’avaient aucun scrupule… Mais déjà les nouilles dans la cuisine étaient à ébullition, elle se remit en marche pour éteindre le feu, il faisait un froid de canard dans son appartement ; elle enfila son manteau de fourrure et bien qu’elle avait une furieuse envie d’allumer une clope, sans perdre patience, elle composa le numéro de téléphone pour appeler l’entreprise qui s’occupait de l’électricité et on lui annonça des factures exorbitantes chiffrées à l’excès.Puis la nuit vint, et après avoir longtemps tourné dans son lit, son gosse dormant à poings fermés, elle alluma la télé et tomba sur un politicien qui dénonçait les dernières bavures policières ; l’émission se prolongeant bien trop tard dans la nuit, elle sombra et rêva de l’arbre d’Anne Frank qu’elle avait vu en vrai à l’époque où elle était étudiante mais qui était malade au point de l’abattre à présent.

Au réveil, elle avait une rage de dent à devenir cinglée, mais ce qui la faisait le plus souffrir, c’était de ployer sous le poids encore plus culpabilisant de cet étrange souvenir : dans les années 2000, sur une plage surréaliste où il n’y avait aucun coquillage marin, aucun soleil, aucun océan et même aucun nuage, elle avait fait la connaissance de cet enfant, de son enfant qui plus tard, à force d’étude, la snoberait sans raison, appuyant ses discours et ses paroles définitives sur une dialectique qu’elle ne comprendrait de toute façon jamais.

L’amertume et la violence d’une bouteille brisée, l’enfance et l’adolescence.

La drogue du Pasteur de Rhode Island


Le vent glacial surajoutait à Providence dans l’état de Rhode Island un air à la Tim Burton, plus précisément dans le North End à Elmhurst. Médusé à l’idée d’enfin atterrir, sans condition préalable, je redoutais cette drogue révolutionnaire autant que la polysémie des mots…

Et elle ne lésinait pas, cette substance alchimique, sur la réclame de ses vertus permettant instantanément de quitter ces lieux maudits. De son pôle cérébral, émergeait le labeur des gens travaillant obstinément aux champs, distillé en suivant les strictes préceptes du guide puritain de la communauté de fermiers, l’intransigeant Pasteur Boyle qui en avait fait maigrir des familles entières de vaches grasses. Aux XVIIIe et XIXe siècles, Elmhurst avait été construite sur d’anciens marécages qui s’étaient inexplicablement asséchés, la poliomyélite contenue dans la psychédélique herbe haute de ces grandes étendues de terres rouges utilisées alors pour l’agriculture. Et elle n’en finissait pas d’inventer des mondes nouveaux, lesquels étaient poliment reconduits ailleurs à cause de leur imagination, aussi fertile que ces riches limons ayant sédimenté au fond des étangs durant des millénaires…


La Parano des fous furieux !

Depuis le comptoir, je vois une vieille folle nettoyer ses lunettes avec une brosse à dent, face à elle une bouteille de vodka comme une dégénérescence, une fin de névrose alcoolique, aussitôt télégraphiée à l’employé du mois. Malgré les trous noirs, mon seul objectif professionnel est de répondre à cet appel à texte ; dans cette boîte nous cherchons avant tout la satisfaction sexuelle, mais quand je l’ai vu arriver, cette loque habillée comme un sapin de Noël, plus rien n’avait alors de sens…

Et elle me revigorait, cette vision en fin de karma, comme la pluie de ces pétales de ciel blanc qui étaient bien là pour le prouver ; et même Charles Jacobs, le pasteur du coin dans le roman de Stephen King, ne pouvait contester cette affirmation.
Reprenons : Jamie était à ce moment précis enlacé dans ses bras ; ses cheveux étaient si longs au point de courir jusqu’à l’entrée du Temple de Jacobs, il y avait aussi des guerriers et des chamanes pour me guider entre les dédales de ses pensées. Morbides sans doute comme ces époques que nous traversons avec aucune classe, ayant peur de tout, ce sapin de Noël décomposé dans le coin du salon pour sceller notre idiotie. Mais déjà Charles Jacobs s’éloignait, les poings rageusement serrés au fond des poches, il en avait assez vu.

Pourtant, loin de leur infliger des dommages irrémédiables, cette vieille folle aidait Jacobs et Jamie à mieux appréhender l’au-delà… Et même la dureté de la vie, la méchanceté des gens et leur parano, leur méfiance à propos de tout qui avait des relents de bûcher moyenâgeux. L’aliénée, en effet, aurait été considérée comme une sorcière en des temps plus reculés, une sorcière prenant son pied dans des bains de sang improvisés les soirs de pleine lune, violant à la place de leurs amants, la virginité des jeunes filles rêvant de leur première fois hasardeuse…

Et des rêves, on en tirait une substance, une nouvelle drogue qui ne pouvait être extraite qu’à la force des ravages sur ce littoral côtier imaginaire, peut-être même à cause des éclipses lunaires ou solaires qui annonçaient d’autres massacres… Des massacres qu’on pouvait deviner, présager quand les cadavres des cosmonautes atterrissaient toujours en premier, comme un prélude et par hasard, pour nous faire comprendre que toutes nos lois restrictives n’avaient aucun sens…

La nuit des tweets

La nuit succède à la nuit ; son imagination, formant un monde très cinématographique, traîne sur le comptoir en ivoire comme la photosynthèse d’un jaune d’or très pâli fouillant une anémone de mer… Ensuite le thé au jasmin qui s’infuse, qui pénètre les narines, qui ressemble à la peine ou à une phobie quelconque. Puis le café du Kenya qui laisse perplexe, qui déborde, ou qui engage une conversation avec Dieu.


Il y a toujours ce vent qui balaye la pluie sur l’herbe jaune des nazis et toujours cette anémone de mer qui, à la manière d’une araignée, fait sa toile au plafond ; traînant aussi sur le comptoir en ivoire, des pâtisseries lactées pour enfin vieillir pessimiste, pour faire monter l’arôme de ces gouttes de pluie sans tain, pour se frayer un chemin parmi les vieilles lanternes.

La nuit succède à la nuit, correspondant à un numéro lui-aussi imaginaire, emmaillotée dans son réceptacle de métro moite, elle reflète la moyenne du cristal automatique kilométrique de tous les défauts, de toutes les failles et de tous les crashs des disques durs, internes comme externes. La nuit sécrète aussi des inventions -des inventions d’orpheline mystérieuse.


En éteignant pour de bon les machines aussi undergrounds que sophistiquées, dès l’entrée dans le souterrain du métro, la Nuit sécrète encore des tweets sarcastiques ; des tweets sarcastiques qui se lancent à corps-perdu sur les traces de ces tronches de cake perdues au fond de leurs liaisons et lésions lyonnaises. Lorsqu’un beau matin, épuisé par le sang qu’elle perd, le loyer pas cher qu’elle soumet, elle commence à pâlir au fond des cendriers mémorisés par quatre de son école occulte ; une  représentation mentale, placée à fond-perdu et en listes mnémotechniques dans les caves et les greniers de nos maisons où vit aussi le rat…
Tout comme le rat, la nuit se cantonne aux endroits moisis, obscurs, incommodes.


Et puis soudain le Jour ! Comme agrafé maintenant à ses concessions, à la capacité motrice de sa lumière photosynthétique coulant comme une chandelle oubliée, ce nouveau jour, dis-je, l’embrasse en se recouchant sous sa calotte polaire,  virtuelle et maléfique ou alors le jour la précipite au fond de son café soluble, à l’intérieur même de ses époques enregistrées en Time Capsule et de leurs domiciles célestes ! Le jour dit à la nuit d’un ton moqueur qu’elle ne fait que vivoter !
Ce soir, suivant sa théorie et sa méthodologie, je martyrise la nuit -son esprit issu d’un paganisme plutôt glouton et personnalisé, et aussitôt elle se rétracte à l’intérieur de  son espace circulaire, sous la forme d’une minuscule clé USB qui ouvre instantanément Twitter et tweete une série infinitésimale d’hashtags poétiques ; les utilisateurs étant incroyablement déboussolés face à ces kyrielles amovibles de configurations, toutes interchangeables entre elles !
Elle finit par monter aux arbres, la nuit, pour se nourrir d’écorces et de mousse ; elle aime se nourrir aussi d’idées djihadistes, la nuit, mais aussi de pluies cafardeuses.

Tellement de nuits sous leurs paupières…

Un monde novateur, un univers révolutionnaire même, et puis dessinée dans l’argile de ces marchands de thé Pennyroyal, la représentation de leurs rêves tarifés, de leurs corps gras cachés, en se parant d’or, de rouge ou de flocons de neige, dans le dark Web. Ce dark web qui guette, pour toutes ces poupées gonflables placardées sur les emplacements publicitaires, l’heure de l’illumination pour nous vendre des racines de gingembre ou de la lessive avariée (alors qu’il s’agit en réalité de viande pourrie de veau réduite en poudre).

L’illumination aussi des vitrines se parant elle-aussi d’or, de rouge, et de flocons de neige, où tout brille, où la féminité de ces rues s’illumine et sent le sapin vert et d’étonnantes toiles virtuelles… Leur monde ? A l’aise comme les gens qui ont l’air joyeux quand cette matrice des tribus jamaïcaines, africaines, ou amazoniennes, met des guirlandes autour de ces tableaux bienveillants, représentant, un air crispé sur leur visage, Ulysse penché sur son carnet de voyage…

Et ce dark web ? Piloté, commandé par ces putains de gamins qui contiennent le rire des douze hyènes féroces, il réduit en poudre les ascèses des câbles… devant le DVD du dernier Harry Potter, comment ces gosses parviennent-ils à diriger d’une main de fer les grossesses et les avortements de cet univers qui ne peut s’adapter à la période des fêtes ?

Le rêve communautaire de Bonnie.

Tout d’abord, comme un rêve communautaire, Bonnie était telle une scie coupant une bûche au-dessus d’une rangée de corps longilignes, nerveux et racés. Après bien des mégots et des joints aux pensées secrètes qui devaient être très amusantes, on ne trouvait après son passage que des bobines de films en lambeaux, des graffitis, des œuvres conformes à leur idée directrice : le cerveau de Kubrick, un processeur qui déplore lui-même ses outrances langagières et thématiques.

Ce rêve communautaire aspiré par un ciment armé, projeté dans un cinéma verrouillé, affublé des artifices du récit -projet complètement abandonné- et cette scie s’imprégnant des odeurs incendiaires en enflammant les puits de pétrole du Koweït, contrastaient avec la (fausse) douceur de Bonnie…

Douceur qui le soir reposait sur les seuls contrastes, les discours sous-jacents ou le temps quand il était à la neige et au froid.

Nuits blanches et histoires blêmes !

Cette nuit qu’on jugeait revêche, c’était la réconciliation de toutes les histoires à presque trop écrire ; des histoires blêmes
quand au départ elles émettaient des hypothèses, d’autres nuits blanches coincées dans l’interstice où se perdent le jazz, l’ardeur vitale et cachée de tous les venins qui coulaient dans nos veines : par quelle inaccessible parabole allais-je décrire cette drogue ! Et pourquoi tant d’affectivité pour sa géographie subconsciente ?

Aucune réponse ne renvoyait son écho ! Alors pourquoi écrire en sanskrit cette harmonie fragile et menacée alors que le quatre quart devenait purée sous les pas de nos pachydermes ?

Mais toujours cette nuit revêche revenait nous hanter, accuser nos pachydermes peu recommandables qui avaient rattrapé l’armée des singes mercenaires. Il y avait du sang craché dans leur tasse ébréchée, il y avait au fond des rétines de ces singes des hominidés parfums qui partaient tôt à l’usine le matin. Il y avait comme des fleurs terrifiantes le long du chemin royal menant à l’Acropole, il y avait comme des souvenirs se développant sous la forme d’un tweet lorsqu’une coloration surnaturelle prenait possession de la rivière en contrebas…

Peut-être le résultat de ces produits toxiques enflammant, d’abord des silences à se crever la panse puis les affluents de ce cours d’eau que des clowns Iroquois, pour scalper sur leur tige, généreusement attribuaient au sang satanique, semé par grand vent.

Cette nappe et cette tige qui langoureusement, en chiens de faïence et en quinconce mais tête-bêche, émergeaient au centre du rectangle de l’acropole ; il y avait peut-être des kilomètres d’encensoir avant cette confluence ; il y avait sans doute au centre du rectangle des icônes qui se recueillaient, s’évaporaient à chaque embardée sexiste. Leurs idées entraînées toujours plus au fond de ce siphon ne laissant entrevoir pour plus tard que les
morsures du froid et la nudité extrême des torrents.

Elephant Man Syndrome. Troisième chapitre.

Il faudrait toute la sagacité de Gandhi ou de Bouddha pour ne pas avoir une furieuse envie de se loger une balle dans le crâne quand mon Chef m’avait annoncé qu’il faudrait repasser à l’asile : de nouveaux cas, détectés dans cet établissement croulant sous les millénaires, attiraient à présent l’attention des médias.
Et ce fut ainsi, sous la Lune livide, que je débarquai en pleine nuit dans ce centre psychiatrique pénitentiaire, les gardes poussant laborieusement les portes blindées pour faire rentrer ma Dodge.

Après avoir éteint le moteur, j’allumai une clope on n’y voyait que dalle comme dans le terrier d’Alice aux pays des merveilles psychédéliques, la noirceur de cette nuit prenant la pleine possession de ce lieu, donnant l’impression vaguement sexuelle qu’une actrice X allait surgir du souterrain CL204 où l’on me dirigea avec des airs précautionneux qui me tapaient sur les nerfs…


Une fois dans les méandres de l’HP MDC Brooklyn à New York, je remarquai qu’il y avait, affichée sur tous les murs de l’établissement, la une de tous les journaux : des photos de types déchaînés ou au contraire plongés dans le coma, les jambes arquées et presque tête-bêche avec le reste de leur corps que le parasite filaire avait rendu plus lourd que le plomb, accompagnaient les petites écriture en Time qui alertaient sur cette recrudescence de l’épidémie ayant à nouveau frappé, plus de dix ans après l’apparition des premiers symptômes : le délire psychopathologique des journalistes américains.

Puis, progressivement au fond d’une salle tout aussi obscure, je découvris la silhouette prostrée de John Fante, enchainé à une chaise rouillée… Il divaguait sur une complainte inaudible, les yeux jaunes et vaseux, et ne se rendit même pas compte de ma présence, de la bave sur toute la face.

Les infirmières me laissèrent seul avec lui pour un entretien qui s’annonçait corsé. On l’avait aperçu en haut du Brooklyn Bridge, prêt à sauter dans la flotte glacée et on l’avait emmené de force ici.

La même fièvre que ce que j’avais vécu, quand dans la rétine des pauvres pucelles je réflétais mon cynisme en temps adolescents, cette même fièvre, que cette nouvelle vague d’épidémie générait en temps de crise, l’agitait de tout son antre cérébral. Les infirmières le forçant à boire outre mesure alors qu’il n’était là que pour grelotter au fond de son lit pendant 48 heures. Mais un genre de transe l’avait saisi lorsque je lui montrais les photos en noir et blanc de cette incision du derme pour extraire une dent de cadavre, ou le parasite filaire que j’avais enfin rejeté en Afrique avec un gourou de dernière zone ; aussi comme lui j’avais déclaré avec violence que j’en avais plus rien à foutre de cette vie de merde… Cependant, j’avais quand même écrit ce bouquet de nerfs couchés sur papier, uniquement pour faire plaisir à mon boss, soumission alternant entre un épisode pornographique, lessivé mais heureux d’être allé jusqu’au bout, et ces moments où j’étais seul et sûr d’en avoir terminé avec cette névrose fantasmagorique.

Dernière partie :


Un moutonnement noir dans le ciel enduisait de manière tout à fait sournoise les cartes de Poker répandues par terre dans notre chambre commune ; enduites de leurs lissages, elles risquaient fort de faire la quatrième de couverture aux horizons boursiers des journaux américains quand la pluie de l’acide illuminerait alors les abîmes hallucinés ; un Black-out de la voie lactée : elle vint, cette drogue qu’on pouvait qualifier d’origine extraterrestre, depuis ses méandres psychédéliques envahir le petit tableau de ballerines anorexiques que nous nous tapions dès fois, John Fante et moi qui dans la chambre n’ouvrait qu’à l’infirmière et à sa petite télévision montée sur roulettes.

Télévision où l’on pouvait suivre des histoires de petites filles lesbiennes égorgées par des Elephant Men qui n’en pensaient pas moins… des sornettes d’écolières retrouvées le cartable sur le dos, un grand sourire aux lèvres avec des yeux révulsés en posant leur question idiote : à qui s’adressaient ces émissions télévisées alors que seuls ces tueurs en série détenaient la réponse ?

De notre côté, avec l’autre patient, nous cherchions le meilleur terreau psychédélique qui nous fournirait des informations pertinentes, de quoi cultiver par exemple l’ésotérisme de nos jeux de cartes à même cette écume fantasmagorique, que le seul et unique attribut du sujet, c’est à dire moi, vouait un véritable culte : il faut dire que ces parties de strip poker étaient régulièrement enfumées de vapeurs provenant des pousses de ce cannabis royal, fumé et utilisé pour copier les données de ces satellites, localisés au-dessus du Tibet, et que la musique Grunge avait rendu sourdes et prêtes à franchir les Portes de l’au-delà… Par malchance ce n’était que l’effet de l’étrange syndrome.


Donc, je me disais, tu es le seul et unique attribut du sujet que cette musique folle n’a pas encore donné des airs de conspirateurs ; est-ce qu’elle la fredonnait pendant son rêve ? Peut-être qu’effectivement cette infirmière sauvage s’amourachait d’expression comme suçotement de bleuet taillé dans l’extase synchrone, à la place de ces lyrics conventionnels qu’on entendait bien sûr qu’à la radio…

Et le contenu de son futur bol de café lorsqu’elle se réveillera, si jamais elle se réveillait ? Des sensations saccadées de médium, de Grand Shining dont l’expression procurait le style euphorique et qu’un amalgame de distances contrariées, communicatives et presque cauchemardesques entre les plaques d’égouts, reliait au centre de tous ces déserts parcourus par de nouveaux Charles Manson…

Mais les lumières, comme déjà ossifiées par tant de rêveries morbides, au large de New-York, nous ameutaient toujours en rêve sur le toit des buildings eux même construit par cette unique exploitation des ordures sur de pauvres types qui de toutes façons commençaient à dériver, à devenir ces serial killers.

Et sans jamais les rendre ces bribes de zigzags pourtant recherchées ardemment par ces Esthètes de l’horreur, et même sans se douter une seconde que ces équipes d’infirmières mal baisées allaient enfin débarquer dans leur chambre au cours de leur branlette frénétique, là où se déployait cette languissante et célèbre armée des ombres : c’était peut-être ainsi que se terminaient de l’autre côté de la pipe d’opium, les noires immersions, au plus profond de la maladie…
Lesquelles se jumellaient avec ces photographies d’incisions de leur derme ; sous leur peau il y avait toujours cette dent de cadavre, ou ce fameux parasite filaire : voilà où nous en étions…

C’est ta mort ou ma mort annoncée. Version 2.04.2021

Au centre de la cour du donjon, une sorte de brasier brûlait, causé par l’Intelligence Végétale qui ne fignolait pas… Et il s’en élevait les tourbillons d’une abominable et nauséabonde fumée jaune : préludes intermédiaires quand on tirait comme des demeurés sur notre mikado qui crédibilisait tous ses univers à la Casimir.


Nous étions nus, allongés et attachés fermement à côté du brasier. De l’autre côté du feu, s’alignaient les ombres de ces mercenaires du châtelain, se détachant nettement du reste de la foule par leurs somptueux habits : une garde-robe qu’on ne pouvait imaginer que sous THC. Puis le Châtelain ordonna, aux rythmes des tambours, la mise à mort tant attendue de nos deux corps envoûtés par la Marie-Jeanne : les deux seuls responsables qui avaient osé participer et souiller ainsi le rituel de la Saint-Con.



Les fidèles, hurlant, écumant, se précipitèrent sur le corps de mon acolyte, le Docteur Gonzo, et l’attaquèrent avec leurs ongles et avec leurs dents, en une passion aveugle de bestialité, avant de lui fracasser le crâne contre une pierre et de laisser une tache horrible sur la sombre surface. Ainsi la forme rouge et déchiquetée du corps de mon avocat fut jetée dans le brasier ; sous une pluie cramoisie de flammes et de fumées, le Con brûlait tandis que les brutes en folie hurlaient sans fin le Nom du Con de l’année prochaine…



Cette nuit-là, comme un rendez-vous pour un ultime face-à-face, je découvrais que l’Intelligence Végétale que je croyais fumer innocemment avait une structure logique, souterraine et pour l’instant obscure : elle m’avait sauvé de la folie du Châtelain, et après avoir décortiqué pour moi pourquoi j’avais eu la vie sauve, elle me raccompagna dans mon appartement sans dommage… Et à quatre heures du matin, je réalisais enfin, en poussant le volume de la chaîne hi-fi alors qu’une compilation mêlant Beach Boys et Jefferson Airplane tournait, qu’elles avaient « une véritable charpente musicale » ces Plantes « qui couraient avec des airs d’ibis debout sur une patte sur le terrain de chasse favori du malicieux Lapin Blanc. »


Le tout fut couronnée par l’arrivée soudaine d’une grande prêtresse de la marijuana en personne et à genoux pour me supplier d’arrêter de m’abaisser à cet esclavage…
Raisonnement induit par la compréhension du mécanisme végétal quand White Rabbit explosa au sein de la playlist et quand elle me confia que ma mort était annoncé pour peu si je continuais mes conneries : j’avais là, dans l’obscurité de ma chambre, sa Majesté la Marie-Jeanne qui fastueusement n’aimait s’entourer que de ses précieux et fidèles sujets. Et dont j’étais pour toujours exclu.

Ces troubadours et l’Herbe s’enrichissaient mutuellement par cumul d’effets métriques ; ainsi l’Intelligence Végétale elle-même jouait harmonieusement les notes de ces partitions vouées à son culte éternel et épanouissait tout autant le mélomane que l’amateur de son registre musical… autrement elle sévissait et vilipendait violemment l’imprudent qui avait commis une terrible faute de goûts. Et la seule erreur que j’avais commis était pourtant à chercher du côté de cette playlist grunge que j’avais mis en route à mon départ de mon studio, m’en allant sac sur le dos trouver une spiritualité indienne ou une pauvre dévotchka paumée au fin fond de l’Himalaya…

Deuxième chapitre :

Des embruns aux paupières pour me faire revenir sur terre, elle était sans nul doute la seule nymphette acceptant de batifoler avec moi, vieux déchet perdu en haut de ces altitudes à plus de huit milles mètres ; et pourtant au cœur de cette nature sauvage et inhospitalière, dans les ruisseaux et les torrents d’eau pure, il y avait toujours ces emballages de supermarchés pour nous contrarier et qui convulsionnaient même la sérénité ; et parmi cette pollution consumériste, une bestiole excédant les hautes montagnes, qu’on nommait Charlie en hommage à la nouvelle de Clacker et qu’on avait mis en quarantaine après l’avoir repêché dans cette flotte glacée comme un décembre…

Et Charlie, peu de temps après l’avoir découvert, infiltrait déjà notre refuge : ce pays heureux des enfants joyeux qu’il allait inhumer, mettant à disposition des veuves noires avec leurs longs voiles sur le visage pour pleurer à notre place et regretter ce lieu qui avait réhabilité au service militaire les miliciens du Châtelain pour en venir à bout.

Car cette région du monde ne voulait pas s’avouer vaincue, cette volonté de revanche pour évincer le désarroi et le désespoir instrumentalisés dans nos cerveaux par la télépathie de Charlie ; une vague impression de côtoyer les plaques d’égout et leurs émanations, leur imaginaire tortuosité qui avait fait fantasmer tous les enfants de ce pays crasseux.
Ils étaient bien comme ça, ces gamins louchant au passage de ma fiancée en string rouge : dénaturés dans leur composition génétique que Charlie, à présent à l’état de cellules souches dans leur laboratoire, caractérisait pourtant à une appartenance extraterrestre, aussi étrange que cela puisse paraître…

A suivre !

Énigmes.

Les résultats et conséquences de leurs approches étant facile à deviner et pour les faire choir des arbres seigneuriaux, ces êtres énigmatiques prenaient souvent de la hauteur sur leurs sujets ; leur Haute Couture psychédélique comme moyen de faire la chandelle, ou le poirier au sein même où se rassemblaient ces ombres… Précédant le parfum d’un herbier, dans une encyclopédique pulsion, d’autres Êtres, plus difformes, mais contenant leur libération dans leurs gestation – une sorte de résine d’où partait l’excitation des nerfs d’un hérisson – étaient représentés sur leur papier.

On pouvait distinguer de ce dessin certes un peu macabre la quintessence de ces pendus disséminés dans le parc aux couleurs chairs ; peut-être juste une formule alchimique pour inventer du savon. Puis, d’une collecte de leurs membres amputés jusqu’à cette récupération de toutes ces données, l’automne, on voyait bien, les avaient fait naitre ces monstres qui n’avaient rien à envier aux registres les plus noirs du fantastique… Mais, pour sortir du terrier, ils avaient dû subir des tortures aux goûts d’énigme, des emprisonnements que la célèbre Porte au code d’accès, aussi bien photographique que cinématographique, était loin de faire cesser.


Pour recouvrir leur plage horaire quasi inexistante il y avait peut-être bien des activités embarrassantes par rapport au secret stérile des politiques qui aimaient loucher sur la couleur, vraisemblablement d’un bleu curaçao, de cet objet le mieux gardé en leurs limbes cérébrales : une faux qui, toujours à haute altitude, avait sonné le glas de leurs tortionnaires devant la porte du parc… Ne laissant de cette tuerie qu’un feston maculé de sang, de l’oxygène ayant permis d’arrêter ce massacre et l’amorce d’un engrenage qu’on pouvait qualifier comme étant de Machiavel même… Ou alors, si on analysait correctement l’événement, les cendres d’une excursion, sans doute jadis menée par de jeunes filles innocentes, il en résultait de cette violence enfin à l’air libre.

Et pour chasser les pendus cadavéreux et leurs fantômes, ces crimes de petits insectes continuaient à se perpétrer à travers les âges comme un leitmotiv macabre, comme un jeu un peu débile.

Scentless

Sous-système d’un sous-système s’écoulant le long des icebergs déstructurés comme l’Ajax WC qui joue le Scentless de Kurt, habillés comme des clowns, la piste d’atterrissage profanée, nous avions mêlé des zones opaques, bataillant contre la pluie aux lueurs de scarabée, avec des drapeaux aux étoiles endolories, des cépages perturbants d’encyclopédie enterrée à la frontière mexicaine.

Venant des profondeurs de son appareil Kodak, les données de notre iPhone sauvegardé émettaient quelques notes de blues consolateur, en dirigeant sur des sites aux processeurs féodaux. Des processeurs qui effectuaient leur mise à jour, en agaçant la glotte de leur créateur, tandis que je farfouillais dans les options de ce traitement de texte. Des options qui plagiaient le contenu du carnet de notes de Kaphrium et, sur l’écran de l’ordinateur maintenant, un traitement de texte qui avait capturé, à l’aide d’une clé USB, des photographies de jeunes filles galbées et longilignes.



Et pour étudier les fluctuations de ce Scentless, sous les poutres apparentes de la mansarde, par endroit enduit d’équinoxes dorsales, nous disparaissions progressivement pour la bonne marche de l’ensemble dont nous avions fait partie – et la polysémie des ogives téléphoniques, en passant sous l’arche du Donjon de Crussol, limitait l’extension permanente du chaos que nous avions sécrété. En maintenant la cohésion dans l’espace clos qui nous était assigné, nous avions puisé des silhouettes fiévreuses dans ce labyrinthe de chaussettes palmées.


Nous étions potentiellement remplaçable ou dispensable, déambulant la braguette grande ouverte – ouverte comme la gueule de ces pachas chevauchant les meilleures possibilités d’une autre ville, d’un autre continent ou d’une autre planète. Se rassemblant en déambulant le long de leurs Mercedes aux teintes noires rincées au gas-oil, ces gens du rallye sauvage dévoraient les kilomètres qui refoulaient alors leur vide intérieur, le balançant vainement dans le disque dur avant le décollage, le Scentless de Kurt nous fixant sur le canapé d’un air hébété.

Périples

À Berlin, silencieusement : la magnifique complexité des quartiers de la finance transmettant et amplifiant des séquences d’images sur ordinateur. Ces séquences d’images ? Figées sur l’unique monocle du chimpanzé ; et l’architecture spirituelle de ces ordinateurs, comment la définir ? Afin de meubler le vide immense, une sorte d’anesthésie temporelle où s’engouffrent les trous noirs…

À Bruxelles, une toile qui noircit un plan d’ensemble, un saisissant cyclone qui rafraîchit les matricides, la beauté qui moissonne des divinités tueuses d’extraterrestres, du crack et des amphétamines qui ossifient les bienfaiteurs, les mécènes de ce portrait à la Dorian Gray.

Mais il reste, sur le chevalet, ce qui pourrait ranimer une âme compatissante, et cette fascination morbide pour les flammes qui se relèvent avec leur damné. Jusqu’au moindre recoin de ce feu que j’apprivoise presque inconsciemment, à Bruxelles, s’entremêlent les histoires qui éclairent alors les mécanismes perturbateurs de mon cerveau encore endormi. Puis un ciel de jade qui devient noir et qui attise les forces, en espérant quand même calmer un peu le jeu ; un ciel de jade et des cours d’éducation sexuelle qui font grossir un travail de sape kafkaïen.

Contournant les données métaphysiques et virtuelles d’une jeune mais déjà légendaire nation démocratique, de vieux films en accéléré, issus de la guerre du Kippour, qui font jaillir le souvenir d’un bouquet de roses !

À Bristol, pour agglomérer dans la ville une élégance d’ensemble impérialiste, des hémisphères synthétisés comme une mélodie qui s’éternise ; une mélodie qui s’affranchit des impuretés alchimiques. Des tas de glace et de neige qui entravent toutes les lames muettes de la première page.

À Londres, un film de Stanley Kubrick qui précède un appel manqué et des murmures précipitant la jolie description d’une kermesse. Mais je préfère m’intéresser au parchemin caché de Jack Kerouac en le découpant sans me préoccuper du message et de cette horloge accrochée au plafond.

À Edimbourg, un jeu éducatif qui s’efforce d’explorer la fange. Et une jeune femme nue qui s’empresse de chercher sa jarretière dans son panier de fortune.


À Sydney, l’agonie d’un rhinocéros blanc qui gît à mes pieds ; un angle qui rêve de surprendre les sources d’eau chaude, un revolver et une arme blanche pour scalper à l’Iroquois la sève des arbres et la pauvre bête qui ravage les champs de l’altitude rouge et fumeuse. Rêveusement, le chimpanzé qui programme une progression à la Vilnius Poker, des histoires qui s’égarent en tirant leur révérence.

À Bristol, des filles à la Rubens qui, malheureusement, pouponnent uniquement leurs diadèmes, des rêves sales qui lancent une restauration en étouffant de ridicules rivières de sang et des sornettes déprimantes qui s’infusent avec le thé ; leur sillage étudié selon les pages d’un livre et des fourrures d’hermine qui enveloppent les filles passives.

En ajoutant un caractère triste qui chagrine la geisha, enfin à Melbourne, les nacelles de la montgolfière qui devancent des voyages imaginaires, inachevés, presque homériques…

Les sentiments d’une relique de vieux chiffons comme unique création avant le monde.

Expressive, simple et courte comme une écorce de Kouglof, une relique de vieux chiffon, sur le comptoir d’ivoire collant et aux battements de coeur, semblables à ceux de Catherine, baignait dans un bain organique de secours !

De petits cris en écrits à la J.K. Rowling, peut-être pour parcourir la nuit des hérons de cristal, je tentais de l’apprivoiser mais, même avec tous ces je t’aime chuchotés si intensément qu’ils ruinaient son moteur primitif, elle ne voulait pas nous fournir sa mystérieuse alimentation électrique, cette relique de vieux chiffons, aussi expressive, simple et courte qu’un lit condamné à grincer.

Alors que, à l’intérieur de la programmation de notre cerveau cyborg, comme un quelconque héron tendu sur le lac, cette relique, aussi incroyable que cela puisse paraître, enregistrait les puissants orgasmes de Catherine, il y avait aussi, dans un moment de dévergondage jadis abandonné à l’ennui nostalgique, ce clown qui dirigeait et renvoyait les réponses adaptées de notre ordinateur à leurs tréfonds, à savoir une panoplie d’actes sexuels les plus difficilement imaginables, aussi indéfinissables que l’enfance, comme l’âge mental d’un infirme, ou comme un soupçon de lune crachant tant d’épaves sous la pelle !



Sous la pelle aussi les débris du toit de notre laboratoire. Et dans la jolie théière, en flocons, des visages étonnés se définissant comme des étoiles polaires, comme de sévères sensations de serre chaude et toujours cette Catherine qui aimait sauvegarder son travail d’étudiante parfaitement raisonnable avec l’unique aide de cette précieuse relique !

Comme un implant dans le cerveau…

La noirceur avant l’aube. La Noirceur avant de découper aux ciseaux Les Aventures de Lucky Pierre. J’avais choisis pour domiciles célestes de silencieux hologrammes, de profondes et blondes chevelures. Avant de faire lovely-love dans le brouhaha noir des Carnavaliers.

En Orient et face à la houle, la saison des mondes celtes tire-bouchonnés s’assurait un chemin parmi les calligraphies à l’encre chancelante, et, à la place des boucles d’oreilles traditionnelles, leurs larmes brillaient comme des étincelles de sel, de poivre, de parmesan, ou d’origan.

Sur des feuilles libres, et tout le monde le savait, les années X -des allumettes imaginaires et prêtes à prendre feu dans les archives- restaient toujours aussi insensées pour les gouvernements en place, invraisemblables d’après les médias, et les gens n’en parlaient jamais. Des nuits blanches comme des partitions musicales, des textes contenant des mots.

Des fantasmes sous le manteau, qu’on dissimulait dans une bibliothèque fermée et obscure ; et pour en revenir à ces années X, également des fantasmes poudrés, injectés par la seringue : un électrisant avancement létal afin de soulager tous les formats spirituels.

Des listes fantasmagoriques contenant toutes les énigmes ou des fantasmes scientifiquement noirs et occultes comme un implant dans le cerveau, dans ce cerveau ratatiné aux cellules grises disjointes.

À Hong-Kong, le cogito de l’Acropole.

L’Acropole ? Tout d’abord des représentations inexorables de peinture écaillée couvrant les murs sur trois cent kilomètres : la genèse d’une molécule qui s’est infiltré dans la mémoire de l’humanité…

En les dépoussiérant, ces représentations, des crises de nerf qui grouillent et se remettent d’une longue fièvre : le résultat infectieux, incompréhensible, invraisemblable de l’essai thérapeutique 1.0.8. 


L’Acropole. C’est aussi une zone inhospitalière, actuellement réinventée par la scarlatine et la gangrène. Arrivant au Village, en dessous de l’Acropole, respirant encore malgré son état de mort cérébrale, aussi scintillante que galeuse, embarrassante pour les survivants, saturant toujours les communications radiophoniques qui se perdent Là-Haut, la résine polissonne où est conservée la molécule 10-2474 qui possède des vertus ancestrales.

Cette molécule vantée politiquement par les modes étrangères, garde farouchement le secret de sa fabrication sous les paupières closes des patients qui ont muté jusqu’à anéantir leur licence poétique.
Secouant la ligne blanche des néons qui éclairent uniquement les poutres de l’Acropole, cet enchevêtrement de bois, de béton, de corde et d’étages supérieurs au-dessus de leur silo, et même bien au-dessus de leur nappe de grésil bleu (sont-ils bien conscients des risques ?) on peut voir que les « candidats » ont entreposé toutes les reliques informatiques piratées, hackée des années 3060, qui, en flibustant, forment le centre de l’Île.


En empruntant les escaliers extérieurs à moitié en ruine : la paralysie et l’inquiétude, tandis que leur scie se dirige lentement vers ce schéma alchimique d’architectures fantastiques où meurent encore les « contaminés. » 
Toujours plus haut : le sacrement de la Papesse, un télescope en verre épais qui se repère de loin.  Pour percevoir cette construction supplémentaire ? On émet une liqueur.
A cinq heures du matin, en arpentant les rivages sablonneux où sa fabrication est née, elle dévoile aux « courageux » une série d’hallucinations qui cristallise le clair-obscur de l’Acropole ; il y a aussi, sur l’écran de l’ordinateur qui l’a conçu, des reflets séduisants, mortels.

Pour des noces d’orfèvres, je voudrais rebâtir cette acropole, ce lieu où tout démarre à partir de la lecture d’un éparpillement exotique d’idées provenant sans doute d’une matrice informatique, perdue à Hong-Kong comme leur finalité.

Et tout se termine ici à la fin de ce livre publié par les éditions madrilènes et dont les pages jonchent le sol poussiéreux mais imaginaire de l’Acropole ; ce qui est tout aussi étrange de le trouver ici dans cette bibliothèque de Hong-Kong où cogitent les icebergs déstructurés…

Des poignées de vies antérieures !

Les vies antérieures comme les sauvegardes de l’iPhone avaient le moral bouillant au fond des bottes. Ces vies, contenant leur élément (le bois) et leur occidentale lettre romaine ou grecque, répandaient les rumeurs qui concernaient les guerres d’Achille et son armée des singes.

Il y avait aussi, comme décor, les longues pattes de l’araignée dans le ciel et sur terre qui laissaient crisser, sur le gravier de la route empruntée par ces mercenaires, des choses nerveusement malades : comme des ongles sur un tableau noir, leur assourdissant vacarme se précipitait dans la glaise moulée à la main d’où provenaient les vies antérieures.

Et, alors que je lisais la longue description des petites annonces parues ce matin, ces choses étranges qui ne servaient à rien ou qui semblaient ne servir à rien s’incarnèrent dans les eaux stagnantes des sources miraculeuses, sous les cendres et les braises des feux dominateurs, ou encore aux tréfonds des souterrains où des travaux de cuir et de sciage s’accumulaient… Entre les lignes aussi des cahiers d’écolier des singes mercenaires déguisés pour l’occasion en bonimenteurs, il subsistait la trouille spirituelle des enveloppes qu’on leur envoyait afin qu’ils puissent réussir leur certificat, une seule étape à la fois…

« Les composants de leur premier jour, de leur deuxième et troisième nuit aussi, étaient mûrement établis : dissociés, ils généraient la fonte des glaces dormant à la belle étoile, sous les baobabs de Saint-Péray ; et parfois asymétriques, on les entendait passer dans des tuyaux sensorielles comme les pensées des géants à côté de moi qui avaient l’haleine de la lascivité. Aujourd’hui, par exemple, à la foire où l’on vendait ces immenses tuyaux et où les mains n’attrapaient que du vent, le petit diable vert du Photomaton et ses anneaux pré-découpant les selfies des gens qui ne font qu’observer en ricanant, jetait des insultes de dessin animé, de cartoon multiculturel, à ces personnes de passage. Ses divagations cosmiques aussi comme des attentats sur le papier de moleskine. »

Ces dessins animés alliés à la puissance des vivifiantes brises océaniques du coin laissaient traîner à leur suite les serpentins de leurs braies et cottes de maille en lambeaux… Et comment pouvaient-ils sceller le destin de ces vies antérieures puisque ils ne symbolisaient que la finitude énigmatique des poignées de Soleil noir ?

Par un procédé fantaisiste et quelque peu fascinant, ces vies antérieures, on pouvait presque dire, étaient attentionnées par rapport à leur élément d’origine (le bois qui prenait feu chaque fois que les cris des sauvages résonnaient dans leur caverne, chaque fois qu’elles hésitaient à réinitialiser leur système acquis de haute lutte, leurs circonvolutions cérébrales) et que le médium du village, pour une autre prophétie, interprétait de toute façon qu’en fonction de cet Oracle : ainsi, il avait prédit leur phase terminale lorsque les licencieuses vies antérieures par leur non-existence s’avachissaient en imagination sur les chaussures noires des chasseurs d’extraterrestres !

Descriptif

C’était une vieille maison qu’on pénétrait sans parler, sans faire un seul bruit : le silence total. La maison : un vieux cube atrocement étroit avec Kaphrium descendant dans les profondeurs de la cave pour embraser la foule face à lui, et au soleil, se heurtant aux caméra-mans, crevant les hypothèses prévues pour la fin du monde.

Associant la magie de Baudelaire avec le juvénile Rimbaud, on sapait les fondations de ce monde qui sonnait le tocsin avant l’heure. Réhabilitant la maison à quelques centaines de mètres sous terre, j’imaginais ma vie dans le futur.
Au passé, l’enfant finissait son livre sur le romantisme de chaque univers, chaque refuge. La rétine de ses yeux tantôt bleue, tantôt verte, fit dérouler de côté et d’autre de la fente la longue histoire de sa jeunesse.

La maison était devenue un iceberg qui fleurissait à chaque printemps, qui attirait les belles dames en soin palliatif. Et là, sans avancer, sans regarder le tableau préraphaélite, je demeurai sur l’iceberg qui suivait le Titanic sans précipitation.

Sur cet iceberg perdu, on rêvait d’oies sauvages et d’abimes creusés par une nuit gercée de respiration reptilienne ; et elles avaient mal de penser à toutes ces si belles, ces si moches choses mes pensées mélancoliques.

Arrivés au paradis, une demeure tout aussi paumée, on rêvait de sorcier africain en mal d’horizon, adossé à un arbre, incandescent, et sciemment les actionnaires ne lésignaient pas sur ces rêveries créées de toutes pièces… Sous les pattes des fourmis, fascinée par mes proies, se trouvait leur originelle conception…

Je glissais sans contrôle sur le rebord du monde et plus je dérapais plus Corto avait cette connaissance intime que le trésor se trouvait sous la demi-lune, à travers ces textuelles escouades se résumant à un refrain fredonné dans la nuit.

Les forces spirituelles guidaient mes pas, je savais que je franchirais un jour l’espace reliant l’existence aux ténèbres, je n’avais plus besoin de mains ni de jambes ni de coeur qui tape… Ni même de fenêtres ouvertes sur les mers septentrionales ; des océans ou tout comme qui écrivaient leur perte : cette disparition des Hommes comme un documentaire gonzo qui inlassablement s’affichait sur les derniers postes de télévision mettant fin aux échos, aux rivages, au pluie froide d’incendie…

J’étudiais et me demandais comment coulait le lait des grands yacks quand les neiges encombraient les toits.

Noir Désir effectuant moult transes primitives dans nos MP3 solaires, jusqu’à migrer en dehors de leur système de notation musicale, dans l’ombre des géographies latentes.

Nous n’avions plus besoin de jambes ni de cœurs qui battent ; j’entendis soudain le cormoran des limbes appeler mon nom… Au Carnaval de la Grande Comédie, il me rejoignait enfin…

Décroissance, bibliothèque de Babel, ou émeutes incendiaires

Du dépouillement zen d’un vieux torrent japonais jusqu’à cet enchevêtrement souterrain de fils électriques et téléphoniques qui alimentent, sous ses doublures, d’informations les internautes, la Bibliothèque de Babel symbolise aussi la négation. La seconde avant la seconde. Ou la couleur grenat…

Le travail des assistants de la bibliothèque de Babel ? Dans une vieille bicoque, sur leur écran, des alignements frénétiques de chiffres et de lettres déambulent sans cesse, au fur et à mesure que l’infinité des possibilités décroît, ce labeur perdurant cependant jusqu’à la fin des temps.


Et pour le texte encore à inventer ? A partir d’une succession de généralités, d’épopées imitant le génome humain, mais aussi à l’aide de nombreuses combinaisons, le récit de ces serfs, malgré tout libres, est ciselé par des fragments déjà écrits et stocké dans les greniers : ainsi, une impression discrète de déjà-vu jaillit de cette conception pourtant complexe. Et même si elle souffre d’un déséquilibre interne, la Conception replie son dispositif sans jamais décevoir le monde qui continue de s’engouffrer dans cette grande bibliothèque.


Bien qu’elle soit amorcée, l’émeute se voile sans vraiment s’exprimer fermement : les barreaux de la prison sont solidement fixés.

La clarté cartésienne d’une armée de singes.

Pour faire naître, avec leurs bottes et leurs armures clinquantes, la marche impériale de l’armée des singes, tout d’abord des scènes classées X. Puis, sur le sein des actrices, se détache la poésie des plaquettes pour réclames publicitaires.

Et publicitaires sont leurs neigeuses années, brillant dans le matin froid par leur clarté cartésienne ; cette clarté cartésienne appelée par d’autres années, davantage psychédéliques, sans dureté et sans haine, qui crisse lentement sur le gravier comme des ongles sur un tableau noir…. Enfin, en se relevant d’une mauvaise gueule de bois, cette clarté, dis-je, représente pour ainsi dire le yin et le yang des photographies en noir et blanc qu’on peut aussi retrouver sur les affiches… Ou dans les annonces télévisées.

Vilnius Poker comme Seuls Arcanes…

En mêlant attitudes et altitude rouge et fumeuse dans les yeux de la Geisha, sur une banquise je fus entrainé à la dérive. Et, de Marquises en maquis, le langage dehors, avec un désir d’erreur et de dérision, je me rendis compte que j’étais filmé par la caméra. Elle dérivait aussi ; et se moquait des histoires que je laissais traîner comme seules fricatives avant l’aurore…

Une progression à la Vilnius Poker qui, à la lumière des néons néo-zélandais, automatisait les gestes de cette languissante et les pages de son livre. Ses gestes lents, aérés et pour tout dire géométriques et ses manières passives de communiante scindait presque l’architecture spirituelle de ces rivières de sang ralentissant à l’orée et à l’instar des sombres torrents. Ainsi l’irascible déréliction ; et ainsi, après de rudes épreuves en silence, je renonçais à mon antique sagesse, à l’austère maîtrise de moi-même.

Cette solitude : des chaînes de givre, des tableaux de famille que la foule refusait, sans comprendre hélas, de regarder, ou bien des questionnements édulcorés à l’arithmétique qui embaumaient son palais ou autrement les lèvres de la Déesse de Cythère. Alors pour dissoudre la génétique de cette sensualité, pour dissoudre aussi leur couleur somptueuse, l’invraisemblable se produisit…

Du spleen par pelletée, du tapage nocturne et des neiges précoces.

Pour traîner sous l’orage de ces rois sauvages, que le comptoir en ivoire de ces autres Majestés explore dans toute sa photosynthèse, il faut d’abord un jaune d’or très pâli fouillant une anémone de mer.

Puis, comme une recette qui serait presque inconcevable, préparer le thé au jasmin qui s’infuse d’un air à la fois languissant et vivifiant, qui pénètre les narines avec cette vigueur de samouraï, qui ressemble à la peine ou à une phobie quelconque. Ensuite, comme un voyageur chevronné qui en réclamerait toujours plus, moudre le café du Kenya qui laisse perplexe, qui déborde, ou qui engage une conversation avec Dieu.

Malgré tout, il y a toujours ce vent pour balayer la pluie, ou pour donner des idées aux éternels junkies recherchant l’herbe jaune des nazis… enfin il y a toujours cette anémone de mer qui, à la manière d’une araignée, fait sa toile au plafond ; traînant aussi sur le comptoir en ivoire, il reste des pâtisseries lactées pour vieillir pessimiste, pour faire monter l’arôme de ces gouttes de pluie sans tain que Alice au pays des merveilles psychédéliques récupère afin de se frayer un chemin parmi les vieilles lanternes qui se réchauffent comme elles peuvent, qui s’allument, malgré ce dérèglement de tous les sens, le soir. La fragilité de l’existence tient dans leurs larves jaunâtres.

Les Ordres de la Nuit

Première partie 
A 3 h 30 du matin la nuit du 5 juin 1992, la saturation ; en s’efforçant de recoller pour la énième fois une page déchirée couverte de caractères noirs avec de la pâte préparée sur un fourneau rouillé…
Aussitôt l’organisme plié, révulsé de douleur, vide ce qu’il reste des tripes ; douleur.
Le long du Chemin de Fer, je sais qu’elle m’attend ; sa figure disparaît de l’écran tandis que des bandes de papier se déploient, jonchées de chiffres, elles débordent parfois jusque sur le parquet… Pénuries de neurones.
Sous mes yeux, le Livre s’ouvre, des hommes dans la trentaine, chauves aux quatre cinquième et à la chemise blanche sont décris dans ce récit ; je mémorise leurs plaques minéralogiques en tripotant les boutons de l’étrange ordinateur.
Quelques heures auparavant, j’ai placé dans la chambre de Némésis de hautes et solides étagères dans lesquelles j’ai entrepris de ranger selon un ordre réfléchi les antiques Tomes pourrissants.
J’ai aussi rangé la vaisselle dans des cartons et couvert les meubles de housses blanches et fantomatiques. Car cette nuit, cette nuit Les Ordres de la Nuit vont débarquer.
 
Deuxième Partie
Moi-aussi j’ai fait un rêve. 
J’étais sur le lit, au milieu d’une montagne de chaussettes et diverses trouées de sous-vêtements avariés et remuglants ; je voyais, perdu dans mes pensées, une lumière rouge qui fumait, une lumière horrible. Et pourtant je ne pouvais m’empêcher d’avancer vers elle.
J’avais eu une sœur autrefois. Némésis. Némésis, dans mon rêve, essuyait sa morve en blablatant de tout autre chose et j’en profitais pour piocher sous son matelas une hallucinante quantité de sachets. Némésis était à elle-seule une orchidée de ballons multicolores, ses formes étaient tristes, goulues ; elle grogna d’une voix ensommeillée qu’elle avait besoin elle-aussi de drogues pour favoriser ses visions.
De ces Ordres de la Nuit, on ne voulait pas en démordre. 
 
Charles Peigne-Cul ressemblait à la gravure de la Première Page, il était vêtu de manière démodé, avec un feutre large, le genre artiste montmartrois.
Il était venu chez nous pour vendre cette sorte de bible satanique, suffisamment insoucieux pour s’aventurer par ici, dans cette maison loin de tout où les Choses s’étaient déroulés si lugubrement. Jadis.
Le Livre avait longtemps été caché dans le tiroir de la table de nuit de Némésis…
Même totalement junkie, on avait quand même peur après tout ce qu’il avait dit. 

Des Diables au corps…

Des diables au corps à la place de nos Vessies de boeufs : on nous avait greffé aux pieds des pyramides des hélices sur nos crânes de chimpanzés. Suivant la spirale des étoiles, naufrageurs dans la très grande baignoire où le nœud du chignon de la soubrette s’hérisse de silicone noir – le bonheur comme semence de tapissier – on traçait de la cannelle et du sucre roux entre les lignes pour en faire des gris-gris, des bayous phosphorescents, des brouets de sorcellerie… Sur la route, on coulait des jours heureux avant de vivre sous les ponts ou sur les pages de tous les manuscrits !

Dans les parties les plus sombres de la pyramide : une kyrielle d’étages silencieux tournant autour de la baignoire illuminée ; sans m’apercevoir que, la magie opérant aux lance-flammes, elle avait été repeinte. Sporadiquement mais automatiquement aussi je tirais du chignon la molécule des légendes du Sud !

À la moon-walk !

Les résultats et conséquences de leurs approches étant facilement à deviner, dans la tête de l’auteur emblématique de la nouvelle génération des romanciers français de l’imaginaire des chiffres astronomiques pour l’astronome, ce fétichiste des pieds de geisha aux chiffres condamnés ; et condamnée son armée avait jugé bon d’effectuer une ellipse à la moon-walk pour revenir sur cette douloureuse et incongrue crémation qui s’était déroulé quelques heures plus tôt avant leur arrivée sur la Place du Village.

Battant en retraite ; toutes les mitrailleuses tournées du côté des cieux, les gardes pour épargner les volutes ou cet atterrissage qui fait flancher les couleurs : du noir ou du rouge pour avaler comme le raton-laveur le psychédélisme du plein grès, et de plein gré défiant les astres, les enchanteurs et leurs tours d’Ivoire où se rassemblaient les marchands d’un autre pays pour aujourd’hui acclamer l’homme nouveau, ce cyborg trahissant les codes génétiques en dépit d’un trop perçu.